Acacia nilotica (PROTA)

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Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Épice / condiment Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Colorant / tanin Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage et naturalisé)
1, rameau en fleurs ;
2, fleur ; 3, fruits
Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
branche en fleurs
branche en fruits
port de l’arbre
tranche du tronc

Acacia nilotica (L.) Willd. ex Delile


Protologue: Descr. Egypte, Hist. nat. : 79 (1813).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 52, 104, 208

Synonymes

  • Acacia arabica (Lam.) Willd. (1806),
  • Acacia scorpioides (L.) W.Wight (1905).

Noms vernaculaires

  • Babla, gommier rouge, nebneb (Fr).
  • Babul acacia (nom commercial), scented thorn, scented-pod acacia (En).
  • Tchanga, goma da Índia (Po).
  • Mjungu, msemehi, mgunga, mtetewe (Sw).

Origine et répartition géographique

Acacia nilotica est indigène dans les zones sèches d’Afrique tropicale et d’Asie occidentale, et plus à l’est jusqu’à l’Inde, le Myanmar et le Sri Lanka. En Afrique, on le trouve du Sénégal à l’Egypte et vers le sud, de l’Afrique orientale jusqu’au Mozambique, à l’Afrique du Sud (au Natal) et aux îles de l’océan Indien. Il a été diffusé dans tous les tropiques et s’est naturalisé dans de nombreuses régions, par ex. au Cap Vert, à la Jamaïque, au Népal, en Indonésie, au Vietnam et en Australie. Il est largement cultivé dans le sous-continent indien.

Usages

Les gousses d’Acacia nilotica sont utilisées traditionnellement au Nigeria et dans d’autres pays sub-sahariens pour le tannage du cuir et en teinture comme source de kaki et de brun si elles sont employées sans mordant, ou de gris et de noir pour le coton si elles sont combinées à un mordançage à la boue ferrugineuse. C’est ce dernier procédé qui donne ces raies d’un gris foncé si typique sur les étoffes traditionnelles en coton appelées “hile”, “sampak” et “siole” au Cameroun ainsi que sur les cotons tissés traditionnels désignés sous le nom de “langtang” par les Mumuyes de l’est du Nigeria. Ces tissus ont servi de monnaie d'échange au niveau local et régional jusqu'au XXe siècle, et conservent une grande importance culturelle. A l’heure actuelle, ils servent en général de cadeaux offerts par l’homme à sa future épouse et lors des principales cérémonies religieuses, réunions de clans et funérailles. Des teintures noires, combinant des tanins très probablement obtenus à partir de “sant” (gousses d’acacia) à des mordants de fer, ont été identifiées sur des tissus d’ancienne Egypte à partir de la 18e Dynastie (1542–1305 avant J.-C.). Les gousses mûres séchées utilisées dans les tanneries locales au Soudan donnent un cuir d’un blanc rosé de bonne qualité. Le tanin extrait des gousses est connu universellement sous son nom haoussa : “bagaruwa”.

En revanche, en Inde et au Pakistan, c’est son écorce, sous-produit issu des plantations de bois d’œuvre, qui est utilisée pour le tannage et la teinture du cuir. Le tanin produit un cuir lourd qui est ferme, résistant et dur, mais combiné aux myrobalans (provenant d'espèces de Terminalia), il donne un excellent cuir. Le tanin de l’écorce est utilisé surtout au Bengale et au Bangladesh pour teindre le coton et la laine en diverses nuances de brun, et en noir en le combinant avec un mordançage au sulfure de fer ou à la boue ferrugineuse.

Acacia nilotica est vraiment un arbre à usages multiples, largement employé comme bois d’œuvre, comme source de fourrage, de tanin et de gomme, et comme arbre à clôture, essence d’ombrage et bois de chauffage. Le bois de cœur marron foncé est presque deux fois aussi dur que le teck et très résistant aux chocs, il est largement utilisé en construction, pour les traverses de chemin de fer, les étais des mines, les manches d’outils et les charrettes. Les arbres constituent des clôtures vivantes efficaces, sont d’excellents hôtes pour le santal hémiparasite (Santalum album L.) et sont importants pour les insectes à laque (shellac) dans le sous-continent Indien. La gomme recueillie du tronc et des rameaux était jadis utilisée pour les peintures et les médicaments. Elle a des propriétés similaires à la véritable gomme arabique provenant d’Acacia senegal (L.) Willd. et elle est fréquemment utilisée dans l’impression et la teinture des calicots comme épaississant. Elle sert aussi d’empois pour la soie et le coton, ainsi que dans la fabrication du papier en Inde.

