Cleistopholis patens (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Cleistopholis patens (Benth.) Engl. & Diels


répartition en Afrique (sauvage)
1, branche en fleurs ; 2, fleur ; 3, fruit. Source: Flore analytique du Bénin
tranche
fût
tranche
fût
cime (West African Plants)
cime (West African Plants)
quelques parties de l'arbre (Virtual Field Herbarium)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois
Protologue: Engl., Monogr. afrik. Pflanzen-Fam. 6: 35 (1901).
Famille: Annonaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 14

Origine et répartition géographique

Cleistopholis patens est largement réparti du Sénégal jusqu’en Ouganda, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola).

Usages

Le bois, connu sous le nom de “avom”, est utilisé en menuiserie, pour les encadrements de portes, les poutres de toiture, les tambours, les flotteurs et les pirogues. Il convient pour la confection de mobilier, d’articles de sport, de caisses et de cageots, d’ustensiles, de récipients alimentaires, de placages, de contreplaqué, de panneaux de fibres, de panneaux de particules, de laine de bois et de pâte à papier. Les fûts servent à faire flotter le bois d’œuvre lourd sur les rivières. On utilise parfois la cendre du bois pour conserver les aliments.

L’écorce fibreuse sert à la fabrication de nattes, de paniers, de cordages et de murs de huttes. Plusieurs parties de la plante sont fréquemment utilisées en médecine locale. La décoction de l’écorce se prend en cas de maux d’estomac, de diarrhée, de tuberculose, de bronchite et d’hépatite. La pulpe d’écorce est appliquée sur les tuméfactions, les œdèmes et les panaris, et le jus de l’écorce est utilisé en instillation nasale pour soigner les maux de tête, et en friction contre le rachitisme chez les enfants. En Ouganda, on utilise l’écorce écrasée dans des préparations contre le paludisme et la rougeole. Au Nigeria, on emploie l’écorce pour soigner la fièvre typhoïde et les extraits d’écorce dans le traitement des troubles du cycle menstruel. L’écorce de racine sert de vermifuge. L’infusion ou la décoction de feuilles est prescrite en cas d’hépatite, de fièvre, de trypanosomose et d’arthrite rhumatismale, et comme vermifuge. Grillées et broyées, les graines sont appliquées contre les maux de tête. Elles ont fait office de perles.

Production et commerce international

Le bois n’est utilisé que localement et n’est pas vendu sur le marché international, ou très peu.

Propriétés

Le bois de cœur, blanc grisâtre, parfois teinté de rosé et indistinctement strié, ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit, le grain grossier mais régulier. Le bois est lustré.

C’est un bois léger, avec une densité de 290–500 kg/m³ à 12% d’humidité, et assez tendre. Il sèche à l’air rapidement, mais il doit être empilé correctement pour éviter les détériorations ; les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 5,0% dans le sens radial et de 9,6% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 29–38 N/mm², le module d’élasticité de 6080–8230 N/mm², la compression axiale de 38 N/mm², le cisaillement de 11 N/mm² et la dureté Janka de flanc de 1410 N.

Le bois est facile à scier et à travailler. Il se rabote bien et prend un fini lisse. Il ne se fend pas facilement au clouage et la tenue des clous est satisfaisante. Il se déroule bien. Il n’est pas durable, car il est sujet aux attaques des champignons, des termites, des Lyctus et des térébrants marins. Des essais ont montré des caractéristiques de mise en pâte modérées pour la production de papier.

Des extraits au méthanol de l’écorce ont révélé une nette activité antimicrobienne. La fraction stéroïdienne de l’extrait a mis en évidence une activité contre Bacillus subtilis et Klebsiella pneumoniae bien plus puissante que la pénicilline et le chloramphénicol, les fractions hétéroside et alcaloïde ont montré une activité significative contre Klebsiella pneumoniae, et la fraction saponine contre Salmonella typhimurium. Des alcaloïdes (l’eupolauridine, l’onychine et la 3-méthoxysampangine) ont été isolés de l’écorce ; ces composés se sont avérés avoir une puissante activité antifongique contre Candida albicans. En outre, des extraits de l’écorce ont montré une activité anthelminthique contre Rhabditis pseudoelongata.

