Alnus acuminata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
plantation

Alnus acuminata Kunth


Protologue: Humb., Bonpl. & Kunth, Nov. gen. sp. 2: 20 (1817).
Famille: Betulaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Noms vernaculaires

  • Aulne des Andes, aune des Andes, aulne d’Amérique (Fr).
  • Andean alder, Andes alder, alder (En).

Origine et répartition géographique

L’aulne des Andes est présent à l’état sauvage dans les régions de forte altitude du Mexique à l’Argentine. En Argentine, c’est l’une des principales espèces de bois d’œuvre. En Afrique tropicale, il a été introduit au Rwanda, au Burundi, au Kenya, en Ouganda et à Madagascar. Il est également planté en Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Usages

L’aulne des Andes a été introduit en Afrique tropicale, en particulier à Madagascar, pour la production de bois d’œuvre. Le bois est utilisé en construction, en menuiserie, en ébénisterie, en sculpture et en tournage, et se prête à la production de crayons, d’allumettes, de boîtes d’allumettes, de contreplaqué et de panneaux de particules. Aussi bien dans sa région d’origine qu’en Afrique tropicale, il est planté de plus en plus pour la réhabilitation des sites dénudés, la lutte contre l’érosion, l’amélioration des sols et dans les systèmes d’agroforesterie. Il convient bien à ces emplois en raison de sa rapide croissance et de sa tolérance à des sols et des conditions climatiques de nature très diverse. Lorsqu’il est planté dans les systèmes agropastoraux et agroforestiers, il améliore la croissance et le taux de protéines des graminées des pâturages. La teneur du sol en matière organique et en azote augmente sous les arbres et près des haies. Il a été fait état d’un accroissement du poids du bétail broutant sous l’aulne des Andes de 33% par rapport aux pâturages sans arbres. L’arbre est planté pour procurer de l’ombrage dans les zones de pâturage et les jardins.

Sa croissance rapide et ses propriétés de combustion rendent l’aulne des Andes tout à fait indiqué dans la production de bois de feu et de charbon de bois. Les feuilles fournissent au bétail une bonne pâture.

Dans sa région d’origine, les feuilles macérées s’utilisent pour traiter les douleurs articulaires et musculaires, les rhumatismes et les infections cutanées. L’infusion de feuilles fait partie de la pharmacopée pour l’inflammation de la prostate.

Avec des techniques appropriées, on peut produire du papier de bonne qualité avec le bois d’aulne des Andes.

Propriétés

L’aulne des Andes a un bois de poids moyen, dont la gravité spécifique est de 0, 35–0,60. Il se sèche moyennement vite, sans qu’il gerce ou se gauchisse, et il possède une bonne stabilité dimensionnelle. Le bois est facile à travailler. On le juge moyennement durable, mais il est durable sous l’eau. Il est moyennement difficile à imprégner avec des produits de conservation. La pulpe a d’excellentes qualités pour la fabrication de papier.

Aliment de choix pour le bétail, les feuilles contiennent environ 16% de protéines brutes. L’écorce est riche en tanin.

Description

  • Arbre caducifolié de taille moyenne, atteignant 30(–40) m de haut ; fût cylindrique, atteignant 50(–100) cm de diamètre ; surface de l’écorce lisse et grise chez les arbres jeunes, mais devenant écailleuse et sillonnée avec l’âge ; cime étroite, dense ; jeunes ramilles à poils glandulaires, rameaux avec lenticelles et cicatrices arrondies visibles laissées par les feuilles tombées.
  • Feuilles alternes, en 3 rangs, simples et entières ; stipules ovales à elliptiques, de 4–8 mm × 1–1,5 mm ; pétiole de (4–)7–23(–35) mm de long ; limbe lancéolé, ovale ou elliptique, finement coriace, de (3,5–)5,5–14(–19) cm × (2–)3–9(–10,5) cm, cunéiforme à obtus ou arrondi à la base, longuement acuminé à arrondi à l’apex, à bord denté, à poils glandulaires, pennatinervé avec 10–15 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : chaton à nombreuses fleurs ; chaton mâle allongé, retombant, de 5–11 cm de long, fleurs disposées par groupes de 3 à l’aisselle de bractées ; chaton femelle ovale ou elliptique, de 3–6 mm × 1,5–3 mm, fleurs disposées par groupes de 2 à l’aisselle de bractées.
  • Fleurs unisexuées, minuscules ; fleurs mâles 4-mères, à segments de périanthe elliptiques ou obovales d’environ 1,5 mm de long, étamines opposées et adnées aux segments de périanthe à la base, de 2,5–4 mm de long ; fleurs femelles constituées d’un ovaire 2-loculaire avec style bifide.
  • Fruit : nucule ailée, elliptique à obovale, de 1,5–3 mm de long, brun foncé, dans une infrutescence en forme de cône, ovoïde à ellipsoïde, de 1–3 cm × 1–1,5 cm.
  • Plantule à germination épigée ; cotylédons foliacés, étalés ; 2 premières feuilles opposées.

Autres données botaniques

L’aulne des Andes fixe l’azote en symbiose avec Actinomyces alni (synonyme : Frankia alni). Les fleurs sont pollinisées par le vent.

Le genre Alnus comprend environ 40 espèces, dont la plupart se trouvent dans les régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère Nord.

Alnus nepalensis

Alnus nepalensis D.Don, originaire du continent asiatique et du Japon, a également été introduit en Afrique. Il a plus ou moins les mêmes usages que l’aulne des Andes et son utilisation dans les systèmes d’agroforesterie est également encouragée, mais il est mieux adapté aux environnements semi-arides.

