Anthocleista grandiflora (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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répartition en Afrique (sauvage)
port
arbre (Zimbabweflora)
branches (Zimbabweflora)
branche en fleurs
branche en fleurs
branche en fleurs
fleurs
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Anthocleista grandiflora Gilg


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 17: 582 (1893).
Famille: Loganiaceae (APG: Gentianaceae)

Synonymes

  • Anthocleista zambesiaca Baker (1895),
  • Anthocleista keniensis Summerh. (1926).

Noms vernaculaires

  • Cabbage tree, forest fever tree, forest big-leaf (En).
  • Mkungu-maji, mtambuu-mwitu (Sw).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition d’Anthocleista grandiflora s’étend depuis l’est de la R.D. du Congo, le Kenya et l’Ouganda jusqu’au nord-est de l’Afrique du Sud et au Swaziland. On le trouve également aux Comores, à Mayotte et à Madagascar. En tant qu’arbre ornemental, il est parfois planté dans les jardins du sud des Etats-Unis.

Usages

Le bois (nom commercial : mutunguru) sert parfois pour la construction légère, les parquets à usage modéré, la menuiserie, les boiseries intérieures, le mobilier, les caisses et les cageots, la sculpture et les cuves. Il se prête aux placages, au contreplaqué, aux panneaux durs et panneaux de particules et à la mise en pâte. On s’en sert souvent de bois de feu.

C’est un bel arbre qui est planté comme arbre d’agrément et d’ombrage. En R.D. du Congo, la décoction de feuilles se boit pour soigner les plaies aux mamelons. La cendre de feuilles mélangée à de l’huile s’applique localement pour le même problème. En Tanzanie, la décoction de feuilles est administrée contre le paludisme, la décoction de racine traite la diarrhée, l’asthme, les maladies rénales et le ténia. On mâche l’écorce en cas de diarrhée, et au Zimbabwe la décoction d’écorce s’emploie en lavement pour soigner l’épilepsie. En Afrique du Sud, la décoction d’écorce se prend contre le diabète, l’hypertension et les maladies vénériennes. A Madagascar, on boit la décoction ou l’infusion d’écorce ou bien on mâche un morceau d’écorce en cas de diarrhée et de fièvre. La décoction d’écorce, additionnée de bicarbonate de soude, soigne l’hépatite. Les feuilles seraient un bon tonique, bien que laxatives à fortes doses. On inhale la fumée de l’écorce en combustion pour éloigner les mauvais esprits. On porte un morceau de racine tressé dans les cheveux comme porte-bonheur.

Production et commerce international

Le bois d’Anthocleista grandiflora est avant tout utilisé localement et n’est que rarement commercialisé. Tant l’écorce que les feuilles sont fort appréciées pour leurs vertus médicinales et on les trouve sur les marchés locaux.

Propriétés

Le bois de cœur, blanc ou brun pâle, ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit, quelquefois spiralé, le grain est moyen à grossier. Les surfaces radiales ont une figure rayée ou rubanée. Le bois est inodore ou bien dégage une légère odeur de pois.

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 580–640 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche bien à l’air, avec parfois quelques gerces. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont de 3,1–4,0% dans le sens radial et de 5,1–6,5% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 79 N/mm², le module d’élasticité de 10 700 N/mm², la compression axiale de 46 N/mm² et le cisaillement de 12 N/mm².

Le bois se scie et se travaille facilement tant à la main qu’à la machine. Il se finit et se polit bien, mais l’emploi d’un enduit bouche-pores est nécessaire. Les caractéristiques de clouage et de collage sont bonnes. Bien que tendre et cassant, il se prête aux placages. Il est périssable, et sensible au bleuissement et aux termites. L’aubier est sujet aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur est moyennement rebelle aux produits de conservation, contrairement à l’aubier qui est perméable.

