Majidea fosteri (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Majidea fosteri (Sprague) Radlk.


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 56: 255 (1920).
Famille: Sapindaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Majidea fosteri s’étend de la Côte d’Ivoire jusqu’au Soudan et l’Ouganda, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo et au nord-ouest de la Tanzanie.

Usages

Même si Majidea fosteri fournit un fût d’assez belle taille, il n’est pas très apprécié en Afrique de l’Ouest en tant que bois d’œuvre. Cependant, on constate qu’en R.D. du Congo son bois d’œuvre est de bonne qualité. Le bois se prête à la construction légère, la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, les étais de mines, la construction navale, le mobilier, les jouets, les articles de fantaisie, le placage et le contreplaqué.

Propriétés

Le bois de cœur, de brun jaunâtre ou brun rosé à brun grisâtre, devient plus pâle au séchage et ne se distingue pas nettement de l’aubier de 3–5 cm de large. Le fil est droit à contrefil léger, le grain est fin à moyen. Les surfaces radiales font apparaître des veines fines et régulières.

C’est un bois de poids moyen à plutôt lourd, avec une densité de 720–855 kg/m³ à 12% d’humidité, et moyennement dur. Au séchage à l’air, le retrait est considérable ; il est recommandé de débiter les grumes sur quartier avant de les scier. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 110–145 N/mm², le module d’élasticité de 10 780 N/mm² et la compression axiale de 47–61 N/mm².

Le bois se scie facilement mais assez lentement avec du matériel ordinaire. Le rabotage et l’usinage sont aisés, mais les surfaces peuvent pelucher lorsque le fil est irrégulier. Les caractéristiques de clouage, de peinture et de vernissage sont toutes bonnes. C’est un bois moyennement durable, qui n’est que modérément sensible aux attaques des champignons et des insectes. En revanche, il n’est pas durable lorsqu’il est en contact avec le sol. La sciure peut irriter les voies respiratoires.

Les feuilles, l’écorce et les racines de Majidea fosteri contiennent des quantités modérées de saponines qui ont montré un important effet inhibiteur in vitro contre le champignon dermatophyte Microsporum gypseum. Quant à l’écorce et aux racines, elles contiennent de petites quantités de tanin.

Description

Arbre de taille moyenne atteignant 30(–35) m de haut, monoïque ; fût souvent rectiligne et cylindrique, dépourvu de branches sur 18 m, jusqu’à 100(–120) cm de diamètre, généralement sans contreforts ; surface de l’écorce lisse, s’écaillant légèrement, grisâtre ou jaunâtre, à lenticelles, écorce interne pâle à grains orange, fonçant lentement et devenant brun pâle, dégageant une forte odeur de camphre ; rameaux légèrement aplatis, brun foncé, initialement poilus. Feuilles alternes, composées paripennées à 5–9 paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole de 4–5 cm de long, rachis de 15–35 cm de long ; folioles opposées ou alternes, presque sessiles, lancéolées à oblongues-lancéolées, de 5–10 cm × 1,5–3 cm, à base asymétrique, obtuses d’un côté, cunéiformes de l’autre, acuminées à l’apex, à bords entiers, presque glabres, pennatinervées. Inflorescence : panicule terminale atteignant 13 cm de long, à poils denses, à bractées foliacées d’environ 8 mm de long. Fleurs unisexuées, régulières, verdâtres, teintées de rose ; pédicelle atteignant 6 mm de long ; sépales 5, libres, de 8–12 mm de long, pubescents ; pétales 4, plus petits que les sépales, caducs ; fleurs mâles à disque rouge bien visible, étamines 7–8, d’environ 8 mm de long, ovaire absent ; fleurs femelles à disque charnu, à étamines rudimentaires, ovaire supère d’environ 3 mm de long, 3-lobé, à style épais. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 4 cm × 5 cm, rougeâtre à l’extérieur, rose ou écarlate à l’intérieur, déhiscente par 3 valves, contenant 3–6 graines. Graines ovoïdes, d’environ 1,5 cm de long, à pubescence duveteuse, noir bleuté. Plantule à germination hypogée ; épicotyle d’environ 4 cm de long, doux, à poils courts ; 2 premières feuilles opposées, à 4–5 paires de folioles atteignant 3 cm × 1,5 cm.