L’huile essentielle des feuilles contient de l’(E)-β-ocimène comme composant principal, celle de l’écorce contient du myrcène, du P-cymène et du germacrène D, et celle des fruits du linalol ainsi que de l’(E)-linalol et du (Z)-linaloloxyde. Les huiles essentielles de l’écorce et des feuilles ont mis en évidence une nette activité in vitro contre Plasmodium falciparum. Des tests d’innocuité n’ont pas montré d’activité mutagène contre des souches de Salmonella typhimurium et d’Escherichia coli.

L’administration d’extraits méthanoliques de l’écorce à des rats femelles a mis en lumière une augmentation dose-dépendante des taux de plusieurs hormones, dont la progestérone et l’œstrogène. Plusieurs oligorhamnosides partiellement acétylés ont été isolés des feuilles ; certains d’entre eux se sont avérés avoir une puissante activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline. Des extraits de fruit ont montré in vitro une activité antileishmanienne. L’écorce réduite en poudre s’est avérée efficace contre la teigne des fruits secs (Plodia interpunctella), qui est un ravageur des produits alimentaires stockés.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–30) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 10(–20) m, normalement droit, cylindrique et élancé, jusqu’à 80(–90) cm de diamètre, parfois légèrement cannelé à la base ; surface de l’écorce lisse, superficiellement fissurée, blanc grisâtre à grise, écorce interne fortement fibreuse, déchirable en longues bandes, blanche à orange-brun pâle, odorante ; cime à branches horizontales tombantes aux extrémités ; rameaux présentant souvent de petites crêtes, glabres.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole atteignant 1 cm de long ; limbe habituellement étroitement oblong-elliptique, de (2,5–)10–25(–30) cm × (1,5–)3–6 cm, cunéiforme à arrondi et légèrement asymétrique à la base, courtement acuminé à l’apex, papyracé à finement coriace, glabre, brillant, pennatinervé à 8–24 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : petit fascicule axillaire, comportant jusqu’à 8 fleurs, presque glabre.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 3-mères, jaune verdâtre ; pédicelle de 1–2,5 cm de long ; sépales libres, largement ovales, d’environ 2 mm de long ; pétales libres, en 2 verticilles, pétales extérieurs obovales à obovales-oblongs, de 0,5–1 cm de long, pétales internes plus courts, à pubescence courte sur les bords ; étamines nombreuses, d’environ 1 mm de long ; à peu près 10 carpelles, ovaires d’environ 1 mm de long, styles minuscules.
  • Fruit composé de jusqu’à 9 follicules presque globuleux atteignant 1,5–2 cm de diamètre, à stipe d’environ 7 mm de long, légèrement comprimés entre les graines, verruqueux lorsque secs, glabres, indéhiscents, contenant 1–2 graines.
  • Graines globuleuses à ellipsoïdes, de 1–1,5 cm de diamètre, fortement verruqueuses.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 8–12 cm de long, épicotyle d’environ 1,5 cm de long, glabre ; cotylédons foliacés, elliptiques, d’environ 6 cm × 4 cm ; premières feuilles alternes.

Autres données botaniques

Cleistopholis patens est une espèce pionnière à croissance rapide. En Sierra Leone, des arbres de 7 ans ont atteint 13 m de haut et plus de 20 cm de diamètre de fût, et au Ghana la même hauteur et le même diamètre ont été atteints sur des trouées d’exploitation de 4 ans. En Guinée, on a constaté que des individus commençaient à donner des fruits 5 ans après la plantation. En Côte d’Ivoire et au Ghana, les fruits mûrissent en août–novembre. En Ouganda, les arbres morts en décomposition de Cleistopholis patens représentent une nourriture essentielle pour les chimpanzés qui extraient le jus du bois en le mâchant.

Le genre Cleistopholis comprend 3 espèces, toutes situées en Afrique tropicale, et semble apparenté aux genres Cananga et Lettowianthus.

Cleistopholis glauca

Cleistopholis glauca Pierre ex Engl. & Diels est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 35 m de haut, dont le fût mesure jusqu’à 80 cm de diamètre, et qui se rencontre du Cameroun jusqu’en Centrafrique, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola). Le bois est léger, sa densité atteignant 300–400 kg/m³ à 12% d’humidité, et il sert aux mêmes usages que celui de Cleistopholis patens. L’écorce fibreuse est utilisée pour la confection de cordages et de murs de huttes. La décoction ou la macération d’écorce se prend pour soigner les affections bronchiques, la tuberculose, les maux d’estomac, la diarrhée et la gale, et comme émétique et vermifuge. Le jus de racine est employé dans des préparations de poison de flèche.

