Melicoccus bijugatus (Rollet, Antilles)

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Hypelate trifoliata
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Sapindus saponaria
Planche 223 : SAPINDACEAE. V. Cupania triquetra. A. Fruit. B. Écorce (coupe transversale). VI. Exothea paniculata. C. Rameau fleuri. D. Écorce (coupe transversale). VII. Meliococcus bijugatus. E. Écorce (coupe transversale).

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Melicoccus bijugatus Jacq. Enum. Syst. Pl : 19 (1760). [sic : Meliococcus bijugatus]

Noms vernaculaires : Fr : Kenettier, Kenepier (Guadeloupe) ; Kénettier (Martinique) ; Quenette ; Chenet ; Quenet (Dominique) ; Chenet (Trinidad) ; Quénépé (Haïti). A : Kinep, Ginep, Spanish lime, Jamaica bullace plum, Kanappy (Puerto Rico) ; Genip tree (Jamaïque) ; Ackee tree (Barbade) ; Chennet (Ste-Lucie). Esp : Quenepa, Mamon.

Description : Arbre jusqu’à 25 m de haut et 1,7 m de diamètre (BRITTON et al.) ; 30 m et 1,2 m de diamètre in MARSHALL. Pied : grosses pattes à dos rond. Écorce : épaisseur totale : 10-11 mm sur un diamètre de 70 cm. Aspect externe : gris fer, sublisse à lisse (sauf au pied). Rhytidome : caduc en plaques irrégulières, petites, plus ou moins rectangulaires. Écorce vivante : blanchis orange-carmin très grumeleux ; section transversale : partie externe rosée grossièrement feuilletée par les bandelettes de sclérenchyme en chicane, tangentielles passant au jaune orange vers l’intérieur ; la partie mince qui touche l’aubier est blanc jaunâtre. Aubier : blanc à jaune d’or ; rayons subvisibles ; parenchyme circummédullaire en bandes fines ondulées ; marron sur fond jaune, régulièrement espacées. Feuilles : alternes, composées imparipennées, 2 à 4 paires de folioles sessiles, lancéolées, inégales, les plus grandes au sommet, 3 à 4,5 × 5 à 13 cm ; rachis ailé ou non ; très ailé sur les plantules.


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Fleurs : inflorescences en panicules, dioïques, mais aussi monoïques en partie. Fruits : ronds, 3 cm de diamètre, 1 graine ronde, noire ; arille blanc jaunâtre. Phénologie : sempervirent. Fleurs en avril, mai, juin. Fruits de juin à août, graines disséminées par les oiseaux et les chauve-souris (MARSHALL). Habitat : forêt sèche littorale ou semi-décidue. Partout entre 0 et 350 m ; ne semble pas exister spontanément en forêt aujourd’hui ; la forêt mésophile dont il est originaire a disparu. Tempérament : mi-héliophile ; tolère un couvert assez fermé. Plantule : Type VII. Le fruit reste au sol. L’axe aérien produit une série d’écailles alternes (6-7), puis des feuilles alternes composées. Ces feuilles sont caractérisées par un rachis ailé muni d’un appendice linéaire à son extrémité distale, entre les insertions des deux dernières folioles. Les premières feuilles sont à deux folioles, légèrement dissymétriques à la base. « L’aile » du rachis, c’est-à-dire son expansion laminarisée latérale, est fréquemment échancrée de façon symétrique. Les folioles additionnelles n’apparaissent qu’à partir de la 3ème ou la 5ème. Des feuilles réduites s’intercalent parfois entre la dernière écaille et la première feuille bifoliolée.

Usages : Bois gris jaunâtre, assez dur (d = 0,64). Feuillage utilisé comme fourrage de famine (QUESTEL, 1951). Ornemental ; mellifère. Le fruit est repellent pour les Yenyen, Ceratopogonidae (Sandflies) [sic :Yenhen, Ceratopogoniadae (Sandlies)] JAGAN. L’arille du fruit est comestible, acidulée, astringente, agréable. Arbre de chasse : fruits dispersés par les oiseaux et chauve-souris. Médicinal : rhumes, grippe, fièvre, gargarismes (OLUGBALA).

