Acrocarpus fraxinifolius (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Huile essentielle / exsudat Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
1, port de l'arbre ; 2, feuille ; 3, inflorescence ; 4, fleur ; 5, fruit. Source: PROSEA
arbre (Zimbabweflora)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Acrocarpus fraxinifolius Arn.


Protologue: Mag. Zool. Bot. 2: 547 (1838).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Noms vernaculaires

  • Pink cedar tree, Indian ash, shingle tree (En).

Origine et répartition géographique

Acrocarpus fraxinifolius est originaire d’Asie tropicale où il est spontané depuis le Népal et l’Inde jusqu’à la Thaïlande, le sud de la Chine et l’ouest de l’Indonésie. Il est largement planté tant à l’intérieur de son aire naturelle qu’à l’extérieur, comme en Inde et en Amérique tropicale, mais aussi dans plusieurs pays d’Afrique tropicale : Libéria, Nigéria, Rwanda, Burundi, Kenya, Ouganda, Tanzanie, Malawi, Zambie, Zimbabwe et Madagascar.

Usages

Le bois convient à la construction intérieure, au mobilier, aux poteaux de clôture, aux ruches, aux caisses, aux emballages, aux bardeaux de toiture, aux placages et au contreplaqué. Il est également employé comme bois de feu et dans la production de charbon de bois. Il sert à produire de la pâte à papier, mais on le classe comme étant de qualité inférieure pour cet usage.

Acrocarpus fraxinifolius est largement planté comme arbre d’ornement. Son feuillage sert de fourrage, et ses fleurs sont une source de nectar pour les abeilles. On recommande de l’employer pour renforcer le bord des rivières et pour stabiliser les terrasses, ainsi qu’en plantations agroforestières, même s’il est connu pour concurrencer les cultures. Il produit un paillis de bonne qualité. Il est cultivé pour son ombrage dans les plantations de caféiers et de théiers, quelquefois aussi dans les plantations de bois d’œuvre et en brise-vent.

Production et commerce international

Bien qu’Acrocarpus fraxinifolius soit planté dans les plantations de bois d’œuvre, il est probable que son bois ne serve qu’à l’usage local.

Propriétés

Le bois de cœur rosé pâle, rouge vif à brun rougeâtre à bandes plus foncées, se distingue nettement de l’aubier jaunâtre pâle. Le fil est droit à légèrement contrefil, parfois ondé, le grain est grossier et régulier. Le bois est lustré.

C’est un bois moyennement lourd avec une densité de 520–700 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche bien à l’air lorsque l’opération n’est pas trop rapide ; des fentes en bout et des gerces peuvent apparaître. Les taux de retrait sont modérés. En Inde, des planches de 2,5 cm d’épaisseur ont mis 9 mois à sécher à l’air. C’est un bois tendre à moyennement dur, et solide. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 110 N/mm², le module d’élasticité de 15 100 N/mm² et la compression axiale de 50 N/mm².

Le bois se scie et se travaille facilement, notamment lorsqu’il est vert. Il se finit relativement bien avec un joli poli. Il se déroule et donne un placage de bonne qualité qui se colle facilement et donne un bon contreplaqué. On le considère souvent comme non durable, mais on a classé des échantillons en provenance du Rwanda et d’Indonésie comme moyennement durables. L’imprégnation de l’aubier est aisée, contrairement à celle du bois de cœur qui est irrégulière. L’aubier est très sensible aux attaques de champignons et d’insectes.

On a découvert que l’huile des graines contenait 84% de lupéol.

Description

  • Arbre de taille moyenne atteignant 30(–50) m de haut, sempervirent ou caducifolié ; fût en colonne, dépourvu de branches sur 20(–30) m, jusqu’à 100(–250) cm de diamètre, souvent à contreforts de petite taille ; surface de l’écorce lisse ou légèrement rugueuse, gris pâle ou brun pâle ; rameaux souvent à lenticelles exsertes.
  • Feuilles disposées en spirale, composées bipennées à (2–)3–5 paires de pennes et 4–7(–9) paires de folioles par penne, avec ou sans foliole terminale ; stipules de petite taille, caduques ; pétiole et rachis principal jusqu’à 80 cm de long ; folioles ovales à ovales-oblongues, de 3,5–18 cm × 1,5–8,5 cm, légèrement ondulées, acuminées à l’apex.
  • Inflorescence : grappe axillaire atteignant 30 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 4–10 mm de long ; calice à lobes ovales ou triangulaires de 2,5–4 mm de long, à poils courts à l’extérieur ; pétales libres, oblongs, de 5–9 mm de long, rouge foncé, à pubescence courte ; étamines alternant avec les pétales, de 15–18 mm de long ; ovaire supère, oblong à linéaire, de 12–15 mm de long, stipité, poilu, style recourbé.
  • Fruit : gousse allongée, aplatie, de 8–17 cm de long, nettement stipitée, étroitement ailée, déhiscente à 2 valves, contenant jusqu’à 18 graines.
  • Graines lenticulaires, d’environ 6,5 mm × 5 mm, lisses, brunâtres.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle allongé ; cotylédons foliacés, légèrement charnus.

