Alstonia congensis (PROTA)

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Introduction
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répartition en Afrique (sauvage)
1, partie de branche feuillée ; 2, inflorescence ; 3, fleur ; 4, fruit ; 5, graine. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
plantation de 15 ans en Côte d’Ivoire
port d’un jeune arbre
branche en fleurs
arbre avec branches en fruits
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Alstonia congensis Engl.


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 8 : 64 (1887).
Famille: Apocynaceae

Synonymes

  • Alstonia gilletii De Wild. (1907).

Noms vernaculaires

  • Emien (Fr).
  • Alstonia, cheesewood, stool wood, pattern wood (En).
  • Songati (Po).

Origine et répartition géographique

Alstonia congensis se rencontre depuis le sud-ouest du Nigeria jusqu’à la République centrafricaine, à l’est et au sud de la R.D. du Congo, et au nord de l’Angola.

Usages

Le bois est employé pour constructions légères, charpentes légères, fabrication de pirogues, moulures, meubles, menuiseries d’intérieur, ustensiles, caisses, cageots, allumettes, crayons, sculptures (par ex. masques), ainsi que pour les placages et contreplaqués (d’intérieur). Il est localement apprécié pour la confection d’ustensiles ménagers, en raison de son travail aisé et de sa stabilité.

On utilise une décoction de l’écorce pour traiter le paludisme, la blennorragie, la diarrhée et autres affections intestinales, les douleurs rhumatismales, et comme galactogène, et l’écorce est également employée comme antidote du poison de flèches et comme vermifuge. Le latex est employé pour traiter la leucorrhée, les ulcères, la gale, le pian et les maux de tête. Les feuilles légèrement torréfiées servent de tabac à pipe, et sont un remède contre la toux. L’arbre est parfois planté comme arbre d’ornement ou d’ombrage.

Production et commerce international

Alors que le bois d’Alstonia d’origine asiatique (provenant d’espèces différentes ; principalement d’Indonésie et de Malaisie) occupe une place importante sur le marché international des bois, le bois d’Alstonia africain n’est exporté qu’occasionnellement, et dans ce cas il est sans doute mélangé à des lots d’autres bois légers. Il est surtout utilisé localement.

Propriétés

Dans le commerce, le bois d’Alstonia congensis n’est pas distingué de celui d’Alstonia boonei De Wild. ; il a des propriétés similaires. Le bois de cœur est blanc crémeux et indistinctement délimité de l’aubier, dont l’épaisseur peut atteindre 20 cm. Le fil est droit, parfois ondé, le grain moyennement grossier. Cernes de croissance indistincts ou absents.

Le bois est léger. La densité est de 340–400 kg/m³ à 12% de taux d’humidité. Les taux de retrait sont moyennement faibles ; de vert à anhydre, le retrait radial est de 3,2–4,0% et le retrait tangentiel de 5,1–5,5%. Le bois sèche rapidement, avec un faible risque de déformation et de gerçures. Une fois sec, il est stable.

A 12% de taux d’humidité, le module de rupture est de 48–70 N/mm², le module d’élasticité de 5800–8800 N/mm², la compression axiale de 23–36 N/mm², le cisaillement de 1–2 N/mm², le fendage de 7–16 N/mm et la dureté Janka de flanc de 1825 N.

Le sciage est aisé, bien que la présence de latex puisse causer un encrassement des lames de scies. Les caractéristiques de déroulage sont bonnes. Le clouage et le vissage ne posent généralement pas de problèmes, et le collage, la peinture et le vernissage donnent de bons résultats. On obtient généralement un surfaçage lisse si les outils tranchants sont bien affûtés. Les propriétés de cintrage à la vapeur sont médiocres.

Le bois n’est pas durable. Il est facilement attaqué par des champignons, et est très sujet au bleuissement. Il est très sensible aux attaques de térébrants des bois secs, de vrillettes et de termites. En conséquence, il ne convient que pour les emplois intérieurs, et ne peut être employé en contact avec le sol. Toutefois, il se traite aisément avec des produits d’imprégnation, absorbant plus de 480 kg/m³ en employant les procédés en cuve ouverte ou sous pression.

