Berlinia grandiflora (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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répartition en Afrique (sauvage)
1, ramille en fleurs ; 2, fleur ; 3, fruit. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
arbre
arbre
tranche
feuilles et fleurs
fleurs
fleur
fruits
feuille et gousse
gousse
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Berlinia grandiflora (Vahl) Hutch. & Dalziel


Protologue: Bull. Misc. Inform. Kew 1928(10) : 398 (1928).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: n = 12

Synonymes

  • Berlinia acuminata Sol. ex Hook.f. (1849),
  • Berlinia heudelotiana Baill. (1865).

Noms vernaculaires

  • Melegba des galeries (Fr).

Origine et répartition géographique

Berlinia grandiflora est répandu de la Guinée et du Mali jusqu’en Centrafrique, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo.

Usages

Le bois est utilisé pour la construction de maisons, les planches, les planchers, la menuiserie et les récipients alimentaires. Il convient pour les boiseries intérieures, la construction navale, les châssis de véhicules, le mobilier, l’ébénisterie, les traverses de chemin de fer, les tuteurs, les égouttoirs, le tournage, les placages et le contreplaqué.

Le jus d’écorce est appliqué sur les plaies et blessures, et on administre la décoction d’écorce pour traiter les hémorroïdes et les affections hépatiques ainsi que comme vermifuge. La décoction de ramilles feuillées est utilisée comme fébrifuge, cholagogue et anti-émétique ; cependant, on signale qu’elle est également utilisée comme émétique et purgatif. Des décoctions de feuilles sont prises comme tonique.

Berlinia grandiflora est parfois planté comme arbre ornemental et arbre d’ombrage dans les villages, et comme arbre d’ombrage dans les plantations de caféiers. Il est parfois brouté par le bétail, en particulier les moutons et les chèvres.

Production et commerce international

Le bois de Berlinia grandiflora est principalement utilisé localement et rarement vendu sur le marché international en tant que “melegba”.

Propriétés

Le bois de cœur est brun rosé à brun rougeâtre avec des stries violacées, et distinctement démarqué de l’aubier large et blanc rosé. Il est contrefil, le grain est moyen à grossier. Le bois n’a pas d’odeur et est insipide lorsque sec.

C’est un bois de poids moyen à moyennement élevé, d’une densité de 690–820 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche relativement lentement à l’air mais bien, avec parfois un léger gauchissement. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont plutôt élevés : de 5,9–6,0% radialement et 8,5–10,4% tangentiellement. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 110–180 N/mm², le module d’élasticité de 10 780–12 350 N/mm², la compression axiale de 51–73 N/mm², le cisaillement de 11–15 N/mm², le fendage de 12–18 N/mm, la dureté Janka de flanc de de 6050 N et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 3,6–6,7.

Le bois se travaille et se scie moyennement bien, mais parfois les dents de scie et les lames de coupe s’usent rapidement. Le peluchage du contrefil sur des surfaces rabotées peut être problématique. Les propriétés de clouage et de vissage sont satisfaisantes, ainsi que les caractéristiques de collage et de cintrage. On signale que les propriétés de coloration et de polissage sont variables. Moyennement résistant aux termites, c’est un bois moyennement durable, mais il est sensible aux attaques de scolytes et de térébrants marins. L’aubier est facilement traité avec des produits de conservation, mais le bois de cœur est rebelle.