Tant les feuilles que les gousses font un excellent fourrage, riche en protéines. Les fleurs, quant à elles, produisent un miel de bonne qualité. Les Haoussas utilisent les graines grillées comme condiment alimentaire. En Tanzanie, l’écorce interne ainsi que l’épaisse pulpe des fruits sont bouillies dans l’eau et consommées en infusion. Dans l’est de Java (Indonésie), les graines germées sont consommées comme légume, et des graines bien grillées sont mélangées au café. L’écorce des branches fines produit une fibre qui sert à faire du papier ou bien des cordes grossières en Inde. En Afrique, on utilise les brindilles comme brosses à dents. Acacia nilotica est aussi un arbre ornemental très fréquent sur les avenues en Inde. Les tanins contribuent à ses multiples usages médicinaux, la plante agissant comme un puissant astringent. Une décoction du fruit est considérée comme un fébrifuge, et les graines ont des activités antipaludéennes, antidiabétiques, anti-hypertensives et antispasmodiques. Les gousses ont des propriétés molluscicides et algicides, et sont introduites dans les étangs au Soudan afin de tuer les escargots vecteurs de la schistosomose sans mettre en danger les poissons. L’écorce, la gomme, les feuilles ainsi que les gousses entrent dans la fabrication de nombreux médicaments traditionnels, car elles possèdent des propriétés anti-inflammatoires.

Production et commerce international

En Afrique, la production et le commerce de tanin, de bois d’œuvre et d’autres produits issus d’Acacia nilotica sont importants au niveau local et national, mais peu de produits participent au commerce international de quelque manière que ce soit et on manque de statistiques récentes sur la consommation nationale et sur les exportations. En Inde, la production annuelle d’écorce de babla pour le tanin était estimée en 1994 à 22 000 t, correspondant à une valeur de 1,2 million US$.

Propriétés

En Inde, la teneur en tanin de gousses entières d’Acacia nilotica varie entre 12–19% et entre 18–27% après élimination des graines. Au Soudan, des gousses égrenées peuvent titrer jusqu’à 50% de tanins. Les graines sont généralement éliminées en raison de leur teneur élevée en composés sucrés qui ont tendance à faire fermenter le bain de tanin. Les gousses donnent un cuir légèrement coloré, mou, idéal pour la reliure. Les tanins des gousses tombées à terre s’hydrolysent dans le sol en donnant des acides gallique et ellagique qui sont allélopathiques pour la couche d’herbe. Deux flavonols molluscicides très actifs, l’épigallocatéchine-7-gallate et l’épigallocatéchine-5,7-digallate, ont été isolés des gousses. L’écorce du babla constitue l’une des matières tannantes les plus importantes du nord de l’Inde ; sa teneur en tanin varie entre 7–20% du poids sec, avec un rapport tanins / non tanins de 1,5. Les tanins, qui appartiennent au groupe des pro-anthocyanidines, voient leur teneur augmenter dans l’écorce à mesure que l’arbre vieillit. L’écorce contient également des matières colorantes du type des “phlobatanins”, qui donnent une couleur rouge foncée au cuir. On obtient de meilleurs résultats pour tanner le cuir en mélangeant l’écorce avec des myrobalans (proportion de 2 : 1) ou en contrôlant le pH du bain de tanin.