Un extrait au méthanol de feuilles a montré une certaine action antimalarique dans des essais sur Plasmodium berghei chez des souris ; il arrêtait un début d’infection, mais se montrait inefficace lorsque l’infection était déjà installée. L’écorce et les feuilles ont montré une action sur le cœur dans des essais sur des animaux. On a isolé de l’écorce et des feuilles divers alcaloïdes. Parmi eux, un alcaloïde indolique, l’échitamine, qui a montré diverses actions pharmacologiques (par ex. action hypotensive et action relaxante sur les muscles lisses) dans des prototypes d’essais sur animaux. Toutefois, ce composé a montré seulement une efficacité très limitée contre les plasmodiums.

Falsifications et succédanés

Le bois de l’espèce apparentée Alstonia boonei est utilisé sans distinction avec celui d’Alstonia congensis.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 15(–25) m de hauteur, contenant du latex ; fût jusqu’à 30(–100) cm de diamètre, profondément cannelé à la base ou avec des contreforts raides ; écorce lisse ou rugueuse, avec en général de grandes lenticelles, grisâtre ou brun pâle, écorce interne crème ou jaune pâle, avec un latex abondant ; cime étagée.
  • Feuilles disposées en verticilles de 4–6(–8), simples et entières ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 0,5(–1) cm de long, aplati et cannelé sur le dessus, avec des colletères triangulaires étroits à la base ; limbe obovale à spatulé, de 8–26 cm × 3,5–11,5 cm, cunéiforme à la base, arrondi à courtement acuminé à l’apex, parfois rétus, coriace, glabre, avec de nombreuses nervures, les nervures latérales se joignant près du bord.
  • Inflorescence : cyme ombelliforme terminale, composée, jusqu’à 25 cm de long ; pédoncule de 3,5–12 cm de long, trapu ; bractées jusqu’à 2 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, odorantes ; pédicelle de (2–)3–5(–9) mm de long ; sépales jusqu’à 3 mm de long, fusionnés à la base, glabres mais légèrement pubescents sur leurs bords ; corolle de couleur crème, jaune pâle ou rose pâle, pubescente, à tube de 4–7,5 mm de long, s’élargissant près de l’extrémité, lobes obliquement obovales, de 4–10 mm de long ; étamines insérées sur la partie supérieure du tube de la corolle, filets d’environ 0,5 mm de long, anthères jusqu’à 1,5 mm de long ; ovaire supère, ovoïde, glabre ou parfois légèrement pubescent, 2-loculaire, style de 1–3,5 mm de long, se terminant en une tête pistillaire composée d’un anneau basal, d’une partie centrale cylindrique et d’une partie apicale stigmoïde allongée et fendue.
  • Fruit composé de 2 follicules linéaires de 20–45 cm de long et 2–4 mm de diamètre, glabre, contenant de nombreuses graines.
  • Graines oblongues, aplaties, de 6–9 mm × 2–2,5 mm, brunes, portant de longs poils atteignant 2 cm de longueur aux extrémités.

Autres données botaniques

Le genre Alstonia comprend une quarantaine d’espèces, et a une répartition pantropicale. Seules deux espèces sont indigènes d’Afrique, toutes deux appartenant à la section Alstonia. Alstonia boonei diffère d’Alstonia congensis par ses feuilles pétiolées, ses sépales et ses follicules pubescents, et également par le relief de l’épiderme de la face inférieure de la feuille (stomates exposés chez Alstonia congensis, cachés sous des chaînes de cire chez Alstonia boonei). Dans la plupart des références anciennes concernant l’Afrique de l’Ouest, le nom Alstonia congensis a été employé à tort pour désigner Alstonia boonei.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; (10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; (24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm)) ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm) ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; (47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré).
  • Trachéides et fibres : (61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées) ; (62 : fibres à ponctuations distinctement aréolées) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 68 : fibres à parois très fines.
  • Parenchyme axial : 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; (87 : parenchyme axial en réseau) ; (92 : quatre ( 3–4) cellules par file verticale) ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale ; (94 : plus de huit cellules par file verticale).
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 132 : laticifères ou tubes à tanins.
  • Inclusions minérales : (136 : présence de cristaux prismatiques) ; (137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons) ; (141 : cristaux prismatiques dans les cellules non cloisonnées du parenchyme axial) ; (154 : plus d’un cristal approximativement de même taille par cellule ou par loge (dans les cellules cloisonnées)).
(E. Ebanyenle, A.A. Oteng-Amoako & P. Baas)

Croissance et développement

Les graines sont dispersées par le vent.

