Alangium salviifolium (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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répartition en Afrique (sauvage)
port de l'arbre (TopTropicals)
branches feuillées (TopTropicals)
feuille (TopTropicals)

Alangium salviifolium (L.f.) Wangerin


Protologue: Engl., Pflanzenr. IV. 220b : 9 (1910).
Famille: Alangiaceae (APG: Cornaceae)
Nombre de chromosomes: n = 9, 11, 2n = 16

Synonymes

  • Alangium lamarckii Thwaites (1859).

Noms vernaculaires

  • Sage-leaved alangium (En).

Origine et répartition géographique

En Afrique tropicale, Alangium salviifolium est présent dans l’est du Kenya, dans l’est de la Tanzanie et aux Comores. Il est répandu en Asie tropicale, de l’Inde à la Chine, à la Thaïlande, aux Philippines, à l’Indonésie et à la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Usages

Les tiges sont utilisées pour fabriquer des lances au Kenya. En Inde, le bois est prisé pour les instruments de musique et l’ébénisterie. En Asie, le bois d’Alangium sert en construction pour les poutres, pour les parquets, les meubles, l’ébénisterie, la marqueterie, la sculpture, les bobines, les fuseaux, les navettes, les mortiers à riz, les manches d’outils, les bâtons de marche, les fûts de fusil et les articles d’artisanat. Les ramilles s’utilisent pour le brossage des dents en Inde.

Aux Comores, la décoction de plante entière accompagnée de noix de coco s’emploie en externe pour le traitement des furoncles. On utilise différentes parties de la plante en médecine traditionnelle indienne. La tige sert à soigner la diarrhée et les vomissements. Les feuilles sont utilisées pour soigner l’asthme et en cataplasme pour réduire les douleurs rhumatismales. Le fruit s’utilise pour ses vertus purgatives, expectorantes, carminatives et sert d’antidote aux empoisonnements ; son jus s’emploie pour soigner les maladies oculaires. Les racines s’emploient pour leurs vertus purgatives et vermifuges, et pour soigner les hémorroïdes, l’hypertension, la diarrhée, la fièvre, les douleurs dorsales, les troubles sanguins, les morsures de serpents et de rats, la lèpre et d’autres maladies de peau.

En Inde, on utilise une préparation à base de fruits mûrs d’Alangium salviifolium, de miel et de rhizome de jonc odorant (Acorus calamus L.) pour traiter les cultures contre les ravageurs.

Propriétés

La densité du bois d’Alangium d’origine asiatique, très variable, est de 440–1100 kg/m³ à 15% d’humidité ; il sèche bien à l’air sans gauchir, se travaille bien, se courbe facilement et prend un beau fini. Ce n’est pas un bois durable et il ne faut pas l’employer en extérieur, surtout lorsqu’il est en contact avec le sol.

Un alcaloïde, l’alangine, a été isolé d’Alangium salviifolium ; ce composé agit sur le système nerveux parasympathique. D’autres alcaloïdes, dont la céphaline, l’émétine et la psychotrine, ont également été isolés. Des essais menés sur des rats mâles immatures ont montré que l’administration des alcaloïdes isolés de l’écorce de tige avait entraîné une augmentation significative du poids des testicules, des vésicules séminales, de la prostate ventrale et de l’épididyme. Des extraits de bois et de feuilles se sont avérés avoir une activité antifongique. Les composés 1-méthyle-1H-pyrimidine-2,4-dione et 3–0-β-D-glucopyranosyle-(24β )-éthyle-cholesta-5,22,25-triène ont été extraits des fleurs ; ils se sont montrés significativement actifs contre un certain nombre de bactéries gram-positives et gram-négatives.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne, caducifolié, atteignant 18 m de haut ; surface de l’écorce rugueuse et brun pâle ; rameaux gris ou violet-brun, glabres ou pubescents, souvent à épines atteignant 12 mm de long.
  • Feuilles alternes, simples, sans stipules ; pétiole atteignant 1,5 cm de long, poilu ; limbe elliptique à obovale, oblong ou lancéolé, de 3–23 cm × 1,5–9 cm, base cunéiforme ou arrondie, apex arrondi à obtus ou aigu, à 3–9 nervures partant de la base.
  • Inflorescence : cyme axillaire, sessile ou presque sessile, à pubescence brun doré, à 1–17 fleurs.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5–10-mères, blanches, ivoire avec une légère nuance orangée, parfumées ; boutons cylindriques ; pédicelle de 2–8 mm de long ; tube du calice urcéolé, de 1–2,5 mm de long, lobes triangulaires, atteignant 1,5 mm de long ; pétales ligulés, de 12–28,5 mm × 1–2,5 mm, densément pubescents à l’extérieur, glabres ou pubescents à l’intérieur ; étamines 10–32, de 5–14 mm de long ; ovaire infère, 1–2-loculaire, style de 8,5–27,5 mm de long, glabre, stigmate conique ou capité, légèrement lobé.
  • Fruit : drupe ellipsoïde de 9–22,5 mm de long, violacée, pubescente, à 1 graine.
  • Graines albuminées.

Autres données botaniques

Le développement de l’arbre se fait selon le modèle architectural de Roux, qui se caractérise par un tronc monopodial à croissance continue et à branches plagiotropes. La floraison d’Alangium salviifolium au Kenya peut être déclenchée par des conditions de sécheresse engendrées davantage par le faible débit des cours d’eau que de faibles précipitations. En Afrique de l’Est, l’arbre fleurit en octobre–novembre et le fruit mûrit quelque mois plus tard. En Inde, l’arbre perd ses feuilles, fleurit, fructifie et développe de nouvelles feuilles pendant la saison sèche. Les fleurs sont pollinisées principalement par les oiseaux et les abeilles et les graines sont disséminées par les oiseaux.

Le genre Alangium comprend environ 25 espèces, dont la plupart sont présentes en Asie du Sud-Est. En Afrique tropicale, il y a 2 espèces indigènes, toutes deux répandues hors d’Afrique.

Ecologie

Alangium salviifolium est présent en forêt pluviale de basses terres et dans les ripisylves jusqu’à 750 m d’altitude.

Gestion

Alangium salviifolium peut se multiplier par graines et aurait une régénération naturelle relativement bonne.

Ressources génétiques

En Afrique, Alangium salviifolium peut être sensible à l’érosion génétique car son aire de répartition est limitée et il est présent dans un milieu menacé. Au regard de l’ensemble de son aire de répartition, c’est une espèce variable, ce qui justifie des recherches sur sa structure génétique et sa classification infraspécifique.

Perspectives

Un certain nombre de composés extraits de l’Alangium salviifolium d’origine asiatique ont fait preuve d’une activité antibactérienne, antifongique et androgène, sans toxicité apparente. Son potentiel dans la mise au point de médicaments phytothérapeutiques pour le traitement de la stérilité et des maladies provoquées par des champignons et des bactéries pourrait être exploré, en Afrique également. En outre, les recherches sur le potentiel allélopathique d’Alangium salviifolium sur les cultures agricoles pourraient être approfondies.

Références principales

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Auteur(s)

  • E. Ebanyenle, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), KNUST, University, P.O. Box 63, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Ebanyenle, E., 2009. Alangium salviifolium (L.f.) Wangerin. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 8 juillet 2021.


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