Abutilon angulatum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Abutilon angulatum (Guill. & Perr.) Mast.


Protologue: Fl. trop. Afr. 1 : 183 (1868).
Famille: Malvaceae
Nombre de chromosomes:

Synonymes

  • Bastardia angulata Guill. & Perr. (1831),
  • Abutilon intermedium Hochst. ex Garcke (1867),
  • Abutilon eetveldeanum De Wild. & T.Durand (1899).

Noms vernaculaires

  • Elephant’s ear, fluted abutilon (En).

Origine et répartition géographique

Abutilon angulatum est répandu dans les régions sèches d’Afrique tropicale, depuis le Sénégal, la Gambie et le Mali jusqu’en Erythrée, en Ethiopie et en Somalie, et vers le sud jusqu’en Namibie, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud. Il est également présent à Madagascar.

Usages

L’écorce de tige produit une fibre utilisée localement pour la ficelle et les cordages. En Zambie, la fibre sert à coudre les nattes ensemble. A Madagascar, la fibre d’écorce se tisse pour obtenir des étoffes. Les feuilles, grandes et tendres, font parfois office de papier toilette.

Les feuilles et les fleurs sont cuites et consommées comme légume. Les feuilles et les tissus internes des tiges se mélangent au tabac et se fument. Les feuilles servent de fourrage. Les tiges sont utilisées comme amadou. Les abeilles butinent les fleurs. La plante a une valeur ornementale.

En médecine traditionnelle d’Afrique australe, la poudre de racine s’applique sur les brûlures. L’extrait de racine se boit en traitement de la toux et de la pneumonie, et pour soulager les douleurs de l’accouchement. L’infusion de racine entre dans la composition de préparations qui se prennent en cas d’épilepsie et de douleurs cardiaques. Les feuilles cuites ou crues se consomment comme remède contre le hoquet. A Madagascar, les fleurs servent à faire une lotion qui s’applique en cas de problèmes de peau.

Propriétés

Des fibres originaires du Zimbabwe étudiées au début du XXe siècle ont été décrites comme pâles et lustrées, mais courtes, peu résistantes et plus cassantes que celle du jute, mais cela pouvait s’expliquer par un traitement médiocre. On a constaté la présence d’alcaloïdes dans la plante.

Description

Plante herbacée vivace ou arbuste atteignant 5 m de haut ; tige et rameaux anguleux ; toutes les parties couvertes de poils grisâtres, avec de très courts poils étoilés et sans poils simples longs. Feuilles alternes, simples ; stipules subfalciformes, d’environ 4 mm de long, réfléchies, caduques ; pétiole de 1–12(–24) cm de long ; limbe plus ou moins arrondi à largement ovale, atteignant 30 cm × 26 cm mais habituellement bien plus petit, cordé à la base, aigu à acuminé à l’apex, bord denté, face supérieure vert-gris foncé, face inférieure bien plus pâle, à 5–9 nervures partant de la base. Inflorescence : grande panicule terminale et latérale, lâche, très ramifiée, et à terme dépourvue de feuilles ; pédoncule de 1–5 cm de long, accrescent. Fleurs bisexuées, régulières ; pédicelle de 1–5 cm de long ; épicalice absent ; calice en coupe, de 6–15 mm de long, 5-lobé, lobes ovales, aigus, submucronés ; pétales 5, soudés à la base et adnés à la base de la colonne staminale, de 9–22 mm de long, jaunes à orange ; colonne staminale de 5–8 mm de long, filets de 2–5 mm de long ; ovaire supère. Fruit : schizocarpe subglobuleux de méricarpes en forme de follicule, de 10–12 mm × 8–9 mm, déprimé, ombiliqué ; méricarpes 20–40, de 7–9 mm × 5–6 mm, arrondis ou à angle dorsal obtus, contenant 1 graine. Graines d’environ 2,5 mm de long, brun foncé, lisses à finement papilleuses, glabres.

En Afrique australe, la floraison a lieu en décembre–mai. Les fleurs s’ouvrent l’après-midi.

Le genre Abutilon comprend 100–150 espèces et est réparti dans les régions tropicales et subtropicales. La taxinomie doit être revue car la définition de plusieurs espèces n’est pas claire.