Des essais effectués au Kenya ont montré que le contenu tannique de l’écorce et des extraits d’écorce d’Acacia nilotica est faible (11,5–13% et 49,5–55%, respectivement) par rapport à Acacia mearnsii De Wild. Les tanins sont moins astringents et faiblement collants, et pénètrent très bien dans les peaux, ce qui permet d’obtenir un produit relativement mou, pouvant se révéler toutefois fragile et non résistant. Des mélanges d’extrait d’écorce d’Acacia nilotica avec l’extrait d’écorce fortement astringent d’Acacia senegal dans une proportion de 3 : 1 donnent de bons résultats en tannerie et pourraient remplacer les extraits d’écorce d’Acacia mearnsii.

Le bois de cœur est rouge pâle à marron rosé, fonçant souvent au contact de l’air, se distinguant très nettement de l’aubier qui est d’un blanc jaunâtre. Le bois est dur, résistant et lourd, avec une densité de 650–830 kg/m3 à un degré d’humidité de 15%, mais on a signalé une densité de 1170 kg/m3 pour du bois provenant d’Afrique du Sud. A une teneur en humidité de 15%, le module de rupture est de 88 N/mm2, le module d’élasticité de 11 060 N/mm2 et la compression axiale de 52,5 N/mm2. Le bois a une forte teneur en silice qui émousse rapidement les outils de coupe mais il est très résistant s’il est bien conditionné. Il fait un excellent combustible, la valeur énergétique du bois de cœur sans humidité étant de 20 710 kJ/kg. Il produit du charbon de bois de qualité supérieure avec une valeur énergétique de 27 950–28 600 kJ/kg.

La valeur nutritionnelle des feuilles (matière sèche) est approximativement la suivante : protéines brutes 13,9%, fibres brutes 9,2%, extractif non azoté 69,8%, cendres 7–10%, Ca 2,6%, Mg 0,4% et P 0,1% et leur appétibilité n’est pas mauvaise. Les gousses aussi sont utilisées comme fourrage et contiennent environ 11–16% de protéines brutes et 8–21% de fibres brutes, même si elles renferment également des tanins. Les graines ont des taux faibles d’inhibiteurs de protéinase, la trypsine et la chymotrypsine.

La couleur de la gomme d’Acacia nilotica varie, allant du brun jaunâtre très pâle au brun rougeâtre foncé, en fonction de la quantité de tanins présents dans l’échantillon. Ce sont les gommes les plus claires, solubles dans l’eau et très visqueuses, qui sont les plus prisées ; les tanins présents dans les gommes plus sombres réduisent leur solubilité. La gomme a une teneur en eau d’environ 13% et est légèrement dextrogyre. Elle se compose de galactoarabanne qui donne par hydrolyse L-arabinose, D-galactose, L-rhamnose, acide D-glucuronique et acide 4- O-méthyl-D-glucuronique.

Description

  • Arbre à tronc unique, sempervirent à caducifolié atteignant 15(–25) m de haut ; système racinaire profond et étendu ; tronc droit, atteignant 100 cm de diamètre ; écorce rugueuse et fissurée longitudinalement, de 1–1,5 cm d’épaisseur, grise à noir brunâtre, jeunes tiges gris-brun et lisses ; cime aplatie ou arrondie ; rameaux munis de deux épines stipulaires de 1–5 cm de long, droites mais généralement dirigées de façon caractéristique vers le bas.
  • Feuilles alternes, composées bipennées, avec 2–14 paires de pennes ; pétiole de 0,5–2,5 cm de long ; rachis de 1–10 cm de long, avec des glandes à la base de chaque paire de pennes ou de quelques paires apicales seulement ; folioles en 7–36 paires par penne, elliptiques ou étroitement oblongues, de 1,5–7 mm × 0,5–2 mm, arrondies et obliques à la base, apex obtus, glabres à pubescentes.
  • Inflorescence : capitules globuleux, 1–6 aux aisselles des feuilles, avec une paire de petites bractées dans la partie basse du pédoncule ; capitule comptant environ 50 fleurs.
  • Fleurs bisexuées ou mâles, 4–6-mères, jaune vif ou jaune d’or, parfumées ; lobes du calice de 1–2 mm de long, glabres ou pubescents ; lobes de la corolle de 2,5–3,5 mm de long, glabres ou pubescents ; étamines nombreuses, libres, atteignant 6 mm de long, glanduleuses ; ovaire supère, 1-loculaire, style long et mince.
  • Fruit : gousse oblongue à linéaire, aplatie, de 4–22 cm × 1–2 cm, droite ou courbe, bords entiers ou profondément comprimés entre les graines, l’emplacement de chaque graine clairement marqué par une nette protubérance sur les valves des gousses, marron foncé à grise, glabre ou duveteuse, indéhiscente, contenant 6–17 graines.
  • Graines à contour elliptique à circulaire, aplaties, de 6,5–9 mm × 5–8 mm, brun foncé à noir brunâtre.
  • Plantule à germination épigée ; cotylédons circulaires-ovales, pétiolés.