Cleistopholis staudtii

Cleistopholis staudtii Engl. & Diels est un arbre de petite taille atteignant 15(–25) m de haut, au fût jusqu’à 30 cm de diamètre, présent du sud du Nigeria jusqu’au Gabon. Son bois sert probablement aux mêmes usages que celui de Cleistopholis patens. L’écorce fibreuse est utilisée pour la confection de cordages et de murs de huttes.

Lettowianthus stellatus

Lettowianthus stellatus Diels diffère de Cleistopholis spp. par ses fleurs de plus grande taille et par ses graines presque lisses. Il s’agit d’un arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, limité à la Tanzanie où il est présent dans les ripisylves et les forêts perturbées de basse altitude. Il arrive que son bois léger soit utilisé pour la confection de poteaux de construction, de cuillères et de manches d’outils. Plusieurs géranylbenzoquinonoïdes ont été isolés des fruits ; le lettowiénolide et le lettowiquinone ont montré une activité in vitro modérée contre Plasmodium falciparum.

Ecologie

Cleistopholis patens est fréquent en ripisylve et dans la forêt marécageuse, ainsi que dans la forêt secondaire. Il préfère les endroits plats, perturbés et humides, mais on peut également le trouver dans la forêt sempervirente sur des talus, jusqu’à 1100 m d’altitude. Il ne tolère pas les feux.

Gestion

On compte 600–700 graines par kg. En Guinée, des graines récoltées en avril ont commencé à germer 15 jours environ après le semis. Cependant, on peut avoir une dormance ; des graines récoltées en novembre ont mis 5 mois à germer. Les jeunes plants sont prêts à être repiqués 3–4 mois après la germination. Il faut les planter en plein soleil. Dans des plantations où l’espacement est de 3 m × 3 m, des dégagements sont nécessaires pendant 2–3 ans. Le couvert végétal se ferme au bout de 3–4 ans et il faut éclaircir 50% des arbres au bout de 4–5 ans. Une seconde éclaircie peut être pratiquée au bout de 10 ans. En Guinée, il est recommandé d’instaurer des plantations mixtes, par ex. avec Khaya spp.

Dans la forêt, on ne trouve des semis et des gaules que dans les trouées du couvert végétal. En Ouganda, le taux de mortalité des semis s’élevait presque à 50% avant qu’ils n’aient atteint le stade de gaules. Dans les zones gorgées d’eau et dans les ripisylves, Cleistopholis patens peut être abondant. Dans les forêts marécageuses ougandaises, on peut trouver jusqu’à 40 individus par ha, avec une proportion de 8% d’arbres dont le diamètre de fût dépasse 40 cm. Dans les forêts camerounaises, on a enregistré une densité moyenne de 0,5 arbre ayant un diamètre de fût supérieur à 60 cm par ha, avec un volume de bois moyen de 1,1 m³/ha. Un fût de 9 m de long et de presque 60 cm de diamètre, abattu en R.D. du Congo, a produit 1,7 m³ de bois. Les grumes doivent être débardées immédiatement après l’abattage ou bien traitées avec des fongicides, car le bois est très sensible au bleuissement. Dans le sud du Nigeria, on a remarqué que des larves de Bunaea alcinoe (un papillon de nuit Saturniidae) s’attaquaient au feuillage ; ces chenilles sont comestibles.

Ressources génétiques

Cleistopholis patens étant répandu et localement commun, rien n’indique qu’il soit menacé. Des mesures de conservation immédiates ne se justifient pas, comme c’est le cas en revanche pour Cleistopholis staudtii qui est classé comme vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN.

Perspectives

Cleistopholis patens, ainsi que les espèces apparentées, conservera un rôle important au niveau local en tant que producteur de bois facile à travailler. Sa nature envahissante dans la forêt perturbée et sa croissance rapide semblent ouvrir des perspectives intéressantes à la production commerciale de bois d’œuvre dans des endroits adaptés de la forêt sempervirente de basse altitude, notamment pour la production de placages, de contreplaqué et de panneaux de particules.

Plusieurs applications en médecine traditionnelle ont été confirmées par les recherches, comme ses activités antimicrobiennes, anthelminthiques et antipaludéennes, ce qui pourrait offrir des débouchés à la mise au point de médicaments.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2012. Cleistopholis patens (Benth.) Engl. & Diels. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 3 avril 2025.


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