Bauhinia petersiana (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Céréale / légume sec | |
Stimulant | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Ornemental | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Statut de conservation | |
Bauhinia petersiana Bolle
- Protologue: Peters, Naturw. Reise Mossambique 6(1) : 24 (1861).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 28
Synonymes
Bauhinia macrantha Oliv. (1871).
Noms vernaculaires
- Bauhinia blanc du Kalahari (Fr).
- Kalahari white bauhinia, wild coffee bean, coffee neat’s foot, camel’s foot (En).
- Chingando (Po).
Origine et répartition géographique
On trouve Bauhinia petersiana dans le sud-est de la R.D. du Congo et en Tanzanie, ainsi que dans toute l’Afrique australe.
Usages
On consomme la farine des graines écrasées de Bauhinia petersiana. Les graines sont également consommées comme fruits secs après avoir été grillées et passent pour un mets de choix dans certaines parties du Botswana. Une fois grillées et moulues, elles peuvent remplacer le café. Les graines immatures peuvent elles aussi être consommées. On mange les gousses grillées (en Namibie) ou bouillies (en Zambie). Au Botswana, on extrait des graines une huile utilisée localement. En R.D. du Congo, les fibres de l’écorce servent à fabriquer des cordages et les racines à obtenir une teinture. Bauhinia petersiana est largement brouté par le bétail. Au Zimbabwe, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, il est cultivé comme arbuste ornemental. Dans la plus grande partie de son aire de répartition, on fait bouillir les feuilles de Bauhinia petersiana, on inhale la vapeur puis on absorbe le liquide, une fois refroidi, pour soigner les toux sans gravité. Les Shonas du Zimbabwe boivent une infusion de racines en cas de dysménorrhée et de stérilité féminine. En Afrique du Sud, on fait bouillir les feuilles écrasées avec du sel et on applique le liquide chaud sur les plaies pour en favoriser la guérison. Une décoction de racines macérées permet de soigner la diarrhée.
Propriétés
Les graines sèches de Bauhinia petersiana contiennent par 100 g : eau 6,8 g, énergie 1554 kJ (371 kcal), protéines 22,9 g, lipides 13,1 g, glucides 40,2 g, fibres 13,0 g, Ca 237 mg, P 317 mg, Fe 3,9 mg, thiamine 0,58 mg, riboflavine 0,2 mg et niacine 1,6 mg (Arnold, Wells & Wehmeyer, 1985). Les principaux acides gras présents dans l’huile des graines sont les acides linoléique (45%), oléique (26%), palmitique (16%) et stéarique (7%). Les racines et les feuilles contiennent des tanins.
Description
- Arbuste ou petit arbre atteignant 10 m de haut ; jeunes rameaux pubescents et à nombreuses petites glandes ou écailles orange, certaines ramilles enroulées à l’apex, ressemblant à des vrilles.
- Feuilles alternes, simples ; stipules de 3–5 mm × 1–2 mm, caduques ; pétiole de 0,5–3 cm de long ; limbe de 2–8 cm × 2–10 cm, 2-lobé jusqu’à une profondeur d’un tiers ou deux tiers, lobes elliptiques à ovales ou arrondis.
- Inflorescence : grappe axillaire, opposée aux feuilles, ou terminale, à 1–10 fleurs.
- Fleurs bisexuées, presque régulières, 5-mères ; hypanthium de (1,5–)2–5,5(–6,5) cm de long ; sépales linéaires à linéaires-lancéolés, de 1,5–5 cm de long ; pétales étroitement elliptiques à ovales, de 2–8,5 cm × 0,5–4 cm, entièrement blancs ou quelquefois roses à la base de la nervure médiane ; étamines fertiles (4–)5(–6), de longueur légèrement inégale, staminodes 4–5 ; ovaire supère, mince, poilu, style de 2–4 cm de long.
- Fruit : gousse linéaire-oblongue à oblancéolée-oblongue de 10–24 cm × 1,5–5 cm, ligneuse, déhiscente, contenant 5–6 graines.
- Graines de 1–3 cm × 0,5–2 cm, châtain très foncé à noirâtre.
