Acacia mearnsii (PROTA)

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Introduction
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé et naturalisé)
1, rameau en fleurs ;
2, ramille avec fruits
Source: PROSEA
port de l'arbre (Australian National Botanic Gardens)
branches en fleurs (Plants of Hawaii)

Acacia mearnsii De Wild.


Protologue: Pl. bequaert. 3(1) : 61 (1925).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 26

Synonymes

  • Racosperma mearnsii (De Wild.) Pedley (1986),
  • Acacia decurrens auct. non Willd.,
  • Acacia mollissima auct. non Willd.

Noms vernaculaires

  • Acacia noir (Fr).
  • Black wattle, tan wattle (En).
  • Acácia negra (Po).
  • Muwati (Sw).

Origine et répartition géographique

L’acacia noir est originaire du sud-est de l’Australie aux latitudes de 35–44°S (Nouvelle-Galles du Sud, Queensland, Victoria et Tasmanie). Il a été introduit partout dans les régions tropicales et subtropicales. Il existe de grandes plantations commerciales dans le sud et l’est de l’Afrique (Kenya, Afrique du Sud et Zimbabwe), au Brésil et en Inde. Les plantations situées ailleurs sont plus petites, ou bien les introductions n’y ont pas réussi.

Usages

L’acacia noir est principalement cultivé pour la production de tanin et de bois. C’est la principale source mondiale d’écorce à tanin ; l’écorce contient jusqu’à 40% d’un excellent tanin, particulièrement adapté à l’utilisation dans la fabrication de gros objets en cuir. En outre, l’extrait d’écorce en poudre est utilisé pour préparer des colles de tanin formaldéhyde pour le bois contreplaqué pour l’extérieur, le bois aggloméré et le bois stratifié. Les possibilités d’utilisation de l’écorce dans la production de mousse de polyuréthane biodégradable sont à l’étude. Le bois de cet arbre est largement utilisé comme bois de feu pour les usages domestiques et dans l’artisanat villageois, ou pour la production de charbon de bois (par ex. au Kenya, en Afrique du Sud et au Brésil). Le bois peut aussi être utilisé comme matériau de construction local, étais de mine, outils en bois, ouvrages de menuiserie, parquets et panneaux. Les troncs minces et souples sont utilisés pour créer le cadre des huttes traditionnelles enduites d’argile de nombreux peuples africains. Le bois est utilisé en combinaison avec d’autres bois pour produire de la pâte à papier et de la pâte viscose (à dissoudre), matière primaire qui sert à produire des fibres synthétiques comme la rayonne. Durant ces dernières années, l’utilisation du bois d’acacia noir dans l’industrie de la pâte et du papier a augmenté de manière appréciable partout dans le monde. Le Japon en particulier est un grand importateur de copeaux d’acacia noir d’Afrique du Sud. L’acacia noir est aussi planté pour contrôler l’érosion et pour améliorer les sols, comme brise-vent ou pare-feu, comme arbre d’ombrage dans les plantations, et en ornemental. Les feuilles sont parfois utilisées comme fourrage, mais sont relativement indigestes et doivent de préférence être mélangées avec d’autres aliments. Une décoction de l’écorce très astringente est utilisée comme styptique et pour traiter la diarrhée.

Production et commerce international

La superficie maximale des plantations d’acacia noir a été atteinte dans les années 1960. Depuis lors, une diminution dans la demande de tanins d’origine végétale a conduit à une réduction considérable de cette superficie, par ex. de 325 000 ha à 130 000 ha en Afrique du Sud et de 27 000 ha à 14 000 ha au Zimbabwe. En 1980 les plantations étaient estimées à environ 350 000 ha dont 160 000 ha se trouvaient en Afrique du Sud, 125 000 ha au Brésil, 30 000 ha en Afrique de l’Est (Zimbabwe, Kenya, Tanzanie, Rwanda, Burundi), 20 000 ha en Inde et 15 000 ha en Indonésie. L’acacia noir est actuellement la source majeure de tanin végétal dans le monde. Dans différents pays, parmi lesquels le Kenya, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, des industries de production de tanin à base d’acacia noir se sont développées. L’Afrique du Sud produit d’autre part une gamme de colles à base d’extraits d’écorce. Les principaux pays exportateurs sont l’Afrique du Sud (30 000 t/an d’extraits de tanin et 15 000 t/an de colles) et le Kenya (25 000 t/an d’extraits de tanin, mais l’usine kenyane a fermé récemment). Ces produits sont exportés vers de nombreux pays où existent des débouchés pour des extraits de tanin d’origine végétale et des colles dérivées naturelles.

