Alchornea floribunda (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Alchornea floribunda Müll.Arg.


Protologue: Flora 47: 435 (1864).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 18

Noms vernaculaires

  • Alchornée fleurie, niando (Fr).
  • Niando (En).
  • Ilondo (Po).

Origine et répartition géographique

Alchornea floribunda est présent depuis la Guinée à travers la zone forestière d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale jusqu’au Soudan et en Ouganda. En R.D. du Congo, il est cultivé dans les jardins familiaux pour ses usages médicinaux.

Usages

En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, surtout en Côte d’Ivoire, au Gabon et en R.D. du Congo, les racines d’Alchornea floribunda ont une grande réputation comme drogue stimulante et comme aphrodisiaque. La poudre de racines séchées ou les copeaux d’écorce de racine sont mélangés à des aliments ou mis à macérer pendant plusieurs jours dans du vin de palme, de la bière de banane ou d’autres bières locales et consommés comme tonique pour donner de l’énergie pendant les cérémonies, et jadis pour faire la guerre. Cela procure un état d’excitation intense suivi d’une profonde dépression qui peut être fatale, en fonction de la dose, du caractère du sujet et de son degré d’accoutumance. Des effets similaires ont été observés chez les gorilles et les chimpanzés qui avaient consommé la racine. Au Gabon, les racines sont parfois mélangées avec celles de Tabernanthe iboga Baill., ou bien elles leur servent de substitut, et se prennent dans de l’eau comme aphrodisiaque et comme stimulant dans les cérémonies d’initiation.

En Côte d’Ivoire, au Congo et en R.D. du Congo, on passe du jus de feuille ou de racine sur les zones lésées pour traiter les blessures, les plaies des circoncisions, la teigne et l’eczéma. Une décoction de feuilles se prend comme boisson ou bien les feuilles sont consommées comme légume pour traiter les affections ovariennes, les problèmes gastriques et les troubles intestinaux. Au Nigeria et au Gabon, le jus de racine s’emploie en collyre pour traiter l’ophtalmie et la conjonctivite. Au Cameroun, les cendres de racines brûlées mêlées à de l’huile de palme s’appliquent sur des scarifications pour traiter les douleurs pulmonaires et les maux de tête. Une cuillerée à café d’écorce de racine en poudre en prise quotidienne sert à soigner l’impuissance. En Guinée équatoriale, la pulpe de feuille s’applique sur les plaies. Au Congo, les feuilles se consomment comme légume avec de la viande ou du poisson comme antidote au poison. Les racines et les fruits se prennent pour les affections urinaires, respiratoires et intestinales. En R.D. du Congo, la macération de feuilles se prend contre les douleurs cardiaques. La décoction de jeunes feuilles se prend pour traiter la diarrhée.

En R.D. du Congo, les branches fines sont utilisées pour confectionner la structure des huttes rondes. Les copeaux de racine ou les feuilles séchées se fument comme substitut du tabac.

Production et commerce international

L’écorce séchée de racine d’Alchornea floribunda se vend sur internet pour ses propriétés stimulantes (et supposées hallucinogènes) à environ US$ 15 les 100 g, mais son nom commercial, “niando”, se confond avec celui de l’espèce d’Amérique du Sud, Alchornea castaneifolia (Humb. & Bonpl. ex Willd.) A.Juss., surtout connue sous le nom d’ “iporuru”, qui a des propriétés similaires.

Propriétés

L’écorce de tige contient 0,1 mg/g d’alcaloïdes bruts, l’écorce de racine 1,9 mg/g et les feuilles 4,8 mg/g. L’alchornéine, un alcaloïde imidazopyrimidine, est le principal alcaloïde présent dans l’écorce de la tige et l’écorce de la racine. L’écorce de la racine et les feuilles contiennent également de l’isoalchornéine, et les feuilles renferment aussi de l’alchornéinone. Certaines sources mentionnent la présence de yohimbine, un alcaloïde indole présent chez Tabernanthe iboga. Mais des évaluations plus récentes n’ont pas confirmé la présence de ce composé chez Alchornea floribunda. Les feuilles et l’écorce contiennent environ 10% de tanins.

