Albertisia cordifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Albertisia cordifolia (Mangenot & J.Miège) Forman


Protologue: Kew Bull. 30(1) : 83 (1975).
Famille: Menispermaceae

Synonymes

  • Epinetrum cordifolium Mangenot & J.Miège (1951).

Origine et répartition géographique

Albertisia cordifolia est endémique du sud-est de la région côtière de Côte d’Ivoire, dans une petite zone près d’Abidjan.

Usages

En Côte d’Ivoire, la racine d’Albertisia cordifolia est utilisée pour traiter l’anémie et les œdèmes aux jambes. La pulpe de racine dans de l’eau sert en gouttes nasales et s’administre comme sédatif aux personnes agitées, en complément à un traitement avec la racine de Rauvolfia vomitoria Afzel. Cette même pulpe s’introduit dans le vagin pour traiter les affections utérines ; en usage externe, elle sert d’hémostatique. Les hommes atteints de gonorrhée la prennent en lavement. La macération de racine se prend aussi en lavement ou en potion comme aphrodisiaque et comme stimulant.

Propriétés

Les racines d’Albertisia cordifolia contiennent des alcaloïdes bisbenzylisoquinoliniques, la cycléanine, l’isochondrodendrine et la norcycléanine. La cycléanine est un stimulant neuromusculaire à petites doses et un paralysant à fortes doses.

Albertisia cordifolia est considéré comme toxique pour les moutons.

Description

Arbuste grimpant ou liane, dioïque, atteignant 15 m de long ; jeunes rameaux à poils jaunâtres, rameaux âgés à écorce glabre grisâtre ou brunâtre. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 3–12 cm de long, épaissi aux deux extrémités, à poils blancs ; limbe ovale à elliptique, de 8–25 cm × 5–17 cm, base cordée, apex aigu ou courtement acuminé, papyracé à finement coriace, glabre sauf sur les nervures, pennatinervé mais avec 5–7 nervures basales. Inflorescence : cyme axillaire ne contenant que quelques fleurs ; inflorescence mâle à 2–5 fleurs, à pédoncule atteignant 1,5 cm de long, inflorescence femelle à 1–2 fleurs à pédoncule atteignant 2 mm de long. Fleurs unisexuées, régulières, pédicelle de 2–4 mm de long ; sépales 9, en 3 verticilles, à poils grisâtres à l’extérieur, glabres et noirâtres à l’intérieur, 3 sépales extérieurs triangulaires, d’environ 1 mm de long, les 3 sépales suivants triangulaires-ovales, de 2–4 mm de long, les 3 intérieurs elliptiques-oblongs, de 6–9 mm de long, jaunâtres ; pétales 6, réniformes, d’environ 0,5 mm de long ; fleurs mâles à environ 20 étamines, soudées en un tube staminal de 2–2,5 mm de long, anthères soudées en une tête conique d’environ 2 mm de long ; fleurs femelles à ovaire supère constitué de 6 carpelles à poils soyeux. Fruit composé de 4–6 drupes sessiles, ovoïdes à presque globuleuses, de 2–3,5 cm × 2–2,5 cm, à poils courts, orange, contenant 1 graine chacune. Graines ovoïdes à largement ellipsoïdes, de 2–3 cm × 2–2,5 cm. Plantule à germination hypogée ; épicotyle de 4–7 cm de long ; cotylédons demeurant dans le noyau du fruit.

Albertisia cordifolia fleurit d’avril à juin et ses fruits mûrissent environ 2 mois plus tard. Les graines sont probablement disséminées par des animaux qui se nourrissent des fruits.

Autres données botaniques

Le genre Albertisia comprend 18 espèces, 13 en Afrique et 5 en Asie tropicale. Les autres espèces présentes en Côte d’Ivoire sont Albertisia mangenotii (Guillaumet & Debray) Forman dans la partie sud-ouest du pays, et Albertisia scandens (Mangenot & J.Miège) Forman dans le sud de la Côte d’Ivoire et au Ghana. Le jus des feuilles de ces deux espèces s’emploie pour traiter les maux de dents, et le jus des feuilles d’Albertisia scandens s’applique également sur les affections cutanées.

Ecologie

Albertisia cordifolia est présent dans les formations secondaires à l’intérieur des forêts humides denses, à basse altitude.

Gestion

Les racines d’Albertisia cordifolia ne se récoltent que dans la nature.

Ressources génétiques

L’aire de répartition d’Albertisia cordifolia est restreinte, sa largeur étant estimée à 13 km, et son milieu se réduit, ce qui pourrait mettre la plante en danger d’extinction.

Perspectives

Albertisia cordifolia restera probablement importante comme plante médicinale à l’échelle locale.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • de Koning, J., 1983. La forêt de Banco. Part 2: La Flore. Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 83–1. Wageningen, Netherlands. 921 pp.
  • Holmgren, M., Poorter, L., Siepel, A., Bongers, F., Buitelaar, M., Chatelain, C., Gautier, L., Hawthorne, W.D., Helmink, A.T.F., Jongkind, C.C.H., Os-Breijer, H.J., Wieringa, J.J. & van Zoest, A.R., 2004. Ecological profiles of rare and endemic species. In: Poorter, L., Bongers, F., Kouamé, F.N’. & Hawthorne, W.D. (Editors). Biodiversity of West African forests. An ecological atlas of woody plant species. CAB International, Wallingford, United Kingdom. pp. 101–389.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Troupin, G., 1962. Monographie des Menispermaceae africaines. Mémoires in-8. Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer, Classe des Sciences Naturelles et Médicales, Nouvelle série 8(2), Brussels, Belgium. 313 pp.

Autres références

  • Bouquet, A. & Debray, M., 1974. Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire. Travaux et Documents No 32. ORSTOM, Paris, France. 231 pp.
  • Debray, M., 1966. Contribution a l’étude du genre Epinetrum (Ménispermacées) E. cordifolium Mangenot et Miège et E. mangenotii Guillaumet et Debray de Cote d’Ivoire. Mémoires No 18, ORST0M, Paris, France. 74 pp.
  • Debray, M., Plat, M. & Le Men, J., 1966. Alcaloides des Menispermacees africaines Epinetrum cordifolium et Epinetrum mangenotii: isolement de la cycleanine, de la nor-cycleanine et de l’isochondrodendrine. Annales Pharmaceutiques Françaises 24(7–8): 551–558.
  • Forman, L.L., 1975. The Menispermaceae of Malesia and adjacent areas. Part 3, the tribe Triclisieae in Asia, the Pacific and Australia. Kew Bulletin 30(1): 77–100.
  • Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
  • Oliver-Bever, B., 1986. Medicinal plants in tropical West Africa. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. 375 pp.

Auteur(s)

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

de Ruijter, A., 2008. Albertisia cordifolia (Mangenot & J.Miège) Forman. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 9 février 2019.


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