Les témoins (cookies) nous aident à fournir nos services. En utilisant nos services, vous acceptez notre utilisation des témoins.

Cleome brachycarpa (PROTA)

(Redirigé depuis Cleome scaposa (PROTA))
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cleome brachycarpa Vahl ex DC.


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue : DC., Prodr. 1: 240 (1824).
Famille : Capparaceae (APG: Cleomaceae)
Nombre de chromosomes : 2n = 20

Origine et répartition géographique

Cleome brachycarpa se rencontre depuis le Cap-Vert et la Mauritanie jusqu’en Erythrée, et de là vers le sud jusqu’au Kenya. Il est aussi répandu en Afrique du Nord, dans la péninsule Arabique, s’étendant jusqu’au Pakistan et en Inde.

Usages

Au Mali, la macération de la plante séchée réduite en poudre et mélangée à de la gomme arabique, se boit pour soigner les maux d’estomac. Ailleurs en Afrique de l’Ouest, elle s’utilise aussi pour soulager les douleurs du bas de l’abdomen. Au Niger, la poudre de feuilles se cuit dans l’eau et se boit contre les éruptions cutanées, et la macération de la plante entière se donne à boire aux nourrissons pour faire baisser la fièvre.

En Inde, les feuilles sont broyées et appliquées une fois chauffées aux parties du corps irritées ou gonflées. Au Pakistan, la plante réduite en poudre s’utilise pour traiter les douleurs abdominales, la gale, les rhumatismes et l’inflammation. L’infusion est prisée pour ses propriétés vermifuges et antimicrobiennes.

Au Cap-Vert, les graines broyées servent de moutarde. En Arabie Saoudite, la plante se prend pour ouvrir l’appétit et pour ses propriétés carminatives. En Afrique de l’Ouest, la plante sert de fourrage pour les moutons et les chèvres. Les Rendilles dans le nord du Kenya notent que la plante est appréciée par le bétail, bien qu’elle provoque des gonflements d’estomac. Au Pakistan, la plante est prisée comme fourrage pour les chameaux mais elle présente une appétance modérée. Bien qu’assez commune, elle n’est disponible en tant que fourrage que pendant quelques mois pendant la saison des pluies.

Production et commerce international

Cleome brachycarpa n’est vendu que sur les marchés locaux.

Propriétés

Des triterpénoïdes, la brachycarpone, la déacétoxybrachycarpone et la cléocarpone, ont été isolés des parties aériennes, ainsi que l’acide ursolique, la cabraléalactone et plusieurs méthoxyflavones.

Description

Plante herbacée annuelle ou vivace, érigée, atteignant 30 cm de haut, très ramifiée, glanduleuse dans toutes ses parties avec des glandes subsessiles ou courtement stipitées. Feuilles alternes, composées palmées à 3–5 folioles ; stipules absentes ; pétiole de 2–20 mm de long, glanduleux ; folioles presque sessiles, obovales à linéaires-lancéolées, d’environ 9 mm × 1–4 mm, nettement glanduleuses. Inflorescence : grappe terminale à bractées 3-foliolées. Fleurs bisexuées ; pédicelle de 7–8 mm de long ; sépales 4, libres, largement lancéolés, jusqu’à 2 mm de long ; pétales 4, oblancéolés à elliptiques, jaune pâle, veinés de violet, jusqu’à 7 mm de long, base cunéiforme ou atténuée en un onglet court et large ; gynophore absent ou jusqu’à 0,5 mm de long chez le fruit ; étamines 6, fertiles, uniformes, d’environ 4 mm de long ; ovaire supère, 1-loculaire. Fruit : capsule cylindrique étroite, atteignant environ 14 mm × environ 3 mm mais normalement plus petite, déhiscente à partir de la base par 2 valves, contenant de nombreuses graines. Graines arrondies à réniformes, de 0,5–0,8 mm de diamètre, de couleur bordeaux foncé, ridées. Plantule à minuscules cotylédons oblongs ; premières feuilles simples.

Autres données botaniques

Le genre Cleome comprend 150–200 espèces, dont une cinquantaine se rencontre en Afrique. Il est classé dans la sous-famille des Cleomoideae, qui est parfois considérée comme une famille à part, les Cleomaceae.

Il existe une certaine confusion concernant le nom Cleome brachycarpa, car il a été utilisé pour une plante en provenance d’Amérique tropicale ainsi que pour un spécimen originaire du Yémen. Pour l’espèce de l’Amérique tropicale, le nom correct est désormais Prodandrogyne brachycarpa (DC.) Woodson, et Cleome brachycarpa Vahl ex DC. reste le nom correct de l’espèce africaine et asiatique. Plusieurs autres espèces de Cleome ont des usages médicinaux.

Cleome scaposa

Cleome scaposa DC. a plus ou moins la même répartition que Cleome brachycarpa, et au Niger la poudre de feuilles est mélangée avec du lait et absorbée comme boisson pour soigner la diarrhée. La décoction de jeunes rameaux feuillés se boit contre la dysenterie, et la poudre de feuilles humide s’applique en compresse sur les paupières pour traiter les furoncles. En Somalie, il fournit un bon fourrage pour les moutons et les chameaux pendant les années à pluviométrie au-dessus de la moyenne.

Cleome usambarica

Cleome usambarica Pax est présent au Soudan, en Ethiopie, au Kenya et en Tanzanie. L’infusion à l’eau froide des racines, en combinaison avec les racines de Macaranga capensis (Baill.) Benth., se prend au Kenya avant les repas deux fois par jour comme aphrodisiaque.