Pour chaque tonne d’écorce récoltée environ 5 t de bois d’œuvre est disponible. Le bois est principalement commercialisé à l’échelle locale. Du bois est converti en charbon de bois dont une partie est exportée, particulièrement vers l’Europe, mais aucune donnée de production ou d’exportation n’est disponible. L’Afrique du Sud utilise 160 000–200 000 t/an de bois séché à l’air dans la production de pâte (à dissoudre) et exporte vers le Japon environ 1,1 million t/an de copeaux séchés à l’air pour la production de pâte à papier et de papier.

Propriétés

L’écorce d’acacia noir contient 30–40% de tanin de haute qualité sur la base du poids sec. Le tanin appartient au groupe des pro-anthocyanidines condensées, et est un mélange complexe de quelque 40 composants, surtout des polymères de (+)-catéchine, de (–)-robinetinidol et de (+)-gallocatéchine. Le tanin pénètre rapidement la peau, et donne un cuir légèrement coloré, ferme et durable, contrairement à d’autres tanins pro-anthocyanidines (par ex. les extraits de tanin de palétuvier) qui donnent une couleur rougeâtre. Il ne précipite pas en solution acide, ce qui donne un cuir de meilleure qualité. Il est particulièrement adapté à la fabrication de semelles de cuir pour les chaussures.

La teneur en tanin varie avec l’épaisseur de l’écorce, l’âge de l’arbre et la précipitation annuelle moyenne, et diminue en allant de la base du tronc vers le haut, l’écorce des branches possédant une faible teneur en tanin. L’extrait d’acacia noir contient 60–65% de tanin. Les extraits, généralement dénommés “extraits de mimosa”, sont disponibles commercialement sous différentes formes, chacune donnant différentes qualités au cuir. Habituellement, l’extrait végétal est mélangé avec des tanins synthétiques pour être utilisé dans l’industrie du cuir.

Le bois de cœur est brun pâle avec des marques rougeâtres ; il n’est pas nettement distinct de l’aubier de couleur paille pâle. Il est souvent contrefil, le grain modérément fin. La densité du bois est de 550–850 kg/m3, selon les conditions de la localité. Le bois est moyennement dur à dur, durable, et plutôt solide et résistant. Il a une valeur énergétique d’environ 19 700 kJ/kg et une teneur en cendres d’environ 1,5%. La valeur énergétique du charbon de bois est d’environ 32 000 kJ/kg. La densité et le rendement en pâte à papier de l’acacia noir en font une alternative très attrayante à Eucalyptus globulus Labill.

Falsifications et succédanés

D’autres agents tannants, comme les sels de chrome et les tanins synthétiques (syntans, résines de tannage et aldéhydes de tannage), sont principalement utilisés de nos jours pour tanner le cuir. Bien que certains soient très toxiques et polluants, ils auraient une activité plus spécifique et seraient plus prévisibles et maîtrisables dans le processus de tannage. Parfois, le tannage au chrome ou le tannage avec des tanins synthétiques est combiné avec le tannage végétal, par ex. le retannage de cuirs tannés au chrome pour développer des caractéristiques spéciales, ou l’utilisation de tanins au chrome pour le cuir de la tige des chaussures et de tanins végétaux pour la semelle.

