Anthostema madagascariense (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Huile essentielle / exsudat Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
feuillage

Anthostema madagascariense Baill.


Protologue: Étude Euphorb. : 59–60, 544, t. 5(4–7) (1858).
Famille: Euphorbiaceae

Origine et répartition géographique

Anthostema madagascariense est présent aux Comores, à Mayotte et à l’est de Madagascar.

Usages

Le bois, appelé “mandravoky” à Madagascar, n’est pas durable et est utilisé seulement lorsqu’on a besoin d’un bois facile à travailler avec des outils à main pour fabriquer de petits ustensiles. En raison de son abondante disponibilité, il peut être un substitut approprié du peuplier et convient probablement pour la menuiserie légère, les boîtes, les caisses, les placages déroulés et comme composant dans des panneaux lattés et des panneaux de fibres.

Le latex est utilisé comme colle. En médecine traditionnelle, un morceau de canne à sucre trempé dans le latex d’Anthostema madagascariense est sucé comme un très puissant purgatif. On signale l’usage de la fumée du bois pour repousser les animaux.

Propriétés

Le bois de cœur est blanc lorsque fraîchement coupé, virant au beige rosâtre à l’exposition, et se démarque indistinctement de l’aubier. Le grain est fin et régulier.

C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 520–610 kg/m³ à 12% d’humidité. Il est facile à sécher et subit peu de déformation. Les taux de retrait, du bois vert à anhydre, sont moyens, de 3,1–6,2% radialement et 6,7–8,0% tangentiellement. Les planches de 2,5 cm d’épaisseur prennent 2–3 mois pour sécher à l’air. Une fois sec, le bois est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 121–138 N/mm², le module d’élasticité de 9400–11 280 N/mm², la compression axiale de 47–54 N/mm², le fendage de 10–17 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 1, 6–2,4.

Le bois est extrêmement abrasif au sciage et doit être scié avant séchage avec une lame grossièrement dentée, à mouvement lent et à vitesse de transition élevée. De plus, le latex colle à la lame, nécessitant un arrosage continuel. Le bois est très difficile à travailler. Il est facile à clouer ; il retient bien les clous et les vis. Il est facile à coller, peindre, vernir et cirer. Il peut être approprié pour la production de placages déroulés si son abrasivité s’avère ne pas être excessive. Ce n’est pas un bois durable, avec peu de résistance contre les champignons et les insectes, et il requiert des traitements aux produits de conservation à tous les stades de sa transformation. Il est très facile à imprégner avec ces produits. Le latex peut provoquer des problèmes oculaires. Les graines sont toxiques.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille moyenne, atteignant 30 m de haut, sempervirent, monoïque, possédant un latex blanc abondant dans toutes ses parties ; fût non ramifié sur 12 m ou plus, généralement droit et régulier, atteignant 70 cm de diamètre ; surface de l’écorce densément fissurée, rougeâtre à noirâtre.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules petites, tombant rapidement ; pétiole atteignant 1,5 cm de long, cannelé ; limbe elliptique à obovale, de 5–13 cm × 2,5–5 cm, cunéiforme à la base, acuminé à obtus à l’apex, coriace, glabre, pennatinervé à 10–15 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : cyme axillaire, munie, à l’apex de chaque ramification de la cyme, d’un involucre commun composé de 4 petites bractées en partie soudées à bords glanduleux, renfermant une fleur femelle entourée d’involucres, chacun contenant plusieurs fleurs mâles.
  • Fleurs unisexuées ; fleurs mâles à pédicelle court, à périanthe 3–4-denté et à une seule étamine ; fleurs femelles courtes, pédicelle trapu, périanthe 3–4-lobé, ovaire supère, glabre, 3-loculaire, styles courts, étalés.
  • Fruit : capsule profondément 3-lobée d’environ 2 cm de diamètre, verte, virant au brun à la déhiscence, à style persistant, contenant 3 graines.
  • Graines ovoïdes, d’environ 12 mm de long, comprimées latéralement, brunâtres, brillantes.

Autres données botaniques

Anthostema est un petit genre de 3 espèces, 2 en Afrique continentale et 1 à Madagascar. Il est apparenté au genre Dichostemma. Le bois blanchâtre d’Anthostema senegalense A.Juss. est utilisé en Afrique de l’Ouest pour les constructions locales, des poteaux pour des clôtures temporaires, des travaux de charpente légers et des boîtes, mais l’usage principal de cette espèce est en médecine traditionnelle (latex et écorce).

Anthostema aubryanum

Anthostema aubryanum Baill. est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 25 m de haut avec un fût non ramifié sur 15 m et atteignant 50 cm de diamètre, présent de la Côte d’Ivoire au Gabon et au Congo. Son bois est similaire à celui des autres Anthostema spp. et est sans doute utilisé pour les mêmes usages, et de plus comme bois de feu. Le latex est utilisé comme purge radicale, et s’applique en externe sur les plaies. L’écorce est utilisée comme poison de pêche.

Ecologie

Anthostema madagascariense est présent en forêt humide sempervirente depuis le niveau de la mer jusqu’à 900(–1700) m d’altitude, parfois dans les marécages. Il est localement abondant au-dessous de 500 m d’altitude.

Gestion

Le bois est sensible aux attaques des champignons du bleuissement et doit être transformé immédiatement après l’abattage ou traité avec des fongicides.

Ressources génétiques

Anthostema madagascariense est répandu et commun par endroits. Rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique, malgré la fragmentation de la forêt humide sempervirente de l’est de Madagascar.

Perspectives

Le fût d’Anthostema madagascariense présente rarement un grand diamètre et le bois est difficile à scier et manque de durabilité. Pour cette raison, il est probable qu’il reste d’utilité locale limitée et occasionnelle, principalement pour de petits ustensiles.

Références principales

  • Capuron, R., 1966. Etudes sur les essences forestières de Madagascar. Mandravoky (Anthostema madagascariense Baillon - Euphorbiacées). CTFT, Antananarivo, Madagascar. 5 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Rakotovao, G., Rabevohitra, R., Gerard, J., Détienne, P. & Collas de Chatelperron, P., en préparation. Atlas des bois de Madagascar. FOFIFA-DRFP, Antananarivo, Madagascar.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.

Autres références

  • Boiteau, P. & Allorge-Boiteau, L., 1993. Plantes médicinales de Madagascar. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 135 pp.
  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Prenner, G. & Rudall, P.J., 2007. Comparative ontogeny of the cyathium in Euphorbia (Euphorbiaceae) and its allies: exploring the organ-flower-inflorescence boundary. American Journal of Botany 94(10): 1612–1629.
  • Radcliffe-Smith, A., 2001. Genera Euphorbiacearum. Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 455 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
  • Schmelzer, G.H., 2008. Anthostema senegalense A.Juss. [Internet] Record from Protabase. Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. http://database.prota.org/search.htm. September 2010.
  • Steinmann, V.W. & Porter, J.M., 2002. Phylogenetic relationships in Euphorbieae (Euphorbiaceae) based on ITS and ndhF sequence data. Annals of the Missouri Botanical Garden 89(4): 453–490.

Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
  • D. Louppe, CIRAD, Département Environnements et Sociétés, Cirad es-dir, Campus international de Baillarguet, TA C 105 / D (Bât. C, Bur. 113), 34398 Montpellier Cédex 5, France

Citation correcte de cet article

Oyen, L.P.A. & Louppe, D., 2011. Anthostema madagascariense Baill. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 février 2019.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.