Des triterpénoïdes, le baruol, la 3-déacétylmongolénine, l’anthocleistone, la 6-kétoanthocleistone et la lupénone, ainsi qu’une coumarine, la scopolétine, et la (+)-dé-O-méthyllasiodiplodine ont été isolés de l’écorce et des racines. La 3-déacétylmongolénine a également été isolée des feuilles, alors que l’écorce de racine a également produit de la lupénone et un séco-iridoïde, le swéroside. En outre, l’écorce a donné des triterpénoïdes (le bauérénol, la bauérénone, la 6-kéto-bauérénone et le grandiflorol), des glucosides iridoïdes (le swéroside et l’érythrocentaurine) ainsi que du grandifloroside et du méthylgrandifloroside. Les fractions solubles dans le tétrachlorure de carbone et le chloroforme d’un extrait de feuille ont montré une importante activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa et Bacillus subtilis in vitro. En revanche, un extrait de feuille au méthanol n’a pas fait la preuve d’une nette activité antipaludéenne contre Plasmodium falciparum in vitro. Un extrait au méthanol de l’écorce a montré une réduction sensible de l’activité motrice de la grenouille et une baisse de l’amplitude et du rythme cardiaque.

Description

  • Arbre de taille moyenne atteignant 25(–35) m de haut ; fût droit, jusqu’à 55(–100) cm de diamètre ; surface de l’écorce lisse, striée transversalement, brun-gris pâle ; cime à branches relativement courtes.
  • Feuilles opposées, groupées à l’extrémité des branches, simples, feuilles d’une même paire inégales ; stipules absentes ; pétiole normalement absent, atteignant parfois 2 cm de long ; limbe étroitement obovale à obovale-oblong, de 20–70(–120) cm × 8–35(–50) cm, cunéiforme à arrondi à la base, arrondi ou presque aigu à l’apex, à bords entiers ou minusculement dentés, papyracé, glabre, pennatinervé à 8–17 paires de nervures secondaires.
  • Inflorescence : cyme terminale érigée de 15–45 cm de long, glabre ; pédoncule atteignant 25 cm de long ; bractées largement ovales à deltoïdes, de 4–8 mm de long, coriaces.
  • Fleurs bisexuées, régulières, parfumées ; pédicelle de 4–10 mm de long ; sépales 4, libres, orbiculaires, de 0,5–1 cm de long, charnus à coriaces ; tube de la corolle de 2,5–3(–4) cm de long, lobes 10–13(–16), oblongs à lancéolés, de 1,5–2 cm de long, recourbés, charnus, verdâtres à l’extérieur, blanc crème à l’intérieur ; étamines alternant avec les lobes de la corolle, insérées à la gorge de la corolle, soudées à la base en un anneau court ; ovaire supère, ovoïde à étroitement ovoïde, de 7–9 mm de long, style de 2,5–4 cm de long, stigmate presque globuleux, de 2–3 mm de diamètre.
  • Fruit : baie ovoïde à ellipsoïde, charnue, de 3–4 cm × 1,5–2,5 cm, verte, en pointe à arrondie à l’apex, légèrement rugueuse, contenant de nombreuses graines.
  • Graines obliquement ovoïdes-orbiculaires, d’environ 2,5 mm × 1,5–2,5 mm, brun foncé.

Autres données botaniques

Les jeunes arbres ont une croissance rapide, mais leurs besoins en eau sont élevés. En Afrique australe, Anthocleista grandiflora fleurit du mois de septembre au mois de janvier, et donne des fruits de janvier à juin.

Le genre Anthocleista comprend une quinzaine d’espèces présentes en Afrique tropicale, y compris aux Comores et à Madagascar.

Ecologie

Anthocleista grandiflora se rencontre en bordure de rivières dans les zones forestières et dans les endroits marécageux dégagés, dans la forêt-galerie, et est commun dans les régions montagneuses à forte pluviométrie, du niveau de la mer à 2300 m d’altitude. Il ne tolère pas le gel.

Gestion

Anthocleista grandiflora peut se multiplier par graines qui doivent être ramassées à maturité ; une fois nettoyées et séchées, elles seront utilisées ultérieurement. Anthocleista grandiflora peut également se multiplier par drageons. Il recèpe facilement.

Ressources génétiques

Anthocleista grandiflora étant commun sur l’ensemble de son aire de répartition qui est étendue, il n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Le bois d’Anthocleista grandiflora est localement employé non seulement pour la construction légère mais aussi pour d’autres usages qui n’exigent pas de résistance à l’usure. Il ne conservera qu’une importance locale. Cependant, les analyses phytochimiques de différentes parties de la plante font apparaître la présence de composés intéressants dont il convient effectuer une évaluation pharmacologique.

Grâce à son long fût sans défaut, à son petit houppier composé de grandes feuilles et à ses fleurs parfumées, c’est une espèce intéressante pour les jardins.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2012. Anthocleista grandiflora Gilg. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 31 mars 2025.


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