Colubrina faralaotra (PROTA)
Introduction |
Colubrina faralaotra (H.Perrier) Capuron
- Protologue: Adansonia, sér. 2, 6: 130 (1966).
- Famille: Rhamnaceae
Synonymes
- Macrorhamnus faralaotra H. Perrier (1943).
Origine et répartition géographique
Colubrina faralaotra est endémique du nord et de l’est de Madagascar.
Usages
Le bois, connu sous le nom de “faralaotra” ou de “malemisalaza” à Madagascar, est recherché pour la construction, la parqueterie de qualité supérieure, et pour les menuiseries tant intérieures qu’extérieures. On s’en sert également pour la confection des traverses de chemin de fer, souvent après l’avoir imprégné. Il convient pour les boiseries intérieures, la construction navale, les travaux hydrauliques en eau douce, le mobilier, les jouets et les articles de fantaisie. Il sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois.
Propriétés
Le bois de cœur, jaune verdâtre, vire au brun rougeâtre à l’exposition. Il se distingue nettement de l’aubier blanchâtre et épais. Le grain est moyen.
C’est un bois de poids moyen à plutôt lourd, avec une densité de 710–830 kg/m³ à 12% d’humidité. Il faut le sécher prudemment car il se fend facilement. Les taux de retrait sont modérément élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 3,3–4,0% dans le sens radial et de 7,6–8,4% dans le sens tangentiel. Il est recommandé de débiter les grumes sur quartier avant de les sécher. Une fois sec, le bois est moyennement stable à assez instable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 152–198 N/mm², le module d’élasticité de 11 950–15 690 N/mm², la compression axiale de 66–83 N/mm², le cisaillement de 6–8 N/mm², le fendage de 11–22 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 3,6–9,1.
Le bois se scie et se travaille assez facilement. Il se finit bien. Le clouage, la peinture et la coloration donnent des résultats satisfaisants. Il est modérément durable, car il résiste aux champignons et moyennement aux termites, mais reste sujet aux térébrants marins. L’aubier est exposé aux attaques des Lyctus. Le bois de cœur est moyennement rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.
Les analyses chimiques des feuilles, de l’écorce et du bois ont permis d’identifier des alcaloïdes aporphines, des acides phénoliques et des flavonoïdes. Des aglycones de flavonoïdes (le kaempférol, la quercétine et la myricétine) ont également été découverts, de même que des flavonol-O-triosides (le faralatroside et le faratroside), qui sont des dérivés du kaempférol et de la quercétine, respectivement.
Description
- Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 25(–30) m de haut, plus ou moins sempervirent ; fût dépourvu de branches sur 18 m, généralement droit et cylindrique, atteignant 90(–120) cm de diamètre ; rameaux garnis de poils brun rougeâtre.
- Feuilles alternes, parfois presque opposées, simples ; stipules de petite taille, presque caduques ; pétiole de 2–6 mm de long ; limbe ovale à ovale-lancéolé ou obovale, de 3–11 cm × 2–7 cm, arrondi à la base, parfois légèrement cordé, obtus à courtement acuminé à l’apex, bords entiers à faiblement ondulés, membraneux, presque glabre, ponctué de glandes translucides au-dessous, 3-nervé à partir de la base avec en plus 2–3 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : courte cyme axillaire, à pédoncule très court à plutôt long, recouverte de poils denses brun rougeâtre, comptant 3–40 fleurs.
- Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, blanches, parfumées ; pédicelle de 2–8 mm de long ; lobes du calice triangulaires, d’environ 1,5 mm × 1,5 mm ; pétales cucullés, d’environ 1 mm de long ; étamines libres, chacune d’elles partiellement enveloppée par un pétale ; disque plat, glabre, recouvrant l’ovaire ; ovaire en grande partie supère, 3-loculaire, style d’environ 1 mm de long, à 3 lobes courts.
- Fruit : capsule presque globuleuse de 8–10 mm de diamètre, à coupe courte à la base, glabre à légèrement pubescente, devenant noir bleuté, se fendant en trois parties renfermant chacune 1 seule graine, chacune s’ouvrant par une fente.
