Dalbergia louvelii (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
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Statut de conservation | |
Dalbergia louvelii R.Vig.
- Protologue: Notul. Syst. (Paris) 14(3) : 184 (1951).
- Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Noms vernaculaires
- Volombodipona à grandes feuilles (Fr).
Origine et répartition géographique
Dalbergia louvelii est endémique de l’est de Madagascar, où on le trouve depuis Maroantsetra au nord jusqu’à Manakara au sud.
Usages
Le bois de Dalbergia louvelii est l’un de ceux que l’on appelle palissandres (“palissandre de Madagascar”, “Madagascar rosewood”), et qui sont très recherchés pour l’ébénisterie, les meubles, la marqueterie et la parqueterie. C’est l’un des bois favoris pour les instruments de musique. A Madagascar, il est très recherché pour la sculpture et le tournage, et on l’utilise traditionnellement pour les tombes. Le bois de cœur est employé en médecine traditionnelle pour traiter la bilharziose et le paludisme.
Production et commerce international
Le palissandre de Madagascar est toujours commercialisé sur le marché international, généralement en petits volumes et à des prix élevés, pour des usages spéciaux tels que les instruments de musique. Depuis quelques années, il a remplacé le palissandre du Brésil (Dalbergia nigra (Vell.) Benth.) du fait que cette espèce sud-américaine a été incluse dans l’Annexe I de la CITES. Il est souvent vendu en pièces sciées sur quartier de dimensions relativement faibles. Cependant, les grands arbres de Dalbergia louvelii sont devenus si rares que la part de cette espèce dans le total des exportations est probablement très faible ou proche de zéro.
Propriétés
Le bois de cœur est rouge violet, virant au noir violet lors du séchage. Le grain est fin et régulier, et le bois a un beau poli. Il est très lourd et très dur. Sa densité est de 800–900 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait sont assez faibles, de l’état vert à anhydre de 3,4–4,6% dans le sens radial et 5,8–7,6% dans le sens tangentiel.
On a isolé du bois de cœur plusieurs flavonoïdes, dont certains ont montré une action antiplasmodique in vitro.
Falsifications et succédanés
Le bois de plusieurs autres espèces de Dalbergia de Madagascar est commercialisé comme palissandre de Madagascar.
Description
- Arbre caducifolié de taille moyenne atteignant 20 m de haut ; écorce grisâtre ; jeunes rameaux courtement poilus.
- Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec 9–15 folioles ; stipules petites, caduques ; pétiole et rachis garnis de poils raides mais glabrescents ; pétiolules de 1–2,5 mm de long ; folioles alternes, ovales à elliptiques, de (1–)2–4 cm × 0,5–1,5 cm, finement coriaces, généralement poilues sur les deux faces.
- Inflorescence : grappe axillaire plus courte que les feuilles, poilue.
- Fleurs bisexuées, papilionacées, de 12–15 (–18) mm de long ; pédicelle de 2–10 mm de long, articulé ; calice campanulé, de 7–10 mm de long, lobes à peu près aussi longs que le tube, lobe inférieur plus long, lobes supérieurs soudés ; corolle blanchâtre, à étendard presque circulaire, et à ailes et carène munies d’un onglet ; étamines 10, soudées en tube, mais libres dans leur partie supérieure ; ovaire supère, à stipe distinct à la base, style mince, de 2,5–3,5 mm de long.
- Fruit : gousse plate, elliptique-oblongue, de 4–8 cm × environ 1,5 cm, à stipe mince de 1–1,5 cm de long, brun rougeâtre, à légère nervation réticulée, indéhiscente, renfermant 1–2 graines.
- Graines réniformes, d’environ 13 mm × 6 mm, brun rougeâtre.
Autres données botaniques
Dalbergia est un grand genre pantropical qui comprend quelque 250 espèces. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en ont chacune environ 70 espèces, l’Afrique continentale une cinquantaine, et Madagascar un peu plus de 40. A Madagascar, de nombreuses espèces de Dalbergia fournissent des bois de haute qualité. Dalbergia louvelii se distingue par ses fleurs relativement grandes.
Dalbergia normandii
Dalbergia normandii Bosser & R.Rabev., espèce rare de l’est de Madagascar, a des fleurs semblables, mais un moins grand nombre de folioles par feuille ; il produit un palissandre de Madagascar d’excellente qualité, qui est employé en ébénisterie. Il est classé comme espèce en danger dans la Liste rouge de l’UICN.
