Cola lateritia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Stimulant Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


feuilles et fruits

Cola lateritia K.Schum.


Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 2 : 307 (1899).
Famille: Sterculiaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 40, 42

Noms vernaculaires

  • Petit ouara (Fr).
  • Amoreira, moreira (Po).

Origine et répartition géographique

Cola lateritia est réparti de la Guinée au sud-est de la R.D. du Congo. Il a été introduit ailleurs, par ex. au Cap-Vert, où il s’est naturalisé.

Usages

Le bois de Cola lateritia est employé localement en menuiserie et pour la fabrication de tonneaux et d’arcs. En R.D. du Congo, le bois des contreforts est considéré comme bon pour la fabrication de seaux et de baquets à usage domestique, et on en fait des claquettes que l’on attache au cou des chiens de chasse.

La pulpe du fruit est consommée, et la graine est mâchée de la même façon que la noix de cola véritable (principalement Cola acuminata (P.Beauv.) Schott & Endl. et Cola nitida (Vent.) Schott & Endl.). En Côte d’Ivoire, les bourgeons et les jeunes feuilles sont consommés comme légume, et très appréciés à l’occasion des fêtes et des cérémonies d’initiation. Les fibres de l’écorce servent à faire des cordages.

En Sierra Leone, on fume dans une pipe des parties de la plante séchées au soleil pour traiter la tuberculose. Au Liberia, on traite les éruptions, en particulier sur les narines, avec une pommade préparée avec l’écorce interne pilée avec de l’argile, et en baignant les parties atteintes dans une décoction de feuilles. En Côte d’Ivoire, on administre une décoction d’écorce comme douche vaginale contre la stérilité, tandis qu’on boit une préparation à base d’écorce interne contre la toux. En Afrique centrale, on boit une décoction d’écorce contre les douleurs intercostales.

Propriétés

Le bois de cœur de Cola lateritia est brun rosé, parfois figuré ; l’aubier est blanc-grisâtre. Le fil est généralement droit, le grain grossier. Le bois a une densité d’environ 590 kg/m³ à 12% de degré d’humidité. Il est dur, résistant et flexible, se courbant sans casser. A 12% de degré d’humidité, le module de rupture est de 74 N/mm², le module d’élasticité de 10 100 N/mm², la compression axiale de 51 N/mm², la dureté Janka de flanc de 3980 N et la dureté Janka en bout de 4230 N. Le bois est difficile à travailler, et ne donne pas un fini lisse. Il se fend facilement, et n’est pas durable.

Description

  • Grand arbre caducifolié atteignant 50 m de haut ; fût rectiligne, jusqu’à 80 cm de diamètre, généralement pourvu de contreforts concaves de 1–2 m de haut et d’environ 1,2 m de large à la base ; écorce externe grise à brune, lisse, parfois légèrement fissurée ou craquelée, écorce interne rose, fibreuse ; cime grande et étalée ; jeunes rameaux et bourgeons poilus.
  • Feuilles alternes, simples, entières ou lobées ; stipules triangulaires, jusqu’à 8 mm de long, caduques ; pétiole jusqu’à 30 cm de long, à pubescence éparse, glabrescent ; limbe largement ovale, jusqu’à 35(–45) cm × 30(–40) cm, base cordée, apex aigu, poilu sur les deux faces lorsque jeune, glabrescent, devenant rougeâtre en séchant, nervures basales 7–9, nervures latérales en 4–7 paires.
  • Inflorescence : panicule jusqu’à 15 cm de long insérée à l’aisselle des feuilles supérieures ou sur des rameaux défoliés, couverte d’une pubescence rougeâtre.
  • Fleurs unisexuées ou bisexuées, régulières, jaunes, roses ou rouges, odorantes ; pédicelle jusqu’à 15 mm de long, articulé ; calice en cloche, 5(–7)-lobé, de 7–15 mm de long ; corolle absente ; fleurs mâles avec un androphore à pubescence courte, qui porte 2 verticilles de 7–10 étamines chacun ; fleurs femelles et bisexuées à ovaire généralement formé de 4 carpelles.
  • Fruit généralement composé de 4 follicules indéhiscents, sur un pédicelle robuste de 7–10 cm de long ; follicules ovoïdes à globuleux, jusqu’à 6,5 cm de long, avec un bec court et mince, rouges ou roses, ridés, glabres, renfermant 4–8 graines.
  • Graines ovoïdes, de 2,5–3 cm × 1,5 cm, glabres, entourées d’une pulpe mucilagineuse ; arille d’environ 2 mm d’épaisseur.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Cola comprend une centaine d’espèces et est restreint à l’Afrique continentale. Cola bruneelii De Wild., arbuste ou petit arbre jusqu’à 10 m de haut, se rencontre également dans la forêt dense humide en R.D. du Congo. Son bois est localement employé pour faire des manches d’outils ; ses feuilles et la pulpe de ses graines sont comestibles.

