Trichoscypha arborea (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fruit Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Trichoscypha arborea (A.Chev.) A.Chev.


Protologue: Explor. bot. Afrique occ. franç. : 161 (1920).
Famille: Anacardiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 48

Origine et répartition géographique

Trichoscypha arborea se rencontre depuis l’est de la Guinée et la Sierra Leone jusqu’à l’ouest du Cameroun.

Usages

Le bois de Trichoscypha arborea, connu en Côte d’Ivoire sous le nom de “dao”, est employé localement, surtout en construction. Il est également utilisé pour la confection de pirogues et de planches. Il convient pour la parqueterie légère, la menuiserie, les boiseries intérieures, le mobilier, l’ébénisterie, les instruments de musique, les mortiers, les jouets, les articles de fantaisie, le placage, le contreplaqué, les panneaux durs et les panneaux de particules. On a constaté qu’il jouait un certain rôle dans l’industrie de la pâte à papier, employé seul ou mélangé à d’autres bois. L’écorce contient de la résine qui se prête à la production de vernis et à des usages médicinaux. En Côte d’Ivoire, les Guérés utilisent cette résine pour éviter les fausses couches et pour soigner la diarrhée, la dysenterie et l’aménorrhée. Les fruits, comestibles, sont très prisés par les autochtones.

Production et commerce international

Le bois de Trichoscypha arborea est essentiellement utilisé localement. On ne dispose pas de statistiques concernant la production et le commerce. L’écorce se vend couramment sur les marchés locaux de Côte d’Ivoire à des fins médicinales.

Propriétés

Le bois de cœur a une couleur variable, qui va du gris rosé au brun rougeâtre ou au brun jaunâtre, teinté de vert-rosé, souvent avec des bandes plus foncées, et se distingue nettement de l’aubier grisâtre. Souvent contrefil, le grain est plutôt fin et régulier. Le bois est lustré, inodore et insipide lorsqu’il est sec.

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 730–850 kg/m³ à 12% d’humidité, et dur. Les caractéristiques de séchage sont satisfaisantes, en dépit de taux de retrait importants. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 151–172 N/mm², le module d’élasticité de 16 170 N/mm², la compression axiale de 61–69 N/mm², le fendage de 20–24 N/mm, la dureté de flanc Chalais-Meudon de 3,5–5,2 et la dureté Janka de flanc de 8940 N.

Le bois n’est pas difficile à scier et à travailler, mais il a tendance à donner un surfaçage rugueux. Il est moyennement durable puisqu’on escompte que sa durée de vie à l’extérieur est de l’ordre de 8–15 ans ; il est sujet aux attaques de Lyctus, de termites et de térébrants marins.

Des 5-désoxyflavonoïdes (la sulfurétine, la fisétine et la rengasine) ont été isolés du bois de cœur de Trichoscypha arborea.

Un fruit pèse en moyenne 45 g, dont 80% environ de pulpe sucrée.

Description

Arbre de taille petite à moyenne atteignant 30 m de haut, sempervirent, dioïque ; fût souvent dépourvu de branches sur une hauteur considérable, généralement rectiligne mais parfois tortueux, jusqu’à 50 cm de diamètre, souvent à légers contreforts ; surface de l’écorce légèrement écailleuse, grisâtre, écorce interne fibreuse, brun rougeâtre à brun pourpre, exsudant de petits points de résine blanchâtre ; cime de petite taille et dense ; branches plus ou moins verticillées. Feuilles alternes, groupées près de l’extrémité des rameaux, composées imparipennées à 6–9 paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole et rachis mesurant ensemble jusqu’à 70 cm de long ; pétiolules de 3–15 mm de long, ridés ; folioles alternes à opposées, étroitement ovales à elliptiques, de 12–26 cm × 3–9 cm, cunéiformes à la base, acuminées à l’apex, coriaces, glabres, pennatinervées à 9–14 paires de nervures latérales. Inflorescence : grande panicule érigée de 80 cm de long, glabre ou légèrement couverte de poils courts. Fleurs unisexuées, régulières, 4-mères, rouges à violacées, presque sessiles ; calice à lobes courts, d’environ 0,5 mm de long, poilu ; pétales libres, ovales, d’environ 1 mm de long ; disque glabre ; étamines libres, alternant avec les pétales ; ovaire supère, 1-loculaire, styles 3–4, courts ; fleurs mâles à ovaire fortement réduit, fleurs femelles à étamines réduites. Fruit : drupe ellipsoïde de 2–2,5 cm × 1,5–2 cm, rouge à maturité, glabre, à pulpe jaune, fibreuse mais douceâtre, contenant 1 graine. Plantule à germination hypogée, à cotylédons enveloppés par la pulpe du fruit ; épicotyle de 10–12 cm de long, cannelé longitudinalement, brun rougeâtre, à poils fins ; premières feuilles opposées et simples.

Autres données botaniques

Le genre Trichoscypha comprend une trentaine d’espèces et est pratiquement limité à l’Afrique occidentale et centrale. C’est le Cameroun et le Gabon qui en comptent le plus, avec 16 et 13 espèces, respectivement.

