Cuscuta kilimanjari (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Cuscuta kilimanjari Oliv.


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue : Trans. Linn. Soc. Bot., Ser. 2, 2: 343 (1887).
Famille : Convolvulaceae

Synonymes

  • Cuscuta chinensis Cufod., non Lam. (1786).

Noms vernaculaires

  • Cuscute (Fr).
  • Dodder (En).
  • Cuscuta (Po).
  • Mlangamia (Sw).

Origine et répartition géographique

Cuscuta kilimanjari se rencontre depuis le Soudan et l’Ethiopie jusqu’au Malawi, à la Zambie, au Zimbabwe, au Mozambique et à Limpopo (Afrique du Sud), en passant par l’Afrique orientale et la R.D. du Congo. Il est aussi présent à Madagascar.

Usages

Au Kenya, les Embus absorbent la décoction de la plante entière en boisson pour traiter les maux d’estomac. Le jus de la tige s’applique en gouttes dans l’oreille pour soigner les infections otiques. Les Kambus prennent l’infusion de la tige contre l’œdème lié à la grossesse.

Dans la province de Kivu, en R.D. du Congo, la macération préparée à partir de plusieurs plantes, parmi lesquelles Cuscuta kilimanjari, est donnée oralement une fois par jour en traitement de la paraplégie post-partum en médecine vétérinaire. Dans la même région, Cuscuta kilimanjari est un ingrédient d’un médicament complexe pour prévenir ou traiter l’agalactie.

En Ethiopie, la plante est broutée par le bétail. Les fleurs donnent du miel.

Description

Parasite obligatoire constitué principalement de tiges, herbacé, volubile, annuel ou rarement pérenne. Racines absentes sauf chez la plantule. Tiges atteignant 1,5 mm de diamètre, jaunâtres ou rougeâtres, n’ayant presque pas de chlorophylle, attachées à l’hôte par des haustoria. Feuilles réduites à des écailles. Inflorescence : cyme à fleurs peu nombreuses ; pédoncule à bractées ovales jusqu’à 4,5 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 4–5-mères ; pédicelle plus court que la fleur ; calice en coupe, enveloppant presque la corolle, lobes 4–5, ovales à circulaires, de 4–6 mm de long, obtus, assez épais ; corolle campanulée, lobes 4–5, ovales ou circulaires, obtus, plus courts que le tube, souvent révolutés, crème pâle, avec un verticille d’écailles frangées à proximité des étamines ; étamines 4–5, insérées à la gorge et alternant avec les lobes de la corolle, jusqu’à 1 mm de long ; ovaire supère, globuleux, de 4–4,5 mm de long, 2-loculaire, styles 2, plus courts que l’ovaire, souvent réfléchis ; stigmates en général aplatis. Fruit : capsule globuleuse déprimée, enfermée dans la corolle persistante, s’ouvrant de façon irrégulière ou indéhiscente, rougeâtre-brun lorsque sèche, contenant en général 4 graines. Graines ellipsoïdes à ovoïdes, atteignant 2(–3) mm de long, jaune-brun pâle ou noirâtres lorsque sèches, granuleuses. Embryon et jeune plant filiformes, sans cotylédons.

Autres données botaniques

Le genre Cuscuta est quasi cosmopolite et comprend des plantes parasites jaunes, orange, rouges ou rarement vertes. La plus grande diversité des 100–200 espèces se trouve aux Amériques. Il est parfois considéré comme le seul genre de la famille des Cuscutaceae, mais des recherches morphologiques aussi bien que génétiques ont montré qu’il se place correctement dans les Convolvulaceae, sous-famille des Cuscuteae. Au sein de Cuscuta kilimanjari, on distingue 3 variétés : var. kilimanjari, var. major Verdc. avec des fleurs plus grandes et endémique de l’Ouganda, et var. rukararana Yunck. qui n’a pas d’écailles et est présente au Rwanda.