Description

  • Arbre sempervirent de taille petite à moyenne, jusqu’à 30 m de haut ; tronc droit, jusqu’à 50 cm de diamètre ; écorce noir brunâtre, fissurée, mais sur les jeunes troncs gris-brun et lisse ; cime étalée, arrondie à maturité ; rameaux inermes, anguleux, gris, densément poilus lorsque jeunes.
  • Feuilles alternes, composées bipennées, de 8–15 cm de long, avec 8–20 paires de pennes de 2–5 cm de long ; rachis muni de glandes sur le dessus à la base de chaque paire de pennes ; folioles très nombreuses, 20–70 de paires serrées sur chaque penne, étroitement oblongues et petites, de 1,5–4 mm × 0,5–0,8 mm, obtus, avec des poils denses et moux, vert olive foncé.
  • Inflorescence : capitule globuleux de 5–8 mm de diamètre, portant jusqu’à 50 fleurs ; capitules disposés en grappes ou panicules axillaires.
  • Fleurs bisexuées, 5-mères, jaune crème pâle, au parfum très doux ; lobes du calice d’environ 1 mm de long ; lobes de la corolle d’environ 2 mm de long, pointus à l’apex ; étamines 30–45, filets jusqu’à 2,5 mm de long ; ovaire supère, 1-loculaire, style long et mince.
  • Fruit : gousse plate, étroitement oblongue ou linéaire, de (3–) 5–10(–15) cm × 0,5–1 cm, resserrée entre les graines, pubescente, brun foncé à noirâtre à maturité, déhiscente le long d’une suture, à 3–14 graines.
  • Graines ovoïdes, de 3–5 mm × 2–3,5 mm, lisses et noires, avec un petit arille blanc jaunâtre.

Autres données botaniques

Il y a eu de considérables confusions à propos d’Acacia mearnsii et de certaines espèces fortement apparentées : Acacia decurrens Willd. (acacia vert) et Acacia dealbata Link (acacia argenté). Ces espèces ont longtemps été considérées comme conspécifiques avec Acacia mearnsii, quoique habituellement distinguées comme des variétés. Elles sont aujourd’hui généralement considérées comme des espèces distinctes. Le nom Acacia mollissima a souvent été utilisé erronément pour Acacia mearnsii. En fait, Acacia mollissima Willd. est un synonyme d’Acacia pubescens (Vent.) W.T.Aiton. Le nom Acacia decurrens est encore communément utilisé pour Acacia mearnsii, ce qui rend la littérature sur ces espèces très confuse. Acacia mearnsii peut être croisé avec Acacia decurrens, Acacia dealbata, Acacia baileyana F.Muell. et Acacia irrorata Sieber ex Spreng. Les hybrides n’ont pas de réels avantages par rapport aux espèces parentes et sont souvent partiellement stériles.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23? : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; (26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm)) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; (36 : epaississements spiralés présents dans les éléments vasculaires) ; (37 : epaississements spiralés dans tout le corps des éléments vasculaires) ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : (78 : parenchyme axial juxtavasculaire) ; 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; (83 : parenchyme axial anastomosé) ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(M. Thiam, P. Détienne & P.Baas)

Croissance et développement

Les graines restent viables durant de nombreuses années, tant dans le sol que lors du stockage. Les graines dans le sol commencent à germer après un feu de forêt ou la mise en culture du terrain. Les plantules sont sensibles au feu. Lors de la germination, la radicule pousse vers le bas pour former un pivot d’environ 1 m. Des racines latérales à croissance rapide se développent depuis le pivot juste sous la surface du sol. Des nodules formés par les bactéries fixatrices d’azote apparaissent généralement sur les racines latérales.

L’acacia noir est une espèce exigeante en lumière avec une croissance initiale rapide du tronc, pouvant atteindre plus de 3 m par an. Certains arbres commencent à fleurir quand ils sont seulement âgés d’environ 2 ans. Si le point de croissance n’est pas endommagé, l’acacia noir produit un tronc plutôt droit, de section parfois à peu près circulaire, mais généralement plus ou moins elliptique. Les arbres des plantations ont une conicité moyenne de 2,5 cm sur 3 m, les arbres isolés présentent une plus grande conicité. Dans les plantations commerciales en Afrique du Sud, les arbres en rotation de 10 ans ont rarement une taille inférieure à 10 m et atteignent 27–30 m sur de bons sites, avec des diamètres à hauteur d’homme dépassant rarement 30 cm. La cime des arbres en plantation se développe généralement en forme de poire inversée avec l’âge, et est généralement sphérique à maturité. Les branches meurent progressivement depuis le bas, en raison de l’ombre et de la compétition, et à maturité la cime occupe environ un cinquième de la longueur du tronc. La capacité de recépage de l’acacia noir est généralement faible.

