Brassica rapa (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Oléagineux Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
1, port de navet ; 2, port de choy sum ; 3, port de pétsaï ; 4, pomme de pétsaï ; 5, port de pakchoï. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
choy sum, produit
pétsaï, port de la plante au champ
cv. groupes Pakchoï (à gauche) et Pétsaï (à droite), marché
cv. groupe Navet Potager, plantes récoltées

Brassica rapa L.


Protologue: Sp. pl. 2 : 666 (1753).
Famille: Brassicaceae (Cruciferae)
Nombre de chromosomes: 2n = 20

Synonymes

  • Brassica campestris L. (1753).

Noms vernaculaires

  • Neep crops (En).


  • Pétsaï, chou chinois (Fr).
  • Chinese cabbage, petsai, pe-tsai (En).
  • Couve petsai (Po).


  • Pakchoï, pakchoy, chou de Shanghaï, chou chinois (Fr).
  • Pakchoi, pak-choi, celery cabbage, bok choi (En).
  • Couve chinesa, couve da China (Po).


  • Choy sum, brocoli chinois (Fr).
  • Caisin, caisim, cai xin, choisum, choi-sum (En).
  • Couve d’inflorescência (Po).


  • Navet, rave (Fr).
  • Turnip (En).
  • Nabo (Po).

Origine et répartition géographique

L’origine de Brassica rapa n’est pas connue ; on a suggéré qu’il s’agissait de la zone s’étendant de l’est de la Méditerranée au Pakistan et à la Chine orientale. Le navet est le plus ancien des légumes de l’espèce Brassica rapa. Il a fait l’objet d’une description à l’époque d’Alexandre le Grand (356–323 avant J.-C.), dont l’empire comprenait le Proche-Orient et la Perse. De là, on suppose qu’il s’est répandu à l’Asie du Sud-Est et à l’Afrique par les routes empruntées pour le commerce. La grande variabilité chez Brassica rapa, dont l’ensemble porte le nom de choux orientaux, s’est faite à travers différentes régions du continent eurasien. Le pétsaï et le pakchoï se sont développés dans les régions tempérées de l’est de l’Asie et le choy sum probablement dans les régions subtropicales de Chine. Le navet potager est très apprécié au Japon et relativement prisé en Europe. Les types oléagineux, dont font partie la navette et les oléagineux du sud de l’Asie appelés sarson et toria, sont cultivés pour leur huile, avec des centres de production situés en Inde, en Chine, au Canada et en Australie.

En Afrique tropicale, on signale parfois la culture de Brassica rapa comme légume dans de nombreux pays et il est probable qu’elle existe dans tous les pays. Le pétsaï est le plus commun et on a noté que dans certains endroits, comme par ex. au Cameroun et en R.D. du Congo, il était relativement prisé, suivi par le navet, tandis que le pakchoï et le choy sum se trouvent dans les régions où vivent des populations d’origine asiatique. On a signalé la présence du choy sum en Sierra Leone et il est assez apprécié au Congo, où il est appelé “loundif” en langue lengvele, et de façon erronée, “endive” en français.

Brassica rapa a également été signalé comme adventice, par ex. en Erythrée, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Zimbabwe et en Mozambique, probablement échappée des cultures.

Usages

Brassica rapa comprend de très nombreuses formes cultivées aux usages très variés. Les plus importants sont les légumes. Le feuillage du pétsaï, du pakchoï et du choy sum ainsi que la racine pivotante épaisse du navet potager sont utilisés comme légumes. On les consomme cuits à l’eau, en soupes, crus en salades, ou sautés dans des plats spéciaux. Les plantes de choy sum sont souvent consommées au moment de la floraison. Sautés, les pétioles lisses et tendres et les pédoncules ont une agréable consistance craquante. Les feuilles du pétsaï et du pakchoï se consomment également confites. En Europe, des cultivars spéciaux de navets (ou raves) constituent une importante culture fourragère. Si les cultures oléagineuses de Brassica rapa n’ont aucune importance en Afrique tropicale, elles peuvent en avoir ailleurs, par ex. en Inde, au Canada et en France, de même que des cultivars de Brassica juncea (L.) Czern. et Brassica napus L.