Autres données botaniques
Bauhinia est un genre tropical largement réparti qui comprend environ 250 espèces. A l’intérieur de Bauhinia petersiana, on distingue 2 sous-espèces. La subsp. petersiana présente des inflorescences à 2–10 fleurs, des poils apprimés sur la face inférieure des feuilles, et se trouve dans les parties les plus orientales et les plus septentrionales de l’aire de répartition de l’espèce. La subsp. macrantha (Oliv.) Brummitt & J.H.Ross présente des inflorescences à 1–3(–4) fleurs, des poils courbes ou étalés sur la face inférieure des feuilles, et se rencontre du sud de la Zambie et de l’ouest du Zimbabwe vers le sud et l’ouest.
Bauhinia petersiana ne forme pas de nodules racinaires et dépend de l’azote du sol.
Ecologie
On trouve Bauhinia petersiana dans les savanes herbeuses, arborées et boisées. En Afrique de l’Est, on le rencontre à 150–1850 m d’altitude. En Afrique australe, il est présent en zones sèches, par ex. dans le désert du Kalahari où les précipitations annuelles n’excèdent pas 350 mm, et il tolère le gel.
Gestion
Dans le Kalahari, les graines de Bauhinia petersiana sont récoltées d’avril à juillet. Quand il est cultivé comme ornemental, Bauhinia petersiana est multiplié par graines, boutures ou marcottage. Le poids de 100 graines est d’environ 670 g.
Ressources génétiques
Il semblerait que Bauhinia petersiana ait disparu complètement des pâturages communaux dans le sud du Botswana, peut-être à cause du surpâturage croissant. Deux entrées originaires du Botswana sont conservées au Millenium Seedbank (Ardingly, West Sussex, Royaume-Uni), une seule en provenance du Zimbabwe est détenue par le Desert Legume Programme aux Etats-Unis.
Perspectives
Bien que l’on songe depuis longtemps à mettre en culture Bauhinia petersiana en tant que plante alimentaire, rien n’a été tenté jusqu’à présent pour domestiquer l’espèce, ni pour exploiter voire même explorer sa diversité génétique. Il est urgent d’entreprendre des actions de conservation des populations méridionales, in situ ou ex situ, afin d’éviter la perte de diversité.
Références principales
- Arnold, T.H., Wells, M.J. & Wehmeyer, A.S., 1985. Khoisan food plants: taxa with potential for future economic exploitation. In: Wickens, G.E., Goodin, J.R. & Field, D.V. (Editors). Plants for arid lands. Proceedings of the Kew international conference on economic plants for arid lands. Allen & Unwin, London, United Kingdom. pp. 69–86.
- Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
- Gelfand, M., Mavi, S., Drummond, R.B. & Ndemera, B., 1985. The traditional medical practitioner in Zimbabwe: his principles of practice and pharmacopoeia. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 411 pp.
- Leger, S., 1997. The hidden gifts of nature: A description of today’s use of plants in West Bushmanland (Namibia). [Internet] DED, German Development Service, Windhoek, Namibia & Berlin, Germany. http://www.sigridleger.de/book/. April 2003.
- von Koenen, E., 2001. Medicinal, poisonous and edible plants in Namibia. Klaus Hess Verlag, Göttingen, Germany. 336 pp.
Autres références
- Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
- Brummitt, R.K. & Ross, J.H., 1982. A new combination for an African Bauhinia (Leguminosae, Caesalpinioideae): Bauhinia petersiana subsp. macrantha. Kew Bulletin 37(2): 236.
- Dakora, F.D., Lawlor, D.W. & Sibuga, K.P., 1999. Assessment of symbiotic nitrogen nutrition in marama bean (Tylosema esculentum L.) a tuber-producing underutilized African grain legume. Symbiosis 27: 269–277.
- Ketshajwang, K.K., Holmback, J. & Yeboah, S.O., 1998. Quality and compositional studies of some edible Leguminosae seed oils in Botswana. Journal of the American Oil Chemists Society 75(6): 741–743.
- National Academy of Sciences, 1979. Tropical legumes: resources for the future. National Academy of Sciences, Washington, D.C., United States. 331 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Ross, J.H., 1977. Fabaceae, subfamily Caesalpinioideae. In: Ross, J.H. (Editor). Flora of southern Africa. Volume 16, part 2. Botanical Research Institute, Department of Agricultural Technical Services, Pretoria, South Africa. 142 pp.
- Story, R., 1958. Some plants used by the bushmen in obtaining food and water. Memoirs of the Botanical Survey of South Africa No 30. 113 pp.
- van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
- Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Bosch, C.H., 2006. Bauhinia petersiana Bolle. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 décembre 2024.
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