Globulariacées (Le Floc'h, 1983)

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Orobanchacées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Acanthacées


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395. Globularia alypum L.

[III/1288; p:876] GLOBULARIA­CÉES

Les observations les plus fréquemment reprises et relatives à Glo­bularia alypum révèlent que sa réputation tient essentiellement à ses vertus purgatives et diurétiques.

M. - PRAX (1850) indique que l'on fait à l'aide de cette plan­te (ar. = teselga ; fr. = turbith), des cataplasmes que l'on applique sur les parties enflées.

La décoction concentrée de feuilles et de branches, outre sa pro­ priété purgative (à la dose de 20 à 30 gr. de feuilles), est aussi utilisée avec succès contre les fièvres intermittentes et les furoncles (TROTTER, 1915). Ces mêmes emplois sont aussi signalés par BOU­QUET (1921) et GATTEFOSSÉ (1921).

BURNET (1939) signale l'espèce comme étant utilisée en tisane à Korbous (cf. Artemisia arborescens n° 428).

Pour le Sahara, DOREAU, 1961, rapporte que cette espèce (ar. = tasselra ; fr. = globulaire turbith) est employée par les popula­tions :

- comme purgatif, à employer avec prudence,

- pour combattre les céphalées, la fièvre, les rhumatismes,

- pour combattre les incontinences d'urine.

DOREAU donne, de plus, des indications sur les nombreux prin­cipes actifs qu'elle renferme.


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Une bonne partie de ces usages sont confirmés, pour la Libye, par KEITH (1965) puisqu'il note qu'une décoction concentrée, de feuilles et de branches, est utilisée comme purgatif et que la plante sert par ailleurs dans les cas de fièvres intermittentes.

Pour PARIS et DILLEMAN (1960) et PARIS et MOYSE (1967, 1971) les pro­priétés purgatives actives du « Sené de Provence », dues à une résine font que les feuilles sont parfois substituées, dans les tisanes et décoction, à celles des senés of­ficinaux.

L'emploi comme purgatif et diurétique est aussi signalé par LE­MORDANT et al. (1977 ) (ar. = masriga, zerga ; fr. = globulaire turbith, sené de Provence).

Les écrits de LOUIS attestent d'emplois encore actuels en Tunisie. Dans BEN ALI et LOUIS (1946) il est rapporté que le sené était considéré comme un purgatif de la bile « prenez le cumin et le sené ; ils renferment en eux 1a guérison de toutes les maladies » dit une parole de la tradition. L'usage du sené était conseillé dans les soins de la goutte et des doul eur s articulaires dues à l'excès de bile. A propos de Kerkennah, LOUIS (1961) signale que cette plante est employée pour ses vertus purgatives. Le même auteur traitant de la vie des no­mades du Sud tunisien (LOUIS, 1979) note que cette même espèce :

- en décoction, favorise la guérison des ulcères,

- mêlée à du miel et appliquée en cataplasme ou emplâtre, fait mûrir, plus vite, les abcès.

- en infusion, aurait une action tonique et serait souveraine contre les coliques,

- entre dans la composition d'un onguent (cf. à Artemisia cam­pestris n° 430),

- les feuilles réduites en poudre, ou mâchées et saupoudrées ou crachotés sur une blessure en favoriseraient la guérison. Nous avons trouvé fréquemment confirmation de cet emploi en Tu­nisie en particulier dans la région d'El Hamma de Gabès.

En Libye, l'espèce est utilisée pour son intérêt laxatif (KOTOB HUSSEIN, 1979).