Eriocoelum microspermum (PROTA)
Introduction |
Eriocoelum microspermum Radlk. ex De wild.
- Protologue: Engl. & Drude, Veg. Erde 9, III, 2: 282 (1921).
- Famille: Sapindaceae
Origine et répartition géographique
Eriocoelum microspermum se rencontre depuis le Cameroun et la Centrafrique jusqu’en R.D. du Congo et en Angola.
Usages
En R.D. du Congo, les tiges servent à fabriquer des piquets. Le bois se prête à la construction, à la parqueterie, à la menuiserie, aux boiseries intérieures, à la construction navale, à la charronnerie, au mobilier, aux articles de sport, aux manches, aux échelles, aux outils agricoles, aux caisses et aux cageots, au tournage, au placage, au contreplaqué, aux panneaux de fibres et de particules. Eriocoelum microspermum donne un bois de feu d’excellente qualité. L’écorce sert en médecine traditionnelle à soigner la toux, l’entérite et les maladies vénériennes.
Production et commerce international
Le bois d’œuvre, connu sous le nom commercial de “kadiamikani”, ne se vend probablement qu’en petites quantités.
Propriétés
Le bois de cœur, brun rosé à brun rougeâtre, se distingue nettement de l’aubier, gris pâle à jaune brunâtre et de 7 cm de large. Le fil est généralement droit, présentant parfois des taches irrégulières, le grain est moyen à fin et régulier. Les surfaces radiales présentent une figure moirée et rubanée, le bois est lustré.
C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 560–670 kg/m³ à 12% d’humidité, très solide et résistant. Les taux de retrait au séchage sont assez élevés. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 97–139 N/mm², le module d’élasticité de 12 000 N/mm² et la compression axiale de 53–66 N/mm².
C’est un bois qui se scie facilement et se rabote bien, normalement sans peluchage. On peut obtenir une belle finition. Il a de bonnes caractéristiques de clouage ; en effet, il ne se fend pas et tient bien les clous. Les grumes de grande taille conviennent à la production de placages par déroulage. C’est un bois moyennement durable. Il est rarement attaqué par les termites ; si l’aubier n’est pas sensible aux Lyctus, en revanche le bois est sujet aux attaques des térébrants marins.
Description
- Arbre monoïque, de taille petite à moyenne atteignant 30(–35) m de haut ; fût généralement droit, dépourvu de branches sur 15 m, et dont le diamètre atteint 80 cm ; jeunes rameaux à poils courts brun rougeâtre.
- Feuilles alternes, composées paripennées à 2–3 paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole très court ou absent, rachis de 8–14 cm de long ; pétiolules robustes, atteignant 8 mm de long ; folioles opposées, elliptiques, de 12–35 cm × 5–13 cm, la paire inférieure plus petite et en forme de stipule, cunéiformes à arrondies à la base, acuminées à l’apex, à bords entiers, coriaces, presque glabres, pennatinervées à environ 15 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : panicule axillaire ou terminale atteignant 30 cm de long, à pubescence courte.
- Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle souvent recourbé, jusqu’à 5 mm de long ; sépales presque libres, d’environ 1,5 mm de long, à pubescence courte à l’extérieur ; pétales libres, de 3–5,5 mm de long, blanchâtres, présentant à l’intérieur 2 écailles densément poilues à la base ; étamines 8, libres, jusqu’à 5 mm de long ; disque annulaire, à bord ondulé ; ovaire supère, presque globuleux, poilu, 3-loculaire, style d’environ 2,5 mm de long ; fleurs mâles à ovaire rudimentaire, fleurs femelles à étamines réduites.
- Fruit : capsule globuleuse de 1–2 cm × 1,5–2,5 cm, légèrement 3-lobée, orange lorsque fraîche, déhiscente par 3 valves ligneuses, comportant à l’intérieur de longs poils à la base, renfermant 3 graines.
- Graines ellipsoïdes, d’environ 1,5 cm de long, lisses, brunes, avec un arille rouge cupuliforme à la base.
- Plantule à germination hypogée ; épicotyle de 3–4 cm de long, à poils courts ; premières feuilles alternes, simples.
Autres données botaniques
Le genre Eriocoelum comprend une dizaine d’espèces et est limité à l’Afrique continentale tropicale.
Eriocoelum kerstingii
Eriocoelum kerstingii Gilg ex Engl. se rencontre depuis la Guinée-Bissau et le Mali jusqu’au Soudan et à l’Ouganda, et vers le sud jusqu’au Gabon et à la R.D. du Congo. Il s’agit d’un arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, dont le diamètre de fût atteint 50 cm. Son bois brun pâle est dur et on s’en sert en construction, pour la confection de mobilier, de manches de haches et de pilons.
Eriocoelum macrocarpum
Eriocoelum macrocarpum Radlk. ex Engl. est un arbre de taille moyenne atteignant 30(–35) m de haut, à fût dépourvu de branches sur 20 m et dont le diamètre atteint 60 cm. On le trouve au Nigeria, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Congo et dans l’ouest de la R.D.du Congo. Son bois brun pâle à brun rosé a des propriétés et des usages qui sont les mêmes que ceux d’Eriocoelum microspermum.
Eriocoelum pungens
Eriocoelum pungens Radlk. est un arbuste ou arbre de petite taille dont l’aire de répartition s’étend du Libéria au Nigéria. Son bois est utilisé en construction et pour les charpentes.
Ecologie
Eriocoelum microspermum se rencontre dans la forêt humide, souvent dans la forêt marécageuse ou régulièrement inondée, jusqu’à 1400 m d’altitude.
Gestion
Les grumes doivent être traitées rapidement après la coupe afin d’éviter que des gerces importantes n’apparaissent. En R.D du Congo, un fût de 5,6 m de long et de 43 cm de diamètre a donné 0,5 m³ de bois.
Ressources génétiques
Eriocoelum microspermum étant assez répandu, rien n’indique que de graves pressions pèsent sur lui.
Perspectives
Il y a peu de chances pour que la production de bois d’œuvre d’Eriocoelum microspermum gagne en importance en raison de la taille souvent petite de son fût et de sa présence généralement dispersée. Néanmoins, on sait peu de choses à la fois sur cette espèce et sur les autres Eriocoelum spp.
Références principales
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
- Fouarge, J. & Gérard, G., 1964. Bois du Mayumbe. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC), Brussels, Belgium. 579 pp.
- Hauman, L., 1960. Sapindaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 9. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 279–384.
- Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
Autres références
- Bärner, J. & Müller, J.F., 1942. Die Nutzhölzer der Welt. Volume 2. Neumann, Neudamm, Germany. 780 pp.
- Davies, F.G. & Verdcourt, B., 1998. Sapindaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 108 pp.
- Fouilloy, R. & Hallé, N., 1973. Sapindacées. Flore du Cameroun. Volume 16. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 202 pp.
- Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 5 avril 2025.
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