Brachystegia nigerica (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Céréale / légume sec | |
Bois d'œuvre | |
Sécurité alimentaire | |
Statut de conservation | |
Brachystegia nigerica Hoyle & A.P.D.Jones
- Protologue: Kew Bull. 1947(1) : 68 (1947).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Origine et répartition géographique
Brachystegia nigerica est endémique du sud du Nigeria.
Usages
Le bois, commercialisé au même titre que d’autres espèces de Brachystegia sous l’appellation “okwen” ou “naga”, sert à la confection de mobilier de qualité inférieure et de manches d’outils. Il se prête à la construction légère, à la parqueterie, à la menuiserie, aux boiseries intérieures, à la construction navale, à la charronnerie, à la fabrication de caisses et de cageots, de récipients alimentaires, de jouets et d’articles de fantaisie, de placage et de contreplaqué.
La farine obtenue à partir des graines sert d’épaississant et d’arôme dans la préparation de soupes. En médecine traditionnelle, l’extrait de feuille et d’écorce soigne les troubles d’estomac, la fièvre, les infections urinaires et la gonorrhée.
Production et commerce international
Le bois de Brachystegia nigerica est utilisé et commercialisé avant tout localement. Il est quelquefois probablement exporté en lots mélangés.
Propriétés
Le bois de cœur, brun pâle à brun foncé, se distingue nettement de l’aubier blanchâtre à brun jaunâtre pâle qui atteint 15 cm de large. Le fil est souvent ondé ou contrefil, le grain modérément grossier à grossier. Les surfaces sciées sur quartier présentent souvent une figure rayée ou en spirale.
C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 675–705 kg/m³ à 12% d’humidité, et modérément dur. Il sèche à l’air lentement mais assez bien. Le séchage en séchoir doit se faire lentement et avec précaution à cause du risque de gerces de surface profondes. On peut atténuer le fendage de l’extrémité du bois en appliquant un enrobé bitumineux sur l’extrémité des planches tronçonnées. Les petites fentes ont tendance à s’accentuer en cours de séchage. L’effondrement est fréquent chez le bois de tension. Le bois a tendance au voilement, au tuilage et aux cambrures. Les taux de retrait sont modérés.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de 75–105 N/mm², le module d’élasticité de 8800–11 300 N/mm², la compression axiale de 38–57 N/mm², le cisaillement de 10,5–18,5 N/mm², le fendage de 18 N/mm et la dureté Janka de flanc de 5420–6360 N.
Il se travaille assez bien à la machine, mais désaffûte gravement les dents de scie et les lames de coupe avec un risque de surchauffe au sciage. Il se travaille difficilement à la main. Au rabotage, il a tendance à la déchirure en présence de contrefil ; il faut donc employer un angle de coupe réduit de 10–13° si l’on souhaite obtenir de bons résultats. Le bois étant sujet aux fentes lors du clouage, un pré-perçage est recommandé. Il est moyennement durable, car il est sensible au bleuissement et aux insectes.
Les graines de Brachystegia nigerica fournissent près de 7,3% d’une huile fixe sur la base du poids sec. Par 100 g, l’huile contient 84 g d’acides gras mélangés ; l’indice d’iode est de 10,82 et l’équivalent de saponification de 342,5. On a observé que l’huile essentielle des feuilles contenait de l’α-pinène (17,7%), du β-sélinène (12,5%) et de l’α -gurjunène (8,8%).
Description
- Arbre de taille moyenne à grande atteignant 40(–45) m de haut, sempervirent ; fût dépourvu de branches sur 15 m, droit et cylindrique, jusqu’à 120 cm de diamètre, avec ou sans contreforts ; surface de l’écorce lisse chez les jeunes individus, devenant rugueuse et écailleuse, se desquamant par grandes écailles, brune à taches rougeâtres, écorce interne fibreuse, dure, rosée, devenant brune à l’exposition ; cime étalée, dense ; rameaux glabres.
- Feuilles alternes, composées paripennées à (3–)5–9 paires de folioles ; stipules de 1–2 cm de long, caduques ; pétiole d’environ 0,5 cm de long, épaissi à la base, sillonné au-dessus, rachis de 3,5–11 cm de long, étroitement ailé ; folioles opposées, obliquement elliptiques à obovales ou oblongues, de 0,5–7,5 cm × 0,3–3,5 cm, s’agrandissant vers l’apex du rachis, presque glabres, pennatinervées à 14 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : panicule terminale atteignant 3,5 cm de long, à pubescence courte, à fleurs denses.
- Fleurs bisexuées, presque régulières, petites, parfumées, présentant à la base 2 bractéoles ovales d’environ 6 mm de long ; pédicelle de 3–5 mm de long ; sépales (3–)5, légèrement inégaux, de 2–2,5 mm de long, presque glabres ; pétales absents ; étamines 10, presque libres, d’environ 1 cm de long ; ovaire supère, ellipsoïde, d’environ 3 mm de long, à stipe d’environ 3 mm de long, poilu, style élancé, d’environ 1 cm de long.
- Fruit : gousse oblongue à obovoïde, aplatie, de 9–15(–17) cm × 3,5–5 cm, à angle droit avec le stipe, lisse quoique légèrement ridée, brun pourpre foncé ou presque noire à maturité, déhiscente par 2 valves ligneuses, contenant normalement 4 graines.