Autres données botaniques

La croissance initiale est très rapide. En pépinière au Rwanda, les semis avaient atteint en moyenne 40 cm de haut au bout de 3 mois, alors qu’à Madagascar on a remarqué qu’il leur fallait un certain temps pour mettre en place un système racinaire avant que la tige ne commence à pousser. En Inde, les semis avaient atteint 1 m de haut au bout de 5,5 mois. Au Malawi, on a enregistré un accroissement annuel moyen de 2,7–3,3 m en hauteur et de 6–7 cm en diamètre chez des plants de 2 ans. Chez des sujets âgés, la croissance demeure rapide, comme on a pu l’observer en Tanzanie où l’accroissement annuel moyen est de 1,2 m en hauteur et de 1,9 cm en diamètre chez des individus âgés de 13 ans. Au Rwanda, la hauteur moyenne des arbres est de 1,5 m au bout de 1 an, de 4,4 m au bout de 2 ans, de 6,7 m au bout de 3 ans, et de 19 m au bout de 24 ans avec un diamètre de fût de 35 cm.

Les jeunes feuilles sont facilement reconnaissables à leur couleur rouge vif. Les arbres fleurissent après avoir perdu leurs feuilles. Apparemment, Acrocarpus fraxinifolius n’a pas de nodules fixateurs d’azote.

Le genre Acrocarpus comprend une seule espèce. Des études moléculaires ont permis de montrer qu’il est très proche de Ceratonia.

Ecologie

Acrocarpus fraxinifolius pousse bien dans les zones submontagnardes des régions tropicales humides avec une courte sécheresse. En Indonésie occidentale, on le rencontre sur les sols fertiles et constamment humides de la forêt, à 600–1200 m d’altitude. En Inde et au Myanmar, il est présent dans des régions où les précipitations annuelles dépassent les 2000 mm, et vient bien sur des sols argilo-limoneux profonds, bien drainés, avec un pH de 4–7. Au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, c’est à des altitudes moyennes (entre 1000–1500 m), sur les sols rouges et sous un climat humide, qu’il donne les meilleurs résultats. Au Rwanda, Acrocarpus fraxinifolius est planté jusqu’à 1700 m d’altitude, en R.D. du Congo jusqu’à 2100 m. Il préfère des températures annuelles moyennes de 19–28°C. Il est sensible à la sécheresse et au gel.

Gestion

En conditions naturelles, Acrocarpus fraxinifolius se régénère essentiellement sur de petites zones soumises à des feux, sur des parcelles ouvertes dont de la nouvelle terre a été exposée et en bordure de routes récemment construites. C’est un arbre exigeant en lumière et pionnier, mais qui peut tolérer un léger ombrage lorsqu’il est jeune.

On compte 13 000–47 000 graines sèches par kg. Une fois récoltées, les graines doivent sécher à l’air environ 10 jours, après quoi elles peuvent être conservées de nombreuses années dans des récipients étanches à l’abri de la chaleur. Toutefois, on a enregistré un taux de germination de seulement 30% au bout de 5 ans de conservation. Il faut traiter les graines préalablement avec de l’acide sulfurique pendant 10 minutes ou dans de l’eau chaude (à 80°C) pendant 15 minutes et les laisser macérer dans l’eau pendant 12–24 heures avant de les semer à l’ombre. On obtient alors un taux de germination de 80–95% en l’espace de 2–7 jours seulement après ces prétraitements. En conditions naturelles, certaines graines peuvent germer en une semaine, tandis que d’autres peuvent rester dormantes pendant un an avant de germer. Les semis sont repiqués sur des planches ou dans des récipients et exposés en plein soleil. Ils sont prêts à être plantés lorsqu’ils ont 3 mois et qu’ils ont atteint 30–45 cm de haut. Les semis de pépinière peuvent être replantés à racines nues ou sous forme de stumps ou de plants effeuillés. L’emploi de sauvageons a été signalé en Inde. La greffe en écusson a réussi à 80% lors de la mise en place de vergers à graines.

