Acokanthera oblongifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Acokanthera oblongifolia (Hochst.) Codd


Protologue: Bothalia 7 : 449 (1961).
Famille: Apocynaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Acokanthera spectabilis (Sond.) Hook.f. (1878),
  • Carissa spectabilis (Sond.) Pichon (1948).

Noms vernaculaires

  • Dune poison bush, wintersweet (En).

Origine et répartition géographique

Acokanthera oblongifolia se rencontre au sud du Mozambique et à l’est de l’Afrique du Sud.

Usages

Acokanthera oblongifolia est utilisé en médecine pour traiter les morsures de serpent et il sert d’émétique. En cas de morsure de serpent, les feuilles sont ingérées en petites quantités, une décoction de feuilles est absorbée et leur pulpe est frottée sur la blessure, les racines réduites en poudre sont inhalées, et les racines ou les feuilles sont appliquées en pansement sur la zone enflée. Les râpures de racines sont frottées sur la peau pour traiter les démangeaisons. Une décoction de bois ou de feuilles est ingérée ou administrée en lavement contre les vers intestinaux et pour combattre les mauvais esprits. Les fruits sont hautement toxiques, particulièrement quand ils sont verts, mais les fruits mûrs ont également causé la mort d’enfants. L’écorce de la tige et celle de la racine permettent de confectionner un puissant poison de flèche, utilisé pour commettre des homicides ou des suicides et pour tuer les chiens errants.

Propriétés

De nombreux cardénolides ont été trouvés dans le bois, les feuilles, les graines et les fruits, dont les plus importants sont les acovénosides A et B qui possèdent tous deux des propriétés cardiovasculaires. Parmi les autres cardénolides isolés se trouvent l’acovénoside C, la spectabiline et l’acopiéroside II. Cette dernière substance possède des propriétés cardiotoniques plus puissantes que celles de la digitaline et de la digoxine. Les graines produisent de l’acobioside A et du 14-O-acétyl-acovénoside C qui a montré de puissantes propriétés cardiotoniques chez le chien.

Description

Arbuste ou petit arbre sempervirent pouvant atteindre 6 m de haut ; jeunes branches glabres, nettement anguleuses et côtelées. Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 4–12 mm de long ; limbe elliptique, de 6–12 cm × 1,5–5 cm, base cunéiforme ou arrondie, apex aigu à obtus, mucroné, coriace, brillant, glabre, pennatinervé, nervures latérales non apparentes, se raccordant en boucles. Inflorescence : cyme axillaire dense, portant de nombreuses fleurs. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, odorantes ; sépales libres, ovales à lancéolés, de 2,5–3 mm de long, apex acuminé à aigu, courtement poilus ou glabres à l’extérieur, ciliés ; tube de la corolle cylindrique, de 14–20 mm de long, glabre ou courtement poilu à l’extérieur, intérieur légèrement poilu dans la moitié supérieure et ridé en dessous, blanc teinté de rose, lobes largement ovales, de 3–7 mm de long, apex arrondi, glabres à courtement poilus sur les deux faces, ciliés ou non, blancs ; étamines insérées près du sommet du tube de la corolle, incluses ; ovaire supère, ellipsoïde, faiblement côtelé, 2-loculaire, style mince, stigmate très légèrement bifide. Fruit : baie ellipsoïde à globuleuse de 2–2,5 cm de long, violette une fois mûre, contenant 1–2 graines. Graines ellipsoïdes, planes-convexes, d’environ 1,5 cm de long, lisses, glabres.

Autres données botaniques

Le genre Acokanthera comprend 5 espèces et est limité à l’Afrique, mais une espèce se trouve aussi au Yémen. Il est apparenté au genre Carissa. Acokanthera oblongifolia fructifie de février à avril.

Ecologie

Acokanthera oblongifolia se rencontre dans les forêts sèches et les fourrés des dunes côtières.

Ressources génétiques

Rien n’indique qu’Acokanthera oblongifolia soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Les cardénolides isolés chez Acokanthera oblongifolia sont des poisons violents. Pour la plupart, ils n’ont pas fait l’objet d’études pharmacologiques, et de plus amples recherches sont nécessaires pour évaluer les potentialités de ces divers composés. Acokanthera oblongifolia se multiplie aisément, comme les autres espèces d’Acokanthera ; il constituerait une magnifique plante ornementale de jardin, ce qui n’est pas recommandé vu sa toxicité.

Références principales

  • Hanna, A.G., Elgamal, M.H.A., Hassan, A.Z., Duddeck, H., Simon, A., Kovács, J. & Tóth, G., 1998. Complete 1H and 13C signal assignments of 5b-cardenolides isolated from Acokanthera spectabilis Hook.f. Magnetic Resonance in Chemistry 36(12): 936–942.
  • Kupicha, F.K., 1982. Studies on African Apocynaceae: the genus Acokanthera. Kew Bulletin 37(1): 41–67.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Autres références

  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
  • Karawya, M.S., Abdel-Wahab, S.M. & Niazi, H.M., 1974. Assay of cardenolides in Acokanthera spectabilis. Planta Medica 25(1): 17–21.
  • van Wyk, B.E., van Heerden, F. & van Oudtshoorn, B., 2002. Poisonous plants of South Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 288 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2007. Acokanthera oblongifolia (Hochst.) Codd. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 février 2019.


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