Production et commerce international

Le pétsaï, le pakchoï et le choy sum sont les légumes les plus vendus sur les marchés de Chine, du Japon et d’Asie du Sud-Est, où on les cultive sur plus de 500 000 ha. Le navet potager est assez important au Japon et en Europe. En Afrique tropicale, le pétsaï et le navet sont relativement communs sur les marchés urbains, mais le pakchoï et le choy sum ont une importance secondaire. Tous les types de Brassica rapa sont parfois cultivés pour les marchés spécialisés des grandes villes, où ils sont destinés à des consommateurs asiatiques et – dans une moindre mesure – européens. Il n’existe aucune donnée statistique sur le rendement et le commerce, mais le commerce international se limite probablement à des exportations occasionnelles depuis l’Afrique de l’Est vers l’Europe et les pays arabes.

Propriétés

La composition nutritionnelle du pétsaï est, par 100 g de partie comestible (93%) : eau 94,4 g, énergie 67 kJ (16 kcal), protéines 1,2 g, lipides 0,2 g, glucides 3,2 g, fibres alimentaires 1,2 g, Ca 77 mg, Mg 13 mg, P 29 mg, Fe 0,31 mg, Zn 0,23 mg, vitamine A 318 UI, thiamine 0,04 mg, riboflavine 0,05 mg, niacine 0,4 mg, folate 79 μg, acide ascorbique 27 mg. Le pakchoï cru contient par 100 g de partie comestible (88%) : eau 95,3 g, énergie 54 kJ (13 kcal), protéines 1,5 g, lipides 0,2 g, glucides 2,2 g, fibres alimentaires 1,0 g, Ca 105 mg, Mg 19 mg, P 37 mg, Fe 0,8 mg, Zn 0,2 mg, vitamine A 4468 UI, thiamine 0,04 mg, riboflavine 0,07 mg, niacine 0,5 mg, folate 66 μg, acide ascorbique 45 mg. La composition nutritionnelle de la racine de navet, par 100 g de partie comestible (81%), est de : eau 92 g, énergie 117 kJ (28 kcal), protéines 0,9 g, lipides 0,1 g, glucides 6,4 g, fibres alimentaires 1,8 g, Ca 30 mg, Mg 11 mg, P 27 mg, Fe 0,3 mg, Zn 0,3 mg, vitamine A absente, thiamine 0,04 mg, riboflavine 0,03 mg, niacine 0,4 mg, folate 15 μg, acide ascorbique 21 mg (USDA, 2002).

Les extraits de feuille et de racine de Brassica rapa ont révélé une activité antibactérienne et antifongique.

Description

  • Plante herbacée érigée, annuelle à bisannuelle, atteignant 1,5 m de haut, à racine pivotante trapue, parfois partiellement renflée (navet) ; tige ramifiée.
  • Feuilles disposées en spirale, mais en rosette au stade végétatif ; stipules absentes ; feuilles inférieures plus ou moins pétiolées, pennatipartites à 1–5 paires de petits lobes latéraux et un grand lobe terminal atteignant 90 cm × 35 cm, crénelées, dentées, sinuées ou entières, généralement poilues ; feuilles caulinaires pennatipartites à simples, embrassantes à la base, glabres, glauques.
  • Inflorescence : grappe ombelliforme terminale atteignant 60 cm de long, à fleurs ouvertes dépassant les boutons floraux, s’allongeant à la fructification.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle atteignant 3 cm de long, ascendant ; sépales de 5–8 mm de long, étalés, vert-jaune ; pétales obovales, de 0,5–1 cm de long, munies d’un onglet, jaune vif ; étamines 6 ; ovaire supère, cylindrique, 2-loculaire, stigmate globuleux.
  • Fruit : silique linéaire de 4–10 cm × 2–4 mm, pourvue d’un bec effilé de 0,5–3 cm de long, déhiscente, contenant jusqu’à 30 graines.
  • Graines globuleuses, de 1–1,5 mm de diamètre, finement réticulées, brun foncé.
  • Plantule à germination épigée, formant une racine pivotante et des racines latérales ; hypocotyle d’environ 5 cm de long, épicotyle de 2–4 mm de long ; cotylédons à pétiole d’environ 2 cm de long, limbe cordé, de 1–1,5 cm de long, cunéiforme à la base, émarginé à l’apex.

