Arnebia hispidissima (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Arnebia hispidissima (Sieber ex Lehm.) DC.


Protologue: Prodr. 10 : 94 (1846).
Famille: Boraginaceae

Noms vernaculaires

  • Sang de l’homme (Fr).
  • Arabian primrose (En).

Origine et répartition géographique

Arnebia hispidissima se rencontre depuis le nord de l’Afrique tropicale jusqu’au nord de l’Inde, en passant par l’Egypte. En Afrique tropicale, on l’a signalée au nord du Nigeria, au Cameroun, au Tchad et au Soudan.

Usages

Les racines d’Arnebia hispidissima sont récoltées dans la nature. Elles sont violet foncé, et fournissent une teinture allant du rouge violacé au violet. Au Nigeria, les Haoussas appellent cette teinture “jinin mutum” (sang de l’homme), et on l’utilise pour teindre les vêtements et le corps. En Inde, on l’inclut dans le groupe des Boraginaceae dont les racines sont vendues sous le nom commercial de “ratanjot”, utilisé comme colorant pour les aliments et comme teinture pour la soie. Au Soudan, la plante est pâturée par les moutons. La médecine traditionnelle indienne emploie des extraits des racines pour traiter les ulcères, les furoncles, les coupures, les maux de gorge, les troubles cardiaques, les maux de tête et la fièvre, et des extraits de la plante entière comme stimulant, tonique, diurétique et expectorant.

Propriétés

Le pigment rouge des racines d’Arnebia hispidissima est composé d’un groupe de colorants naphtoquinoniques dont la shikonine (et ses esters), son isomère optique l’alkannine (et ses dérivés) et leur forme racémique commune la shikalkine, ainsi que l’arnébifuranone qui est un autre type de composé. Ces mêmes colorants naphtoquinoniques sont présents dans les racines de plusieurs autres Boraginaceae traditionnellement employées comme colorant corporel ou teinture de textiles dans d’autres parties du monde (par ex. Alkanna tinctoria (L.) Tausch. en Europe et dans la région méditerranéenne, Lithospermum erythrorhizon Siebold & Zucc. en Chine et au Japon, Lithospermum caroliniense (Walter ex J.F.Gmel.) Macmil. en Amérique du Nord). Ils sont peu solubles dans l’eau mais davantage dans l’alcool et dans les lipides, ce qui explique leur emploi comme colorant dans les cosmétiques. En Inde, on a isolé des parties aériennes des principes médicinaux actifs tels que des arnébines et des triterpénoïdes (bétuline, β-amyrine et lupéol). Tous ces composés (tant des racines que des parties aériennes) ont montré une activité antimicrobienne, plus puissante contre les bactéries que contre les champignons.

Description

Plante herbacée annuelle atteignant 40 cm de haut, érigée ou ascendante, très ramifiée depuis la base, avec de fortes racines de couleur rouge, densément couvertes de poils hérissés blancs. Feuilles alternes, simples, dépourvues de stipules, sessiles ; limbe linéaire-lancéolé, de 1,5–8 cm × 0,2–1 cm, apex aigu à obtus, bord entier. Inflorescence spiciforme, composée de cymes scorpioïdes terminales courtes et denses, simples ou fourchues ; bractées foliacées. Fleurs sessiles, bisexuées, régulières, 5-mères ; calice profondément divisé, lobes de 5–8 mm de long, inégaux, à peine accrescents chez le fruit ; corolle tubulaire, de 8–16 mm de long, jaune, tube poilu à l’intérieur, lobes petits ; étamines insérées environ au milieu du tube de la corolle, filets d’environ 0,5 mm de long, anthères de 1,5 mm ; ovaire supère, à 4 lobes, style d’environ 1 cm de long, à 2 lobes, chaque lobe terminé par un stigmate réniforme. Fruit constitué de 4 nucules pyramidales jusqu’à 2 mm de long, avec une carène ventrale, granuleuses à lisses, de couleur grise à brun-jaune.

Le genre Arnebia comprend environ 25 espèces, et est limité à l’Afrique tropicale, à la région méditerranéenne et à l’Himalaya. En Afrique tropicale, on en trouve 3 espèces. Dans la médecine traditionnelle chinoise, les racines d’autres espèces d’Arnebia ont des usages analogues à ceux d’Arnebia hispidissima en Inde.

Ecologie

Arnebia hispidissima se rencontre sur des sols secs, pierreux ou sableux, souvent dans des plaines désertiques et dans des endroits perturbés en bordure des champs.

Ressources génétiques

Arnebia hispidissima est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Les propriétés tinctoriales d’Arnebia hispidissima, notamment la liposolubilité des matières colorantes des racines, en font une intéressante source de colorants pour l'industrie alimentaire et celle des cosmétiques. La récolte de racines dans la nature pourrait entraîner rapidement la raréfaction, voir l’extinction de la plante, si la demande de matière première portait sur de grandes quantités. En conséquence, il faudrait étudier les possibilités de sa mise en culture. Les propriétés médicinales d’Arnebia hispidissima conserveront probablement une importance seulement locale, bien qu’elles méritent davantage de recherche.

Références principales

  • Andrews, F.W., 1956. The flowering plants of the Anglo-Egyptian Sudan, Volume 3. Buncle, Arbroath, United Kingdom. 579 pp.
  • Boulos, L., 2000. Flora of Egypt. Volume 2 (Geraniaceae-Boraginaceae). Al Hadara Publishing, Caïro, Egypt. 352 pp.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Cardon, D., 2003. Le monde des teintures naturelles. Belin, Paris, France. 586 pp.
  • Heine, H., 1963. Boraginaceae. In: Hepper, F.N. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 317–325.
  • Singh, B., Sahu, P.M., Jain, S.C. & Singh, S., 2004. Estimation of naphthaquinones from Arnebia hispidissima (Lehm.) DC. in vivo and in vitro. I. Anti-inflammatory screening. Phytotherapy Research 18: 154–159.

Autres références

  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Jain, S.C., Singh, B. & Jain, R., 2000. Arnebins and antimicrobial activities of Arnebia hispidissima DC. cell cultures. Phytomedicine 6(6): 474–476.
  • Jain, S.C., Jain, R. & Singh, B., 2003. Antimicrobial principles from Arnebia hispidissima. Pharmaceutical Biology 41(4): 231–233.
  • Khan, H.A., Chandrasekharan, I. & Ghanim, A., 1983. Naphthazarins from Arnebia hispidissima. Phytochemistry 22(2): 614–615.
  • Shukla, Y.N., Srivastava, A., Singh, S.C. & Kumar, S., 2001. New naphthoquinones from Arnebia hispidissima roots. Planta Medica 67: 575–577.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 19 avril 2019.


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