Dalbergia maritima
Les fleurs de Dalbergia maritima R.Vig. ressemblent elles aussi à celles de Dalbergia louvelii, mais elles sont plus petites, et en outre ses folioles sont plus petites. Le bois de Dalbergia maritima ressemble à celui de Dalbergia louvelii, et il est employé pour l’ébénisterie et pour la construction, mais cette espèce est également devenue en danger dans son aire de l’est de Madagascar.
Dalbergia xerophila
Dalbergia xerophila Bosser & R.Rabev., arbuste adapté aux régions arides du sud-ouest de Madagascar, a des inflorescences en grappes comme celles de Dalbergia louvelii, mais il se caractérise par ses petites feuilles et ses pousses latérales compactes ; ses tiges sont employées pour faire des hampes de sagaie. Il est également classé dans la Liste rouge de l’UICN comme espèce en danger.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; (27 : ponctuations intervasculaires grandes (≥ 10 μm)) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux ≥ 200 μm) ; 46 : ≤ 5 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
- Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées.
- Parenchyme axial : 76 : parenchyme axial en cellules isolées ; 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; (90 : cellules de parenchyme fusiformes) ; 91 : deux cellules par file verticale ; (92 : quatre (3–4) cellules par file verticale).
- Rayons : (96 : rayons exclusivement unisériés) ; (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : ≥ 12 rayons par mm.
- Structure étagée : 118 : tous les rayons étagés ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés.
- Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
Croissance et développement
Dalbergia louvelii fleurit en janvier–février. Ses racines peuvent former des nodules avec diverses bactéries fixatrices d’azote ; on en a isolé des souches de Bradyrhizobium, Rhizobium, Phyllobacterium et Burkholderia.
Ecologie
Dalbergia louvelii se rencontre dans la forêt sempervirente de basses terres et la forêt côtière, jusqu’à 700 m d’altitude. Il pousse sur des sols ferrallitiques ou sableux.
Ressources génétiques
Le milieu de Dalbergia louvelii, c’est-à-dire la forêt sempervirente de basses terres et la forêt côtière, s’est considérablement réduit. En outre, il fait l’objet d’un abattage sélectif, et depuis 80 ans déjà les grands arbres de Dalbergia louvelii sont rares. Ses populations se sont gravement fragmentées. Il est inclus dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, où il est classé comme étant en danger.
Perspectives
Dalbergia louvelii est depuis longtemps surexploité, et il a probablement déjà disparu du marché des bois du fait de l’épuisement de ses peuplements. Une protection des peuplements subsistants est absolument nécessaire, et Dalbergia louvelii n’aura un rôle comme essence commerciale dans l’avenir que si l’on parvient à en faire des plantations rentables, ce qui est peu probable du fait que sa croissance est vraisemblablement lente. Cependant, il vaut la peine d’étudier les techniques de multiplication et les modes appropriés de sylviculture au regard des excellentes caractéristiques du bois.
Références principales
- Beldjoudi, N., Mambu, L., Labaied, M., Grellier, P., Ramanitrahasimbola, D., Rasoanaivo, P., Martin, M.T. & Frappier, F., 2003. Flavonoids from Dalbergia louvelii and their antiplasmodial activity. Journal of Natural Products 66(11): 1447–1450.
- du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
- Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
- Normand, D., 1988. A propos des bois de rose de Madagascar. Bois et Forêts des Tropiques 217: 89–94.
Autres références
- du Puy, D., 1998. Dalbergia louvelii. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. November 2006.
- Rasolomampianina, R., Bailly, X., Fetiarison, R., Rabevohitra, R., Béna, G., Ramaroson, L., Raherimandimby, M., Moulin, L., de Lajudie, P., Dreyfus, B. & Avarre, J .-C., 2005. Nitrogen fixing nodules from rose wood legume trees (Dalbergia spp.) endemic to Madagascar host seven different genera belonging to α- and β-proteobacteria. Molecular Ecology 14(13): 4135–4146.
- Richter, H.G. & Dallwitz, M.J., 2000. Commercial timbers: descriptions, illustrations, identification, and information retrieval. [Internet]. Version 18th October 2002. http://delta-intkey.com/wood/index.htm. December 2006.
Sources de l'illustration
- Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 3 avril 2025.
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