Cuscuta chinensis

Cuscuta chinensis Lam. est souvent mentionné comme plante médicinale en Afrique. Cependant, c’est une espèce qui se rencontre principalement en Asie et en Australie, bien qu’elle soit également répertoriée en Egypte. Il pourrait être présent en Afrique tropicale comme adventice, mais ceci n’est pas bien documenté. A Madagascar, les tiges de Cuscuta chinensis s’utilisent comme laxatif. En médecine asiatique, la plante sert aux mêmes usages que Cuscuta australis R.Br., une espèce répandue en Afrique tropicale. Les usages médicinaux de cette dernière espèce sont décrits dans un article à part.

Cuscuta hyalina

Cuscuta hyalina Roth se rencontre depuis le Soudan et l’Ethiopie jusqu’à la Namibie et l’Afrique du Sud, ainsi qu’aux îles du Cap-Vert et en Inde. C’est un parasite de Trianthema et Tribulus, qui est présent dans des sites relativement secs. Les Sukumas en Tanzanie mettent un pansement fait de la plante sur les furoncles et les ulcères. Dans des essais de laboratoire, l’extrait à l’acétone de la plante a agi contre les moustiques Culex en interrompant la morphogenèse et en empêchant l’oviposition.

Cuscuta planiflora

Cuscuta planiflora Ten. (“cuscute de luzerne à petites graines”) a des tiges minces jaunes ou rouges et est répandu dans toute l’Afrique du Nord, la Méditerranée et le sud-ouest et le sud de l’Asie ; il se rencontre également en Afrique tropicale depuis l’Ethiopie et l’Afrique de l’Est jusqu’en Afrique du Sud, en Angola et à Madagascar. En Namibie, l’extrait des tiges se boit contre la diarrhée.

Croissance et développement

Bien que les plantes de Cuscuta soient capables d’une photosynthèse limitée, elles tirent presque toute leur énergie de la plante hôte. Le jeune plant peut survivre quelques jours sans hôte, mais il mourra s’il ne le trouve pas dans les 5 à 10 jours. Pendant leur croissance, les plantes se ré-attachent à la plante hôte de façon continue et, lorsque d’autres hôtes convenables se trouvent à sa portée, des pousses se propagent de l’un à l’autre, formant souvent un tapis dense de tiges entrelacées.

Ecologie

Cuscuta kilimanjari est présent comme parasite principalement sur des plantes herbacées et des arbustes, notamment sur des Acanthaceae herbacées et sur des espèces de Coffea, en lisière de la forêt pluviale des basses et des hautes terres, en forêts de bambous et en ripisylve, à 500–2600 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Comme toutes les espèces de Cuscuta, Cuscuta kilimanjari est un parasite obligatoire. Il germe sans stimulus d’une plante hôte potentielle. La plantule forme un appui ressemblant à une racine et émet une tige filiforme. Pendant une très courte période elle est capable de photosynthèse. La tige du jeune plant explore l’espace jusqu’à ce qu’elle trouve un soutien, puis s’enroule fermement autour. Lorsqu’elle est attachée à une plante hôte convenable, des haustoria de la tige pénètrent la plante hôte, et fournissent au plant de Cuscuta tous ses besoins en eau et la (quasi) totalité des nutriments.

Gestion

Cuscuta kilimanjari n’existe qu’à l’état sauvage. Là où il se rencontre comme adventice, il peut être combattu par une extirpation manuelle.

Ressources génétiques

Cuscuta kilimanjari est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique. En Afrique du Sud, son état de conservation est classé comme “préoccupation mineure”.

Perspectives

Cuscuta kilimanjari gardera une certaine importance en médecine traditionnelle. Du fait qu’il est étroitement apparenté à quelques cuscutes asiatiques qui sont des plantes médicinales importantes, sa composition chimique mérite des recherches. La taxinomie de Cuscuta en Afrique, y compris Madagascar, a besoin d’être clarifiée.

Références principales

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Auteur(s)

  • A.J. Bague Serrano, Commandante Mariano Hernández 100 (Altos), entre Marti y Julio Antonio Mella, Sancti-Spiritus, C.P. 60100, Cuba


Citation correcte de cet article

Bague Serrano, A.J., 2013. Cuscuta kilimanjari Oliv. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 3 avril 2025.


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