Araucaria cunninghamii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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port de l'arbre
écorce
cône
feuilles
exsudation de kino

Araucaria cunninghamii Aiton ex D.Don


Protologue: Lamb., Descr. Pinus ed. 2, 3 : t. 79 (1837).
Famille: Araucariaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 26

Noms vernaculaires

  • Pin de Hoop, araucaria (Fr).
  • Hoop pine, colonial pine, Richmond River pine, Moreton Bay pine (En).

Origine et répartition géographique

Araucaria cunninghamii est spontané en Nouvelle-Guinée et en Australie orientale. Des plantations en ont été établies dans ces deux régions ainsi qu’en Indonésie, en Malaisie, en Thaïlande, aux Philippines, en Inde, aux Iles Salomon, au Costa Rica, au Venezuela, en Argentine, et dans divers pays d’Afrique. Il en existe des plantations à grande échelle en Afrique du Sud, et des plantations à petite échelle ou des essais en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Congo, en Ouganda central, au Zimbabwe, à Madagascar et à Maurice, et l’essence est parfois plantée comme arbre ornemental dans d’autres pays d’Afrique.

Usages

Araucaria cunninghamii fournit un excellent bois, qui est employé pour toutes sortes de constructions légères et de menuiseries intérieures, telles que moulures, revêtements, panneaux, parquets, étagères, tiroirs, menuiserie courante, meubles, ébénisterie. Il a également des applications spéciales telles qu’allumettes, baguettes à riz, outils. Il convient pour la fabrication de contreplaqués de haute qualité et de pâte de premier choix. L’arbre est également planté comme arbre d’ornement. Les graines sont comestibles, et sont consommées en Amérique tropicale.

Production et commerce international

Le bois d’Araucaria est commercialement important. Le contreplaqué était un article d’exportation important en Papouasie-Nouvelle-Guinée jusqu’à 1980, mais la diminution des disponibilités en provenance des forêts naturelles a entraîné un déclin de la production de contreplaqués. Les superficies de plantations d’Araucaria cunninghamii les plus vastes sont en Australie, où elles couvrent 45 000 ha avec une production de bois de 350 000 m³ en 2002. En 2001, la Papouasie- Nouvelle-Guinée a exporté un millier de m³ de contreplaqué d’Araucaria, à un prix moyen de US$ 372/m³. Le bois des plantations africaines n’est employé que localement.

Propriétés

Le bois de cœur est brun jaunâtre pâle, avec parfois une nuance rose, et il n’est pas nettement distinct de l’aubier, qui a une couleur paille et peut atteindre 15 cm d’épaisseur. Le bois est léger et tendre. Il a un brillant et un lustre naturels. Sa densité est d’environ 530 kg/m³ à 12% de teneur en humidité. Le fil est droit, le grain fin et régulier.

A 12% de teneur en humidité, le module de rupture est de 82–90 N/mm², le module d’élasticité de 8920–13 000 N/mm², la compression axiale de 39–49 N/mm², le cisaillement de 9 N/mm², le fendage radial de 39 N/mm, le fendage tangentiel de 56 N/mm, la dureté Janka de flanc de 3200–4230 N et la dureté Janka en bout de 5430–5910 N.

Le taux de retrait est faible ; de l’état vert à 12% de teneur en humidité, le retrait radial est de 2,2% et le retrait tangentiel de 3,8%. Le bois se sèche de manière satisfaisante avec peu ou pas de dégradation, bien qu’il faille prendre des précautions pour prévenir le bleuissement. Il se travaille aisément avec des outils à main et avec des machines, il prend un beau fini et se peint, se teint, se vernit et se laque uniformément sans nécessiter l’emploi d’un enduit bouche-pores. Il se cloue et se colle bien, et est facile à dérouler, donnant des placages et du contreplaqué d’excellente qualité.

Le bois est considéré comme non durable en contact avec le sol, et il est sensible aux attaques de termites, de scolytes du bois et de térébrants marins. Il est réputé avoir une résistance variable à l’imprégnation.

Les principaux constituants de l’huile essentielle tirée des feuilles d’Araucaria cunninghamii ayant poussé dans le sud-ouest du Nigeria sont les suivants : α-pinène (14.8%), terpinène-4-ol (14.7%), shyobunol (8.9%) et spathulénol (8.8%).

