Aloe wollastonii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Aloe wollastonii Rendle


Protologue: Journ. Linn. Soc. Bot. 38 : 238 (1908).
Famille: Asphodelaceae

Noms vernaculaires

  • Mlalangao (Sw).

Origine et répartition géographique

Aloe wollastonii est réparti du nord-est de la R.D. du Congo jusqu’à l’ouest du Kenya et de la Tanzanie.

Usages

En R.D. du Congo et au Burundi, l’exsudat, les feuilles broyées et les feuilles séchées s’appliquent localement pour soigner les hémorroïdes. En Ouganda, l’exanthème prurigineux se traite avec bains d’infusion de feuilles d’Aloe wollastonii, ou avec des feuilles écrasées dont on se sert comme éponge. Les inflammations utérines se traitent par absorption de l’infusion de feuilles. Les racines et les feuilles se prennent en décoction pour soigner la jaunisse. Il y a de multiples applications vétérinaires pour les feuilles en R.D. du Congo, au Rwanda et au Burundi. L’anthrax, les hémorroïdes, les brûlures, les parasites et la rétention placentaire sont des maux qui se traitent avec des feuilles fraîches ou avec de la poudre de feuilles séchées, de même que la fièvre de la côte orientale chez les bovins.

Propriétés

Les espèces d’Aloe contiennent toutes sortes de composés phénoliques, dont de la chromone, de l’anthraquinone ou des dérivés de l’anthrone. L’exsudat de feuilles d’Aloe wollastonii contient environ 15% d’aloïne.

Description

Plante herbacée vivace succulente, atteignant 1,5 m de haut, sans tige, habituellement solitaire. Feuilles 12–15 en rosette dense, dressées à étalées ; stipules absentes ; pétiole absent ; limbe lancéolé, atteignant 50 cm × 10 cm, apex longuement acuminé, bord garni de dents pointues d’un blanc de corne à brun-rouge, de 4–6 mm de long, distantes de 1–2 cm, limbe vert terne à taches allongées blanches en bandes transversales ; exsudat jaune une fois sec. Inflorescence constituée de grappes cylindriques-coniques de 10–25(–30) cm de long, lâchement fleuries ; pédoncule atteignant 1,2 m de long, à 4–6 ramifications, celles du bas parfois ramifiées à nouveau ; bractées linéaires–lancéolées, de (10–)15–20 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 3-mères ; pédicelle de 1,5–2 cm de long ; périanthe tubuleux, de 3–3,5 cm de long, d’environ 9 mm de diamètre à la base, lobes 6, d’environ 11 mm de long, rosés à rouge orangé, rarement jaunes ; étamines 6, exsertes ; ovaire supère, 3-loculaire, style filiforme, stigmate capité, exsert. Fruit : capsule ovoïde d’environ 20 mm × 12 mm, à déhiscence loculicide, contenant de nombreuses graines. Graines d’environ 3 mm × 5 mm, brun noirâtre à larges ailes mouchetées.

Autres données botaniques

Le genre Aloe comprend environ 450 espèces en Afrique et en Arabie, dont environ 315 en Afrique continentale, une centaine endémiques de Madagascar ou des îles de l’océan Indien (dont l’ancien genre Lomatophyllum) et une cinquantaine en Arabie. Aloe wollastonii a été confondu dans la littérature avec Aloe lateritia Engl., espèce dont l’aire de répartition se situe plus à l’est et dont les grappes sont plus densément fleuries. Aloe wollastonii appartient à un groupe d’espèces d’Aloe à rosettes solitaires ou formant de petits groupes, aux feuilles dépassant 2 cm de large et aux inflorescences à 2 ramifications au moins. Plusieurs autres espèces de ce groupe ont des usages médicinaux.

Aloe citrina

L’exsudat d’Aloe citrina S.Carter & Brandham est utilisé en Somalie pour soigner l’ophtalmie.