Au sein de Cola lateritia, on distingue 2 variétés : var. lateritia, avec un pédoncule de 5–15 mm long, réparti du sud du Nigeria au Gabon, et var. maclaudii (A.Chev.) Brenan & Keay, avec un pédoncule de moins de 3 mm de long, réparti de la Guinée au sud-ouest du Nigeria.

En Sierra Leone, l’arbre est défeuillé en avril et mai ; la floraison a été observée d’octobre à mai, avec des fruits mûrs de février à septembre. En Côte d’Ivoire, Cola lateritia fleurit d’août à avril, et fructifie de novembre à juillet. Les rongeurs mangent les fruits et peuvent disperser les graines.

Ecologie

Cola lateritia se rencontre dans la forêt pluviale, les forêts-galeries et les forêts secondaires, jusqu’à 1000 m d’altitude.

Gestion

Cola lateritia est parfois planté, par ex. au Cameroun et au Cap-Vert, mais on n’a pas de détails sur la conduite de la plantation. Le poids de 1000 graines est de 1,7–3,3 kg. La germination se produit 6–21 jours après le semis ; le taux de germination est généralement élevé.

Ressources génétiques

En raison de sa large répartition, Cola lateritia n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cola lateritia est une source utile de bois pour l’usage local, et d’autres produits tels qu’aliments, fibres et médicaments. Cependant, la qualité de son bois est sans doute trop médiocre pour en espérer une importance accrue comme source de bois d’œuvre.

Références principales

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome deuxième. Publication No 9. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 340 pp.
  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Germain, R. & Bamps, P., 1963. Sterculiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 10. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 205–316.
  • Hallé, N., 1961. Sterculiacées. Flore du Gabon. Volume 2. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 150 pp.
  • Lovett, J.C., Ruffo, C.K., Gereau, R.E. & Taplin, J.R.D., 2006. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/projects/tzforeco/. April 2006.

Autres références

  • Adebola, P.O. & Morakinyo, J.A., 2005. Chromosome numbers of four Nigerian species of Cola Schott. & Endlicher (Sterculiaceae). Silvae Genetica 54(1): 42–44.
  • Carrière, S., 1999. ‘Les orphelins de la forêt’. Influence de l’agriculture itinérante sur brûlis des Ntumu et des pratiques agricoles associées sur la dynamique forestière du sud Cameroun. Thèse de doctorat, Université Montpellier II Sciences et Techniques du Languedoc, France. 448 pp.
  • de la Mensbruge, G., 1966. La germination et les plantules des essences arborées de la forêt dense humide de la Côte d’Ivoire. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 389 pp.
  • Gonçalves, M.L., 1996. Sterculiaceae. In: Paiva, J., Martins, E.S., Diniz, M.A., Moreira, I., Gomes, I. & Gomes, S. (Editors). Flora de Cabo Verde: Plantas vasculares. No 24. Instituto de Investigação Científica Tropical, Lisbon, Portugal & Instituto Nacional de Investigação e Desenvolvimento Agrário, Praia, Cape Verde. 12 pp.
  • Irvine, F.R., 1961. Woody plants of Ghana, with special reference to their uses. Oxford University Press, London, United Kingdom. 868 pp.
  • Keay, R.W.J., 1958. Sterculiaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 310–332.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Téré, H.G., 2000. Signification des noms vernaculaires des plantes chez les Guérés (Côte d’Ivoire). Sempervira No 7. Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS), Abidjan, Côte d’Ivoire. 96 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2007. Cola lateritia K.Schum. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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