Autres données botaniques

Acacia est un vaste genre pantropical, qui comprend plus de 1300 espèces dont la plupart (plus de 900) se trouve en Australie, plus de 200 en Amérique, et environ 130 en Afrique. Acacia nilotica appartient au sous-genre Acacia, qui englobe toutes les espèces africaines d’Acacia ayant des stipules épineuses droites. On distingue neuf sous-espèces chez Acacia nilotica différant par les caractéristiques de la gousse et des rameaux et par la forme de l’arbre. En Afrique tropicale, on rencontre les 7 sous-espèces suivantes :

  • subsp. adstringens (Schumach. & Thonn.) Roberty (synonyme : Acacia adansonii Guill. & Perr.) : jeunes rameaux densément tomenteux ; gousses non en forme de collier, de 13–21 mm de large, bords distinctement et souvent irrégulièrement crénelés, surface densément tomenteuse. Présent en Afrique depuis le Sénégal et la Gambie jusqu’à la Somalie ; également en Asie occidentale jusqu’en Inde.
  • subsp. indica (Benth.) Brenan : semblable à la subsp. nilotica mais gousses à poils blancs et denses. En Afrique, naturalisée en Ethiopie, Somalie, Kenya, Tanzanie et Angola ; indigène du Yémen à l’Inde et au Myanmar, cultivée en Iran et au Vietnam, et naturalisée en Australie.
  • subsp. kraussiana (Benth.) Brenan : semblable à la subsp. adstringens mais gousses à bords légèrement crénelés, d'abord pubescentes sur toute la surface mais la partie en relief sur les graines devenant glabre et d’un noir brillant lorsqu’elles sont sèches. Depuis l’Angola et la Tanzanie jusqu’à l’Afrique du Sud.
  • subsp. leiocarpa Brenan : jeunes rameaux glabres à brièvement poilus ; gousses non en forme de collier, étroites (de 10–13 mm de large), bords droits ou légèrement crénelés, presque glabres. Limitée à la côte de l’Afrique orientale, depuis l’Ethiopie jusqu’au Mozambique.
  • subsp. nilotica : jeunes rameaux glabres à brièvement poilus ; gousses en forme de collier, étroitement et régulièrement comprimées entre les graines, presque glabres. Depuis le Mali et le Burkina Faso jusqu’au Soudan et à l’Egypte ; elle a été cultivée en Tanzanie, en Iraq et dans la péninsule arabique.
  • subsp. subalata (Vatke) Brenan (synonyme : Acacia subalata Vatke) : semblable à la subsp. adstringens mais gousses à bords droits ou seulement légèrement crénelés. En Afrique, au Soudan, en Ethiopie, en Somalie, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et à Madagascar ; éventuellement aussi au Pakistan, en Inde et au Sri Lanka.
  • subsp. tomentosa (Benth.) Brenan : semblable à la subsp. indica mais jeunes rameaux également recouverts de poils blancs et denses. Limitée à l’Afrique, depuis la Mauritanie et le Sénégal jusqu’au Soudan, à l’Ethiopie et à l’Egypte.

