Albizia schimperiana (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


feuille (Zimbabweflora)
folioles (Zimbabweflora)
branche en fruits (Zimbabweflora)

Albizia schimperiana Oliv.


Protologue: Fl. trop. Afr. 2: 359 (1871).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)

Noms vernaculaires

  • Large-podded albizia, forest long-podded albizia (En).
  • Mkenge (Sw).

Origine et répartition géographique

Albizia schimperiana est répandu depuis l’est de la R.D. du Congo, le sud du Soudan et l’Ethiopie jusqu’au Zimbabwe et au Mozambique.

Usages

Le bois d’Albizia schimperiana est employé pour la construction, la menuiserie, les manches d’outils, les ruches, les tabourets, les mortiers à grain, les cuillers, les aiguilles à coudre, le contreplaqué et les boîtes d’allumettes. Il est également employé comme bois de feu et pour la production de charbon de bois. On plante Albizia schimperiana dans des systèmes agroforestiers comme arbre d’ombrage et pour la conservation et l’amélioration des sols. Il est brouté par le bétail, et on l’émonde pour nourrir les chèvres. Les mesures de valeur fourragère classent celle-ci de médiocre à moyenne. Les fleurs sont une source de nectar pour les abeilles. Au Kenya, on emploie une infusion de racines mélangée à de la bouillie contre les maux de tête et autres malaises. En Tanzanie, on emploie l’écorce du tronc pour traiter les verrues. L’écorce fournit un remède contre la toux et un substitut du savon, tandis que la cendre d’écorce est ajoutée au tabac à priser pour lui donner une saveur piquante. En Ethiopie, les graines pilées mélangées avec de l’eau sont employées comme insecticide. Les feuilles servent à teindre la laine en jaune.

Production et commerce international

Il n’existe pas de statistiques commerciales pour le bois d’Albizia schimperiana, mais on l’a récemment inclus dans le commerce des bois provenant des monts Usambara orientaux en Tanzanie.

Propriétés

Le bois est assez résistant, et se travaille aisément ; il n’est pas résistant aux termites. Les feuilles et les ramilles récoltées sur des arbres adultes à la fin de la saison des pluies contenaient 25,6 g de protéines brutes par 100 g de matière sèche, mais la digestibilité est plutôt faible. On a isolé de l’écorce d’Albizia schimperiana des alcaloïdes du groupe spermine et plusieurs triterpènes (lupéol, lupénone, acide oléanoïque et hédéragénine).

Description

  • Arbre caducifolié atteignant 30(–35) m de haut ; fût rectiligne et cylindrique ou bas-branchu, jusqu’à 70 cm de diamètre ; surface de l’écorce grise ou brune, lisse ou rugueuse ; cime aplatie ou arrondie, souvent en forme d’ombrelle ; jeunes rameaux à pubescence brune.
  • Feuilles alternes, composées bipennées à (1–)2–7(–11) paires de pennes ; stipules subulées, caduques ; pétiole portant une glande sessile sur la face supérieure près de la base, rachis densément à faiblement pubescent ; folioles en 6–21(–23) paires par penne, presque sessiles, obliquement rhombiques ou oblongues, jusqu’à 2(–3) cm × 1(–1,5) cm, arrondies à aiguës à l’apex, pubescentes en dessous.
  • Inflorescence : capitule axillaire sur un pédoncule de 2,5–5 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, blanches ou jaune pâle ; pédicelle de 1–6 mm de long, à pubescence brune ; calice de 1,5–2,5 mm de long, à long tube denté au sommet, à pubescence brune ou parfois grise à l’extérieur ; corolle de 3–7,5 mm de long, à pubescence brune ou parfois grise à l’extérieur ; étamines nombreuses, de 7–12 mm de long, unies à la base, avec des filets blanc cassé ; ovaire supère, s’amincissant graduellement en un style mince.
  • Fruit : gousse oblongue, aplatie, de 15–34 cm × 2–6 cm, à stipe de 1,5–2 cm de long, courtement pubescente, veinée transversalement, brun mat à maturité, à déhiscence tardive ou indéhiscente, renfermant environ 8 graines.
  • Graines globuleuses aplaties à ellipsoïdes, de 9–11 mm × 6,5–8 mm.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Albizia comprend environ 120 espèces et se rencontre dans toutes les régions tropicales. En Afrique continentale, on en trouve quelque 35 espèces, à Madagascar une trentaine. Il se caractérise par ses inflorescences en capitules, avec 1–2 fleurs centrales modifiées, fonctionnellement mâles et pourvues d’un tube staminal plus grand et nectarifère. Des analyses moléculaires ont montré que le genre Albizia est hétérogène, et qu’une révision de ce genre est nécessaire. Albizia schimperiana est une espèce variable, notamment par les caractéristiques des feuilles et la couleur de la pubescence. On en a distingué trois variétés : var. schimperiana que l’on trouve dans toute l’aire de l’espèce, var. amaniensis (Baker f.) Brenan caractérisée par un faible nombre de folioles par penne, la paire terminale étant la plus grande, et restreinte à la Tanzanie, et var. tephrocalyx Brenan caractérisée par la couleur grise des poils sur le calice et la corolle, que l’on trouve dans le sud du Soudan et en Ouganda.