- Graines d’environ 2,5 mm de long, légèrement comprimées, noires, pourvues d’un petit arille à la base.
Autres données botaniques
Colubrina faralaotra est variable ; en effet, on a identifié plusieurs sous-espèces et variétés en s’appuyant sur la taille et la morphologie des feuilles, le nombre de fleurs de l’inflorescence, et la pilosité du fruit.
Le genre Colubrina comprend une trentaine d’espèces présentes dans les parties chaudes du globe. Madagascar en compte 6, dont l’une (Colubrina asiatica (L.) Brongn.) se rencontre également le long des côtes d’Afrique de l’Est.
Colubrina arborescens
Colubrina arborescens (Mill.) Sarg. est un arbre de petite taille atteignant 8(–30) m de haut, indigène d’Amérique centrale et des Caraïbes et parfois planté comme arbre ornemental d’ombrage en Afrique. Son bois durable sert principalement à la construction de poteaux et de pilotis. En Amérique tropicale, la décoction d’écorce est utilisée en médecine traditionnelle pour soigner le diabète, l’hypertension et les troubles d’estomac. La décoction de feuilles est prescrite en bain contre la fièvre, les affections cutanées, les hémorroïdes et les douleurs articulaires, et se boit en cas de gonorrhée. Les feuilles et l’écorce, frottées sous l’eau, servent de savon.
Ecologie
Colubrina faralaotra se rencontre dans la forêt sempervirente dense et humide, du niveau de la mer jusqu’à 1000(–1700) m d’altitude.
Ressources génétiques
Colubrina faralaotra étant assez répandu et localement commun, rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Trop peu d’informations sont disponibles pour que l’on puisse évaluer les possibilités qui s’offrent à Colubrina faralaotra en tant qu’essence à bois d’œuvre importante d’un point de vue économique et bénéficiant d’une production durable.
Références principales
- Blaser, J., Rajoelison, G., Tsiza, G., Rajemison, M., Rabevohitra, R., Randrianjafy, H., Razafindrianilana, N., Rakotovao, G. & Comtet, S., 1993. Choix des essences pour la sylviculture à Madagascar. Akon’ny Ala: Bulletin du Département des Eaux et Forêts 12–13. 166 pp.
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- CFPF (Centre de Formation Professionelle Forestière), 2008. Fiches techniques: version francaise. Centre de Formation Professionelle Forestière, Morondova, Madagascar. 14 pp.
- Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
Autres références
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- Guéneau, P., 1971. Bois de Madagascar. Possibilités d’emploi. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 75 pp.
- Guinaudeau, H., Leboeuf, M., Cave, A., Duret, S. & Paris, R.R., 1976. Alcaloides et composés polyphenoliques du Colubrina faralaotra ssp. sinuata; composés polyphenoliques du Colubrina faralaotra ssp. faralaotra (Rhamnacees). Planta Medica 30(3) : 201–210.
- Guinaudeau, H., Seligmann, O., Wagner, H. & Neszmelyi, A., 1981. Faralatroside and faratroside, two flavonol triglycosides from Colubrina faralaotra. Phytochemistry 20(5): 1113–1116.
- Johnston, M.C., 1971. Revision of Colubrina (Rhamnaceae). Brittonia 23(1): 2–53.
- Parant, B., Chichignoud, M. & Rakotovao, G., 1985. Présentation graphique des caractères technologiques des principaux bois tropicaux. Tome 5. Bois de Madagascar. CIRAD, Montpellier, France et Département des Recherches forestières et piscicoles du FOFIFA, Antananarivo, Madagascar. 162 pp.
- Perrier de la Bâthie, H., 1950. Rhamnacées (Rhamnaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 123. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 51 pp.
- Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
Auteur(s)
- L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Oyen, L.P.A., 2011. Colubrina faralaotra (H.Perrier) Capuron. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.
Consulté le 3 avril 2025.
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