Les sous-espèces présentant des gousses en forme de collier (subsp. indica, nilotica, tomentosa) ont tendance à être de grands arbres qui poussent le long des rivières ou dans des endroits périodiquement inondés, alors que celles dont les gousses sont à bords droits (subsp. adstringens, kraussiana, leiocarpa, subalata) croissent dans des zones plus sèches. Quelquefois, on trouve des intermédiaires entre les sous-espèces et aujourd’hui encore plusieurs problèmes sur le type de variation à l’intérieur d’Acacia nilotica ne sont pas élucidés.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; (81 : parenchyme axial en losange) ; (83 : parenchyme axial anastomosé) ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; (90 : cellules de parenchyme fusiformes) ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(M. Thiam, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

Acacia nilotica est une espèce pionnière. Un système racinaire profond et étendu se forme dans les endroits secs, la racine pivotante se développant d’abord suivie par les racines latérales, qui deviennent compactes et massives avec l’âge. Dans les endroits inondés en revanche, le système racinaire est largement latéral. Acacia nilotica forme des nodosités et fixe l’azote partout dans son aire de répartition naturelle et forme des associations mycorhiziennes avec Glomus spp. Il ne drageonne que très rarement. Acacia nilotica fleurit relativement tôt, vers l’âge de 3–4 ans environ dans des conditions idéales. La floraison est prolifique et intervient sur les pousses de la saison en cours, principalement durant la saison des pluies. Si l’approvisionnement en eau est suffisant, il peut y avoir plusieurs floraisons par an.

Ecologie

Acacia nilotica est une espèce tropicale, qui pousse à des endroits où les températures moyennes annuelles sont comprises entre 15–28°C, qui est gélive lorsqu’elle est jeune et qui supporte des températures journalières maximales de 50°C. La température moyenne maximale du mois le plus chaud est de 25–42ºC et la température minimale moyenne du mois le plus froid est de 6–23°C. On la trouve du niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude. Acacia nilotica préfère la sécheresse, avec des précipitations annuelles de (100–) 250–1500(–2300) mm, toutefois les extrêmes ne se rencontrent qu’en culture irriguée ou lorsqu’elle est plantée en dehors de son aire de répartition naturelle, par ex. en Asie du Sud-Est. En Inde, la limite inférieure optimale des précipitations se situe autour de 600 mm sans irrigation. On la trouve dans des régions de précipitations unimodales et bimodales, avec des régimes d’été et d’hiver. En fonction de la sous-espèce, elle tolère non seulement la sécheresse mais aussi les inondations pendant plusieurs mois.

Acacia nilotica montre deux préférences écologiques très distinctes en Afrique. On trouve les subsp. adstringens, leiocarpa et subalata dans les savanes arborées, les savanes herbeuses et les forêts arbustives sèches sur les sols très sablonneux à limoneux, ainsi que sur les terrains latéritiques et calcaires. La subsp. kraussiana préfère également les savanes herbeuses sèches, notamment sur les limons sableux compacts, les sols superficiels granitiques ou argileux le long des canaux de drainage et des rivières, mais ne tolère pas les inondations. D’autre part, on ne trouve les subsp. nilotica et tomentosa qu’au bord des rivières et dans des zones périodiquement inondées sur des sols d’alluvions argileux.

Dans le sous-continent Indien, on rencontre la subsp. indica dans les forêts sèches à basse altitude, généralement sur les sols alluviaux inondables ou sur les vertisols. Elle est désormais largement plantée dans les fermes des régions de plaines et se développe aussi sur des sols salins, sodiques ou alcalins de même que sur des sols présentant des croûtes calcaires.