On a montré la présence d’alcaloïdes, de tanins, de flavonoïdes, de triterpènes et d’hétérosides dans des extraits d’écorce. Des extraits méthanoliques d’écorce ont mis en évidence une toxicité aiguë chez les souris, avec une DL50 de 37 mg/kg par injection intrapéritonéale. Ils augmentent de façon significative le temps de sommeil induit par pentobarbitone chez les souris et ont montré des effets analgésiques. Ils induisent une contraction de l’iléon isolé de cobaye avec un effet lié à la dose. Des extraits d’écorce ont montré une activité vermifuge chez des rats infectés par Nippostrongylus brasiliensis et une activité contre le nématode libre du sol, Caenorhabditis elegans. On a identifié l’acide bétulinique comme composé actif.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 25(–30) m de haut ; fût souvent court, souvent irrégulier, parfois droit et cylindrique, atteignant 50(–70) cm de diamètre, sans contreforts ; surface de l’écorce écailleuse, gris foncé à brune, écorce interne brun pâle à brun rougeâtre, sécrétant parfois une résine jaunâtre ; cime arrondie, dense, à rameaux étalés ; rameaux bruns, glabres.
  • Feuilles alternes, composées paripennées à (2–)3–4(–5) paires de folioles ; stipules grandes, caduques ; pétiole de 2–4(–6,5) cm de long ; pétiolules trapus, de 0,5–1 cm de long ; folioles opposées ou presque, oblongues-elliptiques à obovales, asymétriques, de 7–22 cm × 3–11,5 cm, obtuses à arrondies à la base, habituellement courtement acuminées à l’apex, papyracées à finement coriaces, glabres ou à poils courts au-dessous, pennatinervées à 7–12 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale fortement ramifiée, à denses poils courts brun rougeâtre, à nombreuses fleurs ; bractées petites, caduques.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères, odorantes, à 2 bractéoles atteignant 3,5(–6,5) cm × 2 cm à la base, à poils argentés à l’intérieur ; pédicelle de 2–5 cm de long ; hypanthium atteignant 1,5 cm de long, habituellement glabre ; sépales linéaires, d’environ 1 cm de long ; pétales libres, 1 grand, de 3,5–6,5 cm de long, avec un long onglet à la base, légèrement émarginé à l’apex, les 4 autres d’environ 1 cm de long, blancs ; étamines 10, de 5–6 cm de long, 9 soudées à la base, 1 libre ; ovaire supère, stipité, densément couvert de poils courts, style mince, presque aussi long que les étamines.
  • Fruit : grande gousse ligneuse, oblongue, aplatie, atteignant 30 cm × 7 cm, à court stipe, à denses poils courts et dorés, brun jaunâtre à brun, à veines diagonales indistinctes, déhiscente par 2 valves, à environ 4 graines.
  • Graines plates, arrondies à ellipsoïdes, atteignant 4 cm de diamètre, brun foncé.

Autres données botaniques

Le genre Berlinia comprend environ 20 espèces et est confiné à l’Afrique tropicale où presque toutes les espèces sont présentes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. De nombreuses espèces se ressemblent entre elles, et les identifier peut être problématique. Berlinia grandiflora appartient à la section Berlinia, caractérisée par des pétales très inégaux en longueur et par des bractées petites. Il a été confondu avec plusieurs autres espèces de cette section, surtout Berlinia auriculata Benth., Berlinia congolensis (Baker f.) Keay, Berlinia confusa Hoyle et Berlinia coriacea Keay.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; (27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm)) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; (42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm) ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; (47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré) ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; (82 : parenchyme axial aliforme) ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; (106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées) ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(C. Essien, H. Beeckman & P. Baas)

Croissance et développement

Les arbres fleurissent souvent à la fin de la saison sèche. En Côte d’Ivoire, leur floraison a été signalée en janvier–mai, et au Ghana en janvier–juillet. Les fruits mûrissent environ 6 mois plus tard.

Ecologie

Berlinia grandiflora est présent généralement en forêt-galerie dans les régions de savane, jusqu’à 700 m d’altitude. On peut également le trouver en bordure de parcelles de forêt semi-décidue des zones de savane. Il préfère les sols profonds et bien drainés.

Ressources génétiques

Berlinia grandiflora est répandu et moyennement commun par endroits. Il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Berlinia grandiflora restera d’importance locale pour son bois et comme médicament. On a très peu de renseignements concernant sa croissance et son développement, sa multiplication, sa plantation et les mesures de gestion appropriées. Il mérite plus d’attention en tant qu’espèce polyvalente qui pourrait être utile dans des systèmes d’agroforesterie.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.

Auteur(s)

  • R.B. Jiofack Tafokou, Ecologic Museum of Cameroon, P.O. Box 8038, Yaoundé, Cameroon

Consulté le 20 avril 2019.


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