Aloe cryptopoda

Le jus de feuilles d’Aloe cryptopoda Baker est utilisé au Zimbabwe pour traiter la constipation, les maladies vénériennes, et comme abortif, bien que l’activité abortive de l’infusion n’ait pu être démontrée dans des essais sur les rats. Les racines teignent la laine de brun-rouge à rouge violacé selon le mordant employé.

Aloe kilifiensis

Le jus des feuilles grillées d’Aloe kilifiensis Christian, originaire de la côte du Kenya, s’applique sur la peau pour réduire les enflures. La décoction de feuilles s’absorbe pour soigner la dilatation de la rate. En externe, l’exsudat sert à traiter les maux de tête.

Aloe rivae

Aloe rivae Baker, une espèce éthiopienne et kenyane, est menacée par une surexploitation à des fins médicinales non documentées.

Aloe sinkatana

Les feuilles et l’exsudat d’Aloe sinkatana Reynolds sont appréciés au Soudan pour traiter toutes sortes de maux, comme les maladies de la peau, constipation, fièvre, inflammation des amygdales, hémorroïdes et inflammation du côlon. Aloe sinkatana est reconnu pour sa valeur ornementale. Ses populations sauvages se sont fortement réduites et des mesures de multiplication et de conservation s’imposent de toute urgence.

Ecologie

On trouve Aloe wollastonii dans les savanes herbeuses et les savanes boisées, à 1100–2300 m d’altitude.

Ressources génétiques

Bien que figurant sur la liste de la CITES comme toutes les espèces d’aloès (à l’exception d’Aloe vera (L.) Burm.f.), Aloe wollastonii est répandu et ne semble pas directement menacé d’érosion génétique ou d’extinction.

Perspectives

Comme Aloe wollastonii ne produit quasiment pas de rejets, il ne constitue pas un choix évident pour une exploitation commerciale. Sa confusion avec Aloe lateritia justifie une révision de la littérature relative à la phytochimie et à l’ethnobotanique des deux espèces.

Références principales

  • Carter, S., 1994. Aloaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 60 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Marshall, N.T., 1998. Searching for a cure: conservation of medicinal wildlife resources in East and Southern Africa. TRAFFIC International, Cambridge, United Kingdom. 112 pp.
  • Tabuti, J.R.S., Lye, K.A. & Dhillion, S.S., 2003. Traditional herbal drugs of Bulamogi, Uganda: plants, use and administration. Journal of Ethnopharmacology 88: 19–44.

Autres références

  • Champluvier, D. & Maquet, P., 1988. Liliaceae. In: Troupin, G. (Editor). Flore du Rwanda: Spermatophytes. Volume 4. Institut National de Recherche Scientifique, Butare, Rwanda. pp. 20–59.
  • CITES, 2003. Review of significant trade: East African Aloes. [Internet] http://www.cites.org/ eng/com/ PC/14/E-PC14-09-02-02-A4.pdf. May 2004.
  • Baerts, M. & Lehmann, J., 2005. Aloe lateritia/ Aloe graminicola. [Internet]. Prelude Medicinal Plants Database. Metafro-Infosys, Royal Museum for Central Africa, Tervuren, Belgium http://www.metafro.be/prelude. September 2005.
  • Newton, L.E., 2001. Aloe In: Eggli, U. (Editor). Illustrated handbook of succulent plants: Monocotyledons. Springer-Verlag, Berlin, Germany. pp. 103–186.
  • Pakia, M. & Cooke, J.A., 2003. The ethnobotany of the Midzichenda tribes of the coastal forest areas in Kenya: 2. Medicinal plant uses. South African Journal of Botany 69(3): 382–395.
  • Parry, O. & Matambo, C., 1992. Some pharmacological actions of aloe extracts and Cassia abbreviata on rats and mice. Central African Journal of Medicine 38(10): 409–414.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2006. Aloe wollastonii Rendle. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 février 2019.


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