Les fleurs sont principalement pollinisées par les insectes (abeilles). Une production abondante de fruits apparaît après 5–6 ans ; les fruits mûrissent en 12–14 mois. La durée de vie utile est généralement de 15–20 ans, mais certains vergers à graines en Afrique du Sud ont près de 30 ans et produisent toujours des semences.

Dans certaines régions, comme Hawaii et des parties de l’Afrique du Sud, l’acacia noir est devenu une adventice nuisible en raison de sa colonisation agressive des terrains dénudés et des zones ripicoles.

Ecologie

Dans son aire naturelle de répartition, l’acacia noir est présent dans les sous-étages de hautes forêts ouvertes, dans les lisières de forêts fermées ou en fourrés épais sur des terres recolonisées. Son aire de répartition va du niveau de la mer à 900 m d’altitude, mais il se trouve principalement depuis le niveau de la mer jusqu’à environ 200 m dans des régions à climat chaud et subhumide à humide. La température maximale moyenne du mois le plus chaud est de 21–28°C, la température minimale moyenne du mois le plus froid est de 1–7°C, avec jusqu’à 40 jours de gel. La précipitation annuelle varie de (450–)625–1000(–1600) mm. L’acacia noir est sensible aux sécheresses sévères et aux gels à partir de –4°C. Il est aussi très sensible aux dégâts de la neige, tant par cassure que par pliage.

Dans les pays tropicaux, les plantations se trouvent en conditions plus humides que dans l’aire naturelle de répartition. Ces plantations se rencontrent sur les hautes terres (de 1500–2000 m) avec une température annuelle moyenne de 12–20°C, une température minimale moyenne du mois le plus froid de 2–8°C, une température maximale moyenne du mois le plus chaud de 18–24°C, et une précipitation annuelle moyenne de 700–2000 mm. En Afrique du Sud, l’acacia noir est cultivé à 300–1000 m d’altitude où le climat est intermédiaire entre celui de son aire de répartition naturelle et les conditions tropicales.

L’acacia noir tolère une large gamme de sols, mais se développe le mieux dans des sols humides, bien drainés, relativement profonds et de texture légère avec un pH de 5–6,5. Il ne pousse pas dans les sites peu drainés, calcaires ou très peu fertiles.

Multiplication et plantation

L’acacia noir se multiplie généralement par graine, soit par semis direct au champ soit en pépinière. Le poids des graines est faible ; 1 kg contient 50 000–80 000 graines. La germination est rapide si les graines ont été prétraitées avec de l’eau très chaude (90°C). Parfois une scarification mécanique est utilisée. Les graines gardent leur viabilité plusieurs années (jusqu’à plus de 50 ans). La multiplication végétative n’est pas très efficace mais des boutures racinées, des greffes en écusson et des cultures de tissus ont réussi en Afrique du Sud. Normalement, aucune inoculation par Rhizobium n’est nécessaire.

Les pratiques culturales standards peuvent être utilisées pour produire les plants de pépinière. Les lieux de plantation doivent être bien préparés par labour ou scarifiage pour l’implantation, mais pour une ré-implantation la préparation du sol se limite à creuser des trous.

Lorsque des plants de semis sont utilisés au Zimbabwe, la densité initiale est d’environ 2500 pieds/ha, soit un écartement de 2,7 m × 1,5 m. Elle est réduite à 2000 pieds/ha lorsque les arbres atteignent 4 m de haut et à 1500–1700 pieds/ha lorsqu’ils atteignent 7 m. Les plantations régénérées naturellement sont initialement éclaircies en lignes et ensuite démariées au même écartement que les arbres plantés. Lorsque des plants de semis sont utilisés en Afrique du Sud, la densité initiale est d’environ 2200 pieds/ha, et est ramenée à 1600 pieds/ha en une ou deux opérations d’éclaircissage. La méthode de semis direct utilise 3–5 kg/ha de semences, semées en lignes. Le grand nombre de plantes qui poussent sont ensuite rigoureusement éclaircies et la gestion initiale est plus intensive.

Normalement, l’acacia noir n’est pas mélangé avec d’autres espèces parce que sa croissance rapide gêne leur développement.

