Bikinia durandii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau en fleurs ; 3, valve du fruit. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
arbre dans son milieu
arbre

Bikinia durandii (F.Hallé & Normand) Wieringa


Protologue: Wageningen Agric. Univ. Pap. 99(4) : 207 (1999).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Synonymes

  • Monopetalanthus durandii F.Hallé & Normand (1960).

Noms vernaculaires

  • Andoung de Durand (Fr).

Origine et répartition géographique

Bikinia durandii a une petite aire de répartition, étant endémique du Gabon.

Usages

Le bois, vendu à partir du Gabon comme “andoung” avec d’autres Bikinia spp., Aphanocalyx spp. et quelques autres Caesalpiniaceae, est utilisé pour la construction légère, la menuiserie, l’ébénisterie, la charronnerie, les échelles, les articles de sport, les jouets, les bibelots, les manches d’outil, les boîtes, les caisses, les allumettes, les placages, le contreplaqué et la pâte à papier. Il est également adapté pour les revêtements de sol légers, les boiseries intérieures, la construction navale et les traverses de chemin de fer.

Production et commerce international

Les exportations de grumes d’ “andoung” en provenance du Gabon sont passées de 2700 m³ en 1991 à 47 000 m³ en 1999 puis ont diminué jusqu’à 10 300 m³ en 2009. La contribution de Bikinia durandii était probablement modérée.

Propriétés

Le bois de cœur est brun rosé, s’assombrissant légèrement à l’exposition, et il se démarque relativement indistinctement de l’aubier. Il est généralement contrefil, et le grain est fin et régulier.

C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 520–710 kg/m³ à 12% d’humidité, et seulement moyennement dur. Il sèche à l’air relativement bien avec peu de dégradation, mais nécessite de l’attention. Les taux de retrait, du bois vert à anhydre, sont moyens à relativement élevés, de 3,2–6,2% radialement et de 6,7–11,0% tangentiellement.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 82–159 N/mm², le module d’élasticité de 10 200–16 180 N/mm², la compression axiale de 39–66 N/mm², le cisaillement de 5,5–8 N/mm², le fendage de 10,5–22 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,3–4,4.

Le bois se travaille bien, aussi bien à la machine qu’à la main. Au rabotage, il peut y avoir des plages laineuses à cause du contrefil ; il faut constamment affûter les lames de coupe. Le bois retient bien les vis et les clous. Les propriétés de collage sont bonnes et le bois prend une finition satisfaisante. Les caractéristiques de perçage et de déroulage sont bonnes. Le bois est moyennement durable, étant assez résistant aux attaques de termites, mais sensible aux attaques de scolytes, de capricornes et de Lyctus. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, mais l’aubier est quant à lui perméable.

Description

  • Grand à très grand arbre atteignant 60 m de haut ; fût droit, cylindrique, non ramifié sur 30 m, jusqu’à 130(–150) cm de diamètre, à contreforts atteignant 2,5 m de haut ; surface de l’écorce lisse à rugueuse, brun grisâtre à brun rougeâtre, à lenticelles rougeâtres, écorce interne fibreuse, jaune brunâtre devenant violacée à l’exposition, à exsudat rouge foncé ; cime relativement étroite, irrégulière ; rameaux brun grisâtre avec quelques lenticelles brun pâle, à poils brun jaunâtre ou glabres.
  • Feuilles disposées en spirale, composées paripennées à (6–)9–16 paires de folioles ; stipules libres, étroitement obovales, atteignant 6 cm de long, rapidement caduques en laissant des cicatrices annulaires sur les rameaux ; pétiole de 7–24 mm de long, rachis jusqu’à 23 cm de long, légèrement cannelé au-dessus ; folioles opposées, sessiles, oblongues, asymétriques, de (0,5–)1,5–10,5 cm × 0,5–3,5 cm, coriaces, glabres.
  • Inflorescence : grappe composée axillaire de 5–22 cm de long, à poils courts brun pâle, avec jusqu’à 12 ramifications latérales atteignant 4,5 cm de long ; bractées atteignant 1 cm de long.
  • Fleurs bisexuées ou mâles, zygomorphes, odorantes, à 2 bractéoles ovales à la base atteignant 13 mm de long ; pédicelle de 4–8 mm de long, poilu ; sépales 3(–5), petits, atteignant 3 mm de long, 2 soudés en une bande 2-lobée ; pétales 1–3, blancs, dont un atteignant 7,5 mm de long, les autres atteignant 2 mm de long ; étamines 10, 9 soudées à la base, 1 libre, anthères violacées ; ovaire supère, atteignant 5 mm de long, à stipe de 3–5 mm de long, poilu, 1-loculaire, style de 9–11 mm de long, poilu sauf à l’apex ; fleurs mâles à ovaire réduit.
  • Fruit : gousse obovale, plate, de 9–21 cm × 3,5–8,5 cm, à stipe de 1–2 cm de long, à courte pointe à l’apex, très étroitement ailée à la suture supérieure, à nervure longitudinale à peu près au milieu des côtés latéraux, contenant 1–2 graines.
  • Graines lenticulaires, de 3–4 cm de long, à très mince tégument brun foncé.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 8–11 cm de long, épicotyle de 21–30 cm de long ; deux premières feuilles opposées, à 4–6 paires de folioles, feuilles suivantes alternes.

