Abelmoschus ficulneus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Abelmoschus ficulneus (L.) Wight & Arn. ex Wight


Protologue: Prodr. Fl. Ind. Orient. 1 : 53 (1834).
Famille: Malvaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 72

Synonymes

Hibiscus ficulneus L. (1753).

Noms vernaculaires

  • Ketmie faux ficus (Fr).
  • Native rosella (En).

Origine et répartition géographique

Abelmoschus ficulneus est présent en Afrique tropicale (y compris Madagascar), en Asie et en Australie. En Afrique tropicale, sa répartition est éparse. Il se rencontre surtout en Afrique de l’Est depuis le Soudan, l’Erythrée et la Somalie jusqu’en Zambie et au Mozambique. En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, sa présence est signalée pour le Niger, le nord du Nigeria et le Tchad.

Usages

La tige produit une fibre blanche dont on tire de la ficelle et des cordages légers. La tige verte produit un extrait mucilagineux qui clarifie efficacement le sirop de canne à sucre. En Egypte, la plante est cultivée comme légume. Les fruits sont comestibles et au Soudan, on consomme aussi bien les fruits que les feuilles en période de disette. Les graines sont utilisées en Arabie pour améliorer le goût du café.

Les feuilles broyées avec de l’eau salée sont utilisées en Indonésie contre la diarrhée. En Inde, la décoction de racine fraîche broyée se prend pour traiter les carences en calcium. Dans les cas de piqûre de scorpion, on écrase la racine dans un verre d’eau et on la boit, tandis qu’on applique la pâte de racine dans la région de la piqûre.

Propriétés

Les faisceaux de fibres en coupe transversale sont plus ou moins carrés à allongés radialement, très espacés avec des cellules disposées de façon compacte. Les indications sur la qualité des fibres d’Abelmoschus ficulneus d’origine indienne sont contradictoires.

Par 100 g de matière sèche, les graines contiennent 14 g de lipides et 20–25 g de protéines. Les principaux acides gras de l’huile des graines sont les suivants : acide palmitique 27–32%, acide oléique 23–32% et acide linoléique 10–42%. L’huile contient également de l’acide malvalique et de l’acide sterculique, connus pour déclencher des réactions physiologiques anormales chez les animaux. La composition en acides aminés essentiels des protéines des graines est la suivante : lysine 7,1%, méthionine 2,8%, phénylalanine 6,8%, thréonine 2,8%, valine 5,9%, leucine 6,5% et isoleucine 3,4%. Les fruits sont riches en vitamine C, avec une teneur de 38 mg par 100 g de matière fraîche.

Description

Plante herbacée annuelle atteignant 2 m de haut ; tige épaisse, glabre ou à dense pubescence glandulaire. Feuilles alternes, à poils étoilés simples ; stipules linéaires ou filiformes, de 5–12 mm de long, hirsutes ; pétiole de 2–21 cm de long, poilu ; limbe orbiculaire, profondément 3–5-lobé, atteignant 16 cm × 16 cm, cordé à la base, lobes subaigus à largement arrondis, bord denté en scie, scabre des deux côtés. Fleurs bisexuées, régulières, solitaires à l’aisselle des feuilles ou en grappe terminale ; pédicelle de 0,5–2,0(–2,5) cm de long, élargi et en coupe à l’apex ; bractées de l’épicalice 5–6, linéaires à lancéolées, atteignant 12 mm × 2 mm, rugueuses, caduques avant l’épanouissement de la corolle ; calice de 17–23 mm de long, à 5 dents, tomentelleux ; pétales 5, obovales, de 2–3,5 cm × 1,5–3 cm, d’un blanc uniforme, virant au rose ; étamines très nombreuses, filets soudés en une colonne de 1–1,5 cm de long, glabre ; ovaire supère, 5-loculaire. Fruit : capsule ellipsoïde de 3–4 cm × 1,5–2 cm, pubérulente à pubescente ; valves aiguës ou aristées à arêtes atteignant 3 mm de long. Graines globuleuses, de 3–4 mm de diamètre, noires, à lignes concentriques, glabre ou à poils étoilés ou crépus.

Le genre Abelmoschus comprend environ 6 espèces en Afrique tropicale, en Asie et en Australie. Il était auparavant inclus dans le genre Hibiscus. La délimitation des espèces au sein du genre repose sur le nombre de bractées involucrales, leurs dimensions et leur persistance, les caractéristiques de l’indument ainsi que la forme et les dimensions des capsules. Abelmoschus ficulneus est probablement une des espèces parentes d’Abelmoschus esculentus (L.) Moench., qui est un légume important, l’autre étant Abelmoschus tuberculatus Pal & H.B.Singh. Abelmoschus ficulneus est parfois confondu avec Abelmoschus esculentus.

Ecologie

Abelmoschus ficulneus est présent du niveau de la mer jusqu’à 1350 m d’altitude dans les régions ayant une saison sèche marquée, habituellement en savane herbeuse, en savane arbustive, en jachère ou comme adventice des terres cultivées. Il est également présent dans les sols saturés en eau à proximité des rivières.

Gestion

Fusarium chlamydosporum s’est avéré être à l’origine du chancre des tiges chez la plupart des espèces d’Abelmoschus, dont Abelmoschus ficulneus. La plante est sensible au virus de la mosaïque des nervures jaunes au Sri Lanka.

Ressources génétiques

Rien n’indique l’existence d’une menace sur les ressources génétiques de cette espèce. Cependant, il n’existe d’entrées d’Abelmoschus ficulneus que dans quelques banques de gènes. On signale quelques collections au Soudan et en Inde. Des essais menés sur Abelmoschus ficulneus ont indiqué qu’il ne se croisait pas avec Abelmoschus manihot Medik. ou Abelmoschus esculentus.

Perspectives

L’importance d’Abelmoschus ficulneus se cantonne surtout au niveau local en Afrique tropicale, et il est probable qu’il continuera à en être ainsi. Il est probablement sous-collecté en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Références principales

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  • Sundar Rao, K., Pantulu, A.J. & Lakshminarayana, G., 1983. Analysis of Calotropis gigantea, Acacia caesia, and Abelmoschus ficulneus seeds. Journal of the American Oil Chemists’ Society 60(7): 1259–1261.
  • Verdcourt, B. & Mwachala, G.M., 2009. Malvaceae. In: Beentje, H.J. & Ghazanfar, S.A. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 169 pp.

Autres références

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Auteur(s)

  • E.G. Achigan Dako, PROTA Network Office Africa, World Agroforestry Centre (ICRAF), P.O. Box 30677-00100, Nairobi, Kenya

Consulté le 21 avril 2019.


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