Multiplication et plantation

Acacia nilotica peut être facilement multiplié par graines. Les arbres produisent des graines en abondance dès qu’ils ont environ 5–7 ans. D’une part, on peut écosser les gousses, d’autre part on peut ramasser les graines régurgitées par les brebis lors de la rumination ou bien celles provenant des déjections de bovins et de caprins. Ces dernières germent facilement grâce à la fermentation et à l’humidité. Le poids varie entre 6 600–11 600 graines par kg. La capacité de germination fluctue entre 50–90%. La germination débute 1–3 semaines après le semis et est presque achevée en un mois. Un traitement avant le semis s’impose une fois que la graine est en dormance car le tégument est très dur. Les graines peuvent être immergées dans l’eau très chaude (80°C) pendant environ 30 minutes ou dans l’eau bouillante pendant 10–15 secondes, puis trempées 24 heures dans l’eau froide avant le semis. La germination peut également être améliorée par scarification mécanique, en trempant les graines dans l’acide sulfurique concentré (90%) pendant 10–30 minutes puis en les rinçant dans l’eau froide, ou en les laissant fermenter dans une bouse de vache humide pendant 48 heures. La croissance est rapide, et lorsque les plants sont placés en polytubes, ils atteignent 25–30 cm de haut en 4 mois. Acacia nilotica est sélectif dans son association avec Rhizobium et ne forme des nodosités racinaires efficaces qu’avec quelques souches. Des graines enrobées avec la souche Rhizobium ANM 18 et ensuite semées dans des polysacs ont permis une croissance nettement meilleure des plants. Le semis direct au champ est la méthode de plantation la plus répandue. Le semis en lignes à raison de 1 kg/ha de graines est recommandé. Pour les plants repiqués, il est d’usage d’avoir un espacement de 3 m × 3 m ; en revanche, lorsqu’il s’agit de plantation destinée à la production de tanin et de gomme, un espacement de 4 m × 4 m est préconisé.

Gestion

Les plantations d’Acacia nilotica destinées à la production de bois d’œuvre, de tanin ou de gomme nécessitent un désherbage et un éclaircissage réguliers de façon à maintenir une croissance maximale. Sur les berges du Nil bleu au Soudan, l’éclaircissage commence dès que l’arbre a 4–5 ans et continue par cycles de 3 ans. La densité idéale au bout de 30 ans est de 100 arbres/ha pour des individus de 28 m de haut et de 400 arbres/ha pour des individus de 14 m de haut. Au Soudan, sur des peuplements anciens affectés à l’extraction de bois de chauffage, l'éclaircissage naturel s'avère suffisant, une opération supplémentaire ne semblant pas justifiée. Les plantations du Sind et du Panjab (Inde) sont irriguées tous les 3–7 jours après le semis et 2–3 désherbages suffisent pour lutter contre les mauvaises herbes. Des semis localisés à raison de 10–15 graines par trou n’ont pas nécessité de sarclage, mais en revanche un éclaircissage précoce suivi par d’autres tous les 5 ans. Pour des peuplements de 5 ans, une densité de 1200 arbres/ha est recommandée. Les arbres s’étêtent bien et peuvent être élagués aisément pour en faire des haies d’épines ; toutefois, un élagage trop sévère ralentit la croissance de l’arbre. L’emploi d’engrais NPK ne s’est pas avéré économiquement utile sur des plantations dont la rotation est de 20–25 ans.

Maladies et ravageurs

Plusieurs maladies fongiques et insectes ravageurs attaquent Acacia nilotica mais aucun ne limite sa culture pour autant. Fomes badius et Ganoderma lucidum sont les champignons les plus nuisibles, causant la carie spongieuse qui affecte le bois de cœur du tronc et des branches chez les vieux arbres. L’élimination des sporophores et des individus contaminés, combinée avec une meilleure aération du sol, protège dans une certaine mesure. En Inde, le cérambyx Celosterna scabrator et le bupreste Psiloptera fastuosa sont les insectes les plus nocifs. Celosterna scabrator est un foreur de la tige et de la racine, qui se nourrit d’écorce tendre. Au Maharashtra, les larves sont ramassées à la main pour limiter les dégâts. Psiloptera fastuosa défeuille les rameaux fins et ronge leur écorce. Les larves d’Ascotis sp., Cusiala sp., Hyposidra sp., Pteroma sp. et Semiothesa sp. défeuillent les arbres, celles d’Argyroploce illepida forent les gousses, les larves et les adultes du charançon Hypolixus truncatulus détruisent semis et plants. Les graines sont souvent pillées par les bruches, qui peuvent en détruire jusqu’à 70%. Dans les forêts soudanaises, une maladie du dépérissement était due à un bupreste. Les vrillettes (Sinoxylon spp. et Lyctus africanus) attaquent l’aubier du bois d’œuvre abattu. Les animaux sauvages, les chameaux et les chèvres peuvent causer des dégâts considérables aux arbres même si un léger pâturage par les moutons contribue à éliminer l’herbe concurrente.

