Euphorbia matabelensis (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Huile essentielle / exsudat | |
Médicinal | |
Fourrage | |
Changement climatique | |
Statut de conservation | |
- Protologue: Ann. Naturhist. Mus. Wien 15: 51 (1900).
- Famille: Euphorbiaceae
Noms vernaculaires
- Three-forked euphorbia (En).
Origine et répartition géographique
Euphorbia matabelensis est présent en Somalie, au sud du Kenya, en Tanzanie et dans toute l’Afrique australe.
Usages
Au Malawi, la décoction de racine, associée aux feuilles de Dichrostachys cinerea (L.) Wight & Arn. se boit pour traiter la dépression, l’hypertension artérielle et l’inflammation des ganglions lymphatiques. Au Zimbabwe, la poudre de racine se passe sur des scarifications sur les seins des nourrices, comme galactagogue. La décoction de racines émincées ou de latex se prend comme purgatif dans les cas d’empoisonnement et pour provoquer l’avortement. Le latex se met dans l’eau de boisson des volailles pour traiter la diarrhée et la maladie de Newcastle.
En Tanzanie, le latex bouilli fait office de glu à oiseaux ou parfois de gomme à mâcher.
Propriétés
Un diterpène d’ingénol isolé du latex a manifesté une activité irritante lors de l’essai de sensibilisation sur l’oreille de souris.
Description
Arbuste monoïque, légèrement succulent, caducifolié, atteignant 3(–8) m de haut, à latex abondant ; écorce brun grisâtre, s’écaillant ; branches ascendantes, retombantes à l’apex, jeunes rameaux densément couverts de poils courts, se terminant habituellement par une épine, ramification trichotome à l’apex. Feuilles disposées en spirale ou groupées à l’apex des branches, simples et entières ; stipules glanduleuses, minuscules ; pétiole de 1–5 mm de long ; limbe oblancéolé à obovale, d’environ 5,5 mm × 2,5 mm, base cunéiforme, apex arrondi, face inférieure à poils courts lorsque jeune. Inflorescence : cymes axillaires constituées de groupes de fleurs appelés “cyathes”, disposées en ombelles à 3–7 ramifications ; rameaux atteignant 10 mm de long ; bractées foliacées, d’environ 5 mm de long, vert jaunâtre ; cyathes presque sessiles ou celui du centre de l’ombelle sur un pédoncule atteignant 5 mm de long, d’environ 3,5 mm × 6 mm, à involucre en coupe, lobes d’environ 1,5 mm de long, arrondis, profondément frangés, glandes 5, en forme de soucoupe peu profonde, de 2–2,5 mm de diamètre, jaunes, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, bractéoles frangées, périanthe absent, étamine d’environ 4,5 mm de long ; fleurs femelles à pédicelle d’environ 5 mm de long chez le fruit, ovaire supère, densément couvert de poils courts, 3-loculaire, styles 3, d’environ 2 mm de long, soudés à la base, apex bifide. Fruit : capsule 3-lobée à lobes obtus, d’environ 7 mm × 8 mm, densément couverte de poils courts, verte virant au rouge, à 3 graines. Graines globuleuses, d’environ 3,5 mm de diamètre, lisses, brunes, vaguement mouchetées.
Autres données botaniques
Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Euphorbia matabelensis appartient à la section Lyciopsis, groupe de plantes herbacées ou d’arbustes tubéreux, caractérisés par des stipules glanduleuses, des cymes terminales ou axillaires en grandes ombelles, des capsules presque sessiles et des graines sans caroncule. Plusieurs autres espèces utilisées en médecine appartiennent à cette section ou sont présentes dans la région.
Euphorbia cuneata
Euphorbia cuneata Vahl se rencontre de la Guinée jusqu’en Somalie, et dans toute l’Afrique de l’Est jusqu’au Mozambique ; il est également présent dans toute la péninsule Arabique. En Afrique de l’Est, le latex est appliqué sur les verrues, les plaies et les écorchures. Le latex dilué dans de l’eau se donne aux veaux atteints d’hépatite. La décoction d’écorce de tige et de racines s’administre aux vaches pour aider à l’expulsion du placenta non décollé. La plante est parfois broutée par les chameaux, les chèvres et les moutons. La tige sert à fabriquer des boucles d’oreille et des manches de couteau. Les tiges sont utilisées pour faire des enclos utilisés lors de cérémonies. Le latex poisseux est utilisé pour faire sortir la poussière de l’œil.
Euphorbia espinosa
Euphorbia espinosa Pax est un arbuste originaire du Kenya, de Tanzanie et d’Afrique australe. Le latex dans du lait, de la bouillie ou de l’œuf se prend comme émétique dans les cas d’empoisonnement présumé ou d’indigestion.
Euphorbia joyae
Euphorbia joyae Bally & S.Carter est un arbuste endémique du Kenya ; les Boranes prennent la décoction de racine pour traiter la toux.
Euphorbia namibiensis
Euphorbia namibiensis Marloth possède une tige succulente, courte et fortement tuberculée, à courtes ramifications, et est présent en Namibie et au Botswana. Au Botswana, les maladies vénériennes et les maux d’estomac se traitent avec la décoction des parties aériennes, ou avec des inhalations de fumée de plante en train de se consumer. La décoction de racine se prend pour faire vomir après une ingestion de poison.
Euphorbia radiifera
Euphorbia radiifera L.C.Leach a des tiges annuelles poussant d’un tubercule allongé ; il est endémique de l’Angola. On soulage les douleurs aux jambes par des massages avec la plante broyée et de l’eau chaude.
Ecologie
Euphorbia matabelensis est présent dans les forêts claires décidues, sur les sols sableux, souvent sur les affleurements rocheux et les collines, à 450–1900 m d’altitude.
Ressources génétiques
Rien n’indique qu’Euphorbia matabelensis soit menacé d’érosion génétique. Comme espèce succulente d’Euphorbia, son commerce international est régulé selon l’annexe 2 de la CITES.
Perspectives
Les diterpènes d’ingénol peuvent provoquer des irritations sur la peau et ont des propriétés favorisant le développement de tumeurs. L’utilisation du latex d’Euphorbia matabelensis à des fins médicinales doit par conséquent être déconseillé.
Références principales
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- SEPASAL, 2008. Euphorbia matabelensis. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ceb/sepasal/. March 2008.
Autres références
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Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia matabelensis Pax. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 avril 2025.
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