Gestion

Durant la première année, les plantations doivent être désherbées. Pour maintenir une croissance vigoureuse, l’éclaircissage doit commencer dès 14 mois après la plantation, et être répété au moins une fois. Le degré d’éclaircissage dépend des objectifs de gestion ; un éclaircissage sévère favorise la croissance en diamètre du tronc et la production d’écorce ; des peuplements plus denses sont nécessaires pour obtenir une bonne production de bois d’œuvre.

Un élagage correctif est nécessaire si le point de croissance des jeunes plantes a été endommagé (par ex. par abroutissement) et que des pousses apicales multiples se sont développées. Des précautions doivent être prises pour contrôler l’érosion, spécialement lorsque les plantations sont brûlées (par ex. pour favoriser la régénération). S’il est bien conduit, l’acacia noir peut aider à enrichir le sol en azote grâce à la fixation d’azote par Rhizobium, et réhabiliter des sols dégradés.

Maladies et ravageurs

La maladie la plus commune de l’acacia noir est le pied noir. La maladie a été décrite la première fois au début du XXe siècle comme faisant partie du complexe de maladies connu sous le nom de gommose. Le pied noir peut tuer l’arbre, mais il affecte également le rendement et la qualité de l’écorce. Les pathogènes associés comprennent Phytophthora spp. et Botryosphaeria dothidea. Au Zimbabwe, le pied noir est présent principalement en dessous de 1250 m d’altitude. Une maladie sérieuse de l’acacia noir en Afrique du Sud est le flétrissement de l’acacia causé par Ceratocystis albofundus. Dans les régions tropicales humides, la plupart des dommages sont causés par des attaques fongiques d’Armillaria, Corticium, Fomes et Phytophthora spp. lorsque les précipitations annuelles atteignent plus de 3000 mm.

Dans son aire de répartition naturelle, l’acacia noir n’est pas cultivé en raison de sérieux dégâts causés par des insectes indigènes dont le scolyte du feu bactérien, Acacicola orphana (synonyme : Pyrgoides orphana) ; parfois de sérieux dégâts peuvent également survenir au Brésil. Dans la plupart des pays tropicaux, les attaques des maladies et des ravageurs ne sont généralement pas graves, cependant les attaques de différents insectes dont les défoliateurs (par ex. la chenille bursicole de l’acacia, Chaliopsis junodi), les foreurs de troncs (par ex. Platypus solidus), et les chenilles (par ex. la chenille arpenteuse de l’acacia, Achaea lienardi) peuvent survenir. Au Zimbabwe et en Afrique du Sud, l’aprophore brun Lygidolon laevigatum est le principal ravageur affectant surtout les jeunes plantations. Il attaque le point de croissance de la tige principale et des branches supérieures causant une croissance rabougrie et une apparence de balai de sorcière. L’acacia noir est aussi attaqué par des vers gris (Agrotis spp.) et des vers blancs (larves de Scarabidés, par ex. Lepidiota mashona).

Récolte

Les plantations pour l’écorce à tanin sont généralement récoltées après (7–)8–10(–12) ans, lorsque les arbres atteignent plus de 18 m de haut et ont un diamètre d’au moins 15 cm. L’écorce est récoltée en pratiquant des fentes en plusieurs endroits près de la base du tronc avec une hachette ou une courte barre à mine à bout plat ; les bandes d’écorce ainsi dégagées sont arrachées du tronc. Après enlèvement, l’écorce est coupée à la longueur des bottes ; soit environ 1,2 m au Zimbabwe. L’enlèvement est plus aisé durant les périodes de croissance active. Au Zimbabwe, le bois d’œuvre est aligné en andains pour être récupéré ultérieurement lors des commandes de poteaux, mais une grande partie ne peut pas être vendue et est brûlée lors de la préparation du sol suivante.

Rendement

En Afrique du Sud, le rendement habituel des plantations fertilisées est de 15–25 m3/ha de bois par an et de 1,5–2 t/ha d’écorce sèche. Dans les régions tropicales, et avec une bonne gestion, les rendements varient de 25 m3/ha à 35 m3/ha de bois par an et de 0,9–2 t/ha d’écorce sèche. Dans les meilleurs sites, 60–65% de la récolte est constitué d’une écorce de première catégorie provenant de troncs d’au moins 15 cm de diamètre, sur des sites plus pauvres la proportion n’est que de 40–50%.

