Dalbergia chapelieri (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


Dalbergia chapelieri Baill.


Protologue: Bull. Mens. Soc. Linn. Paris 1: 436 (1884).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)

Synonymes

  • Dalbergia pterocarpiflora Baker (1890).

Noms vernaculaires

  • Hazovola à grandes feuilles (Fr).

Origine et répartition géographique

Dalbergia chapelieri est endémique de l’est de Madagascar.

Usages

Le bois est employé pour la construction, la menuiserie et les meubles. On l’a utilisé autrefois pour les traverses de chemin de fer. Il est également utilisé en médecine traditionnelle pour traiter les maladies parasitaires telles que la bilharziose et les affections intestinales telles que diarrhée et dysenterie, ainsi que pour faciliter l’accouchement. Son écorce est parfois récoltée pour tanner les cuirs et pour la teinture.

Production et commerce international

Le bois est commercialisé en petites quantités sur les marchés locaux et internationaux, souvent mélangé avec celui d’autres espèces de Dalbergia.

Propriétés

Le bois de cœur est rouge à gris violacé avec des rayures plus sombres, et est nettement distinct de l’aubier gris rougeâtre. Le grain est moyen. C’est un bois moyennement lourd, légèrement plus léger que celui de Dalbergia baronii Baker, dur et élastique. Le retrait lors du séchage est moyen à fort. Le bois convient pour les placages tranchés. Il est moyennement durable.

On a signalé chez Dalbergia chapelieri la présence de flavonoïdes, de tanins, de triterpènes, de stéroïdes, de coumarines et d’anthracénosides.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 15(–18) m de haut, caducifolié ; fût jusqu’à 60 cm de diamètre ; écorce externe mince, à lenticelles, blanchâtre à grisâtre, écorce interne brunâtre ; jeunes rameaux glabres.
  • Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec (7–)11–15(–19) folioles ; stipules petites, caduques ; pétiole et rachis généralement glabres ; pétiolules de 1,5–4 mm de long ; folioles alternes, obovales à elliptiques ou oblongues-elliptiques, de 2–6 cm × 1–3 cm, coriaces, glabres.
  • Inflorescence : panicule terminale ou axillaire de 5–10 cm de long, à poils courts.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées, de 8–12 mm de long ; pédicelle de 1,5–4(–5) mm de long ; calice campanulé, de 6–9 mm de long, rougeâtre à violacé, lobes plus longs que le tube, lobes supérieurs fusionnés ; corolle blanchâtre, souvent teintée de rougeâtre, à étendard largement elliptique, et à ailes et carène munies d’un onglet ; étamines 10, fusionnées en tube, mais libres dans leur partie supérieure ; ovaire supère, à stipe distinct à la base, style mince, d’environ 2 mm de long.
  • Fruit : gousse plate, elliptique à oblongue de 5–8(–13) cm × 1,5–3 cm, à stipe de 3–5 mm de long, glabre, brun rougeâtre, avec de fines nervures réticulées, indéhiscente, renfermant 1–3 graines.

Autres données botaniques

Les arbres de Dalbergia chapelieri fleurissent lorsqu’ils sont défoliés ou qu’ils forment de nouvelles feuilles, d’août à avril. On a noté sur les racines de Dalbergia chapelieri des nodules fixateurs d’azote, et on en a isolé des souches de Bradyrhizobium et de Mesorhizobium.

Dalbergia est un grand genre pantropical qui comprend quelque 250 espèces. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en ont chacune environ 70 espèces, l’Afrique continentale une cinquantaine, et Madagascar un peu plus de 40. A Madagascar, de nombreuses espèces de Dalbergia fournissent des bois de haute qualité.

Dalbergia pervillei

Dalbergia pervillei Vatke de l’ouest de Madagascar ressemble beaucoup à Dalbergia chapelieri, mais on peut l’en distinguer par son pétiole et son rachis généralement couverts d’une pubescence courte et par ses fruits légèrement plus petits. Le bois de Dalbergia pervillei est également utilisé pour la menuiserie et les meubles, et son exsudat rougeâtre est employé en médecine locale pour traiter la laryngite. Dalbergia pervillei est classé dans la catégorie à faible risque de la Liste rouge de l’UICN.

