Brachystegia leonensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau avec boutons floraux ; 3, fleur ; 4, valve du fruit ouvert avec graines. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
arbre
feuillage
tranche
feuille

Brachystegia leonensis Burtt Davy & Hutch.


Protologue: Bull. Misc. Inform. Kew 1923(4) : 156 (1923).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Noms vernaculaires

  • Méblo (Fr).
  • Bush mahogany (En).

Origine et répartition géographique

Brachystegia leonensis est présent de la Sierra Leone jusqu’à l’ouest de la Côte d’Ivoire.

Usages

Le bois, commercialisé sous l’appellation “okwen” ou “naga”, est utilisé en construction, pour la parqueterie et la confection de mobilier. Il convient pour les menuiseries intérieures, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les caisses et les cageots, la sculpture, les placages et le contreplaqué. Il sert également de bois de feu.

On se frictionne les gencives à l’aide d’une décoction de feuilles en cas de maux de dents.

Production et commerce international

Le bois de Brachystegia leonensis est essentiellement employé et vendu localement, mais peut parfois être commercialisé au niveau international en lots mélangés.

Propriétés

Le bois de cœur, brun jaunâtre pâle à brun cuivre, est teinté de pourpre et présente des maillures foncées ; il se distingue assez nettement de l’aubier jaunâtre ou blanchâtre et qui atteint 15 cm de large. Il présente un contrefil ou un fil ondé, parfois un fil droit, le grain est moyen. Les surfaces sciées sur quartier ont parfois une figure rayée ou en spirale.

C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 490–560 kg/m³ à 12% d’humidité, et moyennement dur. Il sèche à l’air assez lentement, avec un risque élevé de déformation, de fentes aux extrémités et de gerces. Les taux de retrait sont modérément élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 4,7–4,9% dans le sens radial et de 7,5–7,6% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable à stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 116–138 N/mm², le module d’élasticité de 8500–10 800 N/mm², la compression axiale de 42–56 N/mm², le cisaillement de 7,5–8 N/mm², le fendage de 13,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,2–2,8.

Il se travaille assez facilement tant à la main qu’à la machine. Il émousse les dents de scie et les lames de coupe faiblement à modérément. Au rabotage et au moulurage, il a tendance à se déchirer à cause du contrefil, et un angle de coupe réduit de 10–13° est recommandé. Les caractéristiques de perçage et de mortaisage sont satisfaisantes. Comme il est difficile d’obtenir une surface lisse, il convient d’utiliser une grande quantité d’apprêt si l’on souhaite une belle finition. Le bois étant sujet aux fentes lors du clouage, des avant-trous sont nécessaires ; il tient bien les clous et les vis. Les caractéristiques de collage et de déroulage sont bonnes. Le bois de cœur est moyennement durable, car il résiste bien aux attaques des termites alors qu’il est sensible au bleuissement, aux scolytes et aux térébrants marins. L’aubier est sujet aux Lyctus. Le bois de cœur est rebelle au traitement par des produits de conservation, contrairement à l’aubier qui est perméable.

Falsifications et succédanés

Le bois de plusieurs espèces de Brachystegia est semblable à celui de Brachystegia leonensis et également commercialisé sous l’appellation “naga”, y compris Brachystegia cynometroides Harms, Brachystegia eurycoma Harms et Brachystegia nigerica Hoyle & A.P.D.Jones.

Description

  • Arbre de grande taille atteignant 45(–50) m de haut, sempervirent ; fût dépourvu de branches sur 30 m, droit et cylindrique, jusqu’à 200(–250) cm de diamètre, épaissi à la base ou pourvu de contreforts ailés atteignant 2 m de haut ; surface de l’écorce lisse, devenant rugueuse et s’écaillant en plaques irrégulières, grise à gris-brun foncé, écorce interne épaisse, dure, fibreuse, brun rougeâtre à rouge foncé à stries blanchâtres, jaunâtres ou orange, sécrétant un exsudat rougeâtre ; cime à branches ascendantes ; rameaux retombants, légèrement poilus.
  • Feuilles alternes, composées paripennées à (3–)6–12(–13) paires de folioles, retombantes ; stipules étroitement oblongues, caduques mais à base persistante ; pétiole de 1–3 cm de long, rachis de 15–28 cm long, à pubescence rougeâtre ; folioles opposées, presque sessiles, elliptiques à lancéolées, de 1,5–12 cm × 0,5–4,5 cm, arrondies mais fortement asymétriques à la base, obtuses à faiblement émarginées ou courtement acuminées à l’apex, coriaces, à poils denses et brunâtres lorsque jeunes, mais devenant presque glabres, à 2–3 nervures presque basales sur un côté de la foliole et à 4–6 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale ou axillaire dense atteignant 20 cm de long, densément recouverte de poils courts et bruns, à nombreuses fleurs.
  • Fleurs bisexuées, presque régulières, petites, parfumées, jaune verdâtre, sessiles, comportant à la base 2 bractéoles ovales d’environ 10 mm de long ; sépales (4–)5(–6), largement ovales, de 2–2,5 mm de long, presque glabres ; pétales absents ; étamines 10, presque libres, d’environ 1,5 cm de long ; ovaire supère, ellipsoïde aplati, d’environ 4 mm de long, à stipe d’environ 3 mm de long, poilu sur les bords, style mince.
  • Fruit : gousse oblongue, aplatie, de 12–30 cm × 4–8 cm, à angle droit avec le stipe, lisse bien que légèrement ridée, brun pourpre, déhiscente par 2 valves ligneuses, contenant 2–6 graines.
  • Graines discoïdes, d’environ 2 cm de diamètre, lisses, brunes.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 5–7,5 cm de long, épicotyle de 6–9 cm de long, à poils bruns ; cotylédons ronds, d’environ 1,5 cm de diamètre, pressés contre l’épicotyle ; 2 premières feuilles opposées, à 2–3 paires de folioles, feuilles suivantes alternes, comptant progressivement davantage de paires de folioles.