Récolte

Les plantations d’Acacia nilotica destinées à la production de bois d’œuvre et de chauffage sont généralement récoltées tous les 10–20 ans, l’écorce représentant un sous-produit utile. En Inde, on sépare l’écorce des billes en les battant avec des maillets. Les lanières sont ensuite mises à sécher au soleil et hachées en copeaux avant d’être envoyées aux tanneries. L’écorce d’arbres de moins de 10 ans d’âge produit un tanin clair que l’on préfère au Pakistan. En Afrique subsaharienne, les gousses sont récoltées pour le tannage, de préférence directement sur les arbres, une fois qu’elles sont noires, et ceci sans tarder afin d’éviter la contamination minérale qui se produirait si on les récoltait à terre. Les gousses peuvent être ramassées à des stades différents pour varier la couleur du cuir tanné. Au Soudan, des gousses légèrement moulues pour en éliminer graines et fibres titrent jusqu’à 60% de tanin. Pour récolter la gomme, on découpe du tronc des bandes d’écorce de 5–7,5 cm de large à la saison sèche, on écrase l’écorce autour de l’entaille avec un marteau, et des nodules de gomme se forment à l’endroit où le tronc a été abîmé. Au contact de l’air, la gomme sèche et on la ramasse quelques jours plus tard.

Rendement

La productivité des plantations et des peuplements naturels d’Acacia nilotica varie considérablement en fonction des conditions géographiques. Le taux de croissance est relativement rapide, avec des rendements moyens en bois d’œuvre de 3–5 m3/ha et par an pour les plantations en zones sèches, sur la base d’une rotation de 15–20 ans et avec 700–1000 arbres/ha (de 10–12 m de haut). Des rendements maximum allant jusqu’à 9 m3/ha par an, 10–15 ans après la plantation, ont été obtenus au Rajasthan et en Uttar Pradesh (Inde). Dans les ripisylves du Sind (Pakistan), une augmentation annuelle moyenne maximale de 13 m3/ha au bout de 20 ans, et de 10,5 m3/ha au bout de 30 ans a été enregistrée. Les estimations de biomasse permanente s’échelonnent de 36 t/ha pour des plantations de 5 ans à 307 t/ha pour des plantations de 17 ans au Haryana (Inde). En Inde, des arbres de 10 ans d’âge produisent environ 35–40 kg d’écorce, soit environ 6 t/ha, et des plantations d’à peu près 600 arbres/ha produisent 12 t d’écorce 15 ans après la plantation. Le rendement annuel moyen de gousses issues de plantations est de 8–10 t/ha. Au Soudan, un arbre peut donner 18 kg de gousses par an. En Inde, les jeunes arbres produisent annuellement 0,1–0,6 kg de gomme chacun, les vieux arbres beaucoup moins.