Distribution générale : Originaire de Colombie, Vénézuéla, Guyane ; largement planté et naturalisé ailleurs, aux Bahamas, à Cuba, en Amérique centrale et du Sud ; introduit en Asie (LW) et en Afrique (STOFFERS) ; semblerait spontané à Trinidad.

Distribution aux Petites Antilles : Dans presque toutes les îles, sauf peut-être à Anguilla, St Kitts, Nevis, Montserrat, Terre-de-Haut, St Vincent, Grenadines et Grenade.

Matériel examiné : SM : vu au Pic Paradis, 300 m (FIARD & ROLLET) ; Saba : The Bottom (BOLDINGH). SB : QUESTEL 493, çà et là dans toute l’île, naturalisé (P) ; vu aux environs de Gustavia et base Morne Grand Fond 100-200 m (FIARD & ROLLET). SE : vu à la base de pentes (BOLDINGH, Suringar, STOFFERS). At : vu à Boggy Peak, 300-350 m ; Sugar Loaf, 50 m ; Darkwood, 0 m (DAVID & ROLLET). BT : FOURNET 4391, Vieux-Habitants (P) ; FOURNET 4600, Baie Mahault, arrière mangrove (P) ; DUSS 223, planté ville de Basse-Terre (P) ; ROLLET 1215, Monts Caraïbes, 200 m (GUAD) ; vu à Rivière du Plessis, 700 m (ROLLET). GT : vu dans les Grands-Fonds, fréquent dans les mornes calcaires (naturalisé ?) de Grande-Terre, 0 à 100 m ; Anse à l’eau ; Anse Patate près du Moule. Dé : vu en bas de pente côte NW (DAVID & ROLLET). MG : vu entre St Louis et Vieux-Fort et çà et là dans les ravines (ROLLET). St : RODRIGUEZ 4071, Terre de Bas (P). M : HAHN 1031, Forêt de Case Pilote (P) ; HAHN 1441, Case Pilote (P). B : (GOODING and al.) : SCHOMBURGK pense que l’espèce a été introduite de Jamaïque et de Guyane ; naturalisé çà et là : Coffee Gully ; vu à Hackleton Cliff, 100 m (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie, **couleur) : BARKER & DARDEAU 1930 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE 1926 ; FOUQUÉ 1972 ; FOURNET 1978* ; GOODING 1965 ; HOWARD 1989* ; HOYOS 1983* ; JACQUIN 1763* ; Pl. 72 1781** , Pl. 109 ; JAGAN 1971 ; LIOGIER 1986* ; LW 1964* ; MARSHALL 1939 ; NICHOLSON 1979 ; OLUGBALA (?) ; QUESTEL 1941, 1951 ; STOFFERS 1984 ; TWINING 1849** ; Illustr. Nat. Ord. Plants, vol. 1, Pl.18.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 2-12-28-30-(39)-51-57-58-(65)-68-69 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait blanc crème, non différencié de l’aubier, à grain moyen, maille imperceptible, finement strié sur quartier ou ramagé sur dosse par des bandes de parenchyme, relativement dur et lourd (0,80-0,90 g/cm3).
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 à 4, au nombre de 4 à 6 par mm2, non distincts à l’œil nu (diamètre moyen de 70 à 95 μm). Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de l’ordre de 6 ou 7 μm.
  • Parenchyme en bandes tangentielles larges de 5 à 10-(12) cellules, au nombre d’environ 3 par mm. Files de cellules généralement composées de 6 à 8 éléments parfois cristallifères mais rarement recloisonnés.
  • Rayons 2-3-sériés, au nombre de 9 à 12 par mm, de structure homogène. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
  • Fibres à ponctuations simples, très fines.