J (Audier, L’herbier du village)
Jacinthes
Les jacinthes sauvages, Endymion nutans = Hyacinthoides non-scripta, que nous appelons des clochettes peuplent nos bois aux mois d’avril et de mai, si serrées parfois qu’elles font dans les clairières comme de petites flaques bleues. Une variété à fleurs blanches croît çà et là (Bois du Chêne-Vert à Sainte-Gemme) et une autre à fleurs roses aurait existé non loin de là (près de Chez-Devaud à Sainte-Gemme) après la première guerre mondiale. Elle n’a pas été retrouvée.
Dans les jardins, les ménagères cultivaient autrefois d’autres « clochettes ». La plus hâtive était la petite jacinthe blanche à plusieurs hampes qui fleurit parfois dès la fin de décembre, les années aux hivers cléments alors que sa cousine, la variété à fleurs bleues, s’épanouit environ trois semaines plus tard. Vers le début du printemps, on voyait s’ouvrir la jacinthe bleue ancienne, aux fleurs peu nombreuses et un peu violacées, ainsi que l’espèce à fleurs doubles dont les pétales sont parfois si crispés que certains restent verts.
La scille d’Espagne, appelée aussi clochettes, est toujours cultivée. Quant aux jacinthes à grosses fleurs, elles n’ont été adoptées que vers 1925.
Jasmin
Cet arbuste à tiges rameuses est cultivé à la fois pour l’aspect élégant qu’il doit à la souplesse de ses branches comme à son feuillage léger, et pour l’odeur suave de ses fleurs blanches groupées en bouquet terminal.
On le trouve en beaucoup de jardins, généralement planté près d’une grille ou palissé devant un mur ensoleillé. Parfois, il concourt aussi à recouvrir une tonnelle.
Le jasmin d’hiver, à fleurs jaunes et inodores, est beaucoup plus rare.
Jonc
On trouve ce petit jonc dans tous les lieux humides, surtout incultes. Très rarement, les vanniers le récoltent à l’époque de la floraison. Autrefois, il arrivait qu’on le coupe pour les moutons qui aiment le fourrage dur (marais de Saint-Symphorien avant 1914). Les bergères s’en servaient en été pour faire des petits paniers. Il fallait d’abord disposer des brins de jonc en crosse, en incluant les extrémités libres des brins précédents et, lorsque l’ouvrage atteignait quinze à vingt centimètres, on le fermait en glissant les derniers bouts dans les premières boucles. On liait l’extrémité des tiges avec un jonc petit et dur et trois autres brins tressés, accrochés dans la bordure, formaient l’anse. Ce panier, sur un fond de mousse ou d’herbe, pouvait contenir des fleurs ou des fraises des bois.
Jonc des tonneliers
Scirpus lacustris = Schoenoplectus lacustris
Plus rare que le petit jonc, le jonc-de-marais pousse aussi près des étangs et au bord des eaux. Il était autrefois utilisé par les tonneliers qui s’en servaient pour assurer l’étanchéité des fonds de tonneaux. Les vanniers le récoltaient à l’époque de la floraison pour le paillage des chaises. Il a parfois remplacé la ronce pour tresser des vanneries à l’ouvrage commencé. Il a aussi donné leur nom aux jonchets, fromages au lait de vache qui sont toujours très prisés aux environs de Rochefort. Bien alignés, les brins d’une trentaine de centimètres sont cousus à la machine à grands points et servent à la fois de claie et d’emballage à ces fromages autrefois aromatisés à la feuille de laurier-amande (Prunus laurocerasus). Au marché, la cliente présente son assiette et la marchande retire son enveloppe de jonc qui servira plusieurs fois après nettoyage.
Jonquilles
Les jonquilles que l’on trouve si nombreuses en certains bois, manquent totalement ailleurs. Elles doivent à leur corolle penchée leur nom de tord-cou qui a remplacé celui de cothiu jugé trivial. Actuellement, on les appelle aussi des coucous mais, de plus en plus, des jonquilles comme en français. Les femmes et les enfants aiment aller les cueillir aux premiers soleils de printemps. Il arrive qu’on les vende au marché ou sur le bord des routes. La grosse jonquille odorante, très rare dans les champs, y est probablement subspontanée. Dans les jardins, on cultivait autrefois la jonquille double, de plus en plus rare et remplacée par des variétés horticoles.
Joubarbe des toits
Ces artichauts de muraille spontanés ou introduits se trouvent sur le faîte de certains vieux murs, ou bord des toits de bâtiments anciens, on utilise leur sève pour soigner les maux d’oreilles et, pour mieux assurer la pénétration, on y incorpore parfois une goutte d’huile.