Description

  • Grand arbre sempervirent atteignant 60(–70) m de hauteur ; fût rectiligne, cylindrique, dépourvu de branches sur une hauteur pouvant atteindre 45 m, jusqu’à 200 cm de diamètre ; écorce brun rougeâtre à brun noirâtre, transversalement ridée, fissurée, côtelée ou en plaques, se détachant soit horizontalement soit par plaques ; branches verticillées, étalées horizontalement et se relevant aux extrémités.
  • Feuilles disposées en spirale dense, simples et entières, sessiles avec des attaches larges, lancéolées à triangulaires, courbes, pointues à l’apex, avec de nombreuses nervures.
  • Cônes unisexués ; cônes mâles jusqu’à 8 cm de long, pendants ; cônes femelles de 6–10 cm × 5–8 cm à maturité et se désintégrant ensuite, avec des écailles épineuses, ailées, chacune portant un ovule partiellement fusionné avec elle.
  • Graines triangulaires, de 2–3 cm × 1 cm en excluant les ailes membraneuses.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Araucaria comprend 19 espèces qui se rencontrent en Nouvelle-Guinée, en Australie orientale, dans certaines îles du Pacifique et en Amérique du Sud. La Nouvelle-Calédonie est la plus riche en espèces (13).

Araucaria hunsteinii et angustifolia

Araucaria hunsteinii K.Schum., originaire de Nouvelle-Guinée, et Araucaria angustifolia (Bertol.) Kuntze d’Amérique du Sud ont été plantées en plantations expérimentales en Ouganda. Certaines espèces sont parfois plantées en Afrique tropicale comme arbres d’ornement, par ex. Araucaria columnaris Hook. et Araucaria heterophylla (Salisb.) Franco, à côté d’Araucaria cunninghamii.

Les sujets d’Araucaria cunninghamii commencent à porter des cônes en général à l’âge de 15–25 ans. Les cônes femelles mettent environ 2 ans pour mûrir après la pollinisation. Les graines ailées sont dispersées par le vent. La croissance juvénile est généralement lente, mais les arbres peuvent atteindre une hauteur de 33 m et un diamètre de 42 cm en 30 ans. Au Congo, des arbres de 12 ans plantés à la densité de 1000 tiges/ha avaient en moyenne une hauteur de 18,5–20,5 m, avec un diamètre moyen à hauteur d’homme de 20 cm. L’accroissement annuel moyen en volume dans les plantations de Papouasie-Nouvelle-Guinée et d’Australie est de 11–14 m³/ha, mais dans les meilleures plantations on peut atteindre 20–30 m³/ha.

Ecologie

Dans les conditions naturelles en Nouvelle-Guinée et en Australie, Araucaria cunninghamii est surtout commun au-dessus de 1000 m d’altitude (jusqu’à 2750 m) dans des zones à forte pluviométrie avec des températures de 9–26°C. Il pousse sur une diversité de sols de forêt ombrophile, de pH acide à neutre. Araucaria cunninghamii peut tolérer de faibles gelées occasionnelles, mais il ne tolère pas le feu.

Gestion

Araucaria cunninghamii peut être multiplié par semis, en semant les graines sur une planche de sciure bien décomposée ou de limon sableux friable, avec un ombrage de 70–90%. On peut soit faire pré-germer les graines et repiquer les jeunes semis dans des sachets de polyéthylène, soit semer directement dans les sachets. Pour obtenir les graines, on récolte les cônes avant qu’ils ne se désintègrent sur les arbres. Ceux qui ne se désintègrent pas dans les 10 jours qui suivent la récolte sont immatures. Il arrive souvent que moins de 1% des graines récoltées sur un arbre soient viables. On peut séparer les graines pleines et les graines vaines par flottage. Le poids de 1000 graines est de 330–500 g. Les graines viables fraîches donnent jusqu’à 90% de germination. Les graines peuvent être conservées pendant plusieurs années à des températures inférieures à 3°C. On peut aussi les déshydrater sans dommage jusqu’à 2% de teneur en humidité, et les conserver à une température de –18°C ou plus basse, ce qui donne une viabilité de l’ordre de 75% après 6 ans de conservation. La multiplication in vitro a été pratiquée avec succès. Des segments de tige avec 3–5 aisselles de feuilles, prélevés sur la portion supérieure de la tige principale de plants de 2 ans, produisent des bourgeons orthotropiques à partir des méristèmes axillaires cachés lorsqu’on les cultive sur un milieu de sels minéraux de Murashige et Skoog de force moyenne. On obtient jusqu’à 80% d’enracinement, et après 2 semaines les plantules peuvent être transférées sur un mélange de tourbe et de perlite et maintenues à un degré d’humidité relative de 90–95%. Les jeunes plants sont ensuite transférés dans des conditions normales de serre, et ensuite sur le terrain, avec moins de 5% de mortalité. La mycorhization est nécessaire. Les jeunes plants atteignent la taille de plantation en 18–24 mois. L’espacement au champ est généralement de 3 m × 3 m, mais on a aussi adopté des espacements plus larges, jusqu’à 7 m × 7 m.

