Alysicarpus ovalifolius (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Alysicarpus ovalifolius (Schumach.) J.Léonard


Protologue: Bull. Jard. Bot. état. Brux. 24(1) : 88, t. 11 (1954).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 16

Synonymes

  • Hedysarum ovalifolium Schumach. (1827),
  • Alysicarpus vaginalis auct. non (L.) DC.

Origine et répartition géographique

Alysicarpus ovalifolius est très répandu en Afrique tropicale de l’Ouest et de l’Est, du Cap-Vert et de la Mauritanie vers l’est jusqu’à l’Ethiopie et le Kenya, et vers le sud jusqu’à l’Angola, le Zimbabwe, le Mozambique et Madagascar. Il est plus commun en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique de l’Est, et il est particulièrement commun dans les zones de savane arbustive sahéliennes et soudaniennes. C’est également une mauvaise herbe des champs cultivés. Ailleurs, on le trouve en Asie tropicale, de l’Afghanistan et de l’Inde jusqu’au Vietnam et l’Indonésie. Il a été introduit aux Etats-Unis.

Usages

Alysicarpus ovalifolius fournit un fourrage riche en protéines et un aliment appétant pour le bétail paissant dans les parcours. Au Niger, c’est un élément très utile de la végétation collectée et vendue comme fourrage. Au Nigeria, il sert de médicament pour les plaies.

Propriétés

Les concentrations en N et P sont de 2,9–4,1% et 0,18%, respectivement. La digestibilité in vitro de la matière sèche est de 69% pendant la saison humide. Les feuilles se désintègrent pendant la saison sèche, ce qui rend sa fenaison difficile.

Description

Plante herbacée érigée ou étalée, parfois ligneuse à la base, de 20–60 cm de haut; tiges pubérulentes ou pubescentes, devenant presque glabres avec l’âge. Feuilles alternes, unifoliolées; stipules lancéolées, de 0,5–2 cm de long; pétiole de 2–8 mm de long, en gouttière; stipelles de 0,5–1,5 mm de long; pétiolule de 0,7–1,5 mm de long; foliole elliptique ou oblongue à étroitement lancéolée, de 1–10 cm × 0,5–3 cm, subcordée à la base, aiguë à émarginée et mucronulée à l’apex, à bords entiers, finement pubérulente et avec quelques poils sur les nervures en dessous. Inflorescence: pseudoracème terminal ou opposé aux feuilles, quelquefois paniculé, très lâche, entre-nœuds entre les 3–7 paires de fleurs longs; pédoncule de 3–4 cm de long, rachis de 3–11 cm de long; bractées ovales-lancéolées, jusqu’à 5 mm de long, scarieuses, caduques. Fleurs bisexuées; pédicelle de 1–2 mm de long; calice avec un tube de 1,5–2 mm de long et 5 lobes étroitement triangulaires de 3–4 mm de long, les deux supérieurs connés excepté à l’apex, pubérulent ou pubescent; corolle avec un étendard obovale en onglet, orange chamois à rose ou violet rougeâtre, rarement blanc de 4–6 mm × 3–4 mm, 2 ailes obliquement oblongues, violet mauve, de 5–5,5 mm × 1–1,5 mm, et une carène vert pâle de 5–6,5 mm de long; étamines 10, alternativement longues et courtes, 9 connées dans un tube de 5–6 mm de long, 1 libre; ovaire supère, linéaire, d’environ 3 mm de long, 1-loculaire, style filiforme, d’environ 3 mm de long, stigmate capité. Fruit: gousse linéaire-oblongue de 18–25 mm × 2–2,5 mm, indéhiscente, 2–8-articulée; articles subcylindriques, de 2,5–4 mm × 2–2,5 mm, à crêtes élevées et réticulées, pubérulents. Graines oblongues-ellipsoïdes, légèrement comprimées, d’environ 2,5 mm × 1,5 mm × 1,2 mm.