Autres données botaniques

La taxinomie de Brassica rapa est confuse. Plusieurs classifications infraspécifiques ont été proposées, chacune tentant de saisir en un système taxinomique unique la très large variabilité des taxons cultivés, mais le résultat n’a jamais été satisfaisant. Une classification en groupes de cultivars a été élaborée et sur les 12 groupes environ qui ont été distingués, voici ceux qui ont une certaine importance pour l’Afrique tropicale :

– Groupe Pétsaï (synonyme : Brassica pekinensis (Lour.) Rupr.) : produit des têtes ou pommes oblongues ou fuselées, plus ou moins serrées mais jamais autant que chez Brassica oleracea L. (chou pommé).

– Groupe Pakchoï (synonyme : Brassica chinensis L.) : produit une rosette lâche de feuilles aux pétioles élargis, aplatis et charnus.

– Groupe Choy Sum (synonyme : Brassica parachinensis L.H.Bailey) : produit une rosette lâche à feuilles orbiculaires basales, des pétioles à peine ailés et des feuilles caulinaires non-embrassantes ; les plantes sont récoltées avant la floraison ou lorsque les premières fleurs apparaissent.

– Groupe Navet Potager : produit une racine renflée (hypocotyle), de forme variable, allant de globuleuse aplatie à ellipsoïde et cylindrique, obtuse ou pointue, et de couleur variable, du blanc au rose ou jaune, à l’apex blanc, vert, rouge, rose ou bronze ; feuilles parfois utilisées aussi comme légume.

Il existe plusieurs autres groupes de légumes orientaux faisant partie de Brassica rapa, mais ils sont pratiquement inconnus en Afrique. Il s’agit entre autres des légumes-feuilles du Groupe Mizuna, du Groupe Neep Greens et du Groupe Taatsai.

Croissance et développement

Les graines de Brassica rapa n’ont pas de dormance, mais il est recommandé d’attendre au moins une semaine après leur séchage pour commencer à semer. Les graines demandent 3–5 jours pour germer dans des conditions optimales d’humidité du sol et de température (20–25ºC). La germination n’est pas influencée par la lumière. Les plantes de Brassica rapa peuvent être vernalisées à basse température à un stade jeune.

Les plants de pétsaï forment généralement 5 feuilles sur deux tours d’hélice (type précoce) ou 8 feuilles en trois tours (type tardif). A ce stade, lorsque les feuilles sont encore horizontales, on procède au repiquage en plein champ. De nouvelles feuilles internes se mettent ensuite à pousser plus érigées. La formation de la pomme peut commencer au stade de la 12e feuille pour les cultivars précoces et de la 25e pour les cultivars tardifs. Les pommes peuvent être récoltées à 40–80 jours après le semis. Comparés aux cultivars précoces, les tardifs ont une couronne extérieure de feuilles plus nombreuses et plus grandes et une pomme comportant davantage de feuilles (jusqu’à 100). A la montaison, la tige courte et épaisse commence par s’allonger et les boutons floraux se forment. Les types bisannuels montent à graine après une période de températures relativement basses.

Le pakchoï n’est pas pommé. Les deux premières vraies feuilles sont opposées, et les suivantes sont disposées en spirale. A la récolte (au bout de 40–45 jours), la plante possède environ 30 feuilles : 10 feuilles juvéniles, 14 feuilles adultes et 6 petites feuilles internes.

Le choy sum possède un petit nombre de grandes feuilles elliptiques sur une tige relativement mince. La montaison, qui intervient à 30–80 jours après le semis, dépend moins de la température que celle du pétsaï .

