Antidesma membranaceum (PROTA)
Introduction |
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Antidesma membranaceum Müll.Arg.
- Protologue: Linnaea 34: 68 (1865).
- Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)
Synonymes
- Antidesma venosum E.Mey. ex Tul. subsp. membranaceum (Müll.Arg) Lye (1998).
Noms vernaculaires
- Pink tassle-berry (En).
- Mziwaziwa (Sw).
Origine et répartition géographique
Antidesma membranaceum est présent du Sénégal au Soudan et vers le sud jusqu’au nord de l’Afrique du Sud.
Usages
Au Liberia, la décoction de feuilles se prend en bain pour prévenir les fausses couches. En Côte d’Ivoire, l’extrait d’écorce se prend couramment comme aphrodisiaque. En R.D. du Congo, la décoction de racine sert à traiter les maux d’estomac, la colique, la toux et les morsures de serpent. En Tanzanie, les Digos boivent la décoction de racines pour traiter le kwashiorkor et la pneumonie. Des copeaux de racines se mastiquent pour traiter les ulcères buccaux infantiles. L’écorce de tige en poudre est appliquée sur les blessures. La poudre de graine se consomme pour expulser les ascaris. Au Zimbabwe, l’infusion de feuilles et de racines se boit en traitement de la toux et des douleurs à la poitrine.
Le bois, blanc et dur, sert en construction et pour fabriquer des manches d’outil, des étuis à couteau et des cuillers. Il est également utilisé comme bois de feu. L’arbre est planté dans les jardins familiaux pour donner de l’ombre. Des chenilles comestibles (Imbrasia petiveri) se nourrissent de ses feuilles.
Propriétés
A partir des divers extraits de racines, de feuilles et d’écorce de tige, plusieurs benzopyranones 2-alkylées, plusieurs dérivés amides de l’acide férulique (acide 4-hydroxy-3-méthoxy benzoïque), un diféruloyate et du syringarésinol ont été isolés. Des feuilles et de l’écorce, on a isolé de l’antidesmone, hydroquinolone atypique ou alcaloïde dérivé de glycine. Un extrait au butanol des feuilles et de l’écorce a aussi produit plusieurs glucosides à alcaloïdes, mégastigmanes et lignanes.
L’antidesmone a une puissante activité antitrypanosome, hautement sélective, contre Trypanosoma cruzi, l’agent pathogène de la maladie de Chagas.
Description
Arbuste ou petit arbre dioïque atteignant 8(–20) m de haut ; cime dense, rameaux tombants ; écorce lisse, brun jaunâtre pâle à gris foncé ; jeunes parties densément couvertes de poils courts. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules lancéolées, de 2–8(–15) mm de long, relativement persistantes ; pétiole atteignant 1 cm de long ; limbe elliptique-oblong, de 2–12 (–20) cm × 1–7 cm, base arrondie à cunéiforme, apex acuminé, brillant et vert foncé sur le dessus, légèrement poilu et jaunâtre en dessous. Inflorescence : épi terminal sur une courte pousse latérale, de 4–10(–25) cm de long, à 1–4 épis latéraux à la base. Fleurs unisexuées, régulières, sessiles, pétales absents, à odeur déplaisante ; fleurs mâles à calice 4-lobé, lobes d’environ 1 mm de long, inégaux, arrondis, brièvement poilus, vert jaunâtre, disque irrégulier, étamines 4 le plus souvent, d’environ 2,5 mm de long ; fleurs femelles à calice en coupe, 3–4-lobé, lobes d’environ 1 mm de long, inégaux, arrondis, brièvement poilus, vert jaunâtre, disque en coupe, ovaire supère, comprimé-ellipsoïde, d’environ 1 mm de long, glabre, 1(–2)-loculaire, styles 2–4, courts, bifides, fortement recourbés. Fruit : drupe comprimée latéralement, ellipsoïde à ovoïde, atteignant 8 mm de long, verte devenant rose, violette ou noire, contenant 1 graine. Graines ellipsoïdes.
Le genre Antidesma comprend environ 155 espèces et est présent dans les tropiques de l’Ancien Monde, depuis l’Afrique tropicale et les îles de l’océan Indien en passant par l’Asie jusqu’en Australie et aux îles du Pacifique. En Afrique continentale, on en trouve 7 espèces, et 1 dans les îles de l’océan Indien.
Antidesma venosum
Antidesma membranaceum est souvent confondu avec Antidesma venosum E.Mey. ex Tul., également utilisé en médecine mais plus connu pour ses fruits comestibles au goût de mûrier. Comparées à Antidesma venosum, les feuilles d’Antidesma membranaceum sont plus étroitement elliptiques-oblongues et plus aiguës-acuminées, l’inflorescence femelle n’est jamais atteinte de galle.
Antidesma rufescens
En Namibie, un extrait des fruits, des feuilles et des rameaux écrasés d’Antidesma rufescens Tul. se prend pour traiter les douleurs abdominales. L’extrait de racine se verse dans le bain comme analgésique en cas de douleurs corporelles.
Antidesma vogeliana
Dans le sud du Nigeria, la décoction de racine d’Antidesma vogeliana Müll.Arg. avec ou sans les graines d’Aframomum melegueta K.Schum. se prend comme aphrodisiaque. En R.D. du Congo, la décoction de racine se boit pour traiter les infections dues aux vers et autres problèmes intestinaux, et on s’en gargarise en bains de bouche pour traiter les maux dentaires. La tige broyée sert de combustible dans les lampes.
Ecologie
Antidesma membranaceum se rencontre dans les savanes boisées mixtes, les savanes boisées humides et les forêts sempervirentes, également dans la végétation fluviale et les ravins, sur les berges de lacs et dans les forêts côtières, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1850 m d’altitude.
Ressources génétiques
Antidesma membranaceum est commun dans toute sa vaste aire de répartition ; il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Antidesma membranaceum est un remède local qui sert contre toutes sortes de maladies bactériennes. Les analyses chimiques ont mis en lumière plusieurs composants chimiques complexes dans les racines, les feuilles et l’écorce, le composé le plus important étant un alcaloïde inhabituel, l’antidesmone. Il présente une puissante activité antitrypanosome et mérite qu’on lui consacre d’autres essais. Un approfondissement des recherches est nécessaire pour élucider la pharmacologie des autres composés isolés afin d’évaluer le potentiel de la plante.
Références principales
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Autres références
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Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2007. Antidesma membranaceum Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 31 mars 2025.
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