Traitement après récolte

Tant les gousses que l’écorce d’Acacia nilotica sont généralement mises à sécher au soleil avant d’être transportées. Afin d’augmenter le rendement en tanin des gousses, on en élimine les graines et les fibres. Les graines peuvent également provoquer la fermentation des tanins en raison de leur teneur en sucres. Au Soudan, la préparation du cuir se fait traditionnellement dans des marmites ou dans des fosses imperméables creusées dans le sol, d’environ 1 m de profondeur et de diamètre. Les peaux sont d’abord mises à tremper dans une rivière jusqu’à ce qu’elles soient complètement nettoyées, ré-hydratées et ramollies. Ensuite, elles sont plongées dans un bain de chaux pour détruire ou attendrir l’épiderme, pour dégager aussi les poils ou la laine, pour éliminer les lambeaux de chair, les glandes sudoripares, les vaisseaux sanguins de la peau afin de faciliter l’absorption des substances tannantes. Les peaux fraîches sont généralement lavées pendant 2 heures, les peaux salées à sec 12–24 heures et celles séchées à fond un peu plus longtemps. On remue les peaux au moins une fois par jour dans le bain. Après ce bain, les peaux sont mises à macérer dans de la fiente de pigeon ou des crottes de chien environ 24 heures, après quoi on les met dans un bain de tannage avec une solution à base de gousses de babla (15 kg de gousses pour 40 l d’eau tannent environ 30 peaux). Ce dernier bain dure 24–48 heures et les peaux sont remuées 4–5 fois par jour. Après le tannage, les peaux sont d’abord trempées dans une solution saturée en sel, puis étendues et séchées sur une poutre. Les peaux sont assouplies en les frottant avec une pierre lisse ou un morceau de bois. Une fois sec, le cuir peut être teint. A Djibouti, les peaux de chèvres destinées à contenir de l'eau sont tannées simplement en les remplissant de gousses mouillées pendant 48 heures. Chez les Haoussas au Nigeria, les peaux tannées sont teintes en noir “kuloko” à l’aide d’un mélange de gousses entières de “sant” (Acacia nilotica) et de scories de fer, mis d’abord à tremper dans l’eau, puis à fermenter pendant plusieurs jours, et enfin concentré après ébullition et épaissi avec du miel ou du sucre. La teinture est appliquée à l’aide d’un morceau de cuir sur toute la surface de la peau ou au pochoir. Au Malawi, on broie des gousses sèches puis on les mélange à une boue ferrugineuse noire dont on enduit le tissu pour le teindre en noir.

Ressources génétiques

Acacia nilotica est très répandu et n’est pas menacé. La subsp. hemispherica Ali & Faruqi en revanche, endémique dans une région limitée du Pakistan, pourrait être menacée d’extinction. Acacia nilotica fait partie des espèces retenues par la FAO/IBPGR à la fin des années 1970 pour des travaux de collecte et de conservation dans les zones arides. Certaines collections internationales ont été constituées à partir d’un nombre relativement limité de lieux de collecte. Des collections représentatives de toute l'aire en Afrique ont été réunies par l’Oxford Forestry Institute (OFI, Royaume-Uni) et par des membres du réseau d’essais sur les acacias africains (qui compte l’OFI, le CIRAD-Forêt et le Danida Forest Seed Centre-DFSC), coordonné par la FAO. Des essais internationaux de provenances ont été plantés mais ils doivent encore être évalués. En Inde, des grands essais de provenances ont été plantés récemment.

Sélection

La plupart des plantations d’Acacia nilotica se fait encore à partir de graines de provenance locale. En Inde, on dispose de données sur la germination, la croissance des semis et la fixation de l’azote grâce à des essais récemment plantés. La sélection pour des produits tels que le tanin ou la gomme n’a pas été entreprise. Par électrophorèse des isozymes, on a montré qu’Acacia nilotica est autotétraploïde, et qu’il a une hérédité tétrasomique. Acacia nilotica est autocompatible, et environ 60% des graines sont issues d’autofécondation.

Perspectives

Acacia nilotica est un arbre très utile à usages multiples, qui a été utilisé et cultivé traditionnellement en Afrique et en Asie comme source de tanin, comme colorant brun, gris et noir, comme gomme, bois d’œuvre, fourrage et bois de chauffage. Les colorants et tanins extraits des gousses sont d’excellents exemples de ressources renouvelables puisqu’ils ne perturbent pas la croissance de la plante. Comme il est facile à multiplier par graines, qu'il pousse vite, qu'il fixe l’azote et tolère les sols pauvres et les conditions arides, il aura toujours un rôle à jouer dans la régénération des zones dégradées, où les fournitures en bois de chauffage et en bois d’œuvre font défaut.

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Sources de l'illustration

  • Brenan, J.P.M., 1970. Leguminosae (Mimosoideae). In: Brenan, J.P.M. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 3, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 153 pp.

Auteur(s)

  • C.W. Fagg, Departamento de Engenharia Florestal, Faculdade de Tecnologia, Campus Universitario, Universidade de Brasilia, 71910 Brasilia DF, Brasil
  • James Z.A. Mugedo, Department of Chemistry, Maseno University, Maseno, Kenya

Citation correcte de cet article

Fagg, C.W. & Mugedo, James Z.A., 2005. Acacia nilotica (L.) Willd. ex Delile. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 février 2019.


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