Le navet supporte le gel et il peut germer bien en dessous de la température optimale (à partir de 5 ºC). En 3 semaines, la plante forme une forte racine pivotante, 5–7 feuilles, et elle atteint 10–15 cm de haut. Une partie de la racine mais principalement l’hypocotyle s’épaissit pour devenir un organe de stockage. Chez les plantes de moins de 10 semaines, la montaison peut être provoquée par quelques nuits en dessous de 3ºC. Les plantes plus âgées nécessitent plusieurs semaines de basses températures.

Comme toutes les espèces de Brassica, Brassica rapa possède une forte racine pivotante et un vaste système racinaire finement ramifié, qui s’enracine surtout dans les 40 premiers cm du sol. Au cours du stade reproductif, le système racinaire devient encore plus vaste. Allogames, les plantes sont pollinisées par des insectes tels que les abeilles. Après la fécondation, les fruits fins se forment rapidement et atteignent leur longueur maximale environ 3 semaines plus tard ; ils sont prêts pour la récolte au bout de 2 semaines supplémentaires.

Ecologie

Le choy sum, le pakchoï ainsi qu’un nombre limité de cultivars de pétsaï sont normalement cultivés sous les tropiques à de faibles altitudes. Le navet et la plupart des cultivars de pétsaï donnent de meilleurs résultats dans les hautes terres tropicales, au-dessus de 800 m d’altitude. Des températures élevées peuvent provoquer la “nécrose marginale” et empêcher la pommaison. Des températures élevées le jour et basses la nuit favorisent la pommaison. Certains cultivars de navet et de choy sum peuvent supporter un léger gel. La plupart des cultivars de navet potager sont bisannuels dans les régions tempérées et nécessitent pour leur montaison une induction par le froid d’environ 6 semaines en dessous de 10°C. Cette condition peut être remplie en Afrique de l’Est au-dessus de 2000 m mais, dans la plupart des cas, il s’agit de semences importées. Dans les régions subtropicales et tropicales, on peut cultiver le choy sum toute l’année pour ses feuilles et ses jeunes inflorescences tendres : ceci montre que l’induction florale n’est pas influencée par la température, mais les plantes tendent à monter plus vite à graine pendant les jours longs. Les plantes de Brassica rapa ont besoin de beaucoup d’eau, mais elles ne supportent pas l’inondation. Elles préfèrent un limon argileux bien drainé et fertile avec un pH de 5,5–6,5. Un niveau élevé de matière organique profite à la plante tout en équilibrant la disponibilité des éléments essentiels. Les plantes sont sensibles à la salinité.

En Afrique orientale et australe, Brassica rapa est présent par endroits comme adventice sur les terrains vagues et le long des routes, à 1500–3000 m d’altitude.

Multiplication et plantation

La production de semences de Brassica rapa se fait généralement en dehors des basses terres humides tropicales. La vernalisation est plus facile et les plantes ont tendance à monter plus vite à graine lorsque les jours sont frais et longs. Une montaison précoce réduit la durée et le coût d’une culture porte-graines. Par ailleurs, de nombreuses maladies survenant dans les régions tropicales (humides) créent moins de problèmes dans les régions de production de semences où il fait moins chaud. Les graines sèches (moins de 7% d’humidité) se conservent à 20°C pendant au moins 5 ans sans perdre leur viabilité. Pour les cultivars de pétsaï, de choy sum et de pakchoï à pollinisation libre, un rendement de 1500 kg/ha de semences peut être atteint, tandis que les hybrides peuvent en produire 600–700 kg/ha. La décapitation des plantes nouvellement montées à graine stimule le développement des bourgeons axillaires et augmente le rendement en semences. Pour la production de semences hybrides, on utilise un parent mâle stérile ou femelle auto-incompatible. Les semences du commerce sont calibrées pour assurer une germination correcte et homogène. En moyenne, les grosses graines germent plus vite et produisent des plants plus vigoureux.