Dalbergia tricolor

Dalbergia tricolor Drake est apparenté à Dalbergia pervillei; il fait l’objet d’un abattage sélectif pour son bois, tandis que son écorce fournit une teinture noire, et son bois une teinture rouge. Il est classé comme vulnérable dans la Liste rouge de l’UICN.

Dalbergia tsiandalana

Dalbergia tsiandalana R.Vig. est une autre espèce similaire de l’ouest de Madagascar ; on peut le distinguer par ses folioles plus nombreuses et plus petites. Bien que ce soit un arbre rare et de petite taille, on signale qu’il est abattu sélectivement pour son palissandre de bonne qualité, bien qu’une confusion avec d’autres espèces puisse être à la source de cette information. Dalbergia tsiandalana est classé comme espèce en danger dans la Liste rouge de l’UICN.

Dalbergia glaberrima

Dalbergia glaberrima Bosser & R.Rabev. ressemble lui aussi à Dalbergia chapelieri, notamment par ses fleurs, mais il en diffère par le moindre nombre de folioles par feuille et par son inflorescence qui est une grappe. Il est classé comme vulnérable dans la Liste rouge de l’UICN. Le bois de Dalbergia glaberrima est employé dans l’ouest de Madagascar pour la construction et les meubles.

Ecologie

Dalbergia chapelieri se rencontre dans la forêt humide sempervirente, jusqu’à 1000 m d’altitude. On peut le trouver dans les vallées humides aussi bien que sur les crêtes sèches, et il peut même rejeter et survivre sous forme d’arbuste dans la végétation secondaire.

Ressources génétiques

Bien que Dalbergia chapelieri soit répandu dans l’est de Madagascar, depuis Maroantsetra au nord jusqu’à Tôlañaro au sud, on le rencontre surtout dans la forêt de basses terres, milieu qui est soumis à une forte pression en raison de la croissance des populations humaines et de la demande de terres agricoles qui en résulte. En outre, Dalbergia chapelieri fait localement l’objet d’abattage sélectif pour son bois très recherché. Il est inclus dans la Liste rouge de l’UICN comme espèce vulnérable.

Perspectives

On dispose de très peu d’information sur Dalbergia chapelieri, et il faudrait davantage de recherche pour juger de ses perspectives. Celles-ci ne semblent cependant pas très brillantes en raison de la taille souvent faible des arbres et de leurs effectifs en diminution.

Références principales

  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Rasoanirina, G.J., 2002. Contribution à l’étude du genre Dalbergia. Les différentes espèces et leurs repartitions géographiques à Madagascar. Usages thérapeutiques, constituants chimiques et effets anti-parasitaires de Dalbergia chapelieri. Mémoire de CAPEN (Certificat d’aptitude pédagogique de l’école normale), Filière Physique Chimie, Ecole Normale Supérieure, Université de Fianarantsoa, Madagascar. 44 pp.
  • Razafindrasoa, V., 2003. Etude botanique de Dalbergia chapelieri, Dalbergia lovelii, Dalbergia maritime, Dalbergia normandii. Mémoire de CAPEN (Certificat d’aptitude pédagogique de l’école normale), Filière Physique Chimie, Ecole Normale Supérieure, Université de Fianarantsoa, Madagascar. 66 pp.

Autres références

  • du Puy, D., 1998. Dalbergia chapelieri. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. December 2006.
  • Rasolomampianina, R., Bailly, X., Fetiarison, R., Rabevohitra, R., Béna, G., Ramaroson, L., Raherimandimby, M., Moulin, L., de Lajudie, P., Dreyfus, B. & Avarre, J .-C., 2005. Nitrogen fixing nodules from rose wood legume trees (Dalbergia spp.) endemic to Madagascar host seven different genera belonging to α- and β-proteobacteria. Molecular Ecology 14(13): 4135–4146.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Dalbergia chapelieri Baill. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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