Sanouber (Ibn al-Baytar)

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Samgh es-serou
Ibn al-Bayṭār, Traité des simples
Sandel


1417 - Sanouber, Pins et cônes de pins.


Nom accepté : [[]]

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  • Galien, livre VIII. Le fruit de la grande espèce, quand il est frais, a de l’amertume et de l’âcreté, en même temps que de l’humidité.
  • Dioscorides I, 88. Le fruit du pin (strôbilos), mangé ou pris avec de la semence de concombre dans du vin doux, est diurétique.
  • Massîh. La graine du grand cône est chaude et sèche au second degré. Elle convient contre les douleurs de la vessie et des reins causées par l’âcreté de la bile. Si l’on en applique avec du suc d’absinthe dans les coliques d’estomac, on les fait disparaître. Elle fortifie les corps affaiblis.
  • Razès, dans le Continent. Le fruit du grand cône est chaud et humide. Il est flatulent et donne un chyme grossier mais qui n’est pas de mauvaise nature.
  • Le même, dans son Traité des Correctifs alimentaires. Ce fruit est très-chaud, au point que son usage est salutaire aux paralytiques. Il excite au coït et échauffe fortement les reins. Il expulse les vents. Les sujets à tempérament chaud ne doivent pas le prendre comme aliment, surtout dans les temps chauds. S’il leur arrive d’en manger, ils doivent, à la suite, prendre des fruits acides et rafraîchissants. Les vieillards et les sujets à tempérament froid s’en trouvent bien en ce qu’il les réchauffe, qu’il enlève la pituite accumulée dans leurs poumons et qu’il réchauffe leurs organes.
  • Le même, dans le Mansoury. II’convient dans les tremblements et l’asthme. Il accroît la liqueur séminale.
  • El-Basry. Il se digère promptement et fournit une forte alimentation.
  • Ishak ibn Amrân. La graine du grand cône est chaude au premier degré. Elle fournit un aliment grossier et se digère lentement. Prise avec du miel, elle exci-te l’appétit vénérien et purge les reins et la vessie des calculs et des graviers.
  • Ibn Massodîh. Ce fruit est chaud au second degré et sec au premier. Il est très-nourrissant, lourd, et se digère lentement. Il convient aux sujets affaiblis. Il dessèche les humeurs corrompues engendrées dans les organes. Pris avec de la gelée de raisins, il déterge les humeurs des reins et de la vessie, est salutaire contre lé. pus et les calculs qu’ils renferment, ainsi que contre les humeurs corrompues. 11 fortifie la vessie et l’aide à contenir son urine.
  • Galien. Quant à la graine de la petite espèce (connue sous le nom de kadhùn koreich, ji*tj£ (&&*), c’est-à-dire de cette espèce de pin appelée piihus, q^^laj, et suivant d’autres, de l’espèce appelée penkê, lïyi, ses propriétés sont dépuralives, attendu qu’elle a de l’astringence avec un peu de chaleur, d’àcreté et d’amertume ; c’est pourquoi elle convient aux sujets qui ont des matières à expectorer de la poitrine et du poumon.
  • Dioscorides. Pithuides (u*!<>sjJba£, c’est le kadhim koreich) : c’est le fruit du tennoub, u^i, et de l’arz, jj) (en grec pilas et peukê), contenu dans son cône. Ces graines jouissent de propriétés astringentes et légèrement échauffantes. Elles sont salutaires contre la toux et les affections thoraciques, employées seules ou avec de l’eau miellée.
  • Autre. Leur usage excessif entraîne des coliques.
  • Abou Hanîfa. L’arz et le sanouber’ne donnent pas de fruit. Mais on se sert de leur bois pour éclairer comme on se sert de la cire ; ce bois que l’on emploie comme flambeau est autre chose que le dâdy roumi.
  • Livre de l’Agriculture. L’arz est un arbre dont le tronc est volumineux ; ses feuilles sont comme des aiguilles, groupées, à pointe fine et aiguë et à base un peu plus épaisse. Il s’élève à la hauteur du platane. Il se distingue du pin mâle en ce que celui-ci ne porte aucun fruit et fournit le goudron, tandis que l’arz porte un fruit, ne sert pas à fabriquer le goudron et a le bois plus noueux. Il porte à ses nœuds une graine pareille aux pois chiches, noire à l’intérieur, jaune en dedans, d’une odeur et d’une saveur désagréables. Il est peu nourrissant ; cependant les habitants du littoral de la mer Rouge en mangent, à défaut de fruits. Sa résine ressemble à celle du pin comme caractères physiques et comme propriétés.
  • Galien. L’écorce du petit pin jouit d’une astringence si marquée, qu’appliquée localement, elle guérit l’intertrigo, £. Administré à l’intérieur, le pin resserre le ventre. Il est salutaire contre les brûlures causées par l’eau chaude. Il en est de même.de l’écorce de l’arbre appelé foakè (peuhè), dont les propriétés sont pareilles, mais plus faibles. Quant aux feuilles de ces deux arbres, elles sont plus humides que l’écorce. Elles ont la propriété de cicatriser les parties contuses. Quant au grand pin, ses feuilles et son écorce ont des propriétés pareilles à celles de ces deux arbres; cependant il a plus d’énergie et ne peut produire convenablement les mêmes effets, attendu qu’il est irritant. Le noir de fumée recueilli des arbres dont nous avons parlé est salutaire aux paupières relâchées et dont les cils tombent, contre l’érosion des angles de l’œil, la lippitude et le larmoiement.
  • Dioscorides. Pithos, ^J&n (c’est le tennoub, vjàs), foukè, liy (c’est Varz, jji), une espèce du genre précédent. Employée avec de la cire fondue et de l’huile de myrte, elle consolide les ulcères.
  • Le même, livre V. Voici la manière de préparer le vin de pin : on prend le fruit encore frais, on