Avant le semis, on peut traiter les semences à l’eau chaude ou avec un produit chimique comme le thirame ou l’hypochlorite pour prévenir les maladies transmises par les graines. Le semis peut se faire directement (à 6 mm de profondeur), dans des planches semées densément ou dans des pots ou des plateaux, pour repiquage en plein champ. Pour les plantes cultivées en planche ou sur plateau, le mieux est d’ajouter un engrais soluble (75 ppm, NPK 20–20–20) à l’eau d’arrosage en début de matinée. Lors des premiers stades de croissance, les plants ont éventuellement besoin d’un léger ombrage. On repique les hybrides (principalement ceux de pétsaï) en raison du coût bien plus élevé des semences. Pour le pétsaï, le poids de 1000 graines se situe à 2–4,5 g et il faut 300–600 g/ha si l’on repique et jusqu’à 5 fois plus si l’on sème en direct. La densité de plantation dépend beaucoup du cultivar et de la méthode de culture, mais en général elle se situe à 60 000–80 000 plantes/ha. Les plants sont repiqués dans les 20–30 jours après le semis, en fin d’après-midi, et espacés de 30–50 cm sur la ligne et 50 cm entre les lignes. Les trous de plantation peuvent être traités avec des fongicides avant le repiquage pour empêcher la fonte des semis.

Normalement, le choy sum et le pakchoï sont semés directement au champ en lignes espacées de 20 cm, ou à la volée sur des planches surélevées. Le poids de 1000 graines est de 2 g et il faut 6–10 kg/ha. On recouvre les graines d’une mince couche de terre, de paille ou de balle de riz, et on les maintient humidifiées. On éclaircit les plantes à une tous les 10 cm, après deux semaines environ. Au cours des 2–3 premières semaines, un désherbage régulier est nécessaire. Les plants produits en planches ou sur plateaux peuvent être repiqués environ 15–20 jours après le semis.

Le navet se sème finement dans des sillons espacés de 30 cm ; on éclaircit les plants en les espaçant de 15 cm sur la ligne.

Gestion

On cultive les plantes sur billons ou sur des planches surélevées. On peut recouvrir les planches de paille ou de plastique pour limiter la pousse des mauvaises herbes et retenir l’humidité du sol. Le sol doit être fin et bien fertilisé (20–50 t/ha). Un bon drainage est essentiel, en particulier pendant la saison des pluies. Les 3–4 premières semaines, la culture nécessite un désherbage régulier. L’absorption de minéraux est relativement élevée. Une culture de Brassica rapa produisant 25 t/ha a besoin de 150–200 kg de N, 15–20 kg de P et 100–150 kg de K par ha. Pour utiliser correctement les engrais, il est essentiel de faire des analyses de sol tout en tenant compte des besoins de la culture et du cultivar. L’apport en engrais se fait normalement par étapes. Il est conseillé de donner 3,5 kg/ha de bore (borax) avant de planter. Les cultivateurs asiatiques donnent une fois par semaine à leurs cultures à croissance rapide un engrais foliaire comportant du calcium et du bore. Sous les tropiques, les cultures souffrent souvent d’un manque de micronutriments, ce qui entraîne une perte de rendement et augmente l’incidence des maladies. Il faut arroser en fonction des besoins pour maintenir la zone d’enracinement à 65–85% de la capacité au champ. Un dosage progressif en eau et en nutriments, comme le pratique l’agriculture moderne (au ruban goutte-à-goutte, par goutteur, par asperseur), augmente les rendements et peut réduire la propagation des maladies par l’eau d’arrosage. Pour la production de semences, il est important d’apporter du bore en quantité suffisante (jusqu’à 10 kg/ha).

