Abutilon mauritianum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Abutilon mauritianum (Jacq.) Medik.


Protologue: Malvenfam. : 28 (1787).
Famille: Malvaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 42

Synonymes

  • Sida mauritiana Jacq. (1781),
  • Abutilon zanzibaricum Bojer ex Mast. (1868),
  • Abutilon longipes Mattei (1909),
  • Pavonia patens (Andrews) Chiov. (1915).

Noms vernaculaires

  • Mauve des champs (Fr).
  • Bush mallow, country mallow (En).
  • Maumanda, mjamanda, mbiha, mopoahabari, mpamba pori (Sw).

Origine et répartition géographique

Abutilon mauritianum est largement réparti dans les régions sèches d’Afrique tropicale, depuis le Sénégal jusqu’en Erythrée, en Ethiopie et en Somalie, puis vers le sud jusqu’en Angola, en Zambie, au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud. L’espèce est également présente aux Comores et aux Seychelles, et répertoriée sur l’île Maurice.

Usages

L’écorce de tige produit une fibre résistante employée localement pour fabriquer de la ficelle ou de la corde, que l’on utilise par exemple dans la pêche et pour fabriquer des hamacs. Au Kenya, l’écorce sert à fabriquer des paniers. Au Gabon, les femmes enceintes portent un cordonnet de fibre autour de la taille, auquel elles attribuent le pouvoir de faciliter l’accouchement. Les feuilles font office de bandage sur les plaies ouvertes ainsi que de papier toilette. Le bois de la tige sert au nettoyage des dents et on fabrique des balais avec les rameaux entiers. Les feuilles et les fleurs sont cuites et consommées comme légume. Les graines sont consommées par les nomades. La plante est également utilisée comme fourrage, comme plante ornementale, et c’est une mellifère butinée par les abeilles. Au Gabon, l’extrait mucilagineux d’écorce sert de mordant en teinture. Avant un combat, les lutteurs gabonais avaient coutume de s’enduire du mucilage des feuilles.

Abutilon mauritianum est couramment utilisé en médecine traditionnelle africaine. Au Nigeria, l’infusion de racine se prend comme boisson rafraîchissante en cas de fièvre. En Afrique de l’Est, la racine se mastique comme expectorant, la décoction de racine se boit contre la bronchite et les crampes d’estomac, et la décoction de racine et d’écorce se prend dans le traitement de la diarrhée, des maux d’estomac, de la toux et des rhumes. En Ethiopie, la racine fraîche broyée se cuit à l’eau et se prend par voie orale en cas de morsure de serpent. Au Nigeria, l’extrait d’écorce se prend comme diurétique. Au Bénin, la décoction de rameaux feuillés se prend en traitement de la dysenterie. Au Nigeria, les feuilles s’emploient comme suppositoire pour soulager les douleurs rectales chez les bébés et les jeunes enfants. En Tanzanie, les feuilles sont écrasées en pâte et appliquées sur les plaies galeuses. L’infusion de feuilles macérées avec de la poudre de racine de Xylopia aethiopica (Dunal) A.Rich. se boit au Nigeria dans le traitement des maladies vénériennes telles que la gonorrhée. La décoction de feuilles se prend en gargarisme contre le mal de gorge, et en fomentation pour soulager les douleurs dues à la dysenterie et aux hémorroïdes. Le jus de feuilles se boit en Tanzanie contre la toux et les rhumes ; il se prend aussi contre le paludisme. Au Gabon, le mucilage des feuilles s’utilise en cataplasme et s’applique sur les blessures pour faciliter l’extraction de corps étrangers comme les échardes. L’extrait mucilagineux de feuilles est utilisé comme adoucissant. En Ouganda, on lotionne la tête avec une macération de feuilles contre les maux de tête, et les feuilles sont utilisées contre l’ascaridiase. La décoction de feuilles se prend contre la diarrhée, la gonorrhée, l’inflammation, la bronchite et le catarrhe. La poudre de fruit est employée dans des préparations utilisées pour le traitement de l’eczéma en Tanzanie. Les graines sont utilisées contre la toux au Nigeria. Au Kenya, l’espèce serait utilisée pour faciliter l’accouchement et expulser le placenta. Au Bénin, la plante fraîche se broie avec du kaolin dans de l’eau, et le breuvage se prend contre la dysenterie. En R.D. du Congo, l’infusion de plante entière s’administre par voie orale ou rectale en traitement de l’asthme et comme tranquillisant.