Un désherbage régulier est nécessaire et le premier éclaircissage doit se faire 3–4 ans après la plantation. Les arbres ayant besoin d’une cime de grande taille pour que leur croissance soit la meilleure possible, il faut éclaircir le peuplement régulièrement jusqu’à ce qu’il ait atteint son plein développement. L’arbre rejette vigoureusement de souche : au Rwanda, certains rejets ont atteint 5 m au bout de 2 ans, contrairement au Malawi où on a enregistré des caractéristiques de recépage médiocres. En plantations agroforestières, sur des stations favorables, on peut espérer un accroissement annuel moyen de 10 m³/ha. Au Burundi, le volume de bois était de 6,7 m³/ha 3,5 ans après la plantation avec un espacement de 4 m × 8 m et en association avec le bananier et le haricot. Au Malawi, des arbres de 2 ans ont produit 33 t/ha de biomasse totale au-dessus du sol. En Afrique de l’Est, la période de rotation pour la production de bois de feu est de 8–10 ans, alors que celle pour le bois d’œuvre est de 30–40 ans.

Les jeunes individus sont sensibles aux attaques de termites. En Inde, on a signalé une grave défoliation des semis, en pépinières et dans les jeunes plantations, provoquée par des sauterelles et des chenilles. Dans les pépinières au Mexique, la fonte des semis est considérée comme une des maladies les plus graves. On a constaté que sur des sols humides, Acrocarpus fraxinifolius est sensible à Armillaria mellea. En cas de précipitations insuffisantes (moins de 1500 mm/an) et de saison sèche très marquée, à la croissance initiale rapide peut succéder une période de stagnation et une forte mortalité.

Ressources génétiques

Une collection de ressources génétiques et un verger à graines avaient été mis en place dès 1986 dans l’Arunachal Pradesh en Inde. L’Inde et le Kenya sont les principaux pays exportateurs de graines.

Perspectives

Acrocarpus fraxinifolius est un bon candidat pour les plantations de bois d’œuvre à des altitudes légèrement élevées et dans les régions humides d’Afrique. Il se cultive facilement en pépinière, a un taux de reprise après la plantation généralement très élevé et une croissance rapide. Présentant habituellement un fût unique et sans défaut, il se prête à la production de poteaux et de bois de feu en rotations courtes et offre la possibilité de se régénérer en taillis. Il semble possible de mettre en place des plantations commerciales de bois d’œuvre de cette espèce avec une période de rotation de 30 ans.

Références principales

  • Blaser, J., Rajoelison, G., Tsiza, G., Rajemison, M., Rabevohitra, R., Randrianjafy, H., Razafindrianilana, N., Rakotovao, G. & Comtet, S., 1993. Choix des essences pour la sylviculture à Madagascar. Akon’ny Ala: Bulletin du Département des Eaux et Forêts 12–13. 166 pp.
  • Boer, E. & Lemmens, R.H.M.J., 1998. Acrocarpus Wight ex Arn. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 41–43.
  • Chikamai, B.N., Githiomi, J.K., Gachathi, F.N. & Njenga, M.G., undated. Commercial timber resources of Kenya. Kenya Forestry Research Institute (KEFRI), Nairobi, Kenya. 164 pp.
  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
  • World Agroforestry Centre, undated. Agroforestree Database. [Internet] World Agroforestry Centre (ICRAF), Nairobi, Kenya. http://www.worldagroforestry.org/ resources/databases/ agroforestree. January 2009.

Autres références

  • CAB International, 2005. Forestry Compendium. Acrocarpus fraxinifolius. [Internet] http://www.cabicompendium.org/ fc/datasheet.asp?CCODE= ACR_FR. February 2009.
  • Ding Hou, Larsen, K. & Larsen, S.S., 1996. Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flora Malesiana. Ser. 1 - Spermatophyta. Vol. 12. Foundation Flora Malesiana, Rijksherbarium/Hortus Botanicus, Leiden University, Leiden, Netherlands. pp. 409–730.
  • Maghembe, J.A. & Prins, H., 1994. Performance of multipurpose trees for agroforestry two years after planting at Makoka, Malawi. Forest Ecology and Management 64: 171–182.
  • Mbuya, L.P., Msanga, H.P., Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1994. Useful trees and shrubs for Tanzania: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 6. Regional Soil Conservation Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 542 pp.
  • Moller, K., 1990. Note technique sur le comportement initial de quatre espèces d’arbres vulgarisées par le PARV dans son action agroforestière. Akon’ny Ala 6: 14–27.
  • Odermatt, O. & Sorg, J.-P., 1981. Acrocarpus fraxinifolius Wight à l’arboretum de Ruhandé Butaré (Rwanda). ISAR, Rwanda. 32 pp.

Sources de l'illustration

  • Boer, E. & Lemmens, R.H.M.J., 1998. Acrocarpus Wight ex Arn. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 41–43.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 19 avril 2019.


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