Albizia schimperiana a une croissance lente. Les racines forment des nodules fixateurs d’azote renfermant des bactéries du genre Bradyrhizobium. Les sujets d’Albizia schimperiana vivent en association avec des mycorhizes arbusculaires. La floraison a lieu à la fin de la saison sèche ; les gousses prennent environ 5 mois pour mûrir. Elles tendent à ne pas s’ouvrir, et se décomposent sur le sol.

Albizia amara

Albizia amara (Roxb.) Boivin (bitter albizia) ressemble à Albizia schimperiana, mais en diffère par ses folioles plus petites et ses pédicelles plus courts. C’est un arbuste ou un petit arbre jusqu’à 15 m de haut, que l’on trouve de l’Erythrée et de l’Ethiopie jusqu’au nord de l’Afrique du Sud, ainsi qu’en Inde et au Sri Lanka. Son bois est employé sous forme de poteaux et pour faire des ustensiles, et également comme bois de feu et pour la production de charbon de bois. Des essais effectués en Tanzanie ont montré qu’Albizia amara pourrait être promu en vue de son utilisation commerciale pour la fabrication de meubles et la construction. On le plante également pour l’amélioration et la conservation des sols ; son feuillage est employé comme fourrage, et ses racines, ses feuilles et ses gousses sont employées en médecine traditionnelle. On boit une infusion de racines pour traiter la pneumonie, la tuberculose, la stérilité chez les femmes, et comme aphrodisiaque, tandis que les racines sont employées en application externe pour traiter les verrues et les affections de l’utérus. L’écorce sert à traiter la jaunisse et les inflammations de la bouche, les feuilles pour le traitement de la diarrhée, de l’œdème et des blessures, et les gousses comme émétique et pour le traitement de la toux et du paludisme. Les racines sont également employées comme substitut du savon.

Albizia harveyi

Albizia harveyi E.Fourn. diffère également d’Albizia schimperiana par ses folioles plus petites et ses pédicelles plus courts, et d’Albizia amara par ses folioles, qui sont aiguës et asymétriques à l’apex chez Albizia harveyi et obtuses et symétriques au sommet chez Albizia amara. C’est un petit arbre qui ne dépasse pas 15 m de haut et se rencontre depuis le Kenya jusqu’au nord de l’Afrique du Sud. Son bois est utilisé pour les perches de construction et comme bois de feu. En Tanzanie, les racines sont employées pour traiter l’épilepsie, la cystite, les vomissements, la stérilité, et pour prévenir l’avortement. Son feuillage est brouté par le bétail.

Albizia forbesii

Albizia forbesii Benth., que l’on rencontre depuis la Tanzanie jusqu’à l’Afrique du Sud, ressemble également à Albizia schimperiana, mais il se caractérise par ses fleurs sessiles avec un calice plus grand, et ses graines plus étroites. Son bois est employé en Afrique australe pour les poteaux des cases indigènes.

Ecologie

Albizia schimperiana se rencontre dans la forêt d’altitude et les brousses sempervirentes à 900–2600 m d’altitude. Il peut être dominant dans l’étage supérieur dans le sud du Soudan et en Ethiopie. En Tanzanie, il pousse dans des régions à température annuelle moyenne de 14–20°C avec une pluviométrie annuelle d’au moins 1000 mm, souvent dans les forêts secondaires ouvertes et dans les ripisylves de montagne.

Gestion

Albizia schimperiana est susceptible de se régénérer en forêt plus ou moins fermée, ses semis survivant dans l’ombre. Ses graines sont souvent endommagées par des insectes. On a mis au point des méthodes pour séparer les graines saines et endommagées par spectroscopie sub-infrarouge. Le poids de 1000 graines est de 90–125 g. Une scarification mécanique de même qu’un traitement à l’acide sulfurique ou à l’eau chaude (bouillante ou à 75°C) sont efficaces pour lever la dormance due au tégument de la graine. Les semis peuvent être transplantés après 4 mois d’élevage en pépinière. On récolte parfois des semis naturels en forêt pour les replanter. La plantation en peuplements purs n’est pas recommandée en raison du plus grand risque d’attaque parasitaire. Les arbres plantés peuvent être traités en taillis.

Ressources génétiques

Albizia schimperiana est répandu et est localement commun, et n’est pas menacé d’érosion génétique. Localement toutefois, des populations sont soumises à une forte pression en raison du déboisement et d’une régénération médiocre, par ex. en Ethiopie.

Perspectives

Bien qu’Albizia schimperiana soit un arbre à croissance lente, il est localement préféré dans les systèmes agroforestiers traditionnels, par ex. en Ethiopie et dans les monts Usambara occidentaux en Tanzanie. C’est localement un arbre à fins multiples très apprécié. On sait peu de chose sur de nombreux aspects de cette essence, et des études seraient nécessaires pour évaluer son rôle potentiel comme essence à bois d’œuvre et essence agroforestière à plus grande échelle.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Albizia schimperiana Oliv. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 février 2019.


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