Propriétés

Les feuilles sont aromatiques. L’extrait de feuilles à l’éthanol a fait ressortir une activité antibactérienne contre Escherichia coli, Klebsiella pneumonia et Pseudomonas aeruginosa. La présence de saponines, de flavonoïdes, de tanins et d’alcaloïdes a été notée dans les feuilles.

Botanique

Plante herbacée vivace ou arbuste atteignant 2,5(–4) m de haut ; toutes les parties pubescentes ou tomenteuses et parfois également à poils simples longs ; tiges glanduleuses. Feuilles alternes, simples ; stipules linéaires-subulées, de 4–9 mm × 0.5 mm ; pétiole atteignant 20 cm de long ; limbe ovale à suborbiculaire, atteignant 18(–25) cm × 16(–28) cm, cordé à la base, acuminé à l’apex, bord denté ; face supérieure gris-vert, face inférieure plus pâle. Fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles ou sur de courtes pousses axillaires, bisexuées, régulières ; pédicelle de 1,5–8(–12) cm de long ; épicalice absent ; calice en cloche ou en coupe, 5-lobé, de 6–22 mm de long ; pétales 5, soudés à la base et adnés à la base de la colonne staminale, de 12–33(–38) mm × 10–15(–25) mm, jaunes, orange ou rougeâtres ; colonne staminale de 5–7 mm de long, filets de 3–5 mm de long ; ovaire supère. Fruit : schizocarpe subglobuleux de méricarpes en forme de follicule ; méricarpes 20–40, de 10–17 mm × 4–6,5 mm, à arête de 3–5 mm de long, à terme étalés en étoile, noirs, à 2–3 graines. Graines d’environ 2,5 mm de long, brun foncé, papilleuses, papilleuses-épineuses vers le hile.

Au Bénin, Abutilon mauritianum fleurit et fructifie toute l’année.

Le genre Abutilon comprend 100–150 espèces et est réparti dans les régions tropicales et subtropicales. La taxinomie doit être revue car la définition de plusieurs espèces n’est pas claire. Bien que le spécimen type d’Abutilon mauritianum ait été recueilli à l’île Maurice, l’espèce n’y a jamais été trouvée à nouveau.

Ecologie

L’espèce se rencontre depuis le niveau de la mer jusqu’à 2200(–2500) m d’altitude en bord de rivière, dans les friches, le long des routes, parfois en savane, en lisière de forêt, en forêt claire, en savane arbustive et dans les endroits rudéraux. C’est une adventice des rizières.

Gestion

Abutilon mauritianum est seulement récolté dans la nature, mais il peut se multiplier par graines. La fibre se sépare par rouissage.

Ressources génétiques

Largement réparti et commun dans des milieux perturbés, Abutilon mauritianum n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Bien que la fibre soit créditée d’une certaine robustesse, on manque d’informations détaillées sur ses propriétés, ce qui complique l’évaluation des perspectives d’Abutilon mauritianum comme plante à fibres. Des précisions sur les types de tanins, de saponines et d’alcaloïdes présents dans les feuilles seraient utiles. L’activité antimicrobienne mérite une étude supplémentaire.

Références principales

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  • Verdcourt, B. & Mwachala, G.M., 2009. Malvaceae. In: Beentje, H.J. & Ghazanfar, S.A. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 169 pp.

Autres références

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  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Teklehaymanot, T., 2009 Ethnobotanical. study of knowledge and medicinal plants use by the people in Dek Island in Ethiopia. Journal of Ethnopharmacology 124(1): 69–78.

Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • E.G. Achigan Dako, PROTA Network Office Africa, World Agroforestry Centre (ICRAF), P.O. Box 30677-00100, Nairobi, Kenya

Consulté le 23 avril 2019.


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