Maladies et ravageurs

De nombreuses maladies attaquent Brassica rapa dans les régions tropicales. On peut lutter contre l’alternariose (Alternaria brassicae, Alternaria circinans) et le mildiou (Peronospora parasitica) par des fongicides et en utilisant des cultivars tolérants. L’anthracnose (Colletotrichum higgingsianum) est une maladie foliaire grave des espèces de Brassica, par ex. en Côte d’Ivoire. La pourriture de la tige (Erwinia carotovora) apparaît en conditions chaudes et humides ; sa fréquence peut être réduite en augmentant le pH du sol (par chaulage). On peut lutter contre les pourritures d’entreposage provoquées par Erwinia au moyen de poudre d’alun. La nervation noire (Xanthomonas campestris pv. campestris) peut être endiguée au moyen de semences et de plants sains, en plantant des cultivars dotés d’un haut niveau de tolérance et en évitant l’arrosage par aspersion. La hernie (Plasmodiophora brassicae) s’est propagée rapidement au cours des dernières décennies, pour devenir une maladie très nuisible dans les régions de hautes terres africaines. Elle est souvent introduite avec la terre présente sur les racines des plants provenant d’autres zones infestées et peut se propager rapidement avec l’eau d’arrosage. Une fois installée, elle ne peut s’éradiquer qu’en cultivant des plantes non-hôtes (non-Brassica) pendant cinq ans au moins. On peut réduire les dégâts en pratiquant une rotation espacée des cultures, en éradicant les crucifères adventices (plantes-hôtes alternatives), par chaulage et en évitant de cultiver sur des sols de pH < 6,5 ; une nouvelle méthode de lutte consiste à ajouter des champignons du sol antagonistes (Trichoderma, Mortierella spp.). Un petit nombre de cultivars de pétsaï semblent offrir une certaine résistance à quelques souches de ce pathogène, mais on ne dispose pas encore de niveaux élevés de résistance durable. D’autres maladies fongiques nuisibles sont la maladie des taches noires (Mycosphaerella brassicicola) et la jaunisse (Fusarium oxysporum), contre lesquelles on peut lutter grâce à la rotation des cultures et à l’utilisation de cultivars résistants. On peut prévenir le virus de la mosaïque du chou-fleur (CaMV) et le virus de la mosaïque du navet (TuMV) en luttant contre les pucerons qui les transmettent et en éradicant leurs hôtes, tels que les espèces adventices de Brassica.

Le ravageur le plus important de Brassica rapa est la teigne des crucifères (Plutella xylostella) contre laquelle la lutte chimique est de plus en plus inefficace car elle devient rapidement résistante à tous les insecticides, à l’exception de ceux à base de nim. En revanche, la lutte biologique au moyen de phéromones sexuelles et de parasitoïdes (Diadegma semiclausum, Apanteles plutellae, Diadromus collaris et Oomyzus sokolowski) est prometteuse. Les autres insectes ravageurs sont les chenilles tisseuses de pyrales (Crocidolomia binotalis et Hellula undalis), particulièrement en Afrique australe, le ver du cotonnier (Spodoptera littoralis), l’altise (Phyllotreta spp.) et la piéride du chou (Pieris canidia). Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae) est un vecteur des virus de la mosaïque ; il est conseillé d’appliquer des produits phytosanitaires si plus de 2% des plantes sont attaquées par les pucerons.

Récolte

Il est préférable de récolter les légumes-feuilles tôt le matin. Les pommes de pétsaï se récoltent lorsqu’elles sont compactes et fermes, vers 40–75 jours après le semis (40–55 jours pour les cultivars tropicaux). On coupe la plante à la base, de façon à garder la pomme intacte. On garde parfois quelques feuilles externes pour protéger la pomme au cours du transport. Les hybrides peuvent se récolter en une seule fois, mais il faut vérifier la maturité des pommes des variétés-populations, que l’on récolte en plusieurs fois. Le pakchoï peut être récolté dès 3 semaines après le semis, mais le délai habituel de récolte est de 30–45 jours. Les plantes laissées trop longtemps au champ perdent rapidement leur qualité en raison de la pourriture de la tige ou de la montaison. Le choy sum se récolte juste avant que les fleurs ne s’ouvrent ou quand la plante atteint sa taille maximale, juste avant le début de la montaison, généralement 30–80 jours après le semis. A basse altitude, les cultivars se récoltent généralement en plusieurs fois, pendant une période de 30–45 jours après le semis. Les hybrides de choy sum à montaison tardive sont adaptés à une récolte en un seul passage. Les plantes sont arrachées ou coupées à la base puis conditionnées en petites bottes.