L’extrait de racine a une action sympatholytique et augmente de façon significative la sensibilité du système nerveux à l’adrénaline. Chez les chiens, de petites doses ont produit une légère hypotension suivie d’hypertension ; à plus fortes doses, on a observé une augmentation de la pression artérielle suivie d’une forte baisse et seulement une récupération lente. Un brevet a été obtenu pour l’utilisation de l’alcaloïde des feuilles comme spasmolytique. Des résultats positifs ont été signalés dans des essais cliniques d’extraits de racines et de tiges feuillées dans le traitement de l’hépatite.

Description

Arbuste ou petit arbre monoïque à ramification lâche atteignant 4,5(–7) m de haut ; jeunes pousses brièvement poilues. Feuilles alternes, simples, groupées à l’extrémité des pousses ; stipules de 3–9 mm de long, brièvement poilues ; pétiole de 0,5–2,5 cm de long ; limbe oblancéolé à oblong-lancéolé, de 14–37 cm × 6–13,5 cm, base cunéiforme, apex courtement acuminé à obtus, bords à dents espacées, superficielles et glanduleuses, glanduleux à la base, glabre en dessus, finement poilu en dessous, pennatinervé. Inflorescence mâle : panicule axillaire atteignant 20 cm de long, bractées minuscules ; inflorescence femelle : épi terminal ou panicule lâche, atteignant 25 cm de long ; bractées de 2–3 mm de long, acuminées, avec 2 glandes sessiles à la base. Fleurs unisexuées, sessiles ; fleurs mâles à 3 sépales presque orbiculaires, pétales absents, étamines 8 ; fleurs femelles à 5 sépales triangulaires-ovales, d’environ 1,5 mm de long, aigus, dentés glanduleux, brièvement poilus, pétales absents, ovaire supère, 3-lobé, de 1–1,5 mm × 1,5–2 mm, lisse, densément garni de poils soyeux, styles 3, de 1–2,5 cm de long, libres, rouge foncé. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 6 mm × 10 mm, lisse, brièvement poilue, à 3 graines. Graines presque globuleuses, d’environ 4 mm de long, lisses, brillantes, brun pâle.

Autres données botaniques

Le genre Alchornea est pantropical et comprend une cinquantaine d’espèces, dont 6 en Afrique tropicale.

Ecologie

Alchornea floribunda pousse dans le sous-étage et les clairières des forêts pluviales et marécageuses, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1200 m d’altitude.

Gestion

Les racines et les feuilles, qui se récoltent dans la nature ou dans les jardins familiaux, peuvent s’utiliser soit fraîches soit séchées et en poudre pour un usage ultérieur.

Ressources génétiques

Alchornea floribunda est répandu et commun dans le sous-étage des forêts ; il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Alchornea floribunda jouit d’une assez forte réputation comme drogue stimulante et comme aphrodisiaque. La présence de l’alchornéine semble en partie responsable de ces activités mais il est nécessaire d’approfondir les recherches pour corroborer ces observations.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.
  • Raymond-Hamet, R., 1952. Influence d’une Euphorbiacée de l’Afrique tropicale: Alchornea floribunda Müll.Arg. sur la reflectivité sino-carotienne et sur l’excitabilité du pneumogastrique. Compte Rendu des Séances de la Société de Biologie et ses Filiales 146(21–22): 1672–1674.
  • Raymond-Hamet, R., 1954. Sur les effets tensiovasculaires d’une Euphorbiacée africaine, l’Alchornea floribunda Müll.Arg. Compte Rendue des Séances de la Société de Biologie et ses Filiales 148(7–8): 655–658.

Autres références

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  • Bouquet, A. & Debray, M., 1974. Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire. Travaux et Documents No 32. ORSTOM, Paris, France. 231 pp.
  • Cousins, D. & Huffman, M.A., 2002. Medicinal properties in the diet of gorillas: an ethno-pharmacological evaluation. African Study Monographs 23(2): 65–89.
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  • Terashima, H. & Ichikawa, M., 2003. A comparative ethnobotany of the Mbuti and Efe hunter-gatherers in the Ituri forest, Democratic Republic of Congo. African Study Monographs 24(1–2): 1–168.

Auteur(s)

  • D.M. Mosango, c/o Laboratory of Natural Sciences, Lycée Français Jean Monnet de Bruxelles (LFB), Avenue du Lycée Français 9, 1180 Brussels, Belgium

Citation correcte de cet article

Mosango, D.M., 2007. Alchornea floribunda Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 février 2019.


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