Les espèces d’Abutilon utilisées comme plantes à fibres à Madagascar sont entre autres Abutilon greveanum (Baill.) Hochr. et Abutilon pseudocleistogamum Hochr., toutes deux endémiques de l’île. Leurs fibres servent à fabriquer des cordages et le jus de leurs fleurs s’instille sur les plaies pour favoriser la cicatrisation. Les feuilles d’Abutilon pseudocleistogamum se mastiquent comme hémostatique. La décoction de feuilles aurait des propriétés ocytociques.

Au sein d’Abutilon angulatum, on distingue deux variétés :

– var. angulatum : indument glauque ; boutons floraux non anguleux ; lobes du calice triangulaires, généralement inférieurs à 6 mm de long, non veinés ou à veines à peines visibles ; largement réparti en Afrique tropicale.

– var. macrophyllum (Baker f.) Hochr. : indument plus jaunâtre ou brunâtre que glauque ; inflorescence habituellement plus courte, plus étroite et plus condensée que chez var. angulatum ; boutons floraux distinctement anguleux ; lobes du calice ovales à ovales-lancéolés, généralement de plus de 7 mm de long, à veines médianes distinctes ou plus ou moins carénées ; confinée à l’Afrique australe et à Madagascar.

Ecologie

Abutilon angulatum se rencontre depuis le niveau de la mer jusqu’à 2700 m d’altitude, en forêt claire, en ripisylve, savane boisée, au bord des routes en savane herbeuse et dans les friches. C’est aussi une plante adventice des cultures.

Gestion

Abutilon angulatum est seulement récolté dans la nature, mais il peut se multiplier par graines. Pour obtenir les fibres, on coupe les branches, on les effeuille et on les met à tremper toute une nuit dans l’eau ; après quoi, on les écorce et on sépare l’écorce interne de l’écorce externe. Une fois que les parties non fibreuses de l’écorce interne ont été grattées, on fait rouler les fibres entre les paumes ou sur la cuisse afin de les entortiller pour former une corde.

Ressources génétiques

Etant donné sa vaste répartition et sa présence dans des milieux perturbés, Abutilon angulatum n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Abutilon angulatum est largement disponible localement comme source de fibres. Il y a trop peu d’informations sur les propriétés des fibres pour évaluer son potentiel comme plante à fibres.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Hochreutiner, B.P.G., 1955. Malvacées (Malvaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), familles 129–130. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 170 pp.
  • Kirby, R.H., 1963. Vegetable fibres: botany, cultivation, and utilization. Leonard Hill, London, United Kingdom & Interscience Publishers, New York, United States. 464 pp.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
  • Verdcourt, B. & Mwachala, G.M., 2009. Malvaceae. In: Beentje, H.J. & Ghazanfar, S.A. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 169 pp.

Autres références

  • Bingham, M.H., 1990. An ethno-botanical survey of Senanga West. Senanga West Agricultural Development Area, Department of Agriculture, Republic of Zambia. 27 pp.
  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Decary, R., 1946. Plantes et animaux utiles de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 54e année, 6e série, 4e volume, 1er et dernier fascicule. 234 pp.
  • Maite, A.L., 1987. Some Malvaceae of Mozambique with medicinal properties. In: Leeuwenberg, A.J.M. (compiler). Medicinal and poisonous plants of the tropics. Proceedings of Symposium 5–35 of the 14th International Botanical Congress, Berlin, 24 July – 1 August 1987.Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 116–118.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Raffauf, R.F., 1996. Plant alkaloids: a guide to their discovery and distribution. Food Products Press, New York, United States. 279 pp.
  • SEPASAL, 2009. Abutilon angulatum. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ ceb/sepasal/. November 2009.
  • Thulin, M., 1999. Malvaceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 2. Angiospermae (Tiliaceae-Apiaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 40–83.
  • Vollesen, K., 1995. Malvaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 190–256.

Auteur(s)

  • E.G. Achigan Dako, PROTA Network Office Africa, World Agroforestry Centre (ICRAF), P.O. Box 30677-00100, Nairobi, Kenya

Consulté le 20 avril 2019.


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