Le navet peut être récolté au bout de 35 jours pour les hybrides les plus précoces, et jusqu’à 80 jours pour les types tardifs. Selon le cultivar, la racine pivotante renflée atteint 5–10 cm de diamètre lorsqu’elle est prête. Les navets sont vendus soit en bottes avec leurs feuilles, soit équeutés (sans leurs feuilles). Leur qualité et leur goût se détériorent rapidement avec l’âge.

Pour la production de semences, on sectionne les plantes à la base lorsqu’une grande partie des fruits (environ 80%) a viré au brun orangé, mais les fruits ne doivent pas encore s’ouvrir lorsqu’on les frotte entre les mains. On met les plantes en bottes avant de les suspendre sur des piquets pour qu’elles finissent de mûrir et de sécher pendant une semaine. On procède ensuite au battage et au tamisage en utilisant des tamis de 1,3–3,0 mm, puis on fait sécher les graines au soleil. Les graines saines bien séchées au soleil (12% d’humidité) doivent couler au fond de l’eau.

Rendement

Les rendements de pétsaï varient beaucoup en fonction des périodes de culture et de maturité, la moyenne étant de 30–50 t/ha de produit frais pour des cultures bien conduites. Le choy sum peut produire entre 20–45 t/ha en culture intensive. Les rendements les plus élevés peuvent être atteints en plantation très dense, en appliquant de fortes quantités d’azote. Le pakchoï produit 10–30 t/ha, en fonction du cultivar et de la période de récolte. Les rendements de navet se situent à 12–25 t/ha aux Etats-Unis. Normalement, la racine pivotante renflée ne dépasse pas 30% du poids total de la plante.

Traitement après récolte

Soumis aux conditions ambiantes, le pétsaï, le choy sum et le pakchoï ont une durée de conservation très limitée. Le produit doit arriver sur les marchés au plus tard le jour qui suit la récolte. Dans certains cas, les feuilles extérieures de la pomme peuvent être ôtées et la pomme reste vendable encore 2–3 jours. Un stockage sur glace peut causer des lésions dues au froid. Les pommes de pétsaï se conservent 3–6 mois à 0°C sans congélation et à un taux d’humidité relative de 98–100%. Les pommes de certains cultivars sont sensibles au froid et doivent être conservées à des températures légèrement plus élevées. Un stockage dans des sacs plastiques perforés en polyéthylène augmente la durée de conservation, ce qui est le cas aussi si l’on entrepose tête en bas. En général, les plantes cultivées par temps frais et celles qui ont des pommes fermes se conservent mieux. Les plantes de choy sum se conservent bien à 0–5°C, à un taux d’humidité relative de 95%. La tendreté du choy sum ne permet pas de le confire ou de lui faire subir d’autres transformations après récolte. Le navet n’est pas sensible aux dégâts du froid et se conserve 4–5 mois à 0°C à un taux d’humidité relative de 90–95%. Au cours de la réfrigération, il faut réduire la température progressivement pour éviter que le navet ne se fende. Le navet peut également être confit au vinaigre et on peut le congeler ou le sécher en tranches.

Ressources génétiques

C’est en Chine que l’on rencontre la variabilité la plus importante de pétsaï, de pakchoï et de choy sum. La tendance est au remplacement des nombreuses variétés locales par un petit nombre de cultivars améliorés. La collecte de variétés locales africaines de pétsaï, par ex. celles du Cameroun et du Congo qui résultent d’introductions anciennes et ont été multipliées à la ferme, pourrait avoir un intérêt pour l’amélioration future. On trouve de nombreux cultivars de navet en Europe et Japon. La Chinese Academy of Agricultural Sciences (CAAS) de Pékin, l’Asian Vegetable Research and Development Center (AVRDC) de Taïwan, l’Institute of Horticultural Research de Wellesbourne (Royaume-Uni), le United States Department of Agriculture (USDA) et le National Institute of Agrobiological Research de Tsukuba (Japon) détiennent d’importantes collections de Brassica rapa.