Traitement après récolte

L’écorce récoltée est soit transportée immédiatement, soit d’abord séchée sur place. En Afrique du Sud, toute l’écorce est livrée fraîche au moulin. Au Zimbabwe, la plus grande partie de l’écorce est transformée fraîche, mais l’écorce récoltée après la saison d’activité des moulins est séchée pour être transformée la saison suivante. Lors de l’utilisation d’écorces sèches, le séchage devrait être réalisé à mi-ombre ; la partie interne de l’écorce fonce si elle est exposée directement au soleil. L’écorce se décolore si elle est réhumidifiée après le séchage. Pour obtenir une écorce de bonne qualité, on pratique parfois le séchage au four. En Indonésie, des essais ont été réalisés avec des fours de séchage portables alimentés au charbon de bois dans lesquels l’écorce peut être complètement séchée en à peu près 60 heures. Durant le séchage, l’écorce s’enroule sur elle-même ; ces “baguettes” sont disposées en bottes pour le transport. Durant la transformation, l’écorce peut soit faire l'objet d'extraction, soit être préparée pour la commercialisation en tant qu’écorce sèche. L’écorce fraîche est préférée pour l’extraction. L’écorce sèche est classée selon son épaisseur, sa maturité, sa couleur plus ou moins claire, sa teneur en liège et l’absence de moisissures. Elle est commercialisée comme écorce hachée, écorce broyée ou parfois en poudre, en balles pressées ou en sacs.

Ressources génétiques

On pense que les semences utilisées pour les plantations d’acacia noir en dehors de l’Australie provenaient d’une partie limitée de l’aire de répartition naturelle. Des collections de ressources génétiques existent à la CSIRO Division of Forest Research, à Canberra, en Australie, et à l’Institute for Commercial Forestry Research (ICFR), autrefois Wattle Research Institute (WRI), à Pietermaritzburg, en Afrique du Sud. Certains essais de provenances ont été réalisés, par ex. par l’ICFR et en Chine, mais des études plus approfondies sont nécessaires.

Sélection

Les objectifs majeurs de la sélection sont l’augmentation de la vigueur, l’amélioration de la qualité de l’écorce et de la forme du tronc, et la résistance aux ravageurs et maladies. La priorité du programme de sélection en Afrique du Sud est passée de l’amélioration du rendement d’écorce et de sa qualité à l’amélioration de la production de bois d’œuvre et de sa qualité avec une production d’écorce de quantité et de qualité acceptables.

Perspectives

Suite à la substitution du cuir par le plastique et au déclin de l’importance du tanin qui en a résulté depuis les années 1960, la culture de l’acacia noir a perdu de son importance. Cependant, grâce à l’importance croissante de ressources renouvelables par rapport aux produits synthétiques obtenus à partir de l’huile de goudron, il est probable que le cuir et les peaux tannés avec des tanins végétaux regagneront une partie de leur ancienne importance économique. L’acacia noir est un substitut potentiel aux tanins synthétiques, qui sont largement utilisés dans l’industrie du tannage, bien que toxiques pour les employés et polluants de l’environnement. Plus récemment, la demande en bois d’œuvre d’acacia noir en Afrique du Sud et pour l’exportation, a conduit à la conversion de certaines plantations d’eucalyptus en acacia noir. De petits peuplements d’acacia noir sont plantés par des agriculteurs en Afrique du Sud pour produire du bois de feu et comme source de matériaux de construction. L’acacia noir est important à cause de sa multi-fonctionnalité et de sa capacité d’adaptation à une large gamme de conditions écologiques, y compris les sites dégradés. Une attention particulière devrait être donnée à l’utilisation de l’acacia noir pour la réhabilitation de sols dans des systèmes locaux d’utilisation des terres.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Lemmens, R.H.M.J. & Wulijarni-Soetjipto, N. (Editors), 1991. Plant Resources of South-East Asia No 3. Dye and tannin-producing plants. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. 196 pp.

Auteur(s)

  • R.W. Dunlop, Institute for Commercial Forestry Research, P.O. Box 100281, Scottsville 3209, South Africa


Citation correcte de cet article

Dunlop, R.W., 2005. Acacia mearnsii De Wild. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 avril 2019.


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