Adenia volkensii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Adenia volkensii Harms


Protologue: Engl., Pflanzenw. Ost-Afrikas C : 281 (1895).
Famille: Passifloraceae

Noms vernaculaires

  • Kilyambiti plant (En).

Origine et répartition géographique

Adenia volkensii est présent en Afrique orientale depuis la Somalie jusqu’au Malawi.

Usages

En Afrique de l’Est, la décoction de feuilles se prend par voie orale pour traiter la bronchite, la toux et la fièvre, ou s’utilise en lavement pour ses vertus purgatives. Les graines concassées se donnent en lavement pour leurs vertus diurétiques. On suce quelques gouttes de sève d’un bout de rameau ou de tige pour traiter la gonorrhée ; en plus grande quantité, cette sève est très toxique. Au Kenya, la poudre du rhizome grillé se prend pour traiter la toux, les rhumes et la pneumonie, et avec du lait pour traiter les maux d’estomac et les œdèmes. Le rhizome est également utilisé pour soigner le bétail atteint de trypanosomiase et de maladies vénériennes. Les fruits et les racines servent à empoisonner les hyènes.

Adenia volkensii est collecté, cultivé et vendu comme ornementale par des passionnés.

Production et commerce international

Les feuilles, le rhizome et l’écorce sont vendus à des fins médicinales sur les marchés locaux, mais Adenia volkensii a aussi une importance commerciale car des produits pharmaceutiques sont fabriqués à l’échelle industrielle à partir des mêmes parties de la plante.

Propriétés

Le principe actif le plus important d’Adenia volkensii est la volkensine, une lectine (glycoprotéine) spécifique au galactose constituée d’une sous-unité A et d’une sous-unité B, reliées par des liens disulfure et non-covalents. La volkensine est un puissant inhibiteur de la synthèse des protéines eucaryotiques dans les cellules entières ainsi que dans les systèmes acellulaires. L’activité inhibitrice est une fonction de la sous-unité A ; la sous-unité B a une fonction de lectine permettant à la protéine de traverser la membrane cellulaire intacte. La volkensine est une des toxines les plus létales parmi les toxines à double chaîne inactivatrices de ribosomes et analogues de la ricine ; chez les rats, la DL50 est de 50–60 μg/kg. Sur le plan chimique, c’est à la modéccine, la toxine d’Adenia digitata (Harv.) Engl., qu’elle ressemble le plus. Dans une modélisation sur des rats, la volkensine a pu être utilisée efficacement pour produire des lésions cérébrales sélectives au plan anatomique. Elle provoque la mort des neurones, non seulement là où elle est injectée, mais elle passe aussi d’un neurone à l’autre. On a également envisagé la possibilité de tuer de manière sélective les macrophages mononucléaires, les cellules dans lesquelles le virus VIH survit et qui le transmettent aux cellules T, où le virus connaît une multiplication rapide qui aboutit au développement du sida.

Toutes les parties d’Adenia volkensii, même les fleurs, contiennent des hétérosides cyanogénétiques, le rhizome contenant environ 90% de la quantité de ces composés. Les hétérosides cyanogénétiques isolés sont la tétraphylline B (bartérine) et son épimère, l’épi-tétraphylline B (volkénine).