La principale forme de plantation est la monoculture. On a essayé de le planter en sous-étage dans les plantations de Pinus, avec des résultats variables. Le désherbage aux stades juvéniles est essentiel, et les jeunes plants répondent bien à l’apport d’engrais. Un premier élagage est généralement pratiqué lorsque les jeunes arbres sont âgés de 6 ans environ. Dans une plantation âgée de 35 ans, on maintient une centaine de tiges par hectare. Dans les plantations australiennes, on considère comme satisfaisants une hauteur de 30 m et un diamètre de fût de 50 cm, ce qui nécessite une révolution de 50–60 ans sur les bonnes stations. La principale maladie cryptogamique dans les plantations d’Araucaria cunninghamii en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Australie est la maladie du pourridié causée par Phellinus noxius. Des attaques d’Armillaria ont été signalées dans des plantations du Zimbabwe, ainsi que la pourriture des racines due à Poria en Afrique de l’Est. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les ravageurs les plus sérieux dans les plantations sont le scolyte mineur des rameaux Hylurdrectonus araucariae et le charançon Vanapa oberthueri. Les termites peuvent aussi causer de sérieux dégâts. Des attaques de vols de roussettes (Eidolon helvum), dépouillant les arbres de leurs feuilles et de leur écorce, ont été enregistrées lors de longues saisons sèches en Côte d’Ivoire, entraînant la destruction quasi-totale de sujets ornementaux d’Araucaria cunninghamii de 8–12 m de hauteur.

Le bois est sujet au bleuissement, et doit être traité avec des fongicides et débardé rapidement après la coupe.

Ressources génétiques

En Nouvelle-Guinée, de vastes peuplements d’Araucaria cunninghamii ont été appauvris du fait d’une exploitation intensive, mais il en existe encore de nombreux petits peuplements spontanés. D’importantes études d’amélioration génétique ont été menées en Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, comprenant notamment des essais de provenances et des tests de descendance.

Perspectives

On a beaucoup de données sur la multiplication et la sylviculture d’Araucaria cunninghamii. De vastes plantations en ont déjà été mises en place et produisent d’importants volumes de bois, principalement en Australie. En plantation, on peut obtenir une croissance rapide sans nuire à la qualité du bois. Les résultats des plantations expérimentales mises en place dans différentes régions d’Afrique tropicale devront être évalués avant que l’on puisse décider si des plantations à plus grande échelle sont économiquement envisageables.

Références principales

  • Arentz, F., Keating, W.G. & Ilic, J., 1993. Araucaria A.L. Juss. In: Soerianegara, I. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(1). Timber trees: Major commercial timbers. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 108–114.
  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.

Autres références

  • Anonymous, 1982. Courbes de croissance des Eucalyptus, Pins, Araucarias au Congo. Centre Technique Forestier Tropical du Congo (CTFT-Congo), Pointe-Noire, Congo. 14 pp.
  • Bein, E., Habte, B., Jaber, A., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1996. Useful trees and shrubs in Eritrea: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook No 12. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 422 pp.
  • Byabashaija, M.D. & Esegu, J.F.O., 2003. Suitable species and provenances for plantation forestry in Uganda. Uganda Journal of Agricultural Sciences 8: 259–262.
  • Dieters, M.J., Nikles, D.G. & Johnson, M.J., 2003. Genetic improvement and conservation: a case study of Araucaria cunninghamii. In: Rimbawanto, A. & Susanto, M. (Editors). Advances in genetic improvement of tropical tree species. Proceedings of the International Conference, Yogyakarta, Indonesia, 1–3 October 2002. Centre for Biotechnology and Tree Improvement, Yogyakarta, Indonesia. pp. 89–98.
  • Malagnoux, M. & Gautun, J.C., 1976. Un ennemi des plantations d’Araucaria en Côte-d’Ivoire. Bois et Forêts des Tropiques 165: 35–38.
  • Olawore, N.O. & Ogunwande, I.A., 2005. Analysis of the leaf oil of Araucaria cunninghamii Sweet. grown in Nigeria. Journal of Essential Oil Research 17(4): 459–469.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Teillier, L., 1988. Dispositif experimental d’éclaircies systématiques sur un peuplement d’Araucaria cunninghamii. Centre Technique Forestier Tropical du Congo (CTFT-Congo), Pointe Noire, Congo. 10 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2006. Araucaria cunninghamii Aiton ex D.Don. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 23 février 2019.


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