Sélection

L’amélioration génétique du pétsaï a fait l’objet de beaucoup d’attention de la part de l’AVRDC (Taïwan) et des semenciers asiatiques. Sous les tropiques, la sélection est limitée par une vernalisation difficile aux températures ambiantes. Si la floraison peut être induite au champ, on ensache les plantes pour contrôler la pollinisation. Si la floraison doit être induite artificiellement, on déterre les plantes et on les vernalise en chambre froide. Une partie de la pomme peut être coupée pour faciliter la montaison. Les plantes de Brassica rapa montrent une dépression de consanguinité, et une nette hétérosis chez les hybrides. La sélection d’hybrides F1 a démarré dans les années 1950, en tirant parti de l’auto-incompatibilité. On trouve des stérilités mâles cytoplasmique comme génétique à l’état naturel chez les espèces de Brassica. C’est la stérilité mâle cytoplasmique qui est aujourd’hui couramment utilisée pour produire des hybrides, car les systèmes basés sur la stérilité mâle génétique sont peu pratiques et coûteux. La culture de microspores d’anthère est utilisée pour créer rapidement des lignées complètement homozygotes. Les efforts d’amélioration génétique ont débouché sur la création de cultivars hybrides F1 hâtifs pour les basses terres tropicales, qui offrent à la fois des pommes moyennement fermes, une tolérance à la chaleur et une résistance aux principales maladies (pourriture de la tige, anthracnose, mildiou, taches foliaires, virus).

Chez le choy sum, les hybrides gardent une importance réduite, les avantages qu’ils offrent sur les variétés-populations étant négligeables. De nombreux cultivars améliorés sont vendus en grandes quantités en Asie du Sud-Est et en Chine du Sud. Plusieurs semenciers (au Japon, en Chine, à Taïwan, en Thaïlande) ont de petits programmes d’amélioration et offrent un vaste éventail de types de plantes. Des négociants en semences de Hong Kong offrent de bonnes variétés-populations, en particulier pour les types à montaison précoce. La East-West Seed Company est le principal fournisseur du type à montaison tardive (‘Tosakan’) utilisé en Asie du Sud-Est.

L’amélioration génétique du pakchoï se concentre au Japon et en Chine, où l’on trouve une offre de cultivars améliorés tant hybrides qu’à pollinisation libre. Mushashino Seeds est l’un des premiers fournisseurs d’hybrides tropicaux. L’amélioration génétique du navet est effectuée principalement par des semenciers japonais et européens, mais si de nombreux cultivars sont disponibles, aucun n’est spécialement adapté aux conditions tropicales. On ne signale aucun programme d’amélioration génétique de Brassica rapa destiné spécialement à l’Afrique tropicale, l’activité se limitant à des essais comparatifs de cultivars introduits d’Asie ou d’Europe.

Perspectives

En Afrique tropicale, le seul type cultivé important de Brassica rapa est le pétsaï, qui soulève de plus en plus d’intérêt. Les recherches méritent d’être développées sur son amélioration génétique et son agronomie dans les conditions africaines. Le pakchoï et le choy sum sont des légumes-feuilles tropicaux productifs d’une excellente valeur nutritionnelle ; relativement faciles à cultiver, ils gagneraient à être popularisés. Le navet, moins adapté aux tropiques et difficile à cultiver, restera probablement un légume secondaire en Afrique.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Kuo, C.G. & Toxopeus, H., 1993. Brassica rapa L. cv. group Chinese Cabbage. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 127–130.
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Auteur(s)

  • H. Toxopeus, Wageningen, Netherlands
  • J. Baas, East West Seed International Ltd., P.O. Box 3, Bang Bua Thong, Nonthaburi 11110, Thailand

Consulté le 11 juillet 2021.