- Graines discoïdes, d’environ 2 cm de diamètre, brun foncé.
Autres données botaniques
On reconnaît Brachystegia nigerica, notamment les sujets adultes, grâce à ses petites folioles dont la taille diminue de l’apex vers le bas. Chez les sujets jeunes, c’est le pétiole sillonné et étroitement ailé qui le distingue des autres espèces de Brachystegia dans son aire. Les arbres fleurissent normalement en décembre. Les fruits mûrissent en octobre–décembre, mais on en a également vu en juin. Ils s’ouvrent de façon explosive, disséminant les graines sur de courtes distances.
Le genre Brachystegia, qu’il est difficile de classer d’un point de vue taxinomique, comprend près de 30 espèces réparties en Afrique continentale tropicale et en Afrique du Sud, la majorité des espèces étant présentes en Afrique tropicale australe où elles sont caractéristiques de la forêt de miombo.
Brachystegia kennedyi
Brachystegia kennedyi Hoyle est un arbre de taille moyenne à grande atteignant 45(–50) m de haut, dont le fût mesure jusqu’à 220 cm de diamètre et qui est souvent pourvu de grands contreforts. Il est présent, parfois en peuplements grégaires, dans la forêt sempervirente du Nigeria et de l’ouest du Cameroun, et diffère avant tout de Brachystegia nigerica par ses feuilles dont les folioles sont en général de plus grande taille et dont les folioles apicales sont légèrement plus petites que les médianes. Le bois brunâtre, vendu également sous le nom de “okwen” ou de “naga”, est moyennement dur et durable, et se prête à la fois à la construction et à la menuiserie, car il présente d’assez bonnes caractéristiques d’usinage.
Ecologie
Brachystegia nigerica est présent dans la forêt pluviale de basses terres, en particulier dans les zones humides en bordure de cours d’eau, où il peut pousser de façon grégaire. On l’a également signalé dans la forêt claire décidue et sur les collines.
Gestion
Brachystegia nigerica peut être conduit en taillis. Il arrive que les grumes présentent un cœur mou, ce qui explique qu’il faille être prudent lors de la coupe. Il y a lieu de traiter les grumes fraîchement abattues avec des produits de conservation ou de les convertir immédiatement pour éviter le bleuissement. Les grumes fraîchement coupées ne flottant pas dans l’eau, elles ne peuvent être transportées par flottage fluvial.
Ressources génétiques
L’aire de répartition de Brachystegia nigerica est limitée et il pousse par petits peuplements. N’étant pas commun, il risque de souffrir d’érosion génétique, et nécessite dès lors que des mesures conservatoires soient prises. Il est classé comme vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées.
Perspectives
Brachystegia nigerica demeurera seulement un arbre utile dont les graines comestibles ne servent qu’à l’usage domestique et qui est employé en médecine traditionnelle. Les perspectives qui s’ouvrent à lui en tant qu’essence à bois d’œuvre semblent réduites, même pour le marché local, à cause de sa présence limitée. La recherche devrait s’intéresser à sa conservation et à son exploitation durable.
Références principales
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
- Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by Keay, R.W.J., Onochie, C.F.A. & Stanfield, D.P. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.
- Obasi, N.B.B. & Ndelle, K.N., 1991. Study of the seed oil of Brachystegia nigerica Hoyle and A.P.D. Jones. Journal of the American Oil Chemists’ Society 68(9): 649–650.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
Autres références
- Davy, B.J. & Hutchinson, J., 1923. A revision of Brachystegia. Bulletin of Miscellaneous Information Kew 1923(4): 129–163.
- Federal Department of Forest Research, Ibadan, 1966. Brachystegia kennedyi (Okwen). Research Report No. F.P.R. L/7, Federal Ministry of Information, Printing Division, Lagos, Nigeria. 10 pp.
- Federal Department of Forest Research, Ibadan, 1966. Brachystegia nigerica (Okwen). Research Report No. F.P.R. L/8, Federal Ministry of Information, Printing Division, Lagos, Nigeria. 7 pp.
- Keay, R.W.J., Hoyle, A.C. & Duvigneaud, P., 1958. Caesalpiniaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 439–484.
- Ogunwande, I.A., Essien, E.E., Ogunbinu, A.O., Adebayo, M., Karioti, A., Saroglou, V. & Skaltsa, H., 2008. Essential oil constituents of Klainedoxa gabonensis Pierre ex Engl. (Irvingiaceae), Brachystegia nigerica Hoyle et A. Jones (Caesalpinioideae) and Acalypha segetalis (Muell.) Arg. (Euphorbiaceae). Journal of Essential Oil Research 20(3): 211–215.
- World Conservation Monitoring Centre, 1998. Brachystegia nigerica. In: IUCN 2010. Red list of threatened species. Version 2010.4. [Internet] http://www.iucnredlist.org. November 2011.
Auteur(s)
- E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
Citation correcte de cet article
Obeng, E.A., 2012. Brachystegia nigerica Hoyle & A.P.D.Jones. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.
Consulté le 18 décembre 2024.
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