Ecologie

Alstonia congensis se rencontre habituellement dans des localités marécageuses (par ex. marécages à Raphia) jusqu’à 500 m d’altitude, mais on le trouve aussi parfois sur des sols rocheux secs. En Guinée équatoriale, il est très commun dans une zone voisine de la côte, avec une moyenne de près de 2 arbres de plus de 30 cm de diamètre par ha.

Multiplication et plantation

Au Nigeria, la multiplication d’Alstonia congensis par boutures de tige avec emploi de régulateurs de croissance a donné de bons résultats (jusqu’à 63% d’enracinement).

Traitement après récolte

Les grumes flottent aisément et peuvent être transportées par les rivières. Elles sont très sensibles aux attaques d’insectes et de champignons, et doivent être séchées rapidement ou traitées avec des produits d’imprégnation après l’abattage. Elles ne conviennent pas bien au déroulage du fait qu’elles sont souvent profondément cannelées.

Ressources génétiques

Alstonia congensis est considéré comme localement menacé, par ex. au Nigeria, où son écorce est couramment récoltée à des fins médicinales.

Perspectives

Les perspectives d’exportation sont médiocres pour Alstonia congensis, en raison de sa médiocre durabilité et des emplois limités de son bois, ainsi que de la taille généralement modeste de l’arbre. Il peut être utile comme plante auxiliaire en agriculture parce qu’il est facile à multiplier, qu’il pousse moyennement vite et qu’il forme une racine pivotante qui n’interfère pas avec les racines superficielles des cultures.

L’efficacité d’Alstonia congensis et d’autres espèces d’Alstonia dans le traitement du paludisme est controversée, et il faudra davantage de recherche pour confirmer l’action médicinale qu’on lui attribue.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Chudnoff, M., 1980. Tropical timbers of the world. USDA Forest Service, Agricultural Handbook No 607, Washington D.C., United States. 826 pp.
  • CIRAD Forestry Department, 2003. Emien. [Internet] Tropix 5.0. http://tropix.cirad.fr/ afr/emien.pdf. December 2004.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Sidiyasa, K., 1998. Taxonomy, phylogeny, and wood anatomy of Alstonia (Apocynaceae). Blumea Supplement 11. Rijksherbarium / Hortus Botanicus, Leiden University, Leiden, Netherlands. 230 pp.

Autres références

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  • de Jong, B.H.J., 1979. A revision of the African species of Alstonia R.Br. (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 79–13. Wageningen, Netherlands. 16 pp.
  • Jayeola, A.A., 1998. Surface sculpturing of Alstonia boonei De Wild. and A. congensis Engl. (Apocynaceae) and its importance on their taxonomy. Feddes Repertorium 109(5–6): 429–433.
  • Ilesanmi, O.R., Aladesanmi, A.J. & Adeoye, A.O., 1988. Pharmacological investigation on the cardiac activity of some Nigerian medicinal plants. Fitoterapia 59(5): 371–376.
  • Pauwels, L., 1993. Nzayilu N’ti: guide des arbres et arbustes de la région de Kinshasa Brazzaville. Scripta Botanica Belgica. Volume 4. Jardin botanique national de Belgique, Meise, Belgium. 495 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Rudjiman, Gintings, N., Martawijaya, A. & Ilic, J., 1993. Alstonia R.Br. In: Soerianegara, I. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(1). Timber trees: Major commercial timbers. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 82–90.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Teo, S.P., 2001. Alstonia R.Br. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 61–68.

Sources de l'illustration

  • de Jong, B.H.J., 1979. A revision of the African species of Alstonia R.Br. (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 79–13. Wageningen, Netherlands. 16 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2005. Alstonia congensis Engl. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 avril 2019.


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