Alangium chinense (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Oléagineux Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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répartition en Afrique (sauvage)
1, ramille en fleurs ; 2, feuille d'une plante juvénile ; 3, fleur ; 4, fruit. Source: PROSEA
branche feuillée
inflorescence
fleur

Alangium chinense (Lour.) Harms


Protologue: Ber. Deutsch. Bot. Ges. 15: 24 (1897).
Famille: Alangiaceae (APG: Cornaceae)
Nombre de chromosomes: n = 33, 2n = 22

Synonymes

  • Alangium begoniifolium (Roxb.) Baill. (1876).

Origine et répartition géographique

Alangium chinense est présent du Cameroun jusqu’en Ethiopie, au Kenya et en Tanzanie, et vers le sud jusqu’au Zimbabwe et au Mozambique. Il est également réparti largement en Asie tropicale allant de l’Inde à la Chine, au Japon, à la Thaïlande, aux Philippines et à l’Indonésie.

Usages

En Afrique, le bois est utilisé pour les sculptures et les étuis d’épées et de couteaux. Il sert aussi dans des ornements pour les bras. En Asie, le bois d’Alangium sert en construction pour les poutres, pour les parquets, les meubles, l’ébénisterie, la marqueterie, la sculpture, les bobines, les fuseaux, les navettes, les mortiers à riz, les manches d’outils, les bâtons de marche, les fûts de fusil et les articles d’artisanat. Les racines, l’écorce et les rameaux feuillés sont utilisés en médecine traditionnelle en Afrique. La poudre de racine s’emploie pour traiter les maux de tête. Les décoctions de racines et de feuilles sont utilisées pour traiter les maux d’estomac ainsi que comme purgatif. La décoction de rameaux feuillés se boit pour traiter la maladie mentale. En R.D. du Congo, on a recours à des macérations d’écorce dans le traitement des maladies de peau et l’éléphantiasis. Alangium chinense est planté en haies vives et en limites d’exploitations agricoles. Les fleurs produisent du nectar butiné par les abeilles. En R.D. du Congo, des chenilles qui se nourrissent des feuilles sont récoltées et servent d’aliment après avoir été grillées ou bouillies.

Propriétés

Le bois de cœur est de couleur variable, du blanc au gris et aux nuances de brun ; il ne se démarque pas nettement de l’aubier. Le fil est droit. Le bois est tendre et sa gravité spécifique (0% d’humidité) est d’environ 0,49. La densité du bois d’Alangium d’origine asiatique, très variable, est de 440–1100 kg/m³ à 15% d’humidité ; il sèche bien à l’air sans gauchir, se travaille bien, se courbe facilement et prend un beau fini. Ce n’est pas un bois durable et il ne faut pas l’employer en extérieur, surtout lorsqu’il est en contact avec le sol. Un alcaloïde isolé de la racine d’Alangium chinense, l’anabasine, a eu un effet bloquant neuromusculaire significatif sur des préparations à base d’isolat de nerf phrénique-diaphragme de rat, et a également montré un effet dépolarisant sur du muscle sartorius de grenouille isolé.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 24 m de haut ; diamètre du fût à hauteur d’homme atteignant environ 30 cm ; surface de l’écorce lisse et grise ; rameaux violet-brun, glabres mais pubescents à l’état jeune.
  • Feuilles alternes, simples, sans stipules ; pétiole de 0, 5–2,5 cm de long ; limbe étroitement elliptique à largement ovale, de 4–19 cm × 2,5–10 cm, base cunéiforme à arrondie, tronquée ou cordée, asymétrique, acuminé à l’apex, entier chez les spécimens adultes, à 5–7 nervures partant de la base, nervures reliées par de nombreuses petites nervures parallèles à angle droit des nervures principales.
  • Inflorescence : cyme axillaire, à 1–4 ramifications, faisant moins de la moitié de la longueur des feuilles qui la sous-tendent, glabre ou pubescente, à 3–23 fleurs ; pédoncule atteignant 2 cm de long et ramifications atteignant 2,5 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5–8-mères, blanches, ivoire ou jaunes, parfumées ; boutons ampulliformes à cylindriques et habituellement renflés à la base ; pédicelle de 3–5,5 mm de long ; tube du calice cylindrique ou en entonnoir, d’environ 1,5 mm de long, à 5 dents d’environ 1 mm de long ; pétales ligulés ou linguiformes, de 8–13,5 mm × 1–1,5 mm, pubescents à l’extérieur, glabrescents à l’intérieur à l’exception d’une zone à la base représentant environ un quart de la longueur ; étamines aussi nombreuses que les pétales, de 5–9 mm de long, pubescentes à la base, anthères étroitement linéaires ; ovaire infère, 1–2-loculaire, style cylindrique, de 7–10 mm de long, pubescent, stigmate légèrement lobé.
  • Fruit : drupe comprimée latéralement, globuleuse ou ellipsoïde, de 8–10 mm × 4–9 mm, arrondie à la base, s’amenuisant à l’apex, côtelée une fois sèche, finement pubescente, à 1–2 graines.
  • Graines albuminées.

