Bridelia grandis (PROTA)

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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fruits ; 2, fleur mâle ; 3, fleur femelle ; 4, fruit. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
diverses parties de l'arbre (Virtual Field Herbarium)
base du fût
fût
tranche
feuilles
feuilles

Bridelia grandis Pierre ex Hutch.


Protologue: Dyer, Fl. trop. Afr. 6(1) : 1042 (1913).
Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)

Synonymes

  • Bridelia aubrevillei Pellegr. (1931).

Origine et répartition géographique

Bridelia grandis est réparti de la Guinée et de la Sierra Leone jusqu’à la R.D. du Congo.

Usages

En Sierra Leone, le bois de Bridelia grandis est utilisé pour la construction légère et pour du mobilier. En Côte d’Ivoire, il est un des bois préférés pour la fabrication de pirogues. Au Gabon, les branches servent à la construction de toitures. Le bois convient pour la parqueterie à usage peu intensif, la menuiserie, les boiseries intérieures, les étais de mines, la charronnerie, les traverses de chemin de fer, les jouets, les bibelots, les échelles, les manches, les caisses et cageots, le modelage, le tournage, les placages et le contreplaqué. Il est couramment utilisé comme bois de feu.

En Côte d’Ivoire, la décoction ou la macération d’écorce se prend comme purgatif, diurétique, fébrifuge, antalgique et aphrodisiaque. L’écorce s’utilise aussi en lotion ou en bain de vapeur pour soulager les douleurs rhumatismales. Au Cameroun, les Pygmées appliquent l’écorce pour les soins dentaires. Au Liberia, du vin de palme additionné d’écorce est bu par les femmes pour stimuler la lactation.

Production et commerce international

Le bois d’œuvre est vendu sous le nom de “asas” ou “assas”, mais les quantités sont négligeables et on ne dispose pas de statistiques. Des quantités considérables d’écorce sont vendues sur les marchés locaux à des fins médicinales, mais pour ce commerce aussi les statistiques font défaut.

Propriétés

Le bois de cœur, gris-brun ou brun, souvent marbré et lustré, ne se démarque pas nettement de l’aubier qui fait jusqu’à 6 cm de large. Il est contrefil, le grain est très fin. Le bois ressemble quelque peu à celui des noyers (Juglans spp.).

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 590–670 kg/m³ à 12% d’humidité, assez dur et résistant. Les taux de retrait au séchage sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont de 3,1% radialement et de 7,6% tangentiellement. Le bois sèche à l’air lentement mais de manière satisfaisante sans trop de déformation. Une fois sec, il est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 105–127 N/mm², le module d’élasticité de 10 600 N/mm², la compression axiale de 53–57 N/mm², le fendage de 18,5–20,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,5–2,7.

Le bois se scie et se rabote bien et, si on applique un angle de coupe réduit, on peut obtenir un surfaçage excellent. Il tient de façon satisfaisante les clous et les vis, il se colle bien et est facile à dérouler et à trancher. Le bois de cœur est modérément durable, présentant une certaine résistance aux attaques des termites ; l’aubier est sensible aux attaques de Lyctus. Le bois est un bois de feu excellent et donne un bon charbon de bois.

Le bois contient environ 44% de cellulose, 28,5% de lignine, 15% de pentosanes et 0,8% de cendres. La solubilité est de 7,3% dans l’alcool-benzène, 2,7% dans l’eau chaude et 14,9% dans une solution de NaOH à 1%.

L’écorce présente une activité antibactérienne contre Streptococcus spp., aussi bien que des activités antitrypanosome et antiplasmodium. Les propriétés médicinales ont été attribuées à la présence de tanins et de saponosides.

Falsifications et succédanés

Le bois d’œuvre de Bridelia grandis partage son nom commercial avec celui de Bridelia micrantha Baill., et le bois des deux espèces est commercialisé en lots mélangés.