Autres données botaniques

Alysicarpus comprend environ 25 espèces des régions tropicales de l’Ancien Monde, dont quelques-unes ont été introduites et naturalisées dans les régions tropicales et subtropicales d’Amérique et d’Australie. Alysicarpus vaginalis (L.) DC. (“alyce clover”), prochement apparenté à Alysicarpus ovalifolius, est un fourrage important dans plusieurs régions du monde. C’est une plante pérenne avec une inflorescence plus dense. En Afrique de l’Est, en particulier sur les côtes du Kenya et à Zanzibar, la différenciation entre les deux espèces n’est pas toujours évidente, et on les confond probablement ailleurs également. Il a été suggéré que les deux espèces s’hybrident et qu’elles devraient être considérées comme des sous-espèces.

Croissance et développement

Alysicarpus ovalifolius possède des nodules racinaires qui fixent l’azote efficacement. Il fleurit pendant la saison des pluies et fructifie environ un mois plus tard. Il reste vert pendant la première partie de la saison sèche.

Ecologie

Alysicarpus ovalifolius pousse généralement dans les savanes, et on le trouve aussi fréquemment sur des terres cultivées et sur des terres en friche, préférant les sols sableux, du niveau de la mer à 900 m d’altitude. Il est moyennement tolérant à la sécheresse et peut pousser dans des zones où la pluviométrie annuelle est de 200–600 mm.

Multiplication et plantation

Alysicarpus ovalifolius est facilement multiplié par graines. Cependant, le tégument de la graine est très dur. Le poids de 1000 graines est de 3,5 g.

Gestion

Alysicarpus ovalifolius n’est pas utilisé dans des pâturages semés et n’est pas cultivé, mais il est consommé par les herbivores dans son environnement naturel ou comme mauvaise herbe récoltée. Il réagit aux engrais P sur des sols sableux.

Ressources génétiques

Des collections de ressources génétiques d’Alysicarpus, dont Alysicarpus ovalifolius, sont détenues à l’ILRI à Addis Abeba, Ethiopie (environ 70 entrées), et quelques collections plus petites sont présentes au Kenya. En dehors de l’Afrique, des collections de ressources génétiques d’Alysicarpus sont détenues au CSIRO, St. Lucia, Queensland, Australie (environ 100 entrées) et au CIAT, Cali, Colombie (environ 300 entrées).

Perspectives

Alysicarpus ovalifolius est une légumineuse importante des parcours et se trouve aussi sur des terrains perturbés. Il fournit un aliment de grande qualité pour le bétail pendant la saison des pluies et au début de la saison sèche. Il n’y a pas de production commerciale de semences et il n’est pas utilisé dans l’amélioration des pâturages, bien que cet aspect mérite plus d’attention en vue de sa multiplication aisée et sa capacité de fixation de l’azote.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
  • Hepper, F.N., 1958. Papilionaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 505–587.
  • Lamers, J., Buerkert, A., Makkar, H.P.S., von Oppen, M. & Becker, K., 1996. Biomass production, and feed and economic value of fodder weeds as by-products of millet cropping in a Sahelian farming system. Experimental Agriculture 32: 317–326.
  • Naegele, A.F.G., 1977. Plantes fourragères spontanées d’Afrique tropicale seche: données techniques. Aménagement écologique des pâturages arides et semi arides d’Afrique, du Proche et du Moyen Orient (EMASAR phase 2). Volume 3. FAO, Rome, Italy. 510 pp.
  • Penning de Vries, F.W.T. & Djiteye, M.A. (Editors), 1982. La productivité des pâturages sahéliens. Une étude des sols, des végétations et de l’exploitation de cette ressource naturelle. Pudoc, Wageningen, Netherlands. 525 pp.
  • Thulin, M., 1989. Fabaceae (Leguminosae). In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia. Volume 3. Pittosporaceae to Araliaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 49–251.

Autres références

  • Buldgen, A., Hellemans, P. & Compère, R., 1988. Le comportement de quelques espèces de graminées et légumineuses caractéristiques des pâturages naturels sahélo-soudanien sénégalais. Bulletin des Recherches Agronomiques de Gembloux 23: 51–65.

Sources de l'illustration

  • Hauman, L., Cronquist, A., Léonard, J., Schubert, B., Duvigneaud, P. & Dewit, J., 1954. Papilionaceae (deuxième partie). In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 5. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 377 pp.

Auteur(s)

  • L. ’t Mannetje, Eekhoornlaan 14, 6705 CH Wageningen, Netherlands

Consulté le 19 février 2019.


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