Andrachne aspera (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Andrachne aspera Spreng.


Protologue: Syst. veg. 3: 884 (1826).
Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)

Origine et répartition géographique

Andrachne aspera est présent dans toute l’Afrique du nord et s’étend en traversant la péninsule Arabique jusqu’à la Turquie, le Pakistan et l’Inde. En Afrique tropicale, il se rencontre au Cap-Vert ainsi que du Cameroun jusqu’en Somalie et au Kenya.

Usages

En Ethiopie, les racines se consomment comme anti-émétique. L’extrait de parties aériennes se boit comme antidote aux poisons, et pour traiter les maux de tête et les maux d’estomac. Au Pakistan et en Inde, la décoction de la racine amère s’utilise en collyre pour traiter les infections oculaires et améliorer la vue.

Propriétés

On a isolé des parties aériennes un certain nombre d’alcaloïdes pipéridiniques : l’aspertine A–D, l’andrachcinine, l’andrachcinidine, l’andrachamine, l’andrachcine, ainsi que d’autres alcaloïdes, la (+)-allosédridine, le (–)-8-épi-8-éthylnorlobélol I et la (–)-8-épihalosaline. Les terpènes isolés des parties aériennes sont l’acétate de lupéol, la α-amyrine, la β -amyrine, le α-taraxérol, le stigmastérol, le β-stigmastérol, le lupéol, l’acide oléanolique et le germanicol.

Lors d’essais préliminaires en laboratoire, un extrait à l’alcool des parties aériennes s’est avéré avoir une activité stimulante sur la respiration et la tension artérielle de chiens et de chats. Il a également montré une activité spasmolytique sur l’iléon de cobaye et l’iléon de rat isolés, ainsi qu’un effet antihistaminique sur l’iléon de cobaye. Des extraits de racine ont eu une activité antibactérienne significative contre plusieurs agents pathogènes humains, mais les extraits au méthanol des parties aériennes sont restés sans effet. Les études de toxicité sur des rats ont fait ressortir une toxicité faible.

Description

Plante herbacée vivace monoïque, prostrée ou décombante, atteignant 35 cm de haut ; tiges poilues. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules oblongues à lancéolées, d’environ 1 mm de long ; pétiole de 1–10(–15) mm de long ; limbe largement ovale à presque réniforme, de 0,5–1,5(–2,5) cm de diamètre, base arrondie à faiblement cordée, apex arrondi à émarginé, glabre à poils courts clairsemés au-dessus, à poils courts au-dessous. Inflorescence axillaire ; inflorescence mâle : fascicule à fleurs peu nombreuses ; fleurs femelles solitaires. Fleurs unisexuées, régulières, 5(–6)-mères ; fleurs mâles à pédicelle de 1,5–2 mm de long, sépales oblancéolés-oblongs, d’environ 1,5 mm de long, légèrement dentés à l’apex, vert jaunâtre à bords membraneux, pétales rhombiques-elliptiques, d’environ 1 mm de long, aigus, blancs, glandes du disque réniformes, aplaties, étamines d’environ 1 mm de long, libres ou fusionnées dans le tiers inférieur ; fleurs femelles à pédicelle d’environ 2 mm de long, s’allongeant jusqu’à 4–8 mm chez le fruit, sépales lancéolés, d’environ 2 mm de long, presque aigus, verts à bords étroits et membraneux, pétales subulés, d’environ 1 mm de long, aigus, blanchâtres, glandes du disque libres, charnues, ovaire supère, d’environ 1 mm de diamètre, faiblement 6-lobé, à denses poils courts, styles 3, d’environ 0,5 mm de long, apex bifide. Fruit : capsule profondément 3-lobée de 2–2,5 mm × environ 3,5 mm, à poils courts et clairsemés, vert terne ou teintée de violacé, à 6 graines. Graines trigones et comprimées de façon irrégulière, d’environ 2 mm × 1,5 mm, brun grisâtre, à fines verrues blanchâtres.

Autres données botaniques

Le genre Andrachne comprend environ 45 espèces et est présent dans toutes les régions tropicales et subtropicales ; il y a 2 espèces à Madagascar et 6 en Afrique continentale, dont 2 ont une aire de répartition qui va jusqu’au Pakistan.

Ecologie

Andrachne aspera est présent dans les savanes boisées claires ou les savanes arbustives et dans les lits caillouteux ou sablonneux de rivières asséchées, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2000(–2400) m d’altitude.

Ressources génétiques

Andrachne aspera est extrêmement répandu et rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Bien que les racines d’Andrachne aspera soient utilisées en médecine, on ne sait rien de leur chimie et de leur pharmacologie. Les parties aériennes ont eu des effets lors d’essais pharmacologiques préliminaires, mais on ignore si ce sont les alcaloïdes et les terpènes qu’elles contiennent qui en sont responsables. Un approfondissement des recherches se justifie, tant sur les racines que sur les parties aériennes de l’espèce.

Références principales

  • Geyid, A., Abebe, D., Debella, A., Makonnen, Z., Aberra, F., Teka, F., Kebede, T., Urga, K., Yersaw, K., Biza, T., Haile Mariam, B. & Guta, M., 2005. Screening of some medicinal plants of Ethiopia for their anti-microbial properties and chemical profiles. Journal of Ethnopharmacology 97(3): 421–427.
  • Jansen, P.C.M., 1981. Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 906. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 327 pp.
  • Mill, S. & Hootelé, C., 2000. Alkaloids of Andrachne aspera. Journal of Natural Products 63(6): 762–764.
  • Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.

Autres références

  • Ikram, M. & Haq, I., 1980. Screening of medicinal plants for antimicrobial activity. Part II. Fitoterapia 51(6): 281–284.
  • Kamal, A., 2001. Studies in the chemical constituents of Andrachne aspera Spreng. (Euphorbiaceae). PhD thesis, University of Karachi, Karachi, Pakistan. 175 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Andrachne aspera Spreng. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 21 février 2019.


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