Autres données botaniques

Le genre Brachystegia, qu’il est difficile de classer d’un point de vue taxinomique, comprend près de 30 espèces réparties en Afrique continentale tropicale et en Afrique du Sud, la majorité des espèces étant présentes en Afrique tropicale australe où elles sont caractéristiques de la forêt de miombo.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Structure étagée : 122 : rayons et/ou éléments axiaux irrégulièrement étagés (échelonnés).
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : (131 : canaux intercellulaires d’origine traumatique).
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; 143 : cristaux prismatiques dans les fibres.
(E.E. Mwakalukwa, H. Beeckman & P. Baas)

Croissance et développement

On a pu établir que l’accroissement en diamètre du fût en Sierra Leone était variable ; pour un diamètre de fût d’environ 20 cm, l’accroissement annuel en diamètre a été de 5 mm, pour un diamètre d’environ 30 cm il a été de 1,5 mm et pour un diamètre de fût d’environ 50 cm il a été de 9 mm. Brachystegia leonensis fait partie des arbres les plus grands au sein de son aire de répartition, arrivant en seconde position après Tieghemella heckelii (A.Chev.) Roberty. Les arbres fleurissent de janvier à avril, les jeunes fruits commençant à devenir visibles en juin–octobre, et la dispersion des graines atteignant son apogée en décembre–février. Les vieilles feuilles tombent habituellement entre septembre et la mi-novembre. Les vagues de nouvelles feuilles brun rougeâtre apparaissent à peu près à la même époque.

Ecologie

Brachystegia leonensis est commun par endroits dans la forêt sempervirente humide des basses terres, où il préfère les endroits bien drainés. Il est souvent associé à Lophira alata Banks ex C.F.Gaertn. et à Heritiera utilis (Sprague) Sprague.

Multiplication et plantation

La régénération naturelle est généralement assez bonne à proximité de l’arbre-mère ; les semis et les gaules sont fréquents dans les trouées forestières qui ont connu des perturbations du sol. On compte près de 700 graines par kg. Le taux de germination est correct pour autant que les graines soient semées tout de suite après la récolte, la germination débutant normalement au bout de 7–20 jours. Les semis ont une croissance assez lente, puisqu’ils n’atteignent 30 cm de haut qu’au bout d’1 an.

Gestion

Dans certaines forêts de Sierra Leone, on a enregistré une densité moyenne de 0,8 arbre/ha ayant un diamètre de fût supérieur à 80 cm. Brachystegia leonensis peut être conduit en taillis. Les rejets de souche peuvent atteindre 4,5 m de haut en 3 ans.

Traitement après récolte

Après l’abattage, les grumes doivent être rapidement débardées car le bois est sujet au bleuissement et aux attaques des insectes xylophages.

Ressources génétiques

Brachystegia leonensis a une aire de répartition limitée et bien qu’il soit localement commun, il risque d’être facilement menacé par l’érosion génétique étant donné la déforestation qui se poursuit sans relâche en Afrique de l’Ouest.

Perspectives

Brachystegia leonensis continuera d’être apprécié en tant qu’essence à bois d’œuvre utile localement, toutefois son avenir comme bois d’œuvre commercial destiné au commerce international semble bouché, son bois n’ayant que des propriétés modérées de finition et une durabilité moyenne.

Références principales

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  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • CIRAD Forestry Department, 2008. Naga. [Internet] Tropix 6.0. http://tropix.cirad.fr/ africa/ naga.pdf. November 2011.
  • CTFT (Centre Technique Forestier Tropical), 1962. Information technique No 153: Comparaison des divers Brachystegia reçus au CTFT. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 5 pp.
  • Kryn, J.M. & Fobes, E.W., 1959. The woods of Liberia. Report 2159. USDA Forest Service, Forest Products Laboratory, Madison, Wisconsin, United States. 147 pp.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.
  • Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Autres références

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome premier. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 369 pp.
  • de la Mensbruge, G., 1966. La germination et les plantules des essences arborées de la forêt dense humide de la Côte d’Ivoire. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 389 pp.
  • Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
  • Kunkel, G., 1965. The trees of Liberia. Field notes on the more important trees of the Liberian forests, and a field identification key. Report No 3 of the German Forestry Mission to Liberia. Bayerischer Landwirtschaftsverlag, München, Basel, Wien. 270 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Normand, D., 1950. Atlas des bois de la Côte d’Ivoire. Tome 1. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 148 pp.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Poorter, L., Bongers, F., Kouamé, F.Y.N. & Hawthorne, W.D., 2004. Biodiversity of West African forests: an ecological atlas of woody plant species. CABI, Wallingford, United Kingdom. 521 pp.

Sources de l'illustration

  • Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
  • A.A. Oteng-Amoako, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Obeng, E.A. & Oteng-Amoako., A.A., 2012. Brachystegia leonensis Burtt Davy & Hutch. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 18 avril 2019.


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