Autres données botaniques

Le genre Bikinia comprend 10 espèces et est confiné à la forêt pluviale et la forêt-galerie à l’ouest de l’Afrique centrale. Il s’apparente étroitement à Aphanocalyx et Tetraberlinia.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes ; 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; (58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur).
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; (83 : parenchyme axial anastomosé) ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; (93 : huit (5–8) cellules par file verticale).
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; (113 : présence de cellules des rayons avec parois disjointes) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 131 : canaux intercellulaires d’origine traumatique.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(E. Ebanyenle, P. Baas & H. Beeckman)

Croissance et développement

Des arbres en floraison ont été signalés en septembre. La pollinisation est effectuée par des insectes tels que les abeilles (on a répertorié des visites d’abeilles communes et d’abeilles charpentières sur les fleurs), mais probablement également par les colibris. Les fruits mettent environ 5 mois à mûrir. Les graines, qui ont un tégument très mince, sont sensibles au dessèchement, ce qui implique qu’elles soient mises à germer immédiatement après l’égrenage. Les jeunes plantes ont probablement besoin de champignons ectomycorhiziens pour croître convenablement.

Ecologie

Bikinia durandii est présent en forêt pluviale sur terrains secs jusqu’à 600 m d’altitude. Il est habituellement présent en petits groupes d’environ 10 arbres matures dans la forêt, mais des peuplements presque purs d’arbres à diamètre de fût variable ont également été signalés.

Traitement après récolte

Les grumes sont sensibles aux insectes et aux attaques fongiques après l’abattage ; elles doivent être débardées de la forêt aussi vite que possible ou traitées avec des produits de conservation. Un grand nombre de capricornes ont été répertoriés sur les fûts fraîchement abattus. Les grumes fraîches flottent sur l’eau et peuvent donc se transporter par voie d’eau.

Ressources génétiques

Bikinia durandii peut se trouver menacé d’érosion génétique à cause de sa petite aire de répartition. Il ne semble actuellement pas être très exploité, mais un abattage plus intensif à l’avenir pourrait facilement menacer cette espèce. Bikinia durandii figure comme vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, mais son statut nécessite une mise à jour.

Perspectives

Bikinia durandii fournit un bois de bonne qualité, et, comme d’autres Bikinia spp., il peut avoir de bonnes perspectives dans des plantations de bois d’œuvre car il semble pousser assez rapidement en fûts grands, droits et cylindriques, même sur des sols pauvres. Cependant, il reste à mener de nombreuses recherches, en particulier sur la multiplication et la croissance, surtout en relation avec les mycorhizes.

Références principales

  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Détienne, P., 2001. Du nouveau chez les andoungs. Bois et Forêts des Tropiques 267(1): 101–103.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • Wieringa, J.J., 1999. Monopetalanthus exit: a systematic study of Aphanocalyx, Bikinia, Icuria, Michelsonia and Tetraberlinia (Leguminosae, Caesalpinioideae). Wageningen Agricultural University Papers 99(4). Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 320 pp.
  • World Conservation Monitoring Centre, 1998. Monopetalanthus durandii. In: IUCN. Red list of threatened species. Version 2010.4. [Internet] http://www.iucnredlist.org. January 2010.

Autres références

  • CIRAD Forestry Department, 2009. Andoung. [Internet] Tropix 6.0. http://tropix.cirad.fr/ africa/andoung.pdf. August 2010.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.

Sources de l'illustration

  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Hallé, F. & Normand, H., 1960. Sur une espèce nouvelle d’andoung: Monopetalanthus Durandii (Caesalpiniaceae). Notulae Systematicae (Paris) 16: 136–140.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Obeng, E.A., 2011. Bikinia durandii (F.Hallé & Normand) Wieringa. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 18 avril 2019.


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