Croissance et développement

Cleome brachycarpa fleurit en août et septembre.

Ecologie

Cleome brachycarpa est abondant dans les savanes arbustives décidues, dans les savanes boisées et les zones semi-désertiques et dans les maquis ouverts, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1700 m d’altitude.

Gestion

Les plantes ne sont collectées que dans la nature.

Traitement après récolte

Au Pakistan, les plantes sont séchées à l’ombre et pilées pour en faire une poudre. La poudre pure (ou la poudre mélangée à une quantité égale de sucre) s’applique avec de l’eau selon les besoins.

En tant que plante fourragère, elle peut être récoltée pendant une grande partie de l’année. Les plantes sont coupées et données au bétail fraîches ou séchées.

Ressources génétiques

Cleome brachycarpa a une large répartition dans les zones sablonneuses de l’Afrique et de l’Asie, et il n’y a que peu d’indications qu’il soit menacé d’érosion génétique. Cependant, au Gujarat (Inde), Cleome brachycarpa fait partie d’un groupe de plusieurs plantes médicinales qui deviennent de plus en plus rares, et seulement de petites populations persistent avec une répartition limitée.

Perspectives

Cleome brachycarpa est une plante médicinale assez importante dans les zones sèches de l’Afrique tropicale, en Afrique du Nord et en Asie. Les propriétés chimiques répertoriées dans la littérature concernent des plantes en provenance de l’Afrique du Nord. Dans cette région, elle est considérée comme une plante négligée. Dans d’autres parties du monde où elle est présente, l’accent de la recherche a été mis sur des études ethnobotaniques. Davantage de recherches s’imposent pour évaluer ses propriétés pharmacologiques, notamment ses effets sur l’inflammation et les rhumatismes.

Références principales

  • Adam, J.G., Echard, N. & Lescot, M., 1972. Plantes médicinales Hausa de l’Ader. Journal d’Agriculture Tropicale et de Botanique Appliquée 19(8–9): 259–399.
  • Diallo, D., Hveem, B., Mahmoud, M.A., Berge, G., Paulsen, B.S. & Maiga, A., 1999. An ethnobotanical survey of herbal drugs of Gourma District, Mali. Pharmaceutical Biology 37(1): 80–91.
  • Kers, L.E., 2000. Capparidaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 74–120.
  • Ozenda, P., 1977. Flore du Sahara. Deuxième édition. Centre National de la Recherche Scientifique, Paris, France. 622 pp.
  • Sharaf, M., Mansour, R.M.A. & Saleh, N.A.M., 1992. Exudate flavonoids from aerial parts of four Cleome species. Biochemical Systematics and Ecology 20(5): 443–448.

Autres références

  • Ahmad, V.U. & Alvi, K.A., 1987. Deacetoxybrachycarpone: a trinortriterpenoid from Cleome brachycarpa. Phytochemistry 26(1): 315–316.
  • Ahmad, V.U., Qazi, S., Zia, N.B., Xu, C. & Clardy, J., 1990. Cleocarpone, a triterpenoid from Cleome brachycarpa. Phytochemistry 29(2): 670–672.
  • Atiqur Rahman, M., Mossa, J.S., Al-Said, M.S. & Al-Yahya, M.A., 2004. Medicinal plant diversity in the flora of Saudi Arabia 1: a report on seven plant families. Fitoterapia 75: 149–161.
  • Hall, J.C., Sytsma, K.J. & Iltis, H.H., 2002. Phylogeny of Capparaceae and Brassicaceae based on chloroplast squence data. Systematic Botany 29: 1826–1842.
  • Hameed, M., Ashraf, M., Al-Quriany, F., Nawaz, T., Ahmad, M.S.A., Younis, A. & Naz, N., 2011. Medicinal flora of the Cholistan desert: a review. Pakistan Journal of Botany 43: 39–50.
  • Heine, B. & Heine, I., 1988. Plant concepts and plant use; an ethnobotanical survey of the semi-arid and arid lands of East Africa. Part 3. Rendille plants (Kenya). Cologne Development Studies 8. Breitenbach, Saarbrücken, Germany. 120 pp.
  • Ishnava, K., Ramarao, V., Mohan, J.S.S. & Kothari, L., 2011. Ecologically important and life supporting plants of little Rann of Kachchh, Gujarat. Journal of Ecology and the Natural Environment 3(2): 33–38.
  • Marwat, S.K., Khan, M.A., Ahmad, M., Zafar, M. & Rehman, F., 2008. Ethnophytomedicines for treatment of various diseases in D.I. Khan District. Sarhad Journal of Agriculture 24(2). 12 pp.
  • Varshney, K. & Singh, A.K., 2008. Inventory of some ethno-medicinal plant species used by rural people of Etah District, U.P., India. Plant Archives 8(2): 757–759.
  • Woodson, R.E., 1948. Gynandropsis, Cleome and Podandrogyne. Annals of the Missouri Botanical Garden 35(2): 139–147.

Afriref references

Auteur(s)

  • P. Nana, School of Wood, Water and Natural Resources, Faculty of Agriculture and Agricultural Sciences, University of Dschang, Ebolowa Campus, P.O. Box 786, Ebolowa, Cameroon
  • H.S. Foyet, Department of Agriculture, Livestock and By-products, The Higher institute of the Sahel, University of Maroua, P.O. Box 46, Maroua, Cameroon

Citation correcte de cet article

Nana, P. & Foyet, H.S., 2013. Cleome brachycarpa Vahl ex DC. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 3 avril 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U
Lire dans une autre langue