Alnus acuminata et Alnus jorullensis Kunth ont souvent été confondus. Le deuxième, confiné au Mexique et au Guatemala, diffère par la forme de ses feuilles et son caractère rabougri ; il est présent dans des milieux plus secs.

Ecologie

L’aulne des Andes est présent à l’état naturel aux latitudes de 18°N–28°S, à 1500–3200(–3700) m d’altitude. Il peut supporter des températures inférieures à zéro pendant de courtes périodes et il est adapté à une humidité élevée. Une protection contre les vents froids et secs lui est bénéfique. Il se régénère bien sur les terres dégradées et les versants abrupts de montagne.

Gestion

L’aulne des Andes peut se multiplier par graines et par bouturage, ou par culture de tissus. Le poids de 1000 graines est de 0,2–1,5 g. La germination des graines fraîches est de 50–70%, mais la graine perd sa viabilité après 3–6 mois. Lorsqu’il est semé en pot dans des pépinières, le repiquage au champ a lieu au bout de 6–8 mois. Le semis direct et la mise en terre de plants à racines nues ou de stumps se pratiquent également. Les sélections améliorées se multiplient par culture de tissus. Une inoculation avec la bonne souche d’Actinomyces alni donne de bons résultats. Une plantation serrée, espacée de 2 m × 2 m, est recommandée pour produire des fûts droits. Les jeunes arbres ont besoin d’une protection contre les animaux brouteurs pendant 1–3 ans après la plantation. L’éclaircie est recommandée après la troisième année et après 10–15 ans, pour parvenir finalement à une densité finale de 250–350 arbres/ha. La rotation recommandée est de 20 ans ; en principe, elle donne jusqu’à 15 m³/ha par an.

Pour les brise-vent, la plantation se fait à un espacement de 1–1,5 m. Une taille régulière des branches doit permettre la maîtrise de la largeur et de l’ombrage. En Afrique de l’Est, en particulier dans les pépinières, les maladies graves sont la fonte des semis, la septoriose brune due à Septoria et le chancre de la tige. En Ouganda, les abeilles récoltent la résine sécrétée par les glandes des bourgeons et des jeunes feuilles dont elles font ce qu’on appelle la propolis, qui sert à protéger leurs nids. Mais cette récolte provoque des dégâts importants et la chute des feuilles.

Ressources génétiques

Des essais de provenances en Nouvelle-Zélande ont démontré la forte variabilité des performances et de la tolérance environnementale d’une entrée à l’autre. La sélection pour la forme, le taux de croissance, la résistance à la sécheresse et aux maladies a donné lieu à des lignées convenant à différentes conditions de croissance et différents usages. La sélection destinée à des usages et des conditions particulières en Afrique tropicale devrait porter ses fruits, car la variabilité au sein de l’espèce est énorme.

Perspectives

Certaines espèces d’Alnus se répandent au point d’être considérées comme envahissantes. Rien n’indique que cela soit le cas pour le moment avec l’aulne des Andes, mais il n’a pas été beaucoup planté jusqu’ici et n’a donc peut-être pas encore eu l’occasion de se propager. Etant donné ses qualités nutritives pour le bétail, il se peut que ça ne devienne jamais un problème.

Une plantation à grande échelle pour la production de bois d’œuvre exigera des recherches sur la gestion qui lui convient et l’identification de sélections adaptées.

Références principales

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  • CAB International, 2005. Forestry Compendium. Alnus acuminata. [Internet] http://www.cabicompendium.org/ fc/datasheet.asp?CCODE=ALU_AC. January 2009.
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  • Muthuri, C.W., Ong, C.K., Black, C.R., Ngumi, V.W. & Mati, B.M., 2005. Tree and crop productivity in Grevillea, Alnus and Paulownia-based agroforestry systems in semi-arid Kenya. Forest Ecology and Management 212(1–3): 23–39.
  • Siriri, D. & Raussen, T., 2003. The agronomic and economic potential of tree fallows on scoured terrace benches in the humid highlands of southwestern Uganda. Agriculture, Ecosystems and Environment 95(1): 359–369.

Autres références

  • Brunck, F., Colonna, J.P., Dommergues, Y., Ducousso, M., Galiana, A., Prin, Y., Roederer, Y. & Sougoufara, B., 1990. La maitrise de l'inoculation des arbres avec leurs symbioses racinaires: synthese d'une selection d'essais au champ en zone tropicale. Bois et Forêts des Tropiques 223: 24–42.
  • ECOCROP, 2007. Alnus acuminata [Internet]. FAO, Rome, Italy. http://ecocrop.fao.org/ ecocrop/srv/en/ cropView?id=3020. January 2009.
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  • Nyeko, P., Edwards-Jones, G. & Day, R.K., 2002. Honeybee, Apis mellifera (Hymenoptera: Apidae), leaf damage on Alnus species in Uganda: a blessing or curse in agroforestry? Bulletin of Entomological Research 92(5): 405–412.
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  • Okorio, J., Byenkya, S., Wajja, N. & Peden, D., 1994. Comparative performance of seventeen upperstorey tree species associated with crops in the highlands of Uganda. Agroforestry Systems 26(3): 185–203.
  • World Agroforestry Centre, undated. Agroforestree Database. [Internet] World Agroforestry Centre (ICRAF), Nairobi, Kenya. http://www.worldagroforestry.org/ resources/databases/ agroforestree. January 2009.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2009. Alnus acuminata Kunth. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 avril 2019.


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