Autres données botaniques

Les feuilles des semis et des taillis, habituellement palmatilobées et plus grandes que les feuilles des plantes adultes, atteignant 25 cm × 25 cm.

Le genre Alangium comprend environ 25 espèces, dont la plupart sont présentes en Asie du Sud-Est. En Afrique tropicale, il y a 2 espèces indigènes, toutes deux répandues hors d’Afrique.

Ecologie

Alangium chinense est une espèce pionnière à croissance rapide que l’on trouve surtout dans la forêt perturbée de basses et de hautes terres jusqu’à 2000 m d’altitude en Afrique et jusqu’à 3000 m dans l’Himalaya.

Gestion

Alangium chinense peut se multiplier par graines et sa régénération naturelle serait relativement bonne.

Ressources génétiques

Alangium chinense est répandu et présent dans des milieux très divers. Par conséquent, il est peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique en Afrique. Cependant, plusieurs espèces asiatiques d’Alangium ont été classées dans la catégorie “vulnérable” dans la liste des espèces menacées de l’UICN de 2008.

Perspectives

Alangium chinense a une croissance rapide et est présent dans toutes sortes de milieux. Son potentiel dans les systèmes d’agroforesterie a fait l’objet de recherches au Kenya, et il a été décrété espèce prioritaire à planter dans les systèmes taungya. Le bois d’Alangium est utilisé en Asie dans la construction des maisons, en ébénisterie et dans d’autres produits. Un approfondissement des recherches sur Alangium chinense est donc nécessaire pour explorer tout son potentiel en Afrique.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Cannon, J.F.M., 1978. Alangiaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 633–634.
  • Oduol, P.A. & Akunda, E.W., 1989. Tropical rainforest tree species with agroforestry potential. In: IFS (International Foundation for Science). Proceedings of a regional seminar on trees for development in sub-saharan Africa, February 20–25, 1989, Nairobi, Kenya. pp. 49–57.
  • Phengklai, C., 1998. Alangium Lamk. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 55–58.
  • Verdcourt, B., 1958. Alangiaceae. In: Turrill, W.B. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 4 pp.

Autres références

  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Chifundera, K., 2001. Contribution to the inventory of medicinal plants from the Bushi area, South Kivu Province, Democratic Republic of Congo. Fitoterapia 72: 351–368.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Verdcourt, B., 1989. Alangiaceae. In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia. Volume 3. Pittosporaceae to Araliaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 535–536.
  • Yang, Q.Z., Shu, H.D. & Lin, L.R., 1981. The blocking action of anabasine on the neuro muscular junction. Acta Pharmacologica Sinica 2(2): 84–88.

Sources de l'illustration

  • Phengklai, C., 1998. Alangium Lamk. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 55–58.

Auteur(s)

  • E. Ebanyenle, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), KNUST, University, P.O. Box 63, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Ebanyenle, E., 2009. Alangium chinense (Lour.) Harms. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 10 avril 2019.


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