Acanthophoenix rubra (PROTA)

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Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Acanthophoenix rubra (Bory) H.Wendl.


Protologue: Fl. Serres Jard. Eur. 16 : 181 (1867).
Famille: Arecaceae (Palmae)

Synonymes

  • Areca rubra Bory (1804),
  • Acanthophoenix crinita (Bory) H.Wendl. (1867).

Noms vernaculaires

  • Palmiste rouge, palmiste bourre, palmiste des bois, palmiste des hauts, palmiste épineux, palmiste zépines, palmiste piquant (Fr).
  • Barbel palm, red palm, Mascarene Islands cabbage palm (En).

Origine et répartition géographique

Acanthophoenix rubra est endémique des îles de la Réunion, de Maurice et de Rodrigues.

Usages

Le cœur de palmier (chou palmiste) est comestible et c’est un légume de choix très apprécié à la Réunion et à Maurice. Une décoction des racines est utilisée comme diurétique. Acanthophoenix rubra est cultivé comme plante ornementale bien au-delà de son aire naturelle.

Propriétés

Le cœur de palmier d’Acanthophoenix rubra est très sensible au brunissement enzymatique, provoqué par les polyphénol oxydases, en particulier les catécholases.

Description

  • Palmier à tronc solitaire atteignant 12 m de haut et 18 cm de diamètre, parfois élargi à la base.
  • Feuilles environ 10 dans la couronne, disposées en spirale, atteignant 3 m de long, composées pennées ; gaine de 30–60 cm de long, rouge virant au brun à maturité, portant de nombreuses épines atteignant 11 cm de long, qui tombent à maturité ; pétiole atteignant 30 cm de long, souvent épineux ; folioles en 25–65 paires, atteignant 105 cm × 4 cm, avec des soies au -dessus de la nervure médiane.
  • Inflorescence en dessous des feuilles, atteignant 50 cm de long, pédoncule court, rameaux longs et retombants, inermes ou à épines brun foncé atteignant 15 cm de long.
  • Fleurs unisexuées, 3-mères, blanches ou de couleur crème, disposées en triades de 2 fleurs mâles et 1 fleur femelle ; fleurs mâles à sépales imbriqués d’environ 2 mm de long, pétales valvaires atteignant 8 mm de long et (4–)6–12 étamines ; fleurs femelles à sépales imbriqués d’environ 3 mm de long, pétales imbriqués atteignant 5 mm de long, 6–9 petits staminodes et ovaire supère, 1-loculaire.
  • Fruit : drupe ellipsoïde à globuleuse atteignant 1 cm de long, contenant 1 graine.
  • Graine globuleuse, d’environ 7 mm de diamètre, brune ; albumen homogène.

Acanthophoenix comprend une seule espèce qui est très variable.

Ecologie

Acanthophoenix rubra est présent à Maurice dans la forêt humide mixte d’altitude et dans les landes au-dessus de 500 m d’altitude. A la Réunion, il pousse à 500–1500 m d’altitude. On signale qu’il tolère un gel léger.

Gestion

Acanthophoenix rubra est multiplié par graines. Il est cultivé aussi bien à la Réunion qu’à Maurice pour son cœur de palmier et comme plante ornementale. Il est assez facile à cultiver, mais doit être protégé de l’ensoleillement direct lorsqu’il est jeune. La lutte contre les adventices est nécessaire lors des premiers stades de développement. De relativement grandes quantités de matière organique dans le sol stimulent la croissance. Acanthophoenix rubra a été mis à l’essai dans des programmes de diversification à la ferme dans les hautes terres du nord-est de la Réunion.

Ressources génétiques

Acanthophoenix rubra était commun à l’état sauvage dans le passé, mais il est devenu rare à Maurice suite à la récolte excessive de cœur de palmier. A la Réunion, il s’est raréfié avec la création de plantations de canne à sucre et la récolte des cœurs de palmier. On estime à environ 1300 palmiers le peuplement naturel total. Il y a seulement environ 100 individus aptes à la reproduction à Maurice et la plupart d’entre-eux sont assez isolés. La régénération naturelle semble réduite. Les animaux introduits, par ex. les rats, les escargots (Achatina spp.) et les porcs domestiques sont des prédateurs des fruits et des jeunes plantes. Acanthophoenix rubra est répertorié comme étant en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN. On a localisé un peuplement important à Rodrigues et des pieds-mères sont en cours d’identification dans le cadre d’un programme de régénération. Le palmiste rouge est couramment cultivé comme plante ornementale à Maurice et à la Réunion et parfois ailleurs.

Perspectives

La production commerciale de cœur de palmier peut s’envisager si les plantations peuvent être protégées efficacement jusqu’à l’âge intéressant au point de vue commercial. Le port à tige unique est, cependant, un inconvénient important. D’autres palmiers font l’objet d’expérimentations à la Réunion comme alternatives possibles à Acanthophoenix rubra : Euterpe oleracea Mart. (pinot ou wassey) et Bactris gasipaes Kunth (parépou ou pejibaye), tous deux ayant un taux de croissance plus important et le grand avantage d’être des palmiers à troncs multiples. Acanthophoenix rubra est un palmier ornemental attrayant, la base de ses feuilles étant rouge foncé et épineuse. Il est assez rare dans le commerce international et c’est un véritable objet de collection. La collecte de semences doit être limitée aux plantes cultivées.

Références principales

  • Gurib-Fakim, A., 2002. Mauritius through its medicinal plants; towards a better understanding of medicinal plants of the Indian Ocean Islands. Editions Le Printemps, Vacoas, Mauritius. 216 pp.
  • Gurib-Fakim, A., Guého, J. & Bissoondoyal, M.D., 1995. Plantes médicinales de Maurice, tome 1. Editions de l’Océan Indien, Rose-Hill, Mauritius. 495 pp.
  • Maunder, M., Page, W., Mauremootoo, J., Payendee, R., Mungroo, Y., Maljkovic, A., Vericel, C. & Lyte, B., 2002. The decline and conservation management of the threatened endemic palms of the Mascarene Islands. Oryx 36(1): 56–65.
  • Moore, H.E. & Guého, L.J., 1984. Palmiers. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Famille 189. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 34 pp.
  • Normand, F., 1999. Résultats d’une action de diversification fruitière menée a l’île de la Réunion. Fruits 54(4): 233–245.

Autres références

  • Robert, C., Rouch, C. & Cadet, F., 1997. Inhibition of palmito (Acanthophoenix rubra) polyphenol oxidase by carboxylic acids. Food Chemistry 59(3): 355–360.
  • Tuley, P., 1995. The palms of Africa. The Trendrine Press, St. Ives, United Kingdom. 189 pp.
  • Uhl, N.W. & Dransfield, J., 1987. Genera palmarum - a classification of palms based on the work of Harold E. Moore Jr. The L.H. Bailey Hortorium and the International Palm Society. Allen Press, Lawrence KS, United States. 610 pp.

Auteur(s)

  • W.J. van der Burg, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 11 avril 2019.