Trichoscypha lucens

Trichoscypha lucens Oliv. (synonymes : Trichoscypha chevalieri Aubrév. & Pellegr., Trichoscypha ealaensis Van der Veken, Trichoscypha oba Aubrév. & Pellegr., Trichoscypha ulugurensis Mildbr., Trichoscypha yapoensis Aubrév. & Pellegr.) est un arbuste ou un petit arbre variable atteignant 15(–25) m de haut, répandu en Afrique occidentale et centrale ; c’est la seule espèce de Trichoscypha qui s’étende jusqu’en Afrique orientale et australe. Son bois sert parfois aux mêmes usages que celui de Trichoscypha arborea. Il est solide, résistant, flexible et durable, et sert en outre à la confection d’arcs, de flèches et de masques fétiches. Son fruit est comestible.

Trichoscypha bijuga

Trichoscypha bijuga Engl. (synonyme : Trichoscypha beguei Aubrév. & Pellegr.) est un arbuste ou un petit arbre du sous-étage de la forêt présent du Liberia jusqu’à l’ouest de la R.D. du Congo et du nord de l’Angola. Le bois sert probablement aux mêmes usages que celui de Trichoscypha arborea.

Trichoscypha cavalliensis

Trichoscypha cavalliensis Aubrév. & Pellegr. est un arbre du sous-étage atteignant 20 m de haut, au fût rectiligne de 20 cm de diamètre, présent au Liberia, en Côte d’Ivoire et au Ghana. Son bois durable sert à confectionner des poteaux pour la construction de maisons. Trichoscypha cavalliensis est classé comme vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 65 : présence de fibres cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; (79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon)) ; (84 : parenchyme axial paratrachéal unilatéral) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; (108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 130 : canaux radiaux.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 138 : cristaux prismatiques dans les cellules couchées des rayons ; (140 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées, dressées et/ou carrées des rayons).

(N.P. Mollel, P.E. Gasson & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

Les semis développent une racine pivotante rouge foncé avec de minces racines latérales. Les 5–10 premières feuilles des semis sont simples ; les premières feuilles composées se forment 6–12 mois après la germination. C’est un arbre sempervirent, mais les bourgeons des nouvelles feuilles rouge foncé apparaissent au terme de la saison des pluies. On a constaté que les arbres fleurissaient de mai à novembre, et que les fruits mûrissaient 4 mois plus tard environ. Ce sont les singes qui s’en nourrissent, servant ainsi à en disperser les graines.

Ecologie

Trichoscypha arborea se rencontre la plupart du temps dans la forêt sempervirente, parfois dans la forêt humide semi-décidue, souvent le long des cours d’eau et des côtes. On le trouve jusqu’à 300 m d’altitude et il préfère les endroits humides mais perméables.

Multiplication et plantation

On compte 700–800 graines par kg. Elles commencent à germer 3–8 semaines après le semis, mais certaines d’entre elles germent encore au bout de 3 ans. Le taux de germination est normalement élevé, de 80–90%.

Ressources génétiques

L’aire de répartition de Trichoscypha arborea est étendue et il est localement commun. Rien n’indique qu’il soit commercialement exploité ou que des menaces pèsent sur lui ; ainsi ne semble-t-il pas susceptible de souffrir d’érosion génétique.

Perspectives

Trichoscypha arborea est un arbre à fins multiples dont les perspectives en tant qu’essence à bois d’œuvre commercial sont limitées à cause de la petite dimension de son fût. Toutefois, il est très apprécié pour ses fruits et pour l’usage que la médecine fait de la résine de son écorce. Il est recommandé d’effectuer des recherches sur sa domestication car il pourrait avoir un avenir en tant qu’arbre fruitier dans les plantations agroforestières.

Références principales

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  • Breteler, F.J., 2004. The genus Trichoscypha (Anacardiaceae) in Lower Guinea and Congolia: A synoptic revision. Adansonia, sér. 3, 26(1): 97–127.
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  • Sallenave, P., 1955. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux de l’Union française. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent sur Marne, France. 129 pp.
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Autres références

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  • Cooper, G.P. & Record, S.J., 1931. The evergreen forests of Liberia. School of Forestry, Yale University, Bulletin 31, New Haven, United States. 153 pp.
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  • Faure, J.J. & Louppe, D., 2006. Des fruitiers africains méconnus: les Trichoscypha. Le Flamboyant 61: 11–14.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
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  • Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by Keay, R.W.J., Onochie, C.F.A. & Stanfield, D.P. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1986. Anacardiaceae. In: Polhill, R.M. (Editor), 1986. Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 59 pp.
  • Normand, D., 1955. Atlas des bois de la Côte d’Ivoire. Tome 2. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 132 pp.
  • Widodo, S.H., 2001. Crescentia L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 191–194.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1996. Fruitiers sauvages d’Afrique: espèces du Cameroun. Ministère Français de la Coopération, Paris, France & CTA, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome deuxième. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 341 pp.
  • Breteler, F.J., 2001. The genus Trichoscypha (Anacardiaceae) in Upper Guinea: A synoptic revision. Adansonia, sér. 3, 23(2): 247–264.
  • Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Obeng, E.A., 2010. Trichoscypha arborea (A.Chev.) A.Chev. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 1 octobre 2020.


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