Description

  • Arbre sempervirent, monoïque, de taille petite à moyenne, atteignant 30 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 15 m, normalement droit et cylindrique, jusqu’à 90 cm de diamètre, dans la partie basse habituellement muni de racines aériennes trapues atteignant 60 cm de long, s’étendant en crêtes jusqu’à 1,2 m de haut le long du fût ; surface de l’écorce à fissures longitudinales profondes, brun-noir, écorce interne fibreuse, rouge, fortement odorante ; cime arrondie, assez ouverte, fortement ramifiée ; branches souvent munies de longues épines droites ; rameaux à poils mous de couleur brun rouille, devenant glabres.
  • Feuilles alternes, distiques, simples et entières ; stipules de 6–10 mm de long, caduques ; pétiole de 4–8 mm de long ; limbe elliptique à obovale, de 6–14 cm × 2–6 cm, base arrondie à largement cunéiforme, apex acuminé, glabre à légèrement poilu au-dessus, à poils mous et étalés au-dessous, pennatinervé à 8–10(–13) paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : petit fascicule axillaire.
  • Fleurs unisexuées, régulières, 5(–6)-mères ; sépales triangulaires, de 1–1,5 mm de long, à quelques poils disséminés ; pétales petits, d’environ 0,5 mm de long ; disque en anneau ; fleurs mâles à pédicelle d’environ 1,5 mm de long, étamines à filets soudés en une colonne en bas, libres et étalés en haut, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles presque sessiles à ovaire supère, 2-loculaire, styles 2, soudés à la base, 2-fides.
  • Fruit : drupe charnue, presque globuleuse, d’environ 7 mm de diamètre, pourpre foncé à noire à maturité, à 1 graine.
  • Graines d’environ 5 mm de long, brunâtres.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 3–4 cm de long, épicotyle d’environ 1 cm de long, à pubescence rougeâtre ; cotylédons foliacés, transversalement oblongs, de 8–10 mm × 11–15 mm ; premières feuilles alternes.

Autres données botaniques

Le genre Bridelia est présent sous les tropiques de l’Ancien Monde, et comprend quelque 75 espèces. Près d’une quinzaine se trouve en Afrique continentale tropicale et 2 espèces sont endémiques des îles de l’océan Indien.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes ; 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; (30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 34 : ponctuations radiovasculaires unilatéralement groupées et grandes (plus de 10 μm) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 102 : hauteur des rayons > 1 mm ; (106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées) ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 109 : rayons composés de cellules couchées, carrées et dressées en mélange ; (110 : présence de cellules bordantes) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 138 : cristaux prismatiques dans les cellules couchées des rayons ; 140 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées, dressées et/ou carrées des rayons ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; 143 : cristaux prismatiques dans les fibres.
(C. Essien, P.E. Gasson & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

L’arbre a une croissance rapide. Les semis atteignaient 12 cm de haut 3 mois après le semis et 50 cm au bout de 6 mois. En Guinée, ils ont atteint en moyenne 2,9 m de haut 2 ans après la plantation en plein soleil, mais seulement 1,1 m sous ombrage léger. Sur des sites ouverts, les arbres ont atteint une hauteur de 12 m et un diamètre de fût de 15 cm au bout de 7 ans après la plantation. En Côte d’Ivoire, des arbres avec un diamètre de fût de 80 cm ont été signalés en forêt secondaire âgée de 40 ans. Au Liberia et en Côte d’Ivoire, Bridelia grandis fleurit habituellement d’avril à juin, et fructifie d’août à novembre. En Guinée, les arbres fructifient en décembre–janvier. Les fleurs ont une odeur agréable. Les fruits sont probablement disséminés par les oiseaux.

Ecologie

Bridelia grandis est une espèce pionnière typique ; les semis et les gaules sont donc plus abondants dans les forêts récemment exploitées que dans les forêts non perturbées. Bridelia grandis préfère des conditions humides, et se rencontre notamment sur des stations marécageuses.

Multiplication et plantation

La multiplication par graines est aisée. Il y a environ 25 000 graines par kg. Les graines commencent à germer 1–3 semaines après le semis et le taux de germination est élevé, plus de 90%. Les semis tolèrent un peu d’ombrage. Ils sont prêts pour le repiquage au champ quand ils ont 30 cm de haut, c’est-à-dire environ 4 mois après leur plantation en pots de pépinière. Il est préconisé de planter à un espacement de 3 m × 3 m.

Maladies et ravageurs

Les éléphants mangent les feuilles de Bridelia grandis et peuvent causer des dégâts dans les plantations.

Récolte

En Centrafrique et au Gabon, le diamètre de fût minimum pour l’abattage est de 70 cm.

Ressources génétiques

Rien n’indique que Bridelia grandis soit menacé d’érosion génétique, bien qu’il ne serait pas très commun au Liberia. En tant qu’espèce pionnière que l’on rencontre fréquemment en forêt perturbée et secondaire, il n’est pas probable qu’il deviendra menacé.

Perspectives

Il existe peu de données sur les taux de croissance et sur une gestion sylvicole judicieuse de Bridelia grandis, mais il pourrait devenir une essence de bois d’œuvre intéressante d’un point de vue commercial, parce qu’il semble pousser rapidement et se multiplier facilement. Il mérite également que la recherche pharmacologique s’y intéresse davantage.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Voorhoeve, A.G., 1965. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Pudoc, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Auteur(s)

  • G.D. Djagbletey, Forestry Research Institute of Ghana, Council for Scientific and Industrial Research, University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Djagbletey, G.D., 2012. Bridelia grandis Pierre ex Hutch. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 10 février 2019.


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