Areca catechu : Différence entre versions
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+ | Si l’on ne chique plus beaucoup au Laos, en tout cas en ville, on a beaucoup chiqué autrefois, surtout les femmes, et c’est encore une tradition très répandue dans toute l’Asie. La chique basique se compose d’une feuille de bétel sur laquelle est étalé un peu de chaux et qui enveloppe un morceau de noix d’arec, mais tous ces éléments sont variables et modulables. | ||
+ | Il est difficile de déterminer si l’on chique pour le plaisir, par habitude ou par souci d’hygiène, mais, ce qui est certain, c’est que la noix d’arec est recommandée pour maintenir les gencives et les dents en bon état et pour avoir une haleine parfumée. Le plaisir donné par la chique vient sans doute du fait que la noix d’arec est sédative et provoque une légère ivresse, on en prend ainsi pour soulager la douleur. | ||
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+ | '''Médecine''' | ||
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+ | Les feuilles de l’aréquier sont prescrites en décoction pour la bronchite ; écrasées au mortier elles sont appliquées sur les lumbagos. Petelot donne pour la dysenterie une recette peut-être efficace mais qui ne serait plus admise aujourd’hui : « on prend une noix d’arec verte et une boulette d’opium de grosseur variable selon la tolérance du malade, en général de la taille d’un grain de maïs…on fait des incisions sur la noix, on y glisse l’opium, on chauffe au feu, on fait une décoction avec … ». | ||
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+ | Parmi d’autres usages traditionnels, retenons que l’écorce de l’aréquier donne une teinture marron et que le cœur du tronc constitue un met délicieux. | ||
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+ | Même si la noix d’arec tend à disparaître comme masticatoire, sa fonction symbolique est toujours opératoire. Elle reste ainsi présente dans la plupart des cultes, seule ou associée au bétel : des chapelets de noix d’arec sont offerts aux génies, leur nombre correspondant souvent à l’âge du sacrifiant ; dans les pyramides d’offrandes sont enfilées successivement tranches de noix d’arec et feuilles de bétel ; dans les ''kathong'' (plateaux d'offrandes aux génies) sont disposées entre autres des anneaux de noix d’arec dans lesquels sont enfilées des feuilles de bétel. L’aréquier, sous toutes ses formes, fleurs, fruits et palmes, est enfin, dans un mariage, présage d’un avenir heureux pour les jeunes époux. | ||
== Références == | == Références == |
Version du 25 mars 2018 à 18:02
Areca catechu L.
Ordre | Arecales |
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Famille | Arecaceae |
Genre | Areca |
2n =
Origine : aire d'origine
sauvage ou cultivé
Français | aréquier / noix d'arec |
---|---|
Anglais | betel palm / betel nut |
Sommaire
Description
L’aréquier, originaire de Malaisie, est un palmier de 15 à 30 m de haut, cultivé dans toute l’Asie tropicale. Ses fruits de 3 ou 4 cm sont ovoïdes, rouges orangés à maturité avec une seule graine et ils forment des grappes à la base des palmes. Un aréquier fructifie au bout de 5 à 6 ans.
Noms populaires
français | aréquier |
anglais | areca palm, betel palm |
vietnamien | cau |
laotien | ຫມາກ, ກົກ, mak, kok |
Classification
Areca catechu L. (1753) "cathecu"
Cultivars
Histoire
Le nom français du palmier aréquier est un emprunt au portugais areca, ce nom étant lui-même originaire d’une langue indienne : « Les Indiens en usent fort (du bétel) et tous mâchent cette feuille presque continuellement la mêlant avec un peu de chaux et du fruit qu’ils appellent Areque pour diminuer l’amertume » . Cette note de Pyrard de 1611 prouve bien que le terme n’est pas récent. Quant au nom scientifique, il lui est donné par Linné : Areca catechu, c'est-à-dire qui donne du cachou (pâte pharmaceutique préparée avec les gousses et le bois du Mimosa catechu, autre arbre des Indes avec lequel il y a sans doute eu, ponctuellement, confusion).
Usages
Masticatoire
Si l’on ne chique plus beaucoup au Laos, en tout cas en ville, on a beaucoup chiqué autrefois, surtout les femmes, et c’est encore une tradition très répandue dans toute l’Asie. La chique basique se compose d’une feuille de bétel sur laquelle est étalé un peu de chaux et qui enveloppe un morceau de noix d’arec, mais tous ces éléments sont variables et modulables. Il est difficile de déterminer si l’on chique pour le plaisir, par habitude ou par souci d’hygiène, mais, ce qui est certain, c’est que la noix d’arec est recommandée pour maintenir les gencives et les dents en bon état et pour avoir une haleine parfumée. Le plaisir donné par la chique vient sans doute du fait que la noix d’arec est sédative et provoque une légère ivresse, on en prend ainsi pour soulager la douleur.
Médecine
Les feuilles de l’aréquier sont prescrites en décoction pour la bronchite ; écrasées au mortier elles sont appliquées sur les lumbagos. Petelot donne pour la dysenterie une recette peut-être efficace mais qui ne serait plus admise aujourd’hui : « on prend une noix d’arec verte et une boulette d’opium de grosseur variable selon la tolérance du malade, en général de la taille d’un grain de maïs…on fait des incisions sur la noix, on y glisse l’opium, on chauffe au feu, on fait une décoction avec … ».
Artisanat
Parmi d’autres usages traditionnels, retenons que l’écorce de l’aréquier donne une teinture marron et que le cœur du tronc constitue un met délicieux.
Symbole
Même si la noix d’arec tend à disparaître comme masticatoire, sa fonction symbolique est toujours opératoire. Elle reste ainsi présente dans la plupart des cultes, seule ou associée au bétel : des chapelets de noix d’arec sont offerts aux génies, leur nombre correspondant souvent à l’âge du sacrifiant ; dans les pyramides d’offrandes sont enfilées successivement tranches de noix d’arec et feuilles de bétel ; dans les kathong (plateaux d'offrandes aux génies) sont disposées entre autres des anneaux de noix d’arec dans lesquels sont enfilées des feuilles de bétel. L’aréquier, sous toutes ses formes, fleurs, fruits et palmes, est enfin, dans un mariage, présage d’un avenir heureux pour les jeunes époux.