Beilschmiedia kweo (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Beilschmiedia kweo (Mildbr.) Robyns & R.Wilczek


Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 19: 494 (1949).
Famille: Lauraceae

Synonymes

  • Tylostemon kweo Mildbr. (1914).

Noms vernaculaires

  • Mfimbo (Sw).

Origine et répartition géographique

Beilschmiedia kweo est endémique des montagnes de l’Arc oriental en Tanzanie.

Usages

Le bois est employé pour les meubles, les parquets, les panneaux, les placages, les crosses de fusil et les manches d’outils. Il convient aussi pour la construction légère, les boiseries intérieures, la menuiserie, la construction navale, les articles de sport, les instruments agricoles, les jouets, les articles de fantaisie, le tournage, les pieux et poteaux, et les bois de mine. Il est également employé comme bois de feu.

Production et commerce international

Des volumes appréciables de ce bois étaient autrefois employés localement en Tanzanie et exportés en Allemagne, où on l’employait pour la construction de chariots et de bateaux. Il est maintenant devenu rare.

Propriétés

Le bois de cœur est vert olive, virant au séchage au brun grisâtre ou au châtain ; il est nettement distinct de l’aubier de couleur crème et jusqu’à 5 cm de large. Le fil est droit, le grain moyen. Le bois est huileux.

La densité du bois est de 540–740 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait sont de 1,8% dans le sens radial et 4,1% dans le sens tangentiel de l’état vert à 12% d’humidité, et de 3,0% dans le sens radial et 6,8% dans le sens tangentiel de l’état vert à anhydre. Le séchage à l’air est lent, les pièces de plus de 2,5 cm d’épaisseur ayant tendance à se fendre. Les pièces de plus de 2,5 cm d’épaisseur peuvent être séchées de manière satisfaisante en séchoir. Les grumes peuvent présenter un cœur étoilé quelques semaines après l’abattage. Le bois séché est stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 79 N/mm², le module d’élasticité de 11 100 N/mm², la compression axiale de 45 N/mm², le cisaillement de 10 N/mm², le fendage de 65 N/mm dans le sens radial et 76 N/mm dans le sens tangentiel, et la dureté Janka de flanc de 4320 N.

Le bois se scie bien, mais avec une tendance à se fendre s’il y a présence d’un cœur étoilé, et avec un effet marqué d’émoussage des dents de scie. Il se rabote bien, mais seulement à faible vitesse, sinon il peut se produire des déchirures. Il se moulure, se perce et se mortaise proprement, se ponce et se polit en donnant un beau fini, et il se colle bien. Les caractéristiques de clouage sont médiocres, et des avant-trous sont nécessaires près des bords. Le tournage est aisé.

La durabilité du bois est moyenne à élevée, et il est moyennement résistant aux térébrants marins et aux termites. L’aubier est sujet aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur est imperméable aux produits de préservation, et l’aubier est moyennement rebelle à l’imprégnation.

Description

  • Arbre sempervirent de moyenne grandeur, atteignant 30 m de haut ; fût dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 15(–25) m, rectiligne, jusqu’à 100 cm de diamètre, dépourvu de contreforts ; écorce externe gris pâle ou brun pâle, presque lisse, se détachant en larges écailles en laissant des taches de couleur rouge-brun, écorce interne rouge ; jeunes rameaux finement poilus.
  • Feuilles alternes ou opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1,5–2 cm de long ; limbe oblong-ovale à elliptique ou oblong, de (10–)11,5–18(–22) cm × 4–9(–11) cm, base largement cunéiforme à arrondie, apex étroitement acuminé, glabre, pennatinervé à une dizaine de paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule axillaire lâche, de 4–6 cm de long ; pédoncule d’environ 5 cm de long ; ramifications jusqu’à 3 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, rouge foncé ; pédicelle d’environ 2 mm de long ; périanthe en forme de toupie ou de cloche ; tube d’environ 1,5 mm de long, lobes 6, ovales, d’environ 1,5 mm de long ; étamines fertiles (6–)9, en (2–)3 verticilles de 3, verticille interne pourvu de glandes, staminodes 3 ; ovaire supère, s’amincissant graduellement au sommet pour former le style.
  • Fruit : baie ellipsoïde en forme d’olive de 3,5–5 cm × 1,5–2,5 cm, renfermant 1 seule graine.
  • Graines à cotylédons semi-circulaires, très épais, de couleur brun-violet pâle.

Autres données botaniques

On a signalé que seulement 12% des graines de Beilschmiedia kweo avaient germé après 2 mois, ce pourcentage s’élevant à 70% après 3 mois, ce qui indique une dormance physiologique. Les graines sont récalcitrantes.

Le genre Beilschmiedia comprend environ 250 espèces, réparties dans tous les tropiques, dont quelque 80 espèces en Afrique tropicale et à Madagascar. Beilschmiedia kweo est classé dans le sous-genre Stemonadenia, section Hufelandia.

Ecologie

Beilschmiedia kweo se rencontre dans la forêt pluviale à 800–1800 m d’altitude. Dans les monts Usambara orientaux (Tanzanie), l’espèce montre une bonne régénération naturelle dans de vieilles plantations de Maesopsis eminii Engl.

Ressources génétiques

Beilschmiedia kweo est classé dans la Liste rouge 2006 des espèces menacées de l’UICN comme espèce vulnérable, en raison de son aire de répartition limitée.

Perspectives

En raison de sa répartition limitée et de sa raréfaction due à l’exploitation antérieure, il n’y a aucune perspective d’emploi accru de Beilschmiedia kweo comme source de bois d’œuvre, et il devrait plutôt être protégé ou géré, par exemple dans d’anciennes plantations de Maesopsis eminii.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Bryce, J.M., 1967. The commercial timbers of Tanzania. Tanzania Forest Division, Utilisation Section, Moshi, Tanzania. 139 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Verdcourt, B., 1996. Lauraceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 19 pp.

Autres références

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  • Lovett, J. & Clarke, G.P., 1998. Beilschmiedia kweo. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. December 2006.
  • Lovett, J.C., Ruffo, C.K., Gereau, R.E. & Taplin, J.R.D., 2006. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/projects/tzforeco/. December 2006.
  • Robyns, W. & Wilczek, R., 1949. Contribution à l’étude des Lauracées du Congo Belge et de l’Afrique tropicale. Bulletin du Jardin Botanique de l’Etat (Bruxelles) 19(4): 457–507.
  • Roe, D., Mulliken, T, Milledge, S., Mremi, J., Mosha, S. & Grieg-Gran, M., 2002. Making a killing or making a living?: wildlife trade, trade controls and rural livelihoods. Biodiversity and Livelihoods Issues 6. TRAFFIC, Cambridge & IIED, London, United Kingdom. 114 pp.
  • Sautu, A., Baskin, J.M., Baskin, C.C. & Condit, R., 2006. Studies on the seed biology of 100 native species of trees in seasonal moist tropical forest, Panama, Central America. Forest Ecology and Management 234(1–3): 245–263.
  • Viisteensaari, J., Johansson, S., Kaarakka, V. & Luukkanen, O., 2000. Is the alien tree species Maesopsis eminii Engl. (Rhamnaceae) a threat to tropical forest conservation in the East Usambaras, Tanzania Environmental Conservation 27(1): 76–81.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Beilschmiedia kweo (Mildbr.) Robyns & R.Wilczek. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 21 avril 2019.


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