le triture et on le jette dans du vin doux.

  • Le Chérif. Si l’on triture le gros fruit du pin, qu’on le prépare avec du miel et que l’on en prenne chaque jour trois drachmes à jeun, cette pratique est efficace contre la paralysie. La décoction du bois, employée en lotions, est salutaire contre la lassitude.

Dans ce chapitre, il est question des pins, de leurs fruits et de leurs graines, et cela sous la rubrique sanouber, qui est proprement le fruit, mais qui s’applique aussi, dans l’usage vulgaire et moderne, au pin lui-même, en général. Dans le pitus des Grecs, on s’accorde à voir le Pinas pinea. Quant au peuce, les avis sont partagés : Sprengel incline à y voir le Pinus cembro, déjà mis en avant par Mathiole. L’elatè répond à l’abies des Latins, le sapin des modernes. Il est difficile d’avoir une synonymie arabe positive. Cependant, nous voyons ici le pitus rendu par tennoub et le peucè par arz. On sait que ce mot s’applique aussi au cèdre. Nous avons déjà dit que le pin est nommé aujourd’hui sanouber ou diedjret es-sanouber. Pour certains auteurs, le sanouber serait le pin à cônes volumineux et le tennoub le pin à fruits petits. Le strobilos des Grecs, fruit ou cône de pins, est rendu par le mot sanouber. Quant aux graines qu’il contient, les pituïdes des Grecs, ce sont les kadhîm koreich des Arabes et les pignons des modernes. Avicenne a donné aux pignons qui proviennent des grands cônes le nom de djillaouz qui signifie proprement une noisette. Aujourd’hui, en Algérie, on récolte et on mange la graine du pin sous le nom de zgougou. Abou Hanîfa dit que le sanouber et l’arz ne donnent pas de fruit. Cela nous semble indiquer une valeur toute spéciale et locale de ces expressions et s’appliquer à la graine du pignon plutôt qu’au fruit lui-même. Avicenne a traité du pin sous la rubrique tennoub. Il dit que le peucè en est une espèce laquelle fournil le kadlûm koreich. A l’article kuml koreich, il reproduit l’article pitaides de Dioscorides. Il traite encore des diyerses parties du pin, moins le fuit, à l’article sanouber. Enfin, il reparle des graines aux articles djillaous et habb es-sanouber. Sprengel, dans son Histoire de la Botanique, I, p. a68, nous paraît s’être mépris en faisant deux choses différentes du djillaouz d’Avicenne et du habb es-sanouber. Pour lui, le pin à grands cônes serait le Pinus halepensis et le tennoub le Pinus orientalis. Nous reverrons les différentes espèces de pins à propos des résines, à l’article eilk, n" 1581. Sontheimer s’est mépris à propos du mot (^alà , dans Abou Hanîfa, en l’écrivant ^Ij- Ce mot dérive du grec Aâs. Dans la citation d’Abou Hanîfa, qui se lit chez Sérapion, ce mot est dit d’origine grecque. C’est le latin tæda.