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Croton haumanianus (PROTA)

(Redirigé depuis Croton tchibangensis (PROTA))
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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Croton haumanianus J.Léonard


Protologue: Bull. Agric. Congo Belge 48: 79 (1957).
Famille: Euphorbiaceae

Origine et répartition géographique

La présence de Croton haumanianus a été signalée dans le sud du Cameroun, en Guinée équatoriale, au Congo et en R.D. du Congo.

Usages

Au Congo, l’infusion d’écorce amère fraîche et râpée se prend couramment comme purgatif et comme diurétique. L’écorce râpée est mélangée à de l’huile de palme et s’applique sur le corps pour traiter les rhumatismes, les maux de tête, les douleurs intercostales, les œdèmes aux jambes et les abcès. On ajoute parfois de la purée de feuilles à l’écorce râpée. La décoction de feuilles ou d’écorce est un traitement de la blennorragie, des infections urinaires, des vers, des maux de tête, de la constipation, des débuts de hernie, des brûlures d’estomac, des œdèmes, des rhumatismes et de la dysurie. La décoction ou l’infusion en lavement servent de purgatif. L’infusion d’écorce se prend pour traiter l’hypertension et l’épilepsie. Les femmes enceintes coutumières des avortements spontanés se soignent avec une cuillerée du liquide obtenu en écrasant les graines dans l’eau pour éviter un nouvel avortement. En R.D. du Congo, on boit de petites quantités de décoction d’écorce seule ou en association avec d’autres plantes pour traiter la blennorragie et les rhumatismes. Une préparation à base d’écorce de tige, de feuilles et de fruits se consomme pour ses vertus aphrodisiaques. La purée d’écorce de tige et de fruits sert de raticide et s’utilise dans la préparation de poison de flèche. La plante sert dans des cérémonies pour chasser les esprits maléfiques et ramener la santé lorsque des tabous ont été transgressés.

Le bois est utilisé en menuiserie. Croton haumanianus est souvent planté pour donner de l’ombre dans les plantations de café et de cacao.

Propriétés

L’écorce du tronc contient plusieurs diterpènes, et parmi ceux-ci, du crotocorylifurane, un diterpénoïde de type clérodane, et du crotohaumanoxide, un diterpénoïde de type crotofolane.

Description

Arbre monoïque de taille petite à moyenne, atteignant 15(–35) m de haut, densément écailleux et à poils étoilés ; fût cylindrique, atteignant 40(–100) cm de diamètre ; écorce externe fissurée longitudinalement, vert brunâtre, écorce interne orange jaunâtre et blanchâtre, parfumée, exsudat brun et poisseux ; cime légère. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules filiformes, de 1–15 mm de long, généralement pourvues de phanères basales filiformes, persistantes ; pétiole de 1,5–12 cm de long ; limbe elliptique à ovale-elliptique, de 4–19,5 cm × 2–9,5 cm, base arrondie à cordée, glandes basales 2(–4), apex aigu à acuminé, blanchâtre sur le dessous. Inflorescence : grappe terminale de 3–21 cm de long, à nombreuses fleurs mâles situées au sommet et à fleurs femelles peu nombreuses à la base. Fleurs unisexuées, 5-mères, régulières, blanches ; pédicelle de 1–5 mm de long ; sépales elliptiques, de 3,5–4,5 mm de long ; fleurs mâles à pétales elliptiques de 2,5–4 mm de long, poilus sur les deux faces, étamines 23–34, libres ; fleurs femelles à pétales linéaires de 3–3,5 mm de long, poilus sur les deux faces, ovaire supère, arrondi, densément poilu, 3-loculaire, styles 3, 3–4 fois profondément bifides. Fruit : drupe presque globuleuse à paroi épaisse, de 2–2,5 cm de diamètre, indéhiscente, partie supérieure légèrement 3-lobée, à 3 graines. Graines ellipsoïdes, d’environ 7 mm × 5 mm, blanchâtres. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Croton comprend environ 1200 espèces des régions chaudes. Il est surtout représenté dans les Amériques ; sur le continent africain, il y a environ 65 espèces et à Madagascar à peu près 125. Il existe plusieurs autres espèces de Croton utilisées en médecine en Afrique centrale.

Croton draconopsis

Au Congo, l’infusion de fruits de Croton draconopsis Müll.Arg. se prend comme purgatif et vermifuge ; les feuilles et l’écorce de racine sont parfois utilisées aux mêmes effets.

Croton mayumbensis et oligandrus

Au Congo, Croton mayumbensis J.Léonard est souvent utilisé à la place de Croton haumanianus. La décoction d’écorce en gouttes nasales sert au traitement de la sinusite et des rhumes. Au Gabon, la décoction d’écorce de Croton mayumbensis ou de Croton oligandrus Pierre ex Hutch. se boit pour traiter les coliques. La poudre d’écorce se prise pour traiter les tumeurs nasales et les applications en usage externe servent à traiter la gale. Le bois de Croton oligandrus est utilisé en menuiserie.

Croton tchibangensis

Au Gabon, l’écorce du tronc de Croton tchibangensis Pellegr. est couramment utilisée comme poison de pêche.

Ecologie

Croton haumanianus est présent dans les forêts secondaires et les zones de régénération des forêts pluviales de basse terre, jusqu’à 1000(–1200) m altitude.

Ressources génétiques

Très commun sur son aire de répartition, Croton haumanianus ne risque pas d’être menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Croton haumanianus a de nombreux usages médicinaux locaux. Il est cependant toxique et son utilisation impose la prudence. Malgré ses nombreux usages, l’espèce n’a donné lieu qu’à peu de travaux de recherche pharmacologique.

Références principales

  • Adjanohoun, E.J., Ahyi, A.M.R., Aké Assi, L., Baniakina, J., Chibon, P., Cusset, G., Doulou, V., Enzanza, A., Eymé, J., Goudoté, E., Keita, A., Mbemba, C., Mollet, J., Moutsamboté, J.-M., Mpati, J. & Sita, P. (Editors), 1988. Médecine traditionnelle et pharmacopée - Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques en République Populaire du Congo. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 606 pp.
  • Bouquet, A., 1969. Féticheurs et médecines traditionnelles du Congo (Brazzaville). Mémoires ORSTOM No 36. Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer. Paris, France. 282 pp.
  • Léonard, J., 1962. Euphorbiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 8, 1. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 214 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Autres références

  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Tchissambou, L., Chiaron, A., Riche, C. & Khuong Huu, F., 1990. Crotocorylifuran and crotohaumanoxide, new diterpenes from Croton haumanianus J.Léonard. Tetrahedron 46(15): 5199–5202.
  • Terashima, H. & Ichikawa, M., 2003. A comparative ethnobotany of the Mbuti and Efe hunter-gatherers in the Ituri forest, Democratic Republic of Congo. African Study Monographs 24(1–2): 1–168.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2007. Croton haumanianus J.Léonard. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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