Afrolicania elaeosperma (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Oléagineux Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg



Afrolicania elaeosperma Mildbr.




Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 7: 483 (1921).
Famille: Chrysobalanaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

Licania elaeosperma (Mildbr.) Prance & F.White (1976).

Noms vernaculaires

Po-yok (Fr). Po-yok, mahogany nut, nikko (En).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition d’Afrolicania elaeosperma s’étend depuis la Guinée et la Sierra Leone jusqu’à la Centrafrique, au Gabon et au Congo.

Usages

L’huile des graines est employée comme huile capillaire et parfum corporel. Elle a été utilisée autrefois comme substitut de l’huile de lin dans les peintures et les vernis, et comme substitut médiocre de l’huile de toung.

Production et commerce international

Il y a une certaine exportation de l’huile, par ex. du Ghana, mais les quantités en jeu ne sont pas connues.

Propriétés

Le noyau du fruit pèse environ 9,5 g, dont 58–67% sont constitués par l’amande. Celle-ci contient 40–58% d’huile. La composition de l’huile est la suivante : acides gras saturés 13%, acides gras mono-insaturés 9%, acide licanique 44%, acide éléostéarique 34%. En raison de sa teneur élevée en acide licanique (acide 4-oxo-9,11,13-octadécatriénoïque) et en acide éléostéarique, cette huile est siccative et se solidifie rapidement en une masse analogue à du vernis. La principale source commerciale d’acide licanique est l’huile d’oïticica, fournie par Licania rigida Benth., arbre d’Amérique tropicale, qui en contient jusqu’à 80%. Le tourteau d’Afrolicania elaeosperma restant après l’extraction de l’huile ne convient pas pour l’alimentation du bétail.

Description

Petit arbre jusqu’à 15 m de haut ; fût de forme irrégulière, avec de longs sillons profonds, jusqu’à 50(–80) cm de diamètre, avec des contreforts jusqu’à 2 m de haut ; écorce externe brune avec des taches grisâtres ou verdâtres, légèrement rugueuse, écorce interne rouge foncé à orange rosé, granuleuse ; cime hémisphérique, dense ; branches glabres lorsque jeunes. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules linéaires, de 3–6 mm de long, persistant longtemps, bords finement dentés ; pétiole de 0,5–1 cm de long, sillonné sur le dessus, à 2 glandes ; limbe elliptique, de 7–16 cm × 3–8 cm, base cunéiforme, apex acuminé, coriace, glabre sur les deux faces à maturité, pennatinervé à 7–10 paires de nervures latérales. Inflorescence : panicule terminale ou axillaire jusqu’à 25 cm de long, avec des fleurs en groupes de 2–3(–5), à pubescence grise éparse. Fleurs bisexuées ou mâles, régulières, environ 2 mm de long ; pédicelle de 1–2 mm de long ; réceptacle aplati, pubescent à l’extérieur ; lobes du calice 5, triangulaires, à pubescence grise ; pétales absents ; étamines environ 20, libres, courtes ; ovaire supère, d’environ 1 mm de long, 1-loculaire, style d’environ 1 mm de long. Fruit : drupe sèche, ovoïde, d’environ 5 cm de long, densément verruqueuse, brun doré, renfermant 1 seule graine ; endocarpe mince, dur mais cassant, poilu en dedans. Graines à cotylédons épais, charnus. Plantule à germination hypogée ; premières feuilles alternes.

Le genre Afrolicania comprend une seule espèce. Il est étroitement apparenté au genre Licania et a longtemps été inclus dans ce genre en tant que seul représentant africain, mais des indices moléculaires et morphologiques amènent à considérer qu’il vaut mieux en faire un genre distinct.

Les arbres mettent longtemps à atteindre leur maturité, et on a l’exemple d’arbres de 20–30 ans qui ne portent pas encore de fruits. Les fruits peuvent être dispersés par voie d’eau.

Description

Ecologie

Afrolicania elaeosperma se rencontre dans les forêts côtières et riveraines primaires et secondaires de la zone de forêt pluviale guinéo-congolienne, parfois sur le bord continental des mangroves. Au Cameroun, on le trouve toujours dans les forêts à inondation saisonnière. Il pousse souvent sur des sols sableux très pauvres.

Gestion

Les fruits sont récoltés dans des peuplements sauvages, souvent sur les rivages. En Sierra Leone, on les récolte en mars–juin. Le noyau du fruit est fragile, et il est facile d’en extraire l’amande oléagineuse.

Ressources génétiques

Afrolicania elaeosperma a une vaste aire de répartition, et il est peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique, bien que poussant à l’état disséminé.

Perspectives

Bien que l’huile ait des caractéristiques chimiques intéressantes, il est peu probable qu’elle acquière une importance industrielle accrue, du fait que la très longue période juvénile d’Afrolicania elaeosperma le rend non économique comme espèce de plantation.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Letouzey, R. & White, F., 1978. Chrysobalanaceae. Flore du Cameroun. Volume 20. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–138.
  • Prance, G.T. & Sothers, C.A., 2003. Chrysobalanaceae 1: Chrysobalanus to Parinari. Species Plantarum: Flora of the World. Part 9. Australian Biological Resources Study, Canberra, Australia. 319 pp.
  • Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.

Autres références

  • Anonymous, 1942. Po-yok fruits from Sierra Leone. Bulletin of the Imperial Institute, London 40(2): 99–103.
  • Fauve, M., 1944. Postwar drying oils in the paint and varnish industry. Peintures, Pigments, Vernis 20: 43–47.
  • Kunkel, G., 1966. Anmerkungen über Sekundärbusch und Sekundärwald in Liberia (Westafrika). Plant Ecology 13: 233–248.
  • Lemée, G., 1959. Effets des charactères du sol sur la localisation de la végétation en zones équatoriale et tropicale humide. [Internet] Tropical Soils and Vegetation. Symposium held in Abidjan, 20–24 October 1959. UNESCO, Paris, France. pp. 25–39. http://unesdoc.unesco.org/ images/0001/000194/ 019446mo.pdf. December 2006.
  • Rheineck, A.E., 1937. A note on Po-yok oil. Paint, Oil and Chemical Review 99(9): 7–8.

Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 20 avril 2019.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.