Description

Arbuste ou plante herbacée généralement monoïque atteignant 1,5 m de haut, avec des pousses annuelles de 20–50 cm de long, qui croissent à partir d’un rhizome ou d’une tige succulente caudiciforme atteignant 100 cm de long ; vrilles absentes. Feuilles alternes, simples ; stipules de 0,5–1,5 mm de long, triangulaires, aiguës ; pétiole de 1,5–10 cm de long ; limbe entier ou plus ou moins profondément 3–7-lobé, à contour orbiculaire à ovale ou rhomboïde, de 3–16 cm de long, base cordée à tronquée, apex aigu, mucroné, bord denté ou disséqué, avec 2 glandes à la base, 2–6 glandes sur la surface inférieure de la feuille, et des glandes noirâtres sur les dents. Inflorescence : cyme axillaire, à 1–6 fleurs chez les inflorescences mâles, à 1–2(–3) fleurs chez les inflorescences bisexuées et femelles ; pédoncule atteignant 0,5 cm de long ; bractées et bractéoles lancéolées, de 2,5–10 mm de long, aiguës, dentées et ponctuées de glandes. Fleurs habituellement unisexuées, régulières, 5-mères, glabres, verdâtre pâle ou ivoire ; pédicelle de 5–25 mm de long ; calice à long tube et lobes plus courts, à poils laineux sur les bords ; pétales libres, couronne constituée de poils ramifiés de 1,5–3 mm de long ; fleurs mâles à tube du calice de 12–20 mm de long, lobes ovales-triangulaires de 3–9 mm de long, obtus, pétales lancéolés-linéaires de 10–14 mm de long, aigus, à nombreux poils ramifiés de 3–5 mm de long sur les bords, étamines libres, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à tube du calice de 7–10 mm de long, lobes oblongs de 5–8 mm de long, obtus, pétales linéaires de 8–12 mm de long, à poils ramifiés peu nombreux, ovaire supère, ellipsoïde, de 4–8 mm de long, styles connés sur 2–4 mm, les bras d’environ 1 mm de long, stigmates d’environ 4 mm de diamètre, fortement ramifiés, laineux-papilleux, étamines rudimentaires. Fruit : capsule globuleuse à ellipsoïde de 3,5–5,5 cm × 3–4,5 cm, coriace, à 15–30 graines. Graines ovoïdes, de 8–9 mm × 7–7,5 mm × 3 mm, ponctuées.

Autres données botaniques

Le genre Adenia comprend environ 95 espèces, dont une soixantaine sur le continent africain, 20 à Madagascar et 15 en Asie. Il est subdivisé en 6 sections. Adenia volkensii appartient à la section Blepharanthes. Plusieurs autres espèces appartenant à cette section ont des propriétés médicinales.

Adenia ellenbeckii

Adenia ellenbeckii Harms est présent en Ethiopie, en Somalie, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Ses fruits se prennent en décoction pour traiter les plaies, et en poudre on les applique sur les blessures. On met le jus du fruit dans de la viande pour empoisonner les hyènes. En Ethiopie, les feuilles sont consommées comme légume.

Adenia keramanthus

Adenia keramanthus Harms est présent au Kenya et en Tanzanie. L’extrait de tige se prend pour traiter la syphilis et les feuilles et les racines se mastiquent pour traiter les morsures de serpent.

Adenia lanceolata

Adenia lanceolata Engl., présent du sud du Soudan jusqu’au Malawi, est toxique.

Adenia ellenbeckii, Adenia keramanthus et Adenia lanceolata contiennent des lectines cytotoxiques. Les effets de la lectine d’Adenia lanceolata sont similaires à ceux de la volkensine sur la synthèse de protéines acellulaire, mais la première est plus efficace sur les cellules entières, et c’est l’une des toxines d’origine végétale les plus puissantes.

Croissance et développement

Adenia volkensii a une croissance rapide et fleurit plus abondamment s’il pousse en plein soleil. Il a la capacité d’emmagasiner l’eau dans son rhizome.

Ecologie

Adenia volkensii est présent dans les broussailles des endroits rocailleux sur les sols rouges ou la poussière de lave, à 1000–2000 m d’altitude. Il se régénère rapidement s’il a été endommagé suite à une coupe ou un léger incendie.

Multiplication et plantation

Adenia volkensii peut être multiplié par graines et par boutures. Les boutures prises sur des plantes adultes semblent fleurir plus facilement. Elles ne donnent pas forcément lieu à la formation d’un rhizome.

Récolte

La tige, le rhizome et les feuilles d’Adenia volkensii se récoltent dans la nature selon les besoins et peuvent être utilisés aussi bien frais que séchés.

Ressources génétiques

Adenia volkensii est relativement répandu dans son aire de répartition et il est donc peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Adenia volkensii restera important en Afrique de l’Est en médecine traditionnelle tant humaine que vétérinaire. Les principes actifs d’Adenia volkensii et des espèces apparentées, surtout les protéines inactivatrices de ribosomes, justifient un approfondissement des travaux. Sa culture à grande échelle pour les produits pharmaceutiques semble possible puisque d’autres espèces d’Adenia sont faciles à multiplier à des fins ornementales.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • de Wilde, W.J.J.O., 1971. A monograph of the genus Adenia Forsk. (Passifloraceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 71–18. Wageningen, Netherlands. 281 pp.

Auteur(s)

  • D.M. Modise, University of South Africa, P.O. Box 392, Pretoria 0003, South Africa

Citation correcte de cet article

Modise, D.M., 2007. Adenia volkensii Harms. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 14 novembre 2018.


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