Autres données botaniques

En Côte d’Ivoire et au Bénin, Majidea fosteri fleurit en août et ses fruits mûrissent environ 3 mois plus tard. En Côte d’Ivoire, on a constaté que les fruits mûrissaient aussi en mars–mai. Les graines noir bleuté, dont le tégument légèrement charnu contraste avec la paroi interne, rosée ou rouge, des valves des fruits, sont probablement disséminées par les oiseaux.

Le genre Majidea comprend seulement 2 espèces.

Majidea zanguebarica

Majidea zanguebarica Oliv., dénommé “arbre aux graines de velours”, “perle de Zanzibar” ou bien “arbre aux perles noires” en anglais et “mgambo”, “mlanyuni” ou “kmonga” en swahili, est généralement un arbre de taille moyenne qui atteint 25 m de haut. On le rencontre sur les côtes kényanes et tanzaniennes ainsi qu’à Madagascar, mais également ailleurs dans les régions tropicales où il est cultivé en tant qu’arbre ornemental. Il donne un bois blanchâtre utilisé en construction ou pour la confection de mobilier et d’ustensiles. Au Kenya, des communautés participent à la récolte durable des graines et des fruits séchés. Les graines servent de perles ou bien sont exportées vers les jardins tropicaux et subtropicaux pour devenir des arbres ornementaux. Les fruits séchés sont très décoratifs et sont exportés, notamment aux Etats-Unis, pour être utilisés dans les compositions florales. On distingue deux sous-espèces : subsp. zanguebarica présente à la fois sur le continent africain et à Madagascar, et subsp. madagascariensis (Baill.) Capuron (synonyme : Majidea madagascariensis (Baill.) Radlk.) qui est endémique de Madagascar où elle pousse dans des zones plus sèches que subsp. zanguebarica.

Ecologie

En Afrique de l’Ouest et centrale, Majidea fosteri se rencontre principalement dans la forêt semi-décidue. En Afrique de l’Est, il se cantonne à la forêt pluviale à 1000–1200 m d’altitude.

Gestion

On compte près de 1000 graines par kg. Les graines germent 8–15 jours après le semis, selon un taux de germination élevé. Au Ghana, on a signalé que les jeunes plants étaient souvent abondants dans le sous-étage de la forêt au pied des arbres adultes. Les grumes doivent être traitées rapidement après la coupe afin d’éviter les gerces et les fentes. Le bois étant sujet au bleuissement et aux attaques d’insectes, on préconise de traiter aux insecticides et fongicides. Au Congo, un fût de 15,5 m de long et de 90 cm de diamètre a donné environ 6,5 m³ de bois.

Ressources génétiques

Bien que Majidea fosteri soit répandu, il ne pousse généralement pas en abondance ; au Cameroun et au Gabon, il est même plutôt rare. Toutefois, comme il ne fait pas l’objet d’une exploitation intensive, il n’y a aucune raison de s’inquiéter à son sujet.

Perspectives

A ce jour, il n’y a pas lieu d’encourager la production de bois d’œuvre de Majidea fosteri. Etant donné que l’on sait très peu de choses sur ses taux de croissance, sur sa régénération et sur ses besoins écologiques, l’éventualité d’une exploitation durable semble lointaine. L’activité antifongique des composés que l’on a découverts dans les feuilles, l’écorce et les racines est intéressante et mérite que la recherche s’y attarde.

Références principales

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Autres références

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  • Yaziji, M. & Bouchet, P., 1991. Intérêt de la technique de Thiéry (PATAg) pour l'étude des dermatophytes en microscopie électronique à transmission (MET): application a 1'étude des saponines antifongiques de Majidea fosteri (Sapindaceae). Journal de Mycologie Médicale 1(3): 193–200.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2